‹ Histoire des protestants de Provence, du comtat Venaissin et de la principauté d'OrangeChapitre 68 sur 93 · LA CHARCE · texte numérisé non relu

LA CHARCE

Cette église, terre de Provence enclavée dans le Dauphiné, et d'abord rattachée à l'église de La Motte- Chalencon dans le Diois , parait n'avoir eu de pasteurs en propre que par intervalle. En 161 3, elle en était privée et fut rattachée par le colloque du Diois à Rosans, mais , trouvant cette église trop éloignée , elle en appela de l'ordonnance du colloque au synode provincial de Pont-en-Royans de 16 14, qui la laissa libre de s'unir à telle église qui lui semblerait bon. Il paraît que dès lors elle se rattacha à la Provence. Quoi qu'il en soit, l'exercice y subsista jusqu'à la révocation de l'édit de Nantes. Autrement elle était pauvre , et nous voyons le synode provincial de Lacoste, du 14 juillet 1645, myiter toutes les églises de Provence à lui venir en aide pour qu'elle pût entretenir un ministre (2).

Pasteurs : André Bernard, 1626; Jacques de La Planche, 1 660-1 677.

t LEMPS.

Cette église , également terre provençale , enclavée dans le Dauphiné, était adjointe à l'église de Rosans dans les Baronnies et desservie régulièrement par ses pasteurs. L'un d'eux porte même le nom de pasteur de Lemps et de Rosans.

(1) Benoît, t. II, p. 606; — Filleau, Décisions catholiques, p. 505.

(2) E. Arnaud , Hùtt des prot. du Dauph. , t. II , p. 539.

Le ier avril 1603 les catholiques et les réformés de Lemps firent une transaction en vertu de laquelle les premiers cédaient aux seconds la maison du sieur de Rocheblan pour célébrer leur culte. En 1614, une nouvelle convention stipula qu'au cas où la commune aurait besoin de la maison, elle en fournirait une autre aux protestants. En 1638, les catholiques ne montrèrent plus la même bonne volonté, car ils obtinrent du Parlement de Provence un arrêt qui interdisait le prêche à Lemps. La Chambre de l'édit de Grenoble le cassa et fit défense au Parlement d'Aix de connaître des affaires des réformés de Provence , confirma la convention du Ier avril 1603 et maintint l'exercice à Lemps. En juin 1654, les catholiques obtinrent un nouvel arrêt du Parlement qui supprimait l'exercice. La Chambre de l'édit ayant cassé ce second arrêt, les catholiques se livrèrent alors à des voies de fait , s'emparèrent de la maison de prière des réformés et brisèrent la chaire , les bancs et autres meubles qu'elle contenait. La Chambre de l'édit, informée de ces Violences d'un autre âge, cassa les deux arrêts. du Parlement de Provence, le condamna aux dommages et intérêts, maintint l'exercice à Lemps et ordonna la restitution et la remise en place des meubles du temple.

Quelques années après, quand les commissaires-exécuteurs de l'édit de Nantes en Provence furent nommés, les syndics généraux du clergé de cette province leur adressèrent une requête tendant à ce que l'exercice fût interdit à Lemps et que la maison où on le célébrait, et qui avait été réparée depuis cinq ou six ans, fût abattue; d'autant mieux , disaient-ils , qu'aucun ministre n'avait résidé dans la commune. Le commissaire catholique émit un avis conforme à ces prétentions, à la seule réserve que le temple serait converti en un autre usage

