HOSTILITÉS
Le capitaine David, qui venait de la cour, apporta le premier à Avignon, le 17 a^vril , la nouvelle de la paix. Il était arrivé par le Rhône, au grand étonnement de la ville , qui , depuis onze mois , n'avait vu aucun bateau descendre le fleuve. Quelques jours après , le seigneur Marie , parent du vice-légat , et le seigneur de Vaux vinrent également à Avignon (22 avril). Le second, en-
(i) Ms. franç., n» 197" portef. 1 (Bibl. publ. de Genève).
voyé spécialement par le roi, la reine mère et le prince de Condé, dont il était l'écuyer, apporta des lettres royales datées du 17 avril, enjoignant aux huguenots de restituer toutes les places qu'ils occupaient dans le Comtat. Ces derniers ne voulurent point y consentir parce que les lettres n'assuraient pas l'amnistie aux huguenots comtadins fugitifs, et ne leur permettaient de rentrer en possession de leurs biens qu'à la condition de mettre bas les armes et de professer dorénavant le catholicisme. Ils continuèrent donc la guerre pour obtenir de meilleures conditions de paix. Ils étaient commandés par Gaspard Pape, seigneur de Saint-Auban, que Crussol avait nommé gouverneur de la principauté d'Orange et de toutes les places du Comtat dont il pourrait s'emparer, ou qu'il occupait déjà. Son armée était forte de trois mille hommes de pied et de trois cents chevaux , qui prirent, saccagèrent ou pillèrent Entraigues (i*"" mai), Séguret (5 mai), Morières (10 mai), Gigondas (11 mai), Sablet, Màlaucène et Le Barroux. Cette dernière place fut livrée aux huguenots par Barthélémy de Belon, châtelain du lieu.
Alarmés de ces succès, les Etats du comtat Venaissin s'assemblèrent à Avignon le 1 5 mai 1 563. Le clergé offrit 120,000 livres pour l'entretien de trente-cinq compagnies, et l'on « députa, » dit Justin, « Vaucluse au comte de Sault [François-Louis d'Agoult] et d'Aubignan au comte de Crussol, pour les induire à empêcher les huguenots de continuer leurs hostilités dans le Comtat, du moins jusqu'à ce que le roi, à qui on s'était adressé pour le même motif, eût donné de nouveaux ordres. Seystres et Caumont furent députés en même temps à Sommerive , au comte de Carcès [Jean de Pontevés] et aux Etats de Provence, assemblés à Aix, pour leur demander des secours , pendant que le pape
Pie IV, de son côté, concédait par un bref, à la ville d'Avignon, la quatrième partie des confiscations faites sur les huguenots, et, en outre, la quatrième partie des amendes pécuniaires auxquelles ceux-ci avaient été condamnés depuis 1 560 jusqu'à l'édit de paix.
Pendant ce temps, les soldats de Saint-Auban continuaient leurs courses. Ils attaquèrent Vaison sans succès, mais furent plus heureux à Entrechaux. Claude de Guiramand, seigneur du lieu, leur ouvrit la fausse porte de son château , par où ils pénétrèrent dans la place. Cette complaisance lui coûta la vie , car un de ses serviteurs , pour venger les catholiques , le poignarda sur l'heure (25 mai) (i). Les huguenots s'emparèrent après cela de Crillon.
Cependant la moisson était là, et il fallait sauver les récoltes. Les Etats s'assemblèrent donc une nouvelle fois à Avignon (28 mai). Serbelloni offrit d'entretenir deux mille hommes à ses frais, la province et le clergé réunis autant, et les barons cinquante cavaliers. Les Etats de Provence fournirent de leur côté deux mille hommes , qui furent confiés au commandement de Bernard d'Ornesan , sieur de Montagut, et entrèrent immédiatement dans le Comtat pour protéger Mazan , menacé par les huguenots , qui avaient pris Bédouin (3 juin).
Sur ces entrefaites , treize compagnies d'infanterie , quatre cents cavaliers et trois cents femmes ou enfants, commandés par le comte de Tende, Claude de Savoie, Cipières son fils, Beaujeu son neveu, Sénas et Mauvans , et composés des réfugiés du siège de Sisteron , qui s'étaient établis à Lyon après la chute de la ville , et d'un certain nombre d'autres Provençaux qui avaient fui les rigueurs de Sommerive, envoyèrent trois députés
(i) Barjavel, Le seizième silcle.
