PLACE
Cependant Ferrier, que les Ménerbiens ne cessaient de supplier de traiter pour éviter l'entière destruction de la place, finit par céder. 11 sortit, et, demandant à parler au grand prieur, lui dit, en patois provençal, « qu'il était prêt à tenir ce qu'il avait promis, mais qu'il le priait de faire retirer une batterie qui tirait de haut et de revers, et de permettre la libre communication entre le dedans et le dehors de la place » (23 septembre). Le grand prieur, — ce qui paraît étrange , — accéda à son vœu, laissa sortir sa femme et ses enfants, qu'on conduisit à Murs, de même que la- femme et les enfants de Meynard, fit reculer ses troupes et congédia ses volontaires, malgré l'avis de Grimaldi. Les assiégés ayant ensuite manifesté l'intention de vendre des denrées et des munitions, les catholiques du voisinage accoururent et achetèrent plus de mille salmées de froment et de cent charges de vin. Des officiers du camp se rendirent même à Ménerbes ; mais la nuit du jour (28 septembre) où la garnison devait se retirer en corps , un secours considérable de soldats dauphinois , envoyés par Lesdiguières , pénétra secrètement dans la place. Saint- Auban , qui conduisait la troupe , ordonne l'arrestation immédiate de Ferrier, qui ignorait tout et reçut une blessure dans son lit; tue les officiers catholiques qui étaient entrés dans Ménerbes, fait fermer les portes de la place, se met en état de défense, et paraît au point du jour sur la brèche des murailles en bravant le grand
prieur, qui, croyant à une trahison de Ferrier , fit emprisonner sa femme et ses enfants et menaça les traîtres de mort.
On crut que c'était Meynard, à qui Ferrier avait enlevé la garde des portes de la place, qui fit venir secrètement Saint-Auban pour dépouiller l'ancien gouverneur de son commandement. Quoi qu'il en soit , le grand prieur se vit obligé de recommencer le siège, mais non sans avoir fait conduire la femme de Ferrier à Avignon et celle de Meynard ( i ) , ainsi que ses enfants , au château d'Oppède.
On résolut, dans un conseil de guerre tenu le 29 septembre , de battre le fort extérieur du Castelet , que Ferrier avait fait construire pour protéger un puits et la fontaine de Sobérane. Le grand prieur, paraît-il, voulait ménager le reste des fortifications , parce qu'il avait l'intention de se faire adjuger la seigneurie de Ménerbes et d'y établir un de ses partisans. Quoi qu'il en soit, les assiégés profitèrent de sa faute pour réparer leurs murailles.
Neuf cent sept coups de canon tirés contre le Castelet n'y firent qu'une petite brèche, où deux hommes pouvaient à peine passer de front. L'assaut, néanmoins, fut ordonné le 2 octobre et repoussé avec de grandes pertes de la part des assiégeants, qui eurent considérablement à souffrir des décharges perpétuelles de
(1) S'il faut en croire la Notice sur André Maynard, parue dans le Musée des protestants célèbres (i. IV), ce Meynard serait le même que le Meynard contemporain du massacre de Mérindol et de Cabriôres ; mais les dates s'y opposent. Ce dernier, né d'après ladite notice, en 1508 , et mort en 1599', à l'âge de quatre-vingt-onze ans, aurait eu soixante-huit ans en 1576. Or, à cet âge, ses enfants devaient avoir quarante ans au moins, tandis qu'ici il est évidemment question de tous jeunes enfants qui sont encore sous la tutelle de leur mère. Ce n'est pas, du reste, la seule invraisemblance que renferme cette notice, q i fait, à tort, du bailli de Mérindol un véritable chef militaire.
mousqueterie de la place, dont les blessés, teignant des pierres de leur propre sang, les jetaient courageusement à la tête de leurs ennemis.