avec suppression de tous les emblèmes protestants qu'il pouvait renfermer, et que sa cloche ferait retour aux catholiques si elle portait quelque emblème ou inscription catholique. Le commissaire protestant demanda qu'avant de prendre aucune décision de cette nature , les habitants réformés de Lemps fussent admis à prouver qu'ils avaient joui de l'exercice en 1 596 et 1 597, et qu'en attendant, cet exercice fût interdit. Le procès-verbal de partage des deux commissaires , signé à Pertuis , le 14 mai 1662 , fut renvoyé au roi, qui , par arrêt de son Conseil du 4 mai 1663, supprima l'exercice à Lemps et ordonna la démolition du temple. Quant à la cloche , l'arrêt portait que, si elle avait des emblèmes catholiques, elle serait remise à l'église paroissiale du lieu, sinon laissée aux réformés. Ces derniers prouvèrent qu'elle leur appartenait en propre , qu'ils l'avaient fait fondre en l'année 1603 et que le lieutenant de Sisteron l'avait visitée et reconnue comme leur propriété (1).

Pasteur de Lemps et de Rosans : Ennemond Falquet , 1596. — Pour les pasteurs de Rosans, voy. E. Arnaud , Hist. des prot. du Dauph. , t. II , p. 347 ,

vallée de barcelonnette , Jausiers , Meyronnes , La'rche, Bar-

celonnette.

Le duc de Savoie persécuta cette église en 1600, et le synode provincial de Serres en Dauphiné, assemblé cette même année , l'exhorta à « souffrir , » disent ses actes, « tout ce qui lui sera donné de souffrir pour résister aux assauts des adversaires et soutenir la vérité. » En 1603, la persécution ayant pris un caractère plus

(1) Arch. nation. TT, 2J8, 288 B.

violent et les réformés se voyant menacés de perdre le libre exercice de leur culte, écrivirent au synode général de Gap, assemblé cette même année, qui, « voulant, » disent ses actes, « leur donner toute la consolation possible , les exhorte à persévérer constamment dans ladite profession avec ceux des autres vallées du Piémont, leur promettant les mêmes secours de charité , en cas qu'ils soient molestés ou exilés, qu'à ceux qui sont unis avec nous par une même doctrine et discipline. » En 1622, un ordre formel d'abjuration ou d'exil, qui leur fut apporté par le dominicain Bouvetti de la part du duc de Savoie , les obligea de quitter pour toujours leur cruelle patrie et de s'établir, les uns dans les Vallées vaudoises du Piémont, qui jouissaient pour lors du libre exercice de leur religion, les autres dans le Dauphiné , d'autres à Lyon et à Orange.

Ceux qui se réfugièrent dans cette dernière ville furent reçus par leurs coreligionnaires avec la plus grande sympathie, et le prince d'Orange régnant leur accorda, à diverses reprises (10 décembre 1630 et 9 octobre 1843), tous les privilèges et libertés dont jouissaient ses propres sujets (1).

Pasteurs : Jehan Fabri, 1556 ; Recend, 1600.

BIOGRAPHIE SUCCINCTE DES PASTEURS DE PROVENCE • AUX XVIe ET XVIIe SIÈCLES.

Agnel (Charles), de Riez, élève de l'académie de Genève en 1645, pasteur à Sacconey, Pregny, Meyrin

(1) Recueil des synodes du Dauphiné (ms. des arch. dép. de la Drôme) ; — Muston, L'Israël des Alpes, t. I , p. 67 et suiv. ; — Aymon, Tous les synodes nationaux; — Lettres de naturalitê des habitants du marquisat de Salusscs, du Piedmont et vicariat de Barcilonnc octroyées par son Altesse Frédéric-Henry , prince d'Orange, etc.

et Vernier, dans le pays de Gex, 1647- 1659 ; à Mérindol, 1660. Pour le reste, voy. La France protestante, vol. I, p. 51.

Agard (Pierre), de Tourettes-lès-Vence , élève de l'académie de Genève en 1 563 , pasteur à Fayence en 1572, réfugié à Genève à cette dernière date, pasteur à Filly (Savoie) en 1573 , à Yvoire (Id.) , 1588 ; mort pasteur à Romans, 1604. Pour le reste, voy. E. Arnaud, Hist. des prot. du Dauphiné, t. II, p. 369, et La France protestante, 2e édit., vol. I, p. 51.