à Avignon pour demander que le Comtat leur fournît gratuitement des vivres, afin qu'ils pussent regagner paisiblement leurs foyers. Sur le refus qu'on leur opposa et vu l'impossibilité oij était le comte de Crussol de s'occuper d'eux, parce qu'il avait à traiter de la paix avec le vicomte Guillaume de Joyeuse , gouverneur du Languedoc , ils se cantonnèrent dans les places de Courthezon . Bédarrides , Monteux , Entraigues et Védènes, tenues par leurs coreligionnaires du Comtat. Ayant reçu ce renfort, ces derniers recommencèrent les hostilités. Mauvans , campé à Monteux, s'approcha de Carpentras. Retranché dans l'hôpital , il tenta de surprendre une des portes de la ville ; mais Aimar de Vassadel, seigneur de Vacqueyras, qui y commandait, fit une sortie et le mit en fuite (i6 juin). En revanche, les huguenots s'emparèrent de Méthamis (8 juillet) et de Mormoiron. Ils mirent ensuite le siège devant Crestet avec quinze cents fantassins , cinq cents cavaliers et quatre canons, et quand ils eurent fait une brèche suffisante aux murailles , ils montèrent à l'assaut ; mais ils furent vigoureusement repoussés par les habitants , tant hommes que femmes, qui leur offrirent, par moquerie, de leur rendre leurs balles et boulets s'ils voulaient recommencer l'attaque. Les huguenots ne furent pas plus heureux sous les murs de Carpentras, dont ils cherchèrent à s'emparer, le 6 juillet. En les voyant approcher, la garnison fondit précipitamment sur eux et les poursuivit jusque sous les murs de Monteux, d'oij ils étaient sortis.
ARRIVÉE DE VIEILLEVILLE. PASSAGE DES RÉFUGIÉS PRO- VENÇAUX. SIGNATURE DE LA PAIX (156^).
Cependant François de Scépeaux, sieur de Vieille-
ville, maréchal de France, chargé par le roi de faire exécuter l'édit d'Amboise en Provence , arriva à Avignon le 16 juillet. Le pape, ayant ouï parler de son habileté et de sa modération, le pria de pacifier le Comtat. Le roi lui avait également confié cette mission. Les huguenots du pays lui montrèrent que leurs exigences seraient à la hauteur de leurs moyens, et ils l'accompagnèrent jusqu'au pont d'Avignon en chantant des psaumes et en ne ménageant pas les épigrammes contre le pape et ses officiers. Quelques jours après (25 juillet), ils eurent la hardiesse de convoquer les Etats de la province à Sainte-Cécile , et citèrent tous les vassaux ou seigneurs feudataires du pape à comparaître devant eux, sous peine de confiscation de leurs biens. Puis ils établirent des impôts et des receveurs , qui commirent de grandes exactions, à Mornas et à Courthezon , sur les muletiers de Lyon , les mariniers du Rhône et les voyageurs. Ils décidèrent aussi de faire fondre toutes les cloches des églises et reprirent après cela les hostilités.
Une troupe d'entre eux , composée de quatre cents chevaux et de cinq cents arquebusiers , choisis parmi les Provençaux réfugiés qui venaient de Lyon, tendirent une embuscade à la garnison du Thor, oij périrent beaucoup de soldats catholiques commandés par Hubert de Garde, sieur de Vins, qui devint si célèbre par la suite, et le seigneur d'Ansouis. Dans une autre affaire , Mauvans faillit être fait prisonnier. Vacqueyras , commandant militaire de Carpentras, dont il a été parlé plus haut, ayant appris qu'iL rentrait dans le Comtat après avoir fait baptiser un fils en Provence, fondit sur lui à l'improviste. Le capitaine huguenot se défendit avec sa bravoure ordinaire , et ne put échapper qu'en échangeant sa jument, harassée de fatigue, contre le
cheval d'un de ses gens. Le ministre qui l'accompagnait tomba entre les mains du vainqueur. Vacqueyras réussit également dans une embuscade où il attira la garnison de Bédouin (7 août). Une tentative des huguenots sur la chartreuse de Bonpas échoua , grâce à l'intervention du capitaine Caille , établi dans Caumont (16 août). Malgré ces échecs, qui étaient sans importance, les huguenots n'en occupaient pas moins une grande partie du Comtat. Des quatre-vingts places que comptait la province , cinquante-trois étaient en leur pouvoir et jouirent, pendant l'occupation, du libre exercice de la religion réformée.
