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82 SCIEIUGES PHYSIQUES.

métalliques, et on lésa distinguées de celles dont les couches horizontales sont le plus souvent pauvres en métaux; c'est là qu'on en était venu vers le milieu du dix*huitième siècle : bientôt on s'aperçut que les roches à filons tiennent toujours de près aux roches plus compactes encore, qui composent les chaînes de montagnes les plus élevées; que les unes et tes autres sont dépourvues de ces débris de corps organisés , qui remplissent les couches ordinaires ; enfin que celles-ci , posées sur les flancs des premières , doivent avoir été formées après elles.

De là cette distinction fondamentale , en géologie , des terrains primitifs que l'on suppose antérieurs à l'organisation, et des terrains secondaires déposés sur les autres par les eaux, et fourmillant des débris de leurs productions organiques.

Il parait que Lehman et Rouelle sont les premiers qui aient classé nettement les terrains d'après ces idées (1).

Mais il restait encore beaucoup de développements à leur donner: les terrains primitifs sont eux-mêmes de plusieurs sortes, et probablement de plusieurs âges ; et l'on peut encore moins méconnaître une longue succession parmi les secondaires.

Le granit et les roches analogues forment le massif qui porte tous les autres terrains, et qui les perce pour s'élever en aiguilles , en crêtes ou en plateaux, dans la ligne moyenne des chaînes les plus hautes: sur leurs flancs sont couchés les gneiss, les schistes, et autres roches feuilletées, réceptacles ordinaires des filons métalliques, que recouvrent à leur tour ou parmi lesquels se mêlent les divers marbres salins. Les couches de toutes ces substances sont brisées, relevées, désordonnées de mille manières.

Voilà ce que Pallas a annoncé pour les montagnes de Russie ; ce que de Saussure et Dolomieu ont confirmé pour celles d'Europe; ce que Deluc a développé.

Les Pyrénées paraissaient faire une exception à la règle; mais Ramond a montré que cette exception n'est qu'apparente, et tient seulement à ce que les schistes et les calcaires, du côté de TEspagne, sont plus élevés que la crête granitique mitoyenne (2).

Werner et ses élèves ont donné de bien plus grands détails touchant la superposition de ces terrains primitifs; mais peut-être ontils trop multiplié les classes, pour que leurs observations soient applicables, dans leur entier, à d'autres pays qu'à ceux qu'ils ont observés. Werner a donné aussi dans sa Théorie des filons un recueil intéressant d'observations sur la marche de ces fissures singulières , et a cherché à déterminer d'une manière précise l'âge des métaux.

^ (l) On peut consulter sur l'histoire de la géologie , principalement dans le dix-huitième siècle , différents articles du Dictionnaire de géographie physique de VEncyclopédie méthodique , de M. Dcsmarets. '

(2) Voyage au HoBt-Perdu ; Paris, 1801, 1 vol. in-8°.

Kr la manière donl les filons se coupent; car si, comme il le paraît, j filons ne sont que des fentes remplies après coup , ceux qui traversent les autres doivent leur être postérieurs (1).

Les terrains secondaires sont moins faciles à observer que les primitifs : plus généralement horizontaux, il est plus rare d'en trouver des coupes verticales un peu considérables , et leurs divers arrangements n'ont pas, à beaucoup près, autant d'uniformité. On remarque cependant aussi dans ce qu'on en connaît un certain ordre de superposition. Les calcaires durs, remplis de cornes d'ammon, les schistes, et les charbons de terre marqués d'empreintes de fougères ou de palmiers; les craies pleines de silex moulés en oursins et de bélemnites spathiques, les calcaires grossiers, composés de coquilles plus semblables à celles de nos mers , se succèdent suivant de cerlames lois. Des marnes , des sables , des gypses , les recouvrent çà et là , et recèlent pèle-mèledes coquilles roulées et des os de quadrupèdes, ou des empreintes de poissons.

Ces immenses dépôts , sillonnés par les fleuves et par les rivières, interrompus par des traînées de laves ou d'autres produits volcaniques, complétés ou bordés par des terrains d'aliuvion , couverts en beaucoup d'endroits d'une abondance de cailloux roulés , portant ça et là des débris évidents de terrains plus anciens , marques infaillibles de grandes révolutions, constituent la partie la plus considérable de nos continents.