Sur cet échec, le grand prieur changea son plan d'attaque. Il fit dresser des batteries contre le corps de la place et commença la construction de fortes redoutes pour empêcher les sorties et l'entrée des secours. 11 lança ensuite quelques boulets rouges qui provoquèrent des incendies partiels ; mais comme il persistait dans son dessein de ne pas endommager Ménerbes , il fit bientôt cesser le feu. Le ii octobre, les assiégés firent une sortie où Peyre, le neveu de Ferrier, fut fait prisonnier. Etant parvenu à s'évader, il rentra dans Ménerbes, et Meynard le fit jeter en prison. D'autré part, quelques catholiques, qui s'étaient faufilés dans la place au moment où Saint-Auban y pénétra , et qu'on avait épargné dans l'espoir d'en tirer des rançons, parvinrent à s'échapper pendant qu'on les faisait travailler à la reconstruction des murailles de la place.
Quand le grand prieur eut fait construire trois redoutes, il se retira en Provence avec ses soldats (19 octobre), parce qu'il avait appris que Lesdiguières ne voulait accepter en Dauphiné l'édit de Poitiers, dont il va être question, que si le siège de Ménerbes était levé et si son lieutenant Saint-Auban en demeurait le paisible gouverneur. Retz , malade à Sorgues , fut rappelé à la cour; Mattheucci, vieux et impotent, retourna à Avignon le 1 5 novembre : de telle sorte que Grimaldi resta seul devant la place avec ses soldats italiens et comtadins et le régiment avignonais , qui avait quitté le siège de Montpellier après la publication de la paix dans le royaume. En cela, du reste, Grimaldi ne fit qu'obéir aux ordres exprès du pape , qui ne voulait pas qu'on s'éloignât de la place avant qu'elle fût prise.
ÉDiT DE POITIERS (Septembre 1577). suspension d'armes, conférences.
L'article 46 des articles secrets annexés à ce nouvel édit de pacification stipulait que le souverain pontife réintégrerait les sujets du roi dans la jouissance des biens qu'ils possédaient dans le comtat Venaissin , et que, dans le cas ou la restitution ne serait pas effectuée, Henri III leur octroierait, par des lettres de marque ou de représailles , les propriétés que les catholiques comtadins possédaient dans le royaume. D'autre part, il avait convenu avec le roi Henri de Navarre et le prince de Condé , en signant la paix de Bergerac du 17 septembre 1577, que Ménerbes et Les Piles seraient remises sous l'obéissance du pape. Lesdiguières, ayant été informé de cette clause par Jacques de Ségur, sieur de Pardaillan, qui lui fut député d'Agen par le roi de Navarre, envoya un exprès à Saint-Auban pour l'engager à évacuer la place. L'exprès , accompagné de Ségur et de quelques autres députés, se présenta le 22 octobre devant Saint-Auban , qui lui répondit qu'ilavait été chargé par Lesdiguières lui-même d'occuper Ménerbes , qu'il était bien décidé à ne pas garder la place contre le gré du roi de Navarre et du prince de Condé, mais qu'il fallait d'abord consulter l'assemblée politique de Gap. Ségur se rendit donc dans cette ville accompagné d'un député de Retz et de Gordes , pendant que Saint-Auban manifestait, de son côté, à Grimaldi, le désir d'obtenir un etrêve; mais le grand prieur, qui fut consulté, n'y consentit point et donna l'ordre de continuer la construction des redoutes.
La réponse de l'assemblée de Gap arriva au camp le ji octobre. Ségur n'y avait pas été très bien reçu, non
plus que l'autorité du roi de Navarre fort respectée. Il fut néanmoins convenu que l'armée assiégeante se retirerait, que Saint-Auban et ses soldats seraient rappelés, et qu'on concluerait une trêve. Celle-ci fut signée le 3 novembre , et Grimaldi congédia le gros de ses troupes, ne laissant devant la place qu'un régiment italien pour occuper les redoutes, deux cents cavaliers et quelques canons. Quelques jours après (17 novembre], un exprès, envoyé conjointement par d'Armagnac et le roi de Navarre, intima l'ordre à Saint-Auban d'évacuer Ménerbes ; mais le rusé capitaine trouva moyen de l'éluder, et demeura dans la forteresse.