Vieilleville, qui avait réglé en partie à Aix les différends religieux de Provence (5 août), dépêcha Sainte- Colombe, capitaine de ses gardes, aux chefs huguenots du Comtat, réunis à Védènes , pour les engager à déposer les armes (19 août). Ceux-ci se bornèrent à demander une suspension d'hostilités, qui leur fut accordée, mais ne devait durer que du 21 au 25 août. Les réfugiés protestants de Provence en profitèrent pour rentrer dans leurs foyers. Ils franchirent la Durance à Orgon , le 27 août, sous la protection d'une cornette de cavalerie provençale, commandée par Honoré de Castellane.
D'autres huguenots fugitifs, la plupart du Comtat, qu'on venait de renvoyer du Dauphiné et de la principauté d'Orange à la suite du traité d'Amboise, s'établirent à Bédarrides et à Sarrians. A la fin de la trêve, ils se mirent en campagne à l'instar de leurs frères d'armes demeurés dans le pays. Serbelloni résolut de les combattre. Le 5 septembre il partit d'Avignon avec de l'artillerie, et alla mettre le siège devant Bédarrides, qu'il trouva évacuée de même que Sarrians. Il attaqua ensuite Mormoiron. La garnison , après avoir essuyé cent cinquante coups de canon qui firent brèche , se sauva de
nuit en partie et le reste fut passé au fil de l'épée. Deux ministres y périrent. L'un eut la tête emportée d'un coup de canon sur la brèche, l'autre fut tué en fuyant (7 septembre). Quant aux huguenots qui occupaient Méthamis, Grillon et Bédouin, ils abandonnèrent ces places avant d'être attaqués.
Vieilleville arriva à Avignon le 1 5 septembre , accompagné de Jean Truchon , président du Parlement de Grenoble. Les députés huguenots qu'il avait mandés se trouvèrent à Villeneuve-lès-Avignon le 21 , au nombre de seize. Il leur présenta un traité de paix en vingt-trois articles , stipulant que les huguenots du Gomtat rendraient leurs armes et ne pourraient habiter les terres du pape situées en deçà de l'Aigues, c'est-à-dire sur la rive gauche de la rivière , non plus qu'y exercer leur religion , tandis que ce dernier demeurerait libre de mettre telle garnison qu'il jugerait nécessaire dans les places d'au delà. Quand les députés huguenots eurent pris connaissance de ce traité , ils ne voulurent pas le signer, car ils étaient de ce fait expulsés de presque tout le Gomtat. G'est pourquoi ils se retirèrent à Gaderousse. Vieilleville et Truchon s'y rendirent après eux et de nouveaux articles de paix furent rédigés, qui permettaient aux huguenots de demeurer dans les villes et terres qu'ils occupaient actuellement , mais avec cette restriction que les places dont ils étaient les maîtres en deçà de l'Aigues (elles étaient au nombre de quarante-neuf), ne pourraient être habitées que par protestants qui s'y seraient établis avant les troubles. Les protestants d'au delà (rive droite) n'auraient le droit d'y venir ou d y résider qu'avec une permission écrite des officiers du pape. Les uns et les autres étaient placés sous la sauvegarde du vice-légat et de Serbelloni et demeuraient libres de conserver leur religion, mais avec
défense de la pratiquer et d'user « d'aucune persuasion ni dogmatisation. » Enfin l'approbation, par le pape, des articles de pacification était réservée. Le maréchal envoya le traité sous cette nouvelle forme à Serbelloni , qui le signa le dernier jour de septembre , ainsi que le vice-légat, les députés huguenots et Vieilleville (i).
APRÈS LA PAIX (l 563-1 565).