Une foule de détails attirent dans ce grand ensemble les regards et les réflexions de l'observateur.

D'énormes blocs erratiques de roches primitives, telles que des granits, sont épars sur les terrains secondaires, comme s'ils y eussent été lancés, et semblent indiquer de grandes éruptions. Deluc a beaucoup appuyé sur ce fait : de Buch a observé récemment que les blocs du nord de l'Allemagne ressemblent aux roches de la Suède et de la Laponie, et paraissent venir de cette ré^on.

Des amas de cailloux roulés occupent l'issue des grandes vallées , et paraissent annoncer de grandes débâcles. De Saussure a pris soin d'en citer plusieurs exemples.

Quelquefois des couches de ces cailloux liés en poudiugues sont relevées; preuve de bouleversements postérieurs à quelques unes de ces débâcles. Ou en voit des exemples jusqu'en Sibérie : Patrin eu a décrit; M. de Humboldt en a trouvé en abondance dans la vaste plaine qu'arrose le fleuve des Amazones.

En général, les terrains secondaires que l'on est obligé de supposer formés tranquillement et par voie de dépôt ou de précipitation, n'ont pas tous conservé leur position originaire : on en voit d'inclinés, de

(I) IfoD?«ne théorie do la formatioD de» filons , etc., traduite de l'allemand , par M. Ottabnisson,- Paria, 1802.

redressés, de déchirés, de bouleversés. Deluc a aussi le mcrilc d'avoir bien montré tous ces désordres (l).

Les volcans sont une cause encore active de changemenls en certains points de la surface du globe; il était intéressant d'étudier leur manière d'agir, la nature et les caractères de leurs produits, le degré de chaleur avec lequel ces produits sortent du cratère, de chercher même à conjecturer la profondeur du foyer d'où ils émanent , les causesquipeuventy occasionner et y nourrir l'inflammation, et celles qui entretiennent la fusion des laves.

Dolomieu (2) et Spallanzani sont ceux qui ont mis dans ces derniers temps le plus de suite à ce genre de recherches; ils ont recueilli l'un et l'autre, et décrit avec beaucoup de soin, les produits du Vésuve et de l'Etna. M. de Humboldt, en revenant de gravir les

f)ics les plus élevés et les volcans plus terribles encore qui hérissent a Cordillière des Andes, a eu lavantage de voir de près la dernière éruption du Vésuve. Le volcan de Tile de Bourbon a fourni des observations précieuses à MH. Huber et Bdry-Saint-Vincent.

L'un des faits les plus remarquables qui paraissent avoir été constatés, c'est que le feu des volcans n'a pas, à beaucoup près, le haut degré de chaleur qu'on lui attribuait. Dolomieu s'en est assuré, en examinant l'action de la lave sur les divers objets qu'elle enveloppa en 1798, dans un village au pied du Vésuve; il a expliqué par-là comment elle a pu entraîner sans les fondre divers cristaux très fusibles, dont elle est souvent remplie. Cependant la lave est très fluide ; elle s'insinue jusque dans les plus petits interstices des corps : on a de nie de Bourbon des troncs de palmier dont toutes les rentes en sont remplies (c'est une des remarques de M. Huber). Lorsqu'elle coule elle bouillonne et répand au loin des vapeurs épaisses: ne s'enflammerait-elle qu'au contact de l'atmosphère, et y laisserait-elle échapper quelque substance qui entretenait la fusion à ce degré modéré de chaleur, comme l'ont soupçonné Kirwan et Dolomieu?

La quantité de ces laves est énorme. Deluc a cherché à faire voir que toute la masse des montagnes volcaniques est formée des produits mêmes de leurs éruptions; et le nombre des volcans a été autrefois bien plus considérable qu'aujourd'hui. C'est ce qu'on a reconnu , dès qu'on a eu sur les laves modernes des notions suffisantes pour pouvoir les comparer avec les anciennes.