Pendant ce temps, quelques faits d'armes s'accomplissaient dans les autres quartiers du Comtat. Le comte de Sault , en revenant de Valence , défit complètement, à Caderousse, un parti d'Orangeois conduits par Espérandieu. Le chevalier Marc-Antoine Oddi, avec ses cavaliers , livra , près de Tulette , un combat acharné à Gouvernet, qui, réapparaissant quelques jours après, ravagea les campagnes de BoUène , et , ayant rencontré une nouvelle fois Oddi, demanda à lui parler. Celui-ci s'avança sans méfiance et sans escorte ; mais ayant reçu un coup d'arquebuse qui ne fit que l'effleurer, il se retira pendant que les gens de Gouvernet prenaient la fuite. Ce dernier tenta encore vers la Noël, avec l'aide de quelques Orangeois, l'escalade de Sablet, près Vaison ; mais il fut repoussé et poursuivi. Canin, huguenot de Nyons, qui espérait entrer secrètement dans Vaison par l'entremise d'un jeune garçon catholique d' Entrechaux, dont il avait fait son confident, fut vendu par lui, de telle sorte que, lorsqu'il se mit en marche pour Vaison, on l'attendit sur la route et on le tua, ainsi que son frère. Leurs têtes furent exposées dans la ville.
Cependant Grimaldi continuait à surveiller Ménerbes, u 7
et le grand prieur vint à Apt pour traiter de sa reddition ; mais Lesdiguières fit traîner les conférences en longueur. Guillaume de Montmorency, seigneur de Thoré, et Jean de Saint-Romain, seigneur de Saint- Chamond, chef des huguenots du Languedoc, auxquels on en référa, ne se montrèrent pas plus accommodants. Le pasteur Baussan (i), député dans le même but à Saint-Auban le 5 décembre, n'eut pas plus d'influence sur lui. Pérussis dit que, sur cent cinquante endiablés qui gardaient Ménerbes, il n'en trouva que quatre de raisonnables, et revint sans avoir rien obtenu. Il décida alors la princesse de Salerne , belle-mère de Saint-Auban, à se rendre auprès de lui. Elle arriva, le 7 décembre, à l'un des forts catholiques, appelé le nouveau Ménerbes, mais « Saint-Auban, » dit Justin, « ne l'attendit pas, et, quittant la place sans la rendre, il en sortit de nuit, accompagné de trente hommes, emmenant Ferrier prisonnier et son neveu... Il emporta tout l'argent qu'il trouva, tira des prisonniers toutes les rançons qu'il put et prit sa route vers Gap, laissant sans ressources Meynard, blessé d'un éclat de boulet, et Bernus, ses substituts. » Ferrier fut d'abord conduit à Montbrun , où il trouva des protecteurs, et de là à Gap, devant Lesdiguières, qui lui rendit la liberté, après avoir entendu sa justification et le récit contradictoire de Saint-Auban. L'ancien commandant de Ménerbes n'en quitta pas moins Gap la vengeance au cœur , et , ayant rencontré Saint-Auban à Montbrun, il tira aussitôt l'épée. Son adversaire l'imita, et l'un des deux aurait certainement péri si M""" de Montbrun, qui était une noble femme, ne fût parvenue à les séparer. Ferrier se retira à Céreste , du
(1) Le même, sans doute, qu'Esprit Baussanc (ou Beaussenc), pasteur à Courtliezon, en 1595, ancien procureur général au Parlement d'Orange.
côté de Forcalquier, puis à Nîmes, où il mourut. Fustéri, son secrétaire, laissé prisonnier à Ménerbes par Saint-Auban, s'évada et fit connaître l'état de la place à Grimaldi et à d'Armagnac. Il rentra, plus tard, dans le giron de l'Eglise catholique.
REPRISE DU SIÈGE DE MÉNERBES ET DES NÉGOCIATIONS. CONCLUSION d'une TRÊVE (1577, 1578).
Vers la fin de l'année, les Ménerbiens ayant fait quelques sorties, Grimaldi reprit le siège. Une quatrième redoute fut construite, et les campagnes d'alentour battues avec soin pour couper les vivres à la place. Dans l'une de ces courses, Matthieu Thomé de La Roque, surnommé le capitaine du Léberon, ancien cuisinier de Torquato Contî et de l'évêque de Cavaillon , fut fait prisonnier. C'était un des officiers les plus redoutables de la garnison. On le conduisit à Cavaillon , où on lui fit son procès, et il fut pendu.