Ambe , pasteur en séjour au château de Mouans avant 1 572.

Arnaud, pasteur en Provence en 1665.

Aube (Trophime de 1'), pasteur à Marseille en 1562; à Montélimar, 1 568.

Aymin (Jean) , de Sisteron, et, en premier lieu, chirurgien à Die, embrassa le saint ministère après avoir étudié à l'académie de cette ville en 16 18; reçu ministre l'année suivante ; pasteur à Briançon, 1619-1623 ; à Saint-Paul-Trois-Châteaux , 1626-1630 ; à Die, 1630- 1642. Il fut prêté à Lyon en [638 et à Saint-Jeand'Hérans en 1640. Pasteur à Manosque, 1642- 1644 ; à Gap, 1659, comme suffragant du pasteur Cherler. Retiré à Nîmes , il prêta de nouveau son ministère à Lyon, 1 662-1 663 . — Aymin était d'un caractère inconstant et difficile. Il avait été chargé, en 1633^ 1634, d'une commission concernant l'entretien de l'académie de Die et, bien que ses pouvoirs fussent expirés, il s'était obstiné à rester à Paris contre la volonté de* ses commettants. Le synode du Dauphiné blâma sa conduite et l'invita, en outre, à résider dans son église, Ne s'étant point soumis à cet ordre, le synode national d'Alençon, de 1637, le jugea digne d'une censure sévère, et le synode de Nyons, du 1 5 août 1 542 , le dé-

chargea de l'église de Die en lui permettant de se pourvoir ailleurs. Il passa alors au service de l'église de Manosque; mais, peu satisfait d'avoir été dépossédé de son ancienne église, il en appela au synode national de Charenton de 1644-1645, qui confirma la décision du synode de Nyons et sa nomination à Manosque par le synode de Provence. L'auguste assemblée lui défendit, de plus, de rien exiger de l'église de Die pour le temps pendant lequel il y avait exercé son ministère, et cela, sous aucun prétexte de marché ou d'accord conclu avec elle, et il permit à l'église de Manosque de se pourvoir d'un autre pasteur au cas où Aymin négligerait le soin de son troupeau pour poursuivre le procès qu'il avait intenté au recteur de l'académie de Die et au syndic des habitants réformés de cette ville , ou quitterait son église avant d'avoir donné sa démission. Aymin, qui était processif de sa nature , appela de cette décision à l'hôtel des requêtes du roi qui, jugeant cette affaire , contrairement à l'article 3 5 des Particuliers de l'édit de Nantes, interdisant ces sortes d'appel, confirma la décision du synode de Charenton par sa sen- "tence du 12 mai 1656. Ce jugement ne mit point fin au débat , qui revint devant le synode national de Loudun de 1659. La haute assemblée revit la sentence de celui de Charenton, examina les lettres des professeurs de l'académie de Die, censura Aymin pour avoir porté ses appellations devant un tribunal séculier, confirma la décision du synode de Charenton et autorisa le synode provincial des Cévennes, au cas où Aymin continuerait à se montrer réfractaire h la discipline, à le censurer selon qu'il l'aurait mérité, soit en le suspendant, soit en le déposant de son office , et à rechercher exactement les motifs qui avaient pu le porter à ne plus exercer le ministère l'Aymon, t. II, p. 495, 564, 674 et

748 ; Loride, Sommaire des procès... qui arrivent ordinairement dans r exécution des édits de pacification, Paris, 1666, p. 19 et 20; Court, Hist. des ministres de France, t. I ; mss. Court, n° 42, à la biblioth. publ. de Genève. — Pour le reste, voy. E. Arnaud, Notice sur les imprim. de l'acad. de Die, p. 19 et 21, et Notice hist. et bibliogr. sur les controv. relig. en Dauph., p. 51).

Baille (Jacques), pasteur à Thoard, 1620 ; à Lacoste, 1 626-1 63 7 ; à Embrun vraisemblablement, 1637.

