‹ Histoire des protestants de Provence, du comtat Venaissin et de la principauté d'Orange (volume 3)Chapitre 15 sur 65 · ORANGE · texte numérisé non relu

ORANGE

On crut, dans le Comtat, que la paix signée à Longjumeau par le roi de France avec les huguenots , le 20 mars 1568, et suivie, quelques jours après, de l'édit de Paris , serait de longue durée. «. On fit cesser les impôts, » dit Justin, « on congédia une grande partie

(i) Barjavel, Le seizième siècle.

DU COMTAT VENAISSIN. s; 7

des troupes, et Suze (i), se voyant libre, se mit en route, presque seul, pour visiter les places les plus importantes de la haute province. » Mais on avait trop présumé de l'état des esprits , car les huguenots des frontières de Provence et du Dauphiné firent des incursions du côté de Mourmoiron et Mazan, dans le voisinage de Carpentras. Suze, de son côté, empêchait Orange de s'approvisionner et ne restituait pas à la Principauté les places de Courthezon , Jonquières et Gigondas. Les quarante-cinq prisonniers de la première de ces villes étaient toujours détenus dans les basses-fosses , où Suze les avait fait jeter , et les cachots d'Avignon renfermaient encore quatorze huguenots de la Principauté. Le gouverneur d'Orange s'en plaignit au roi, qui écrivit à ce propos, ainsi que le cardinal de Bourbon, légat d'Avignon, à Suze et à d'Armagnac. Des pourparlers de paix furent alors engagés; mais ce dernier émit de telles prétentions qu'on convint seulement d'une trêve. Il fut stipulé « que les prisonniers seraient élargis de part et d'autre, que la récolte des fruits se ferait sans acte d'hostilité , qu'il ne serait donné empêchement au receveur général de la principauté en la perception du prince à Courthezon , Jonquières et Gigondas, et liberté de commerce accordée aux sujets des deux Etats , tant par eau que par terre, sans quitter les places occupées. » Mais les trois villes orangeoises continuèrent à être tenues par les troupes papales (2).

(i) Suze n'était pas encore comte à cette époque. Ce titre ne lui fut dévolu qu'en 1572. C'est donc à tort que Justin le lui donne.

(2) Pérussis, dans d'Aubais, t. I, p. 84, 8Ô-91 ; du Puget de Saint-Marc, p. 717, 718; Lapise, p. 550-3 57; Justin, p. 256-249; Lambert, t. I, p. 245-246.

Page 1