Les chefs huguenots du Dauphiné, apprenant que le siège de Ménerbes avait recommencé, se transportèrent de Gap à Nyons pour entamer de nouvelles négociations. Plusieurs députés du Languedoc, notamment Saint-Romain, vinrent les rejoindre. Les représentants du Comtat se réunirent, de leur côté, à Vaison , pour être plus à proximité des premiers. L'assemblée politique de Nyons tint sa dernière séance le 27 janvier 1 578, et donna pleins pouvoirs à Lesdiguières , Saint- Romain et Saint-Auban pour traiter de la reddition de la place. Saint-Romain se rendit, dans ce but, à Avignon, et fut logé au palais apostolique. Il conféra avec Angoulême, Grimaldi et le président des Arches, et arrêta avec eux (29 janvier) les termes d'un traité portant : 1° qu'une trêve de six semaines serait accordée à Ménerbes ;
2" que ceux qui y étaient pourraient en sortir, mais non y rentrer, non plus qu'aucune autre personne ; 3" qu'on y introduirait journellement des vivres pour les besoins des habitants ; 4" enfin qu'on donnerait une indemnité de 120 écus aux députés huguenots qui se rendraient à la cour et auprès du roi de Navarre pour obtenir la ratification du présent traité. Ces députés furent Giraud de Béranger, sieur de Morges, Louis Merle et Chambaud (i). Les cathoHques se firent représenter, de leur côté , par le docteur Sobeiras , premier consul de Carpentras, et Bugnier, viguier de Cavaillon ; mais ceux-ci ne paraissent pas avoir fait le voyage de la cour. Quoi qu'il en soit, les uns et les autres rencontrèrent, le 26 mars, à Ramiers, le roi de Navarre, qui déclara, le même jour, que Ménerbes devait être rendue au pape, et écrivit, dans ce sens, à d'Armagnac et à Lesdiguiè- Tes. Mais ce dernier, qui n'avait pas à ménager le pape, comme le roi de Navarre, n'était pas encore décidé à céder la place.
C'est vers ce temps que d'Armagnac, à la sollicitation du grand prieur, rendit la femme et les enfants de Ferrier à la liberté , ainsi que son neveu Peyre qui , à dater de ce jour, se rangea du parti catholique.
NOUVELLE REPRISE DU SIÈGE DE MÉNERBES. COURSE DES HUGUENOTS DE NYONS (157B).
A l'expiration de la trêve, le siège de Ménerbes recommença. Une nouvelle redoute fut construite, et l'on décida d'en élever sept autres plus petites pour cerner complètement la place. Néanmoins, comme le froid était
(0 Vraisemblablement Jacques de Chambaud , seigneur de Privas, Chambaud, Valaurie, Chalencon et Vacheyrollcs.
DU COMTAT VENAISSIN. lOI
excessif, et que la neige gênait beaucoup Jes mouvements du siège , un certain nombre de cavaliers huguenots purent pénétrer dans Ménerbes, mais ils n'y demeurèrent point à cause du manque de vivres. Poursuivis à leur départ , et atteints à Lourmarin par Grimaldi, ils furent presque entièrement défaits.
Les chefs huguenots en ayant pris occasion pour remuer, Damville se rendit auprès d'eux, et leur ordonna, de la part du roi de Navarre, de mettre bas les armes; mais ils refusèrent de le faire tant que le siège de Ménerbes ne serait pas levé , et recommencèrent leurs courses. Les Orangeois suivirent leur exemple, et furent aussitôt arrêtés parOddi et ses cavaliers, qui étaient en garnison à Sainte-Cécile, sur la lisière du Comtat.