Barras, pasteur à Lourmarin, 1564.

Baussan. Pasteur à Lourmarin, 1 560-1 572 (avec des intervalles) ; auteur du Triomphe de l'Evangile , dont nous citons un fragment page 113. Faut-il le confondre avec Damien Baussan, pasteur à Montélimar en 1568 ou avec Esprit Beaussenc, pasteur à Courthezon de 1595 à 1597?

Bérard (Honoré). Pasteur au Luc, 1586.

Bernard (André). Pasteur à La Charce, 1626; àMérindol, 1637; mort vers 1666, mais avant cette date.

Bernard (Jean). Pasteur à Séderon en 1626 ; au Luc 163 3-1637; à Velaux, en 1660. Le frère du précédent.

Bernard (Jean), fils d'André Bernard (1) docteur en théologie , marié à Marguerite Gaudemar et pasteur à Manosque de 1644 à 1685. « Il sortit du royaume, » dit Court, <(à la révocation de l'édit de Nantes. Les réfugiés qui étaient en Suisse et en grand nombre , et la plupart dans de grands besoins, formèrent le dessein de faire une députation vers tous les princes souverains et

(1) 11 est appelé le neveu sur une liste de 1660, parce que son oncle Jean était le seul survivant de la famille avec lui à cette époque.

républiques d'Allemagne et même vers les rois du Nord, tant pour remercier ceux qui avaient déjà exercé leur charité envers les pauvres dispersés que pour leur en demander la continuation et pour exciter le zèle de ceux qui ne se seraient pas acquittés de ce religieux devoir; pour leur demander l'établissement de nouvelles colonies, des terres à défricher, des collectes d'argent où Ton ne voudrait pas recevoir des colonies, des secours de route pour le soulagement des voyageurs et tous les autres moyens pour subvenir aux nécessités des malheureux qui étaient sortis ou qui sortiraient encore de la grande tribulation. Dans ce dessein la direction des réformés de Lausanne convoqua pour le 6 février 1688 une assemblée générale des principaux d'entre lesdits réfugiés et ceux des villes voisines. Là fut agité et approuvé la nature de cette députation et les moyens pour la remplir; là furent élus à la pluralité des suffrages Jean Bernard et de Mirrnand, gentilhomme de Nîmes. Leurs lettres patentes furent signées de cinquante-sept personnes, entre lesquelles étaient trente -trois ministres. Cette députation fut approuvée et appuyée par des lettres de recommandation des seigneurs des cantons évangéliques. Les députés devaient d'abord diriger leurs pas auprès du grand Electeur de Brandebourg. Ils étaient chargés pour lui d'une lettre des plus touchantes ; mais ils eurent la douleur d'apprendre en chemin la mort de cet illustre prince. Le marquis de Venours et de Gissay et quelques autres furent joints aux députés par ordre de Son Altesse Electorale; mais cette députation, dont on avait conçu de grandes espérances, se réduisit à peu de chose. La révolution qui survint en Angleterre en changea le plan et en arrêta le succès. » Bernard , contre l'avis de la colonie française de Berlin (i€r déc. 1 688 j et la direction des réfugiés de Lausanne