Serbelloni se hâta d'occuper les places du Comtat possédées naguère par les huguenots, telles que Caderousse , Bollène , Sainte-Cécile, Cairanne, Visan , Valréas, Malaucène, qui lui ouvrirent leurs portes sans coup férir. Le Barroux seul essaya de résister, mais fut bientôt emporté. Le châtelain Belon , qui avait livré la place aux huguenots, comme on l'a vu , périt du dernier supplice (i). Le général comtadin, après avoir pris possession des places susmentionnées, envahit le territoire de la principauté d'Orange contre le droit des gens, faisant des prisonniers, enlevant le bétail, venant jusque sous les murs de la ville et menaçant à tout propos de l'assiéger. Il entra même à Tulette en Dauphiné, qui relevait du roi de France, la pilla et y vendit des femmes à l'encan. En divers lieux , il contraignit des protestants, à coups de bâton, d'aller à la messe.
Charles IX, ayant appris que Serbelloni n'avait pas
(1) De Bèze, t. III , p. 245, 244 ; Pérussis, dans d'Aubais, t. I , p. 44-61 ; Lapise, p. 514, jif ; Justin, p. 181-205 ; Achard , Inventaire^ p. 67 ; Lambert, t. I, p. 195-200.
{21 Justin, qui n'a pas su être équitable envers les protestants, met à tort, sur leur compte, plusieurs expéditions à mains armées, qui eurent lieu dans le Comtat, après la signature de la paix. Ceux qui les commandaient n'appartenaient à aucun parti. C'étaient des picoreurs, gens sans aveu, qu'on a souvent vus en France après de longues guerres , et « qui couraient la campagne pour détrousser les passants, piller les fermes, et, le cas échéant, aussi les villages » (Lambert, t. 1, p. 200).
désarmé, lui écrivit, de même qu'au vice-légat (novembre 1 563 ), pour leur faire connaître son vif désir de voir la paix s'établir dans le Comtat comme en France. Ils répondirent à Henri de Montmorency, sieur de Damville, gouverneur du Languedoc, qui leur apporta les lettres du roi , qu'ils n'avaient pu licencier toutes leurs troupes à cause du peu de sécurité qu'offrait Lyon, le Dauphiné et Orange, qui renfermaient encore beaucoup de soldats huguenots. Serbelloni osa même affirmer à Damville qu'il avait entièrement satisfait au traité de paix et fait savoir aux huguenots fugitifs qu'ils pouvaient rentrer dans leurs foyers et seraient les bienvenus pourvu qu'ils rapportassent tout ce qu'ils avaient emporté ( i ).
L'année suivante, en février (1564), Serbelloni, devenant persécuteur , rendit une ordonnance qui enjoignait, sous peine de bannissement, à tous les gens mariés en dehors de l'Eglise et aux enfants non baptisés catholiquement de se présenter devant leurs curés dans les trois mois pour être réhabilités dans les sacrements et à tous ceux qui avaient fait acte d'hérésie d'abjurer (2).
Le même mois. Serbelloni, sur la décision des Etats du Comtat qui s'étaient réunis en janvier, à Carpentras, sous la présidence du vice-légat Laurent Leuzi , visita toute la province. Arrivé à Valréas, il ordonna la démolition de la maison du capitaine André, qui avait combattu dans les rangs des huguenots. A l'Isle il fît de même pour celle du docteur en droit Gabriel des Isnards qui, lors des premiers troubles en i 560, avait quitté ses biens, sa femme et son état pour embrasser le ministère
(1) Dom Vaissette, Hist. du Languedoc, t. iX, preuve X.
(2) « Fabricius, Pontificis nomine, crudeliter piosomnes persequens» (Lettre de Bèzc à Bullinger, du 24 mai 1Ç64, dans Cahnni opéra, vol. XX, n''4ii2).
évangélique (i). Serbelloni fit bâtir une église sur remplacement de sa maison.
Le roi Charles IX , ayant manifesté l'intention , en entreprenant son long voyage de pacification à travers la France, de visiter le Comtat , Serbelloni, dès qu'il le sut arrivé à Valence, alla lui rendre hommage accompagné des plus grands seigneurs de sa province. En passant à Mornas , le roi assigna une pension viagère de 40 écus au soldat catholique qui était resté suspendu à un figuier sauvage à mi-hauteur du rocher du château lorsque la garnison en avait été précipitée fvoy. p. 29). Charles IX était à Avignon le 24 septembre 1564 et y passa trois semaines.
