FRACTURE DU COL DE LHUMÉRUS
Le procédé de Paul d'Égine, déjà conseillé par Hippocrate, adopté par Ambroise Paré, et suivi par Ledran, est préférable à ceux
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qu'on a imagines depuis. Il suffit, pour le perfectionner , qu'on ne se borne pas à fixer le bras contre les parties latérales du tronc servant d'attelle , mais qu'on donne au membre une situation telle qu'elle s oppose à l'action des causes de déplacement. Le fragment supérieur sur lequel il est impossible d'agir immédiatement ;, car il n'offre pas de prise , le fragment supérieur est dirigé en dehors par suite du mouvement de rotation que lui font exécuter, sur la cavité glénoide de l'omoplate, les muscles qui s'attachent à la grosse tubérosité de l'humérus (sus, sous-épineux et petit rond). L'extrémité supérieure du fragment inférieur est au contraire tirée en dedans par les nmscles grand dorsal , grand pectoral et grand rond. Si l'on porte le coude en dedans et en avant de manière que la main du côté malade, l'avant-bras étant plus qu'à demi fléchi, s'applique au-devant de l'épaule du côté opposé , le tronc sert d'attelle; l'extrémité supérieure du fragment inférieur, dirigée en arrière et en dehors, se porte, pour ainsi dire^ à la rencontre du fragment supérieur. Les muscles mis dans un état de relâchement
îTexercent aucune action nuisible; une simple compresse, placée sous l'aisselle, en absorbe les humidités sans exercer la compression douloureuse que produirait 1 épais tampon au moyen duquel Desault proposait de faire exécuter au fragment inférieur un mouvement de bascule : quelques tours de bande , dont l'action s'exerce principalement sur le coude, suffisent pour assurer l'immobilité du membre malade dans cette situation favorable , et obtenir une consolidation régulière dans l'espace <3e vingt-cinq à trente jours.
J'ai obtenu de nombreux succès de cette méthode de traitement, clairement exposée dans une thèse soutenue à la Faculté de Médecine de Paris, au mois d'août 1825. Dans l'argumentation publique à laquelle cette dissertation fut soumise, le chirurgien d'un grand hôpital fut réduit, pour établir l'utilité du coussin auxiliaire, de supposer le cas impossible d'une fracture en long, dans laquelle l'humérus se trouverait fendu longitudinalement dans sa partie supérieure et par son milieu , de telle sorte qu'un fi^agment se trouverait tiré en dedans par le grand pectoral et
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par le grand dorsal, tandis que l'autre fragment serait entraîné en dehors par le deltoïde.
Plusieurs fractures, et précise'ment celles pour lesquelles ont été imaginés les appareils en apparence les plus ingénieux, et certainement les plus compliqués, guérissent donc comme d'elles-mêmes, et sans autres secours que ceux qu'une personne étrangère à l'art pourrait administrer. Si cette erreur dure encore , suivant laquelle d'ignorans renoueurs sont regardés comme plus heureux , dans le traitement des maladies des os, que les chirurgiens les plus éclairés, cela tient à la fois, n'en doutez point , à ce que , d'une part , il leur arrive souvent de traiter des fractures qui n'existent pas , et que d'autres fois ils rencontrent des fractures du col du fémur, de la rotule, etc., n'exieeant d'autres soins que l'immobilité jointe à une situation convenable du membre malade. Malheureusement, pour l'honneur de notre profession, il est des chirurgiens, et des plus renommés, habiles, comme les renoueurs, à t.raiterdes fractures imaginaires et à les guérir en quelques semaines sans qu'il en reste la moindre trace, pas même le plus léger gonflement dans
le lieu où la solution de continuité devait exister.