(ier mars 1689),. crut devoir, malgré la révolution anglaise et les grands mouvements politiques de l'Europe, continuer sa mission , bien qu'on la lui eût retirée plusieurs fois, et se rendit en Angleterre,, où il ne put être écouté. Sa persistance fut blâmée avec beaucoup de vivacité par Gautier, ancien pasteur de Montpellier établi à Berlin , qui lui reprochait de manquer de constance, de modération et de jugement. Le célèbre Pineton de Chambrun , qui l'avait vu de près en Hollande et connu sans doute en France, le jugeait bien différemment. D'après lui Bernard était un homme très persuasif, qui s'était attiré à La Haye, par son zèle, sa piété et toute sa manière d'agir, la bienveillance de la princesse Marie , qui lui avait promis des secours en argent dès qu'elle serait montée sur le trône d'Angleterre. « Il est écouté des puissances avec plaisir, » disait-il dans une lettre du 10 novembre 1688, « sa vertu et les dons qu'il a pour la chaire lui ont acquis le cœur de tout le public et un accueil favorable du prince, mon maître, et de la princesse, qui m'en a parlé très avantageusement. » D'où l'ancien pasteur d'Orange concluait qu'il fallait maintenir Bernard dans l'emploi qu'on travaillait à lui ôter. Un historien catholique de Provence, Achard, porte sur lui un jugement qui corrobore celui de Chambrun. « Il réunissait en lui, » dit-il, « les mœurs, l'esprit et la science... Une probité épurée, un caractère bienfaisant, une affabilité prévenante, faisaient aimer Bernard par les catholiques mêmes. Les saillies de son esprit , les agréments de sa conversation et une physionomie riante le faisaient rechercher de tout le monde. Les prêtres eux-mêmes vivaient avec lui dans une espèce de familiarité, li était fort riche et faisait beaucoup d'aumônes. Sa maison de campagne est encore connue sous le nom de Bastide d'.ouo Mimstré et

les autres terres qu'il possédait sous celui de Leis Bernados. » A son retour d'Angleterre , il fut inscrit avec sa femme, le 21 avril 1691, sur la liste des pensionnaires de la ville d'Amsterdam. Il prêcha dans le second temple de cette ville jusqu'à la fin de 1699 et y fut inhumé le 3 août 1706.

Pendant que Bernard était encore en Provence , il eut, au rapport d'Achard, une dispute théologique « vive, longue et animée, » avec l'abbé Aubert, curé de Notre-Dame de Manosque, devant une assemblée nombreuse, réunie à l'hôtel de ville.

On connaît de Bernard quatorze sermons, dont les titres suivent :

Le Seau de l'Esprit ou Sermon sur l'Epistre aux Ephesiens , chap. 4, vers. 30. Prononcé à Charanton , le Dimanche 30 juillet 1662. Dédié à Boneau , cousin de Bernard. — Le Cantique de délivrance en deux sermons sur le pseaume xcvm. v. 1 . Dédié à Mme de Caille et de Rougon, mère du sieur de Caille et de Mme du Lignon. — La Consolation des chrétiens en deuil. Sermon sur ï Evangile de nostre Seigneur Jésus-Christ selon S. Matthieu, chapitre V. v. 3 (sans dédicace). — Jésus-Christ dans rassemblée des fidèles ou Sermon sur le verset 20 du chap. XVIII de l'Evangile de S. Matthieu : Là où il y a deux ou trois etc. Prononcé au Luc pendant la tenue du Synode. Dédié à M. Dusson, seigneur de la Queze, capitaine d'un des vaisseaux du Roy et son commissaire audit synode ( 1 ) . — Le Soulagement du fidelle travaillé ou Sermon sur l'Evangile selon saint Matthieu , chap, XI , vers. 28 : Vene\ à moy , etc (sans dédicace). — Ces six

(i) Ce[sermon avait déjà paru l'année précédente (1679) à Montauhan. par les soins d'Antoine Berticr, imprimeur de la ville exemplaire du marquis de Clapier, de Marseille).

sermons, formant cinq opuscules in- 1 6 avec une pagination distincte, portent tous sur le titre : « Genève, chez Herman Widerhold, 1680, » et furent sans doute publiés en un seul volume et à la fois.

Le Souhait apostolique ou Sermon premier sur ces paroles de l'apostre saint Paul écrivant aux Ephésiens. Chap. I, v. 2 , Grâce vous soit et paix etc. Prononcé à Saint- Gai, en Tannée 1686. Dédié à MM. les directeurs des marchands de la ville de Saint-Gai. — Le Souhait apostolique ou Sermon second sur ces paroles , etc., comme précédemment. Dédié à M. Ruts, consul à Marseille pour les Très Hauts et Très Puissants et Souverains Seigneurs les Etats généraux des Provinces Unies, qui se trouve à présent à Amsterdam. — Imprimés à Genève chez Jacques de Tournes, 1687, in-16, avec deux paginations et deux titres distincts.

