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XVII

CURE RADICALE DE l'hYDROCÈLE.

Bien que l'on sût depuis long-temps que , pour obtenir la guërison radicale de l'hjdrocèle , il faut ne'cessairement de'terniiner l'adhérence mutuelle du testicule et de la tunique vaginale, et de'truire en quelque manière le champ de la maladie , beaucoup d'incertitudes régnaient encore relativement au meilleur procédé à suivre pour remplir cette indication. La méthode des injections a enfin obtenu la préférence, et son adoption est surtout devenue générale et comme exclusive depuis qu'on connaît mieux ce qui se passe à la suite de l'inflammation de la tunique vaginale déterminée par l'injection d'un liquide irritant. L'adhésion des surfaces contiguè's n'est point inmaédiate : durant les deux ou trois premiers jours qui suivent l'injection, un nouvel épancheraent se forme dans la poche séreuse , différent de l'épanchement primitif en ce qu'à la place d'une sérosité limpide et comme inerte , les surfaces irritées exsudent une lymphe albu-

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mineuse et lactescente au sein de laquelle des flocons se concrètent, puis, graduellement condensés par l'absorption des parties les plus tenues du liquide , forment une couenne qui passe par degré à l'état d'organisation , et réunit enfin les surfaces entre lesquelles elle a été déposée.

L'étude approfondie du mécanisme par lequel la nature effectue la réunion des surfaces irritées, à la suite de l'opération de l'hydrocèle par injection, présente le plus vif intérêt. En suivant avec attention la série des phénomènes, on voit le liquide, nouveau produit de l'irritation et spontanément concrescible , passer à l'état de solide , celui-ci s'élever par degrés à la condition de corps organisé et vivant, en sorte que la matière subit évidemment une suite de transformations et de métamorphoses. Dans les premiers temps de ma pratique (i 800}, la formation évidente et rapide d'un nouvel épanchement, à la suite de l'opération de l'hjdrocèle par injection , me faisait craindre la récidive de la maladie, dont la guérison, selon les idées du temps, devait résulter du gonflement inflammatoire de la tunique vaginale et

du testicule; mais bientôt rassuré par l'expérience, et voyant que cet épanchement nouveau disparaissait par degrés à mesure que se dissipait l'inflammation à laquelle il devait sa naissance, je découvris par le raisonnement ce que l'autopsie ne tarda point à confirmer, savoir que Tadhérence respective des surfaces n'était point immédiate j mais s'opérait à la faveur d'une couenne albumineuse interposée. Maintenant, de quelle manière cette albumine, solidifiée par concrétion , passe-t-elle à l'état d'organisation et de vie ? quelle succession de changemens a lieu dans son intérieur? C'est ce qu'ont appris des observations récentes. Des vacuoles s'établissent dans la substance solidifiée, se disposant régulièrement les unes à la suite des autres, comme on voit, à la surface du lait en ébullition , les bulles d'air qui se dégagent et surnagent , se disposer en lignes symétriques; bientôt ces aréoles s'ouvrent les unes dans les autres, et, à la faveur de ces communications établies entre elles, constituent des vaisseaux qui d'abord ne sont pas sans quelque analogie avec l'artère dorsale de certains insectes. Une espèce de sys-

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tème vasculaire, propre à ia membrane de noii-^ velle formation, s'organise dans son épaisseur. Use compose d'un vaisseau principal et comme central des extrémités duquel partent des divisions, qui, de chaque côté , se dirigent vei-s chacune des deux surfaces que doit unir le nouveau tissu. Ce vaisseau, que l'on peut injecter dans l'épaisseur de certaines brides membraneuses formées dans l'abdomen , ressemble au système de la veine porte ventrale ; car, comme lui, il figure un arbre dont les branches se dirigent vers l'une , tandis que ses racines se portent vers l'autre des deux surfaces et finissent par s'identifier avec les tissus primitifs lorsque, a la faveur de divisions et de subdivisions multipliées, elles sont enfin réduites de chaque côté à l'état capillaire. C'est suivant ce mécanisme , toujours le même et toujours admirable, que se forment, s'organisent et passent à l'état de vie les fausses membranes qui font adhérer les surfaces contiguës des tissus séreux affectés d'un certain degré d'irritation.

L'observation attentive des changemens successifs qu'éprouve le tissu nouveau pour arrive r

de l'etat fluide à celui de solide vivant présente donc la matière d'abord inerte, acquérant graduellement toutes les conditions de la vie. A une simple sérosité l'irritation substitue une lymphe plastique et spontanément concrescible; bientôt l'organisation s'établit dans cette substance solidifiée, d'abord aréolaire puis vasculaire , en sorte que le procédé de la vie s'y accomplit enfin suivant le même mode que dans l'organisation primitive. Ce fut en réfléchissant , dit-on , à la chute d'une pomme que l'immortel Newton découvrit le mécanisme de l'univers. Les lois primordiales de l'organisation et de la vie dériveront un jour , peutêtre , du fait de l'organisation des tissus nouveaux , étudié dans toutes ses circonstances.

Déjà les notions acquises sont suffisantes pour motiver la préférence généralement accordée au procédé des injections dans la cure radicale de l'hydrocèle. Aucun autre procédé n'est comparable à celui-ci sous le rapport de l'efficacité, aucun n'est d'une exécution plus facile et moins douloureuse. La première idée de cette méthode curative de l'hydrocèle nous vint de ce pays où rien ne gêne l'industrie hu-

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mai ne dans son libre essor; contrée dont les habitans , sous un climat peu favorable , sont doués, peut-être, d'un goût moins délicat, de sensations moins vives, d'une imagination moins âçdente que ceux d'autres régions plus rapprochées de l'équateur, mais possèdent et cultivent de préférence les plus nobles facultés de notre être; peuple éminemment raisonnable, chez lequel les sensations, la mémoire et l'imagination elle-même sont toujours dominées et comme gouvernées par un jugement sûr et par une raison supérieure (F). Est-il besoin de dire ici que je veux parler de l'Angleterre?

Je te salue , terre classique de la liberté , des sciences et de la philosophie ; patrie des Harvey, des LocKe et des Newton; toi qui, jadis, au milieu de l'Europe prosternée devant les volontés absolues et le bon plaisir de ses souverains, oflris, la première, l'imposant spectacle d'un pacte juré entre le monarque et son peuple, et qui, depuis cette heureuse époque , placée à la tête des nations policées, les précèdes dans la carrière de la civilisation et dans toutes les routes qui conduisent à l'a-

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mélioration progressive de notre espèce : tant de fois injuriée par des bouches sen iles et des plumes vénales , reçois avec faveur Thommage d'un homme libre et désintéressé !

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