Cette province , grevée de 800,000 écus de dettes sans parler des dettes particulières des communes, soupirait après la paix et envoya une députation au pape pour lui faire connaître sa détresse. « Sur leur exposé, » dit Justin, « le Saint-Père déchargea la province des contributions qu'elle payait pour les frais de la guerre , se chargea lui-même de tout et témoigna avoir dessein de ne rien épargner pour chasser les hérétiques de Ménerbes et pour les empêcher de troubler le Comtat dans la suite, d
Pendant ce temps, Grimaldi faisait cerner Ménerbes par des tranchées de dix-huit cents cannes de longueur, deux pans de largeur et six de profondeur, protégées par un parapet continu et des redoutes établies de cent pas en cent pas. Il déployait, du reste, de Jour et de nuit, la plus grande activité et se ménageait si peu qu'il eut les deux joues percées d'une balle. La garnison ne laissait pas toutefois que de gêner beaucoup ses mouvements et, secondée par les huguenots de Mérindol, Saint-Falez et Buoux, elle faisait de fréquentes sorties.
Ceux du Languedoc , assemblés à Sommières le 25 mai, délibérèrent de leur côté de venir au secours de leurs frères d'armes de Ménerbes ; mais un détachement parti des Cévennes ne put dépasser Barjac parce que tous les passages du Rhône étaient gardés. Justin ajoute que les Languedociens ne voulurent pas envoyer de corps de troupes important dans le Comtat parce qu'ils étaient irrités de ce que leurs coreligionnaires du Dauphiné et de la Provence n'étaient pas venus à leur secours dans les moments critiques qu'ils avaient traversés.
Le 21 juin suivant. Grimaldi dispersa quarante cavaliers du Dauphiné qui venaient secourir Ménerbes. Mattheucci, à la fin du même mois, visita le haut Comtat et offrit aux huguenots de Nyons et de Vinsobres de leur restituer le butin qui avait été pris sur eux s'ils s'engageaient à ne plus faire d'incursions dans le Comtat. Ils acceptèrent la proposition ; mais, infidèles à leur parole , ils ne tardèrent pas à recommencer les hostilités. Mattheucci s'en vengea sur les habitants de Tulette, qu'il massacra impitoyablement. Un mois après, il mourait à Avignon, âgé de soixante-six ans (2 août).
Vers le même temps trente cavaliers comtadins furent entièrement défaits près de Bollène par cent trente cavaliers de Nyons fi) qui, après avoir remporté cet avantage, ravagèrent la campagne et vinrent jusque sous
(1) C'est, sans doute, le même fait d'armes que raconte en ces termes le notaire Brunelli, de Bollène, au feuillet de garde d'un de ses protocoles : » Le 29 juin 1578, sept à huit hommes à cheval huguenots firent prises au quartier des Essards, terroir de Bollène, s'emparant entre autres du troupeau de Jean Jard. Plusieurs paysans les voulurent poursuivre; les huguenots se laissèrent doucement pourchasser, et attirèrent la troupe de paysans, qui croissait à chaque instant, jusqu'à leur quartier, où leurs camarades étaient en embuscade derrière la forêt du petit Devès , et là, faisant volte face, aidés de leursdits camarades, se jetterent sur les paysans, et en massacrèrent de vingt à vingt-cinq » (Communiqué par M. Paul de Faucher).
DU COMTAT VENAISSIN. lOJ
les murs de Vaison. Comme Saint-Auban passait pour diriger tous ces mouvements dans le but de faire diversion au siège de Ménerbes , Grimaldi lui dressa une embuscade près de son château de Saint-Auban , dans les baronnies du Buis, avec trois cents arquebusiers et quatre cents chevaux ; mais le chef huguenot ne parut point.
A la fin de juillet, Gouvernet, ayant gagné à prix d'argent un habitant de Sèguret, près Vaison , nommé Biaise Bermond , s'approcha de cette place avec trois cents hommes et des échelles. Elle n'avait que soixante maisons , mais possédait une bonne forteresse. Le capitaine huguenot s'en serait emparé sûrement si Bermond , sur qui on avait trouvé les instructions de Gouvernet, n'avait dû, pour sauver sa vie, dévoiler tout le complot. Lors donc que les soldats huguenots, au signal convenu avec Bermond , commencèrent à monter sur leurs échelles , ils s'aperçurent qu'ils étaient trahis à deux coups de feu, partis trop hâtivement de l'intérieur de la place, et se retirèrent. Gouvernet se dédommagea de sa déconvenue en tuant quarante-cinq hommes de la compagnie de cavalerie d'Oddi , qu'il rencontra entre Mirabel et Nyons.