Le Combat du fidèle exposé en deux sermons sur ces paroles de l'apostre S. Paul en sa IIe epistre à Timothée , chap. IV, v. 7 et 8 : J'ay combattu, etc. Dédié aux Avoyers, Boursiers, Banderets et Conseillers de la ville et canton de Berne, Genève, Duillier, 1689, in-8.

La Vision de la face de Dieu, ou premier sermon sur la les paroles du Prophète David , Ps. 17 , vers, dernier : Mais moi je verrai, etc. Prononcé dans l'église françoise de Berne. Dédié à Mgr d'Erlak , seigneur de Chadaw, du petit Conseil de la ville et canton de Berne. — Le Rassasiement du fidèle ou deuxième sermon sur ces paroles, etc. , comme précédemment. Prononcé dans l'église française de Berne. Dédié à Msr Steiger, seigneur de Saint-Christophle, du petit conseil de la ville et canton de Berne. — Le Réveil du fidèle ou Sermon troisième sur ces paroles, etc., comme précédemment. Aurait été dédié à F. Turrettin si la modestie de ce savant théologien l'eût permis. — Ces trois sermons furent imprimés à

Genève pour Jacques Bardin, 1687, in- 1 6 , avec une pagination et des titres distincts.

Sermon sur le verset 5 du second chapitre de l'Apocalypse de Saint Jean. Prononcé dans une des églises wallonnes d'Amsterdam, le 16 janvier 1695, sur la mort de la Reine d'Angleterre. Amsterdam , Corneille de Hogenhuisen, 1695, in-8° (sans dédicace).

D'après l'historien Achard, qui donne à Bernard le prénom de Joachim, nous ne savons pourquoi, ce pasteur aurait encore composé un livre intitulé : Obéissance des sujets à la loi du prince et du prince à la loi de Dieu, où il prouve que les persécutions ne peuvent autoriser les sujets à se révolter contre leur prince et que les princes ne doivent pas user de violence pour ramener les esprits à la vraie religion (Court, Hist. des minist de France , t. I ; Ms. Court n° 42 de la biblioth. publ. de Genève; Bulletin de la Société, etc., t. IX, p. 149-1 53 ; Achard, Hist. des hom. illustr. de Prov.; La France protestante, 2e éd., vol. II, p. 375, 376. L'article consacré à Jean Bernard dans ce dernier ouvrage renferme, croyons-nous, plusieurs erreurs.

Bernard (...) Frère du précédent, second pasteur de Mérindol, 1666-1677.

Bernard (Barthélémy) , né au Luc , immatriculé à l'académie de Genève, le 4 juillet 1662 , et vraisemblablement le fils de Jean Bernard, pasteur au Luc, de 1633 à 1637, fut pasteur à Velaux, Aix, Marseille, 1664 (environ)- 168 5, et député des églises de Provence au synode national de Loudun de 1659. Le 24 mai 1683 , Charles de Lombard de Gourdon, marquis de Montauroux, conseiller du roi en sa Cour de Parlement de Provence, fut commis pour instruire contre lui parce qu'il avait recommandé à ses ouailles, au temple de Velaux, de prier Dieu pour leurs frères persécutés par

