MESURES DE PRÉCAUTION CONTRE LES CAMISARDS ( I
Pendant la guerre meurtrière des Camisards , en mars 1704, l'abbé Banchiéry, vice-légat d'Avignon 't petit neveu du pape Clément IX, « prit toutes les mesures possibles, » dit Louvreleuil (2) , « pour empêcher qu'aucun des rebelles ne pût entrer dans cette ville ni dans le comtat Venaissin , soit pour s'y réfugier soit pour y prendre des munitions. Il fit faire le dénombra-
(1) Il s'agit de la rupture de Louis XIV avec le pape, à l'occasion du droit de franchise que le premier voulait réserver à l'hôtel de son ambassadeur à Rome, et également de la guerre de la France avec les princes confédérés d'Augsbourg.
(2) Le fanatisme renouvelé, éd. d'Avignon, i8ô8, t. III, p. 29-51.
no HISTOIRE DES PROTESTANTS
ment de tous les étrangers et défendit aux hôtes , de même qu'à ceux qui tenaient auberge ou qui louaient des chambres garnies de recevoir personne sans sa permission ou celle de quelqu'un des capitaines de quartier. MM. les consuls et assesseurs voulant seconder les bonnes intentions de Son Excellence , firent assembler le conseil et l'on y choisit pour cet important emploi sept gentilshommes distingués par leur ancienne noblesse, par leur âge un peu avancé, par leur expérience reconnue, par leur probité incorruptible et par plusieurs autres qualités. Chacun d'eux se chargea de veiller sur tout ce qui se passerait dans son déparlement. . . Le vice-légat, de son côté, fit une semblable visite dans les places frontières du comtat Venaissin. Il fut à Sorgues, à Caderousse , à Piolenc, à Mornas , à Boliène, à La Palud, à Sainte-Cécile et à Sérignan. Partout il fit passer les habitants en revue, dressa des compagnies de milice et nomma des officiers pour les commander. »