ANTIBES
(Viguerie de Saint-Paul.)
Le [6 juillet i6i2,les consuls d'Amibes accordèrent un cimetière à leurs concitoyens réformés au quartier de Jaïssa. Ces derniers, du reste, paraissent avoir joui paisiblement de leur droit d'exercice jusqu'en 1642 , alors que Godeau, évêque de Vence et de Grasse, écrivit au roi que, dans la maison d'Augustin Serrât, de la religion réformée, « un nommé de Gand , » dit la requête, « se mêle de prêcher à ceux qui s'y ramassent, tant des habitants de la ville , soldats et officiers de la garnison ; ce qui cause un grand scandale parmi les catholiques et peut, un jour, être cause de grande sédition populaire ; davantage que les consuls de ladite ville d'Antibes, ayant été condamnés à donner un cimetière aux susdits de la religion prétendue réformée , ils leur en ont assigné un , il y a quelques années , proche l'église et cimetière d'icelle , et l'un ni l'autre n'étant point clos , les os des chrétiens sont mêlés souventesfois avec ceux des hérétiques , ce qui est tout à fait contre la piété et les bonnes mœurs. » « C'était, » dit spirituellement Benoît, a prendre de loin des préoccupations pour le dernier jour, où la puissance divine en doit faire le discernement. » Godeau concluait en demandant qu'il fût fait défense au ministre de Gand de continuer ses fonctions et que le cimetière fût transféré ailleurs. Le Conseil du roi fit droit à la requête de Godeau et, par son arrêt du 16 décembre 1642, supprima l'exercice à Antibes , sous prétexte que c'était un fief d'église , et ordonna que le cimetière protestant serait établi à coin
pas au moins de l'église et du cimetière catholique (1), En 1682, Antibes comptait 23 habitants réformés
(1 familles).
Pasteur : De Gand, 1642.