Les huguenots du Comtat renouvelèrent auprès de lui la requête qu'ils lui avaient déjà adressée à Orange pour obtenir la restitution de leurs biens et l'exercice de leur religion dans la mesure oij l'accordait l'édit d'Amboise. Il leur répondit qu'il ne pouvait rien entreprendre sur l'autorité du pape ; mais il ne laissa pas que d'intercéder en leur faveur, car, deux jours après son départ , Serbelloni et le vice-légat firent publier par tout le Comtat, malgré une demande contraire des Etats du pays , qu'à la recommandation du roi et par la grâce du pape, il était permis à tous les huguenots qui avaient fui pour cause de religion, et non pour un autre motif, de rentrer avec des saufs-conduits dans la possession de leurs biens , mais à la condition que ceux-ci n'auraient pas été vendus pour la réparation et la reconstruction des églises rumées pendant les troubles, et que la quatrième partie des revenus de l'année courante serait employée à remédier aux désordres qu'avait causés la
(i) 11 mourut à Orange, en 1573, au moment où il postulait la charge de conseiller au Parlement d'Orange.
guerre. Un traité de paix fut également conclu avec Orange , comme on le verra à l'histoire de cette principauté.
Ainsi se termina la laborieuse pacification du Comtat après cette première guerre de religion. Serbelloni partit pour Rome le 1 5 janvier 1 565 et y mourut le 24 octobre (i) de l'année suivante, sans laisser la réputation d'un général habile , non plus que celle d'un homme juste et modéré. Il eut pour successeur le marquis de Longiano, connu sous le nom de Balthazar Rangoni, qui avait servi dans le Comtat pendant les troubles. Le légat du pape, le cardinal Alexandre Farnèse, fut également remplacé par le cardinal Charles de Bourbon , frère du roi de Navarre, Antoine de Bourbon. Le pape lui donna comme colégat le cardinal Georges d'Armagnac , ancien ambassadeur de François I" à Venise , archevêque et gouverneur de Toulouse et conseiller du roi, qui fit son èntrée solennelle à Avignon, le 25 novembre 1565. Quant au vice-légat Laurent Leuzi , dont les pouvoirs expirèrent à l'arrivée de d'Armagnac, il rentra dans l'ombre (2).
Cette même année 1 565 , on imprima à Avignon un pamphlet politique très violent contre les huguenots , dont voici le titre : Discours sur le saccageinent des Eglises Catholiques par les Hérétiques anciens et nouveaux Calvinistes en l'an 1562. Par Claude de Sainctes, théologien à Paris; Avignon, Pierre Roux, 1565, in-8° (i" éd., Verdun, 1562, in-8°j. L'auteur, que son zèle contre les protestants fit nommer évêque d'Evreux en 1576, disait de leurs ministres : « En bon françois le
(1) D'après de Cambis de Velleron, Annales (t. V, fol. 76). D'autres disent le 14.
(2) Pérussis, dans d'Aubais, t. I, p. 62-82 ; Lapise, p. j i5-> 17 ; Justin, p. 20Ç- 230; Sommaire de toutes les délibérations des trois Etats, etc. (ms.).
faux ministre de l'Evangile n'a autre but (quoy qu'il dissimule), depuis qu'on leur donne entrée sur un peuple, que de piller, massacrer et ruiner. »
L'année suivante, en 1566, un nommé Esprit Rotier, que nous ne connaissons pas d'ailleurs, publia aussi à Avignon un livre de controverse, intitulé : Response aux blasphémateurs de la saincte messe avec la confutation de la vaine et ridicule cene des calvinistes ; l'histoire de Berengarius , son erreur et pénitence ; Avignon , Pierre Roux , 1566, in-8°. Bérenger, archidiacre d'Angers, avait enseigné, au onzième siècle , des doctrines eucharistiques se rapprochant de celles de Luther.
Mentionnons, pour finir, l'emprisonnement des capitaines avignonais Montdardier, Beaufort et Lespinasse, arrêtés, en 1566, sur le soupçon d'avoir voulu livrer Avignon aux huguenots. Ils furent relâchés bientôt après, faute de preuves; mais, ne se jugeant pas en sûreté dans leur pays ou bien étant huguenots de cœur, ils se réfugièrent dans le camp de ces derniers (i).