BUFFON. COMPLÉM. T. IV
méthode quelle avoit ignorée jusque-là de tirer parti de ses cannelliers , et la nonvdle source de richesses qu'il vient de donner à Gayenne en y transportant le thé de la Chine. Au fond nos colonies ne vivent que des dons des botanistes ; et Ion s'étonne qu elles n'aient encore érigé de monuments ni à Jussieu et à Desclieux qui leur procurèrent le cafier, ni^ à Poivre et à Sonnerat qui allèrent en bravant tant de périls leur chercher des épiceries. J'expliquerois comment les découvertes de la botanique prennent une nouvelle valeur par celles de la chimie , qui dans ses derniers temps est parvenue à mettre à nu les principes médicamenteux, et à apprécier presque mathématiquement le degré de vertu de chaque substance. Les travaux de M. Sertûrner, de MM. Pelletier et Caventou parottroient ici avec éclat. J'y joindrois ceux de M. Ghevreul sur les principes des animaux , qui ouvrent de nouvelles vues à la physiologie ; ceux de M. Mitscfaerlich , de M. Beudant sur la production des cristaux , qui donnent des idées importantes et pour la minéralogie et pour la théorie de la terre. Mais ce seroit sur-tout la physiologie elle-même , la science de la vie, que nous verrions , conduite par l'histoire naturelle, la chimie, et la physique, s'ouvrir de toutes parts des routes non frayées, et donner le plus d'espérances à l'htimanité. Cette ndultitude de
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formes sous lesquelles la vie se montre dans un si grand nombre danimaux divers en a donné des idées moins restreintes ; et la rigueur des expériences auxquelles on la soumise a imprimé à la science qui en traite un caractère de précision dont à peine il y a cinquante ans l'auroit-on crue susceptible. Un bomme généreux, M. de Montbyon, par les prix qu'il a fondés pour elle, vient encore de lui donner une impulsion plus vive; et déjà ce que parmi nous M. Edvrards a déterminé touchant l'action des agents extérieurs sur les corps vivants, M. Serre sur la formation des os et le développement du cerveau, M. Magendie sur les voies de l'absorption, sur la distinction des nerfs de la volonté et du sentiment, M. Flourens sur les fonctions particulières à cbacune des masses du cerveau , annonce une ère nouvelle dont les progrès de lart de guérir ne pourront manquer d'être le terme.
Mais je m'aperçois que déjà ces indications sommaires m'entraînent bors du cercle où je voulois me restreindre ; réservons - en le développement pour une autre réunion. Qu'il me suffise aujourd'hui d'avoir ébaucbé le tableau des tributs que la paix a apportés à la science.^ Il nous fait entrevoir à-la-fois et l'immensité de la nature et les jouissances que son étude nous promet encore. Tous les travaux des naturalistes, il faut en convenir, ne sont
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jusqu'à présent que des aperçus bien légers, que des regards furtifs jetés sur ce vaste champ. Mais que cette idée ne décourage point : la seule qui pourroit devenir à juste titre décourageante seroit celle que Ton est arrivé au terme, et qu'il ne reste rien à faire au génie de l'observateur.
FIN ou QUATRIÈME ET DERNIER VOLUME DE L*HI8T0IRE DES SGIEVCIt.