‹ Histoire des protestants de Provence, du comtat Venaissin et de la principauté d'OrangeChapitre 60 sur 93 · COLLÈGE DU LUC · texte numérisé non relu

COLLÈGE DU LUC

Les protestants de Provence fondèrent au Luc, quelques années après l'édit de Nantes, un collège où l'on enseignait les humanités. Ses archives n'ont pu être découvertes (3) , de telle sorte que nous en sommes réduits, pour connaître son histoire , aux rares renseignements

(1) « Extrait des actes du sinode des églizes relïormées de Provence tenu à Mcrindol le troiziesme de novembre 1679 » (Papiers du Consistoire de Riez; dis. de la biblioth. de la Soc. de l'Hist. du prot. franç.).

(2) Ms. XXXI, vol. I, de la bibliothèque de Carpentras.

(î) Quelque diligence qu'ait faite le savant archiviste de Draguignan , M. Mireur.

que nous fournissent les actes des synodes nationaux. Nous savons qu'il était en pleine activité en i.6i2,etque les synodes nationaux lui accordaient une subvention annuelle de quatre cents livres. Mais sur ce point, comme sur les autres , les protestants de Provence montrèrent une grande négligence. Le synode provincial devait rendre compte aux synodes nationaux de l'emploi des deniers qu'il en recevait pour l'entretien de son collège. En iôi 2, il ne l'avait pas encore fait; ce qui lui valut une censure sévère du synode national de Privas , assemblé cette année, qui alla jusqu'à le déclarer « déchu du droit dudit collège , » s'il n'apportait pas ses comptes au prochain synode national.

Le synode national de Charenton de 1623 se plaignit également de ce que les députés de Provence ne lui avaient pas apporté les comptes du collège du Luc, bien que le synode national d'Alais de 1620 le leur eût expressément recommandé; « c'est pourquoi cette assemblée,» lit-on dans ses actes, « leur ordonna de les produire au synode national suivant sur peine de perdre leur droit de collège; et les députés du Dauphiné et du bas Languedoc furent chargés d'aller, comme il leur avait été ordonné par un décret de cette assemblée, au synode de cette province , pour s'informer particulièrement de l'état dudit collège et si la province en avait bien agi ou non à son égard. »

Au synode national de Castres de 1626 l'affaire revint en délibération. Les députés de Provence ne présentèrent non plus de compte et dirent, pour leur excuse, que le duc de Guise (1), alors gouverneur de Provence, avait donné à leur synode provincial l'ordre

(1) Charles de Lorraine, petit-fils de François, assassiné par Poltrot

en 1J65.

impératif de se disperser avant qu'il eût eu le temps d'expédier aucune affaire. Ils ajoutèrent d'autre part « qu'ils n'avaient point de compte à apporter parce qu'ils n'avaient touché que 50 livres, et que , nonobstant qu'ils n'eussent rien touché des deniers de Sa Majesté , ils avaient donné les salaires accoutumés au régent .de leur collège du Luc. »

Les choses prirent une allure meilleure quand la contusion qui régnait dans les églises de Provence eut cessé ; et nous voyons le synode national de Charenton de 10} 1 allouer 400 livres au collège du Luc. Cette même année. Louis XIII qui, depuis 1627, n'avait plus voulu concourir au traitement des pasteurs des Eglises réformées de France , consentit à allouer à celles-ci 00,000 livres pour l'entretien de leurs académies et de leurs collèges. Mais ce fut la dernière faveur du pouvoir royal à leur égard. Après cette époque elles ne reçurent de subvention d'aucune sorte , et nous nous demandons si les églises de Provence purent , vu leur pauvreté , continuer longtemps encore à entretenir leur collège. Ce qui est constant, c'est qu'il n'est pas question de cette institution dans les ordonnances, que les exécuteurs de l'édit de Nantes de 1002 rendirent touchant l'église du Luc. Nous voyons les habitants réformés de ce lieu demander seulement qu'il leur fût permis d'avoir une petite école pour l'instruction de leurs enfants : ce qui leur fut accordé 1 . Les protestants de Provence possédaient du reste de petites écoles dans chacune de leurs églises . mais le roi ne leur permit pas d'en ériger dans les lieux où l'exercice de leur religion n'était pas autorisé par l'édit de Nantes <2 .

(1) Aymon, t. I, p. 454; t. II, p. 290, 406; Arch. nation. TT, 2J2-2H.

(2) Cahier répondu le 17 avril 1712 (Ms. Peiresc XXXI, vol. I, de la bibl. de Carpentra- .

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