RÉSUME. I7B
L'opération des assignats , quels qu'aient été ses résultats politiques, a laissé à Tart du papetier des perfectionnements durables, et surtout remploi de l'acide muriatique oxygéné pour le blanchiment de la pâte. G est même à elle que l'on doit en grande partie le nouvel emploi des caractères stéréotypes, qui augmenteront les bienfaits de l'imprimerie, en faisant pénétrer les conceptions du génie jusque dans les pauvres chaumières.
La technologie n'a point d'école en France où l'on en démontre les principes ; et quoique les arts et métiers aient été souvent décrits en détail dans de grands ouvrages, il n'y a encore d'élémentaire et propre à linstruction générale que la Chimie appliquée aux arts, de Chaptal ; livre excellent, mais qui n'embrasse que les arts exclusive* ment chimiques (1 ). Du moins dans cette partie, l'on peut être assuré que la lumière des sciences pénétrera dans les ateliers ; et ses effets sont déjà très sensibles chez les manufacturiers éclairés.
Jiésumé.
C'est ici que nous terminerons cet aperçu sommaire des changements les plus avantageux que les progrès de la chimie et de la pnysique ont introduits dans la pratique des arts pendant la première période dont nous avons à rendre compte. Nous aurions pu l'étendre beaucoup, si le temps et la nature de nos connaissances nous l'avaient permis, et surtout s'il nous avait été possible d'entrer dans tous les perfectionnements de détail qui ont été adaptés aux divers procédés particuliers; nous aurions pu y ajouter enfin l'énumération de cette quantité de substances que la botanique, la minéralogie, et la zoologie, ont découvertes et fournies aux différents arts, si nous n'en avions déjà indiqué les principales en parlant de ces sciences elles-mêmes, et si nous n'avions encore ajouté à cette liste lorsque nous avons traité delà médecine et de l'agriculture.
Tel qu il est, ce tableau suffira sans doute pour donner une idée de ce que les sciences ont fait et de ce qu'elles peuvent faire encore pour l'utilité immédiate de la société.
Conduire l'esprit humain à sa noble destination, la connaissance de la vérité ; répandre des idées saines jusque dans les classes les moins élevées du peuple; soustraire les hommes à l'empire des préjugés et des passions; faire de la raison l'arbitre et le guide suprême de l'opinion publique, voilà l'objet essentiel des sciences; voilà comment elles concourront à avancer la civilisation, et ce qui doit leur mériter la protection des gouvernements qui veulent rendre leur puissance inébranlable, en la fondant sur le bien-être commun.
Si l'on veut donc reporter les yeux sur ce qui précède , et consi-
(1) Chimie appliquée aui arts; 1807, 4 toi. in-8*.
dércr , sous laspect que nous venons d'indiquer , les efforts des hommes dout nous avons parlé, nous espérons qu'on y trouvera la preuve de ce que nous avons annoncé dès l'abord, qu'il n'est aucune des branches des sciences naturelles qui ne doive les augmentatoins les plus sensibles à ceux qui les ont cultivées de notre temps; qu'il n'en est aucune qui n'ait acquis une multitude de faits précieux, de vues nouvelles, et que la plupart ont éprouvé, dans leurs théories, des révolutions importantes qui les ont simplifiées, éclaircies, et leur ont fait faire des pas évidents vers la vérité.
La marche des affinités chimiques, ressort général de tous les phénomènes naturels, a été expliquée ; la chaleur, principal de leurs agents, a reçu des lois rigoureuses ; l'électricité galvanique est venue ouvrir des régions toutes nouvelles, dont nul ne peut encore mesurer l'étendue; la nouvelle théorie de la combustion, en jetant sur toute "la chimie la plus vive lumière, et la nouvelle nomenclature, en facilitant son étude, en ont inspiré le goût, et ont occasionné une foule de travaux aussi utiles que pénibles ; la physiologie des corps vivants, l'effet et la marche des fonctions dont leur vie se compose, ont reçu de la chimie les éclaircissements les plus inattendus : l'anatomie comparée s'est jointe à la chimie pour faire pénétrer tous les secrets comme toutes les variations des forces vitales; elle a réglé l'histoire naturelle d'après des méthodes raisonnées, qui réduisent les propriétés de tous les êtres à leur expression la plus simple; elle a déterré et recréé des espèces inconnues, enfouies dans les couches du globe : les minéraux ont été analysés et soumis aux lois de la géométrie : des végétaux et des animaux auparavant inconnus ont été rassemblés et distingués ; leur catalogue général a été augmenté de plus du double ; leurs propriétés ont enrichi les arts d'une foule d'instruments nouveaux : la vaccine enfin a donné les moyens de soustraire l'humanité à l'un des plus funestes fléaux qui la tourmentaient.
Telles sont les principales découvertes physiques qui ont illustré cette époque. Quelles espérances ne donnent-elles pas elles-mêmes ! Combien n'en donne pas surtout l'esprit général qui les a occasionnées, et qui en promet tant d'autres pour l'avenir ! Toutes ces hypothèses, toutes ces suppositions plus ou moins ingénieuses, qui avaient encore tant de vogue dans la première moitié du dernier siècle, sont aujourd'hui repoussées par les vrais savants : elles ne procurent plus, même à leurs auteurs , une gloire passagère. L'expérience seule, l'expérience précise, faite avec poids, mesure, calcul et comparaison de toutes les substances employées et de toutes les substances obtenues, voilà aujourd'hui la seule voie légitime de raisonnement et de démonstration. Ainsi, quoique les sciences naturelles échappent aux applications du calcul, elles se font gloire d'être soumises à l'esprit mathématique; et par la marche sage qu'elles ont invariablement adoptée, elles ne s'exposent plus à niire de pas en arrière : toutes