M. Desmarets est un des premiers qui se soient occupés de ce

(1) Les lettres de Beluc à de la Hétherie, recueillies dans le Journal de physique , années 1789, 1790, 1791 , et les Lettres géologiques du m^me auteur à Blumenbach ; Paris, 1796, 1 vol. in-8*^, contiennent Texposé denses idées particulières sur la théorie de la terre.

(2) Voyage aux îles de Lipari, 1783; Voyages auxiles Ponces, et Catalogue raisonné Âes produits de l'Etna, 1788; et surtout ses derniers mémoires dans les journaux de physique et des mines. Âjoutetd ces ouvrages les mémoires de H.Fleuriau deDelleTue, ceux de M. Daubuisson, et l'Essai de M. do Montlosier sur les volcans de l'Auvergne.

ffcnrc de recherches; îl a feit cenn^itre surtout les volcans éteints de TAuvei^ne ; il est remanié à leurs cratères ; il a suivi les traînées de leurs laves; il lésa vues se fendre en piliers basaltiques; et c est d'après ses observations que Ton a attribué longtemps à tous les basaltes, pierres asser semblables à certaines laves, une origine volcanique.

Faujas a fait des travaux semblables sur les volcans éteints du Vivarais ( O; Fortis, sur ceux du Vicentin (2), etc.

Il parait cependant que les terrains qui ont de la ressemblance avec les laves n'ont pas tous la même origine. Telles sont les roches nommées toakes; elles occupent de grandes étendues dans certaines co titrées de TAIIemagne; elles y sont bien horizontales, n'y tiennent à aucune élévation que l'on puisse regarder comme un cratère, reposent souvent sur des houilles très combustibles , qu elles n'ont point altérées: elles ne sont donc point volcaniques. Werner a bien démontré ces faits; et une multitude de terrains ont été dépouillés , par suite de ses observations , de l'origine qu'on leur attribuait. Tout ou plus resterait-il l'opinion de Hutton et de M. James Hall , qu'ils ont été fondus en place, lors d'un échauffement général et violent éprouvé par le globe.

La ressemblance de la pierre ne suffit donc plus pour faire croire à un volcan éteint ; il faut encore des traces d'éruption: mais lorsque ces traces sont évidentes on ne peut refuser de s'y rendre. Aussi des élèves distingués de Werner, de Buch et M. Daubuisson, ont-ils reconnu la nature volcanique des pics de l'Auvei^ne.

C'est en examinant ainsi les diverses contrées du globe que Ton trouve que les volcans ont été autrefois infiniment plus nombreux qu'aujourd'hui: il y en a sur toute la longueur de l'Italie ; et les sept montagnesdeRomesont les débris d'un cratère, selonM. Breislak(3). Les bords du Rhin en sont hérissés; on en voit en Hongrie, en Transylvanie, et jusque dans le fond de l'Ecosse.

L'observation des volcans éteints a même donné des lumières sur la nature des volcans en général. Ainsi Dolomieu , en étudiant ceux de l'Auvergne, a cru s'apercevoir que leur foyer devait être sous un immense plateau de granit, que les produits de leurs éruptions couvrent maintenant. C'est ainsi qu'on expliquerait ces pierres inconnues ailleurs, que tant de laves contiennent. Il n'est cependant pas entièrement prouvé qu'il n'ait pas pu en cristalliser quelques unes pendant que la lave était encore liquide.

Au reste, quel qu'ait pu être le nombre des anciens volcans, ce ne sont pas eux qui ont bouleversé les autres couches. H paraît bien

0) Recherches sur lesTolcana éteints du VivaraU etdu Velay; Paris, 1778; 1 ▼ol, in-folio. Minéralogie des volcans ; Paris , 1 vol. in-8®

(2) Mémoires pour servir à Thistoire naturelle , et principalement ik l'oryctographie àa^ ritalie ; Paris , 1 802 . 2 vol. in^».

(3) Voyages dans la Campanie ; Paris, 1801 ; 2 vol, in-8®.

prouvé, d'après les remarques de Deluc, qu'ils n'ont pu exercer u'une influence locale, en perçant ces couches, et en les recouvrant e leurs produits.

La haute antiquité de quelques uns est démontrée par les couches mariaes qui se sont formées dessus ou qui alternent avec leurs laves.

Mais comment le feu des volcans peut-il être entretenu à ces profondeurs inaccessibles? Pourquoi presque tous les volcans brûlants sont-ils à peu de distance de la mer? L'eau salée est-elle nécessaire à ces fermentations intérieures? Est-ce d'elle que viennent les produits salins qui s'accumulent sur les bords des cratères, et dont on trouve encore quelques uns dans les volcans éteints, comme Vauquelin l'a remarqué en Auvergne?

Voilà des questions qui pourront longtemps encore occuper les physiciens.

Les eaux courantes sont une autre cause de changement moins violente, mais aujourd'hui plus générale que les volcans. Elles entraînent les pierres , les sables, et les terres des ligux élevés, et vont les déposer dans les lieux bas, quand elles perdent leur rapidité. De là les alluvions des bords des rivières, et surtout de leur embouchure ; c'est ainsi que le Delta de l'Egypte s'est formé et s'accroît encore. La basse Lombardie, une partie de la Hollande ., de la Zélande, n'ont point d'autre origine. Les terres ainsi formées sont les plus fertiles du monde : mais les inondations qui les créent, les dévastent aussi de temps en temps ; et si on les enceint trop tôt par des digues, on les expose à rester trop au-dessous du niveau du fleuve : c'est le cas de la Hollande qui , en beaucoup d'endroits, ne se dessèche qu'à force de machines. L'intérêt le plus pressant exigeait donc qu'on étudiât cette branche de la géologie , pour trouver à la fois les moyens de profiter de ces terres nouvelles et ceux d'en éviter les inconvénients.

Les philosophes l'ont étudiée par une autre raison: ils ont cru y^ trouver le plus sûr indice de l'époque où nos continents ont subi leur dernière révolution. En effet, ces alluvions augmentent assez rapidement; et comme, dans l'origine, ils devaient aller plus vite encore , leur étendue actuelle semble s'accorder avec tous les monuments de l'histoire, pour faire regarder cette révolution comme assez réceute. Deluc et Dolomieu sont encore ceux qui nous paraissent avoir le mieux développé cet ordre de faits.

Mais ce que les éludes géologiques ont offert de plus piquant c'est, sans contredit, ce qui concerne ces innombrables restes de corps organisés dont fourmillent les terrains secondaires, et dont ils semblent même entièrement composés en quelques endroits.

Depuis longtemps on avait remarqué que les productions de la mer couvrent ainsi la terre ferme de leurs amas jusqu'à des hauteurs infiniment supérieures à celles qu'atteindraient aujourd'hui les plus terribles inondations.

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Un examea plus altentif aTaît fait connaître que les productions qui courrent chaque contrée, ne sont presque jamais celles des mers voisines, et même qu'un grand nombre d'entre elles n'ont pu encore être retrouTées dans aucune mer. La même observation s'appliquait aux débris de végétaux et aux ossements d'animaux terrestres.

Un si grand ai^illon pour la curiosité a produit son eflFet. Les fossiles, les pétrifications, ont été recueillis de toute part; et leurs descriptions commencent à former une grande série toute particulière , qui ajoute beaucoup d'espèces à celles des êtres coimus pour vivants. Lamark est, dans Tépoque actuelle, celui qui s'est occupé des coquilles fossiles avec le plus de suite et de fruit; il en a fait connaître plusieurs centaines d'espèces nouvelles, seulement dans les environs de Paris (1).

Les poissons fossiles des environs de Vérone ont été décrits et gravés avec magnificence par les soins de M. Gazola (2).

Les végétaux fossiles ont été moins étudiés. Il y en a dans des couches récentes d'assez semblables h ceux d'aujourd'hui. Faujas en a décrit plusieurs; mais les houilles et les schistes en recèlent d'inconnus. M. le comte de Sternberg a donné récemment un essai à leur sujet (3); on commence aussi à les recueillir et à les graver en Angleterre et en Allemagne. On peut citer dans ce dernier pays l'ouvrage de M. Schlolheim.

Parmi ces étonnants monuments des révolutions du globe, il n'y en avait point qui dussent faire espérer des renseignements plus lumineux que les débris des quadrupèdes, parce qu'il était plus aisé de s'assurer de leurs espèces, et des ressemblances ou des différences qu'elles peuvent avoir avec celles qui subsistent aujourd'hui ; mais comme on trouve leurs os presque toujours épars, et le plus souvent mutilés, il fallait imaginer une méthode de reconnaître chaque os, chaque portion d'os, et de les rapporter à leurs espèces. Nous verrons ailleurs comment Cuvier y est parvenu. Il a examiné les os eu question d'après cette méthode, et il a recréé ainsi plusieurs grandes espèces de quadrupèdes dont il ne reste plus aucun individu vivant à la surface du globe. Les plàtrières des environs de Paris lui en ont seules fourni plus de dix qui forment même des genres nouveaux. Des terrains plus récents ont des os de genres connus, mais d'espèces qui ne le sont point. Ce n'est que dans les alluvions et autres terrains qui se forment encore journellement que l'on trouve les os de nos espèces actuelles.

(l) Dana les différenU Tolumes des Annales du muséum d'histoire naturelle.

(2)Ittiologia Teronese^in-fol. 11 n'en a encore paru qu'une faible partie, quoique toutes les planches soient prêtes.

(3) C'est aussi dans les Annales du muséum que MM. Faujas et de Sternberg ont publié leurs mémoires.

Presque toujours les os inconnus sont recouverts par des couches pleines.de coquilles de mer. C'est donc quelque inondation marine qui en a anéanti les espèces , mais Tinfluence de cette révolution, à cause de sa nature même , ne s'est peut-être pas exercée sur tous les animaux marins.

Il est cependant indubitable que les couches les plus profondes, et par conséquent les plus anciennes parmi les secondaires, fourmillent de coquilles et d'autres productions qu'il a été jusqu'à présent impossible de retrouver dans aucun des parages de l'Océan; et comme les espèces semblables à celles qu'on pêche aujourd'hui n'existent que dans les couches superficielles, on est autorisé à croire qu'il y en a eu une certaine succession dans les formes des êtres vivants.

Les houilles ou charbons de terre paraissent aussi être d'anciens produits de la vie : ce sont probablement des restes de forêts de ces temps reculés que la nature semble avoir mis en réserve pour les âges présents. Plus utiles qu'aucun autre fossile, elles devaient naturellement attirer de bonne heure l'attention. Leur profondeur et la nature des couches pierreuses qui les renferment annoncent leur antiquité ; et les espèces toutes étrangères de plantes qu'elles recèlent, s'accordent avec les fossiles animaux, pour prouver les variations que l'organisation a subies sur la terre.

Il n'est pas jusqu'à l'ambre jaune qui ne recèle des insectes inconnus , et qui ne se trouve quelquefois dans des fentes de bois fossiles qui ne le sont pas moins.

A la vue dun spectacle si imposant, si terrible même, que celui de ces débris de la vie formant presque tout le sol sur lequel portent nos pas, il est bien difficile de retenir son imagination, et de ne point hasarder quelques conjectures sur les causes qui ont pu amener de si grands effets.

Aussi , depuis plus d'un siècle , la géologie a-t-elle été si fertile on systèmes de ce genre que bien des gens croient qu^ils la constituent essentiellement, et la regardent comme une science purement hypothétique. Ce que nous en avons dit jusqu'à présent montre qu'elle a une partie tout aussi positive qu'aucune autre science d'observation ; mais nous croyons avoir montré en même temps que celte partie positive n'est point encore assez complète, qu'elle n'a point encore assez recueilli de faits pour fournir une base suffisante aux explications. La géologie explicative, dans l'état actuel des sciences, est encore un problème indéterminé, dont aucune solution ne l'emportera sur les autres , tant qu'il n'y aura pas un plus grand nombre de conditions fixées. Les systèmesonteu cependant le mérite d'exciter à la recherche des faits , et nous devons, à cet égard , de la reconnaissance à leurs auteurs.

On connaît depuis longtemps ceux de Woodwards, de Whiston, de Burnct, de Leibnitz, de Scheuchzer : conçus avant qu'on eût

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