l'Antéchrist et privés de leurs temples et de l'exercice de leur religion (c'était le moment où un grand nombre d'églises étaient supprimées par le Conseil du roi). Quinze témoins furent entendus contre Bernard, notamment un capucin, son dénonciateur, qui, prêchant le carême à Velaux, entra le jour de Pâques dans le temple pour entendre le sermon de Bernard. Au moment de l'enquête, ce dernier, malade depuis deux mois, était remplacé dans son service tantôt par Charles Maurice , pasteur d'Eyguières, tantôt par d'Oraison, maître d'école de Velaux. La conclusion de ce procès fut la suppression de l'exercice à Velaux l'année suivante. A la révocation de l'édit de Nantes , Bernard se réfugia à Amsterdam avec sa femme. Le 24 avril 1686, il signa la confession de foi des églises wallones et, en 1688, il était pasteur d'une de ces églises à Amsterdam. Il mourut avant 1694 et sa famille était encore assistée en 1707 (Arch. nation., TT, 289 A ; Bulletin de la Soc. de Phist., etc., t. V, p. 372 ; t. VII, p. 434; La France protestante, 2* édit., vol. II , p. 375, 376).

Bompart (Jean), pasteur à Mérindol, 1561.

Boissier (Claude), pasteur à Aix, 1557.

Boniface (Balthazar), ancien avocat, pasteur à Forcalquier , 1 562.

Bouer ou Boër (Jean), né à Mérindol, élève de l'académie de Genève en 1652, pasteur au Luc, 1660- 1685. Sa femme, qui s'appelait Madeleine Jouffret, se réfugia à Mérindol à la révocation de l'édit de Nantes et y demeura ; mais son fils partit pour la rejoindre à l'étranger le 1 5 avril 1687 (Arch. nation. TT, 236, 237).

Bouer ou Boër (Jean), originaire du Luc en Provence, pasteur à Mérindol, 1580; à Gordes , 1583 — 1588; à Lourmarin et Mérindol réunis, 1 588-1 595; à Mérindol seul , 1595.

RÉGIME DE l/ÉDIT DE NANTES. 4)9

Bouon ou Bonon , pasteur à Sivergues, 1561 ; à Lourmarin entre 1564 et 1572.

Busset ou Blusset, pasteur à Lacoste, 161 5-1616; il apostasia à cette dernière date et avait trente-quatre ans. Le synode national de Vitré de 161 7 donne de lui ce signalement : « 11 est de moyenne stature et porte la tête baissée. Ses yeux sont égarés et son nez presque toujours renfrogné. Sa barbe est rousse et ses cheveux sont plus clairs. »

Cassy (Guillaume), pasteur à Sivergues, 1 566-1 567.

Chabrand, pasteur à Vilhosc - Sisteron , 1561; à Aix , fin décembre 1 561 , et décrété d'arrestation par le Parlement.

Chabrand, pasteur à Gordes, 161 5-1634. Probablement le même que Chabrand pasteur à Vesc, 1644; à Manas-Saou , 1660, deux églises du Dauphiné.

Chalier (Pierre), pasteur à Seyne , 1 596-1637, et député des églises de Provence au synode national de Saint-Maixent de 1609.

Chalier (Pierre), vraisemblablement le fils du précédent; pasteur à Lacoste, 1660-1668.

Chamforan (Daniel), pasteur à Gordes, 1 598-1608, et député des églises de Provence au synode national de La Rochelle de 1607. Passé en Vivarais, il fut pasteur au Pouzin et à Saint- Alban réunis, 161 1 -1626, et député par les églises de cette province au synode national de Tonneins de 1614. Le synode national de Privas de 161 2 lui fit payer une somme de quarantedeux livres , que lui devait encore l'église de Lacoste sur ses honoraires, et deux cents livres à son fils André, sur les deniers d'octroi du roi assignés à la Provence ,

pour l'entretien que cette province s'était engagée à fournir à ce dernier en qualité de proposant, de 1607

Chamforan (...). Peut-être le frère du précédent. Pasteur à La Bréole, 1603. 11 y avait aussi un Joseph Chamforan, pasteur à Mean, 1616-1619, en Dauphiné, qui pourrait bien être le même personnage que le pasteur de La Bréole. Cette famille paraît issue des Vallées vaudoises du Dauphiné et l'on trouve quelquefois son nom précédé de la particule.

Codur (Bernardin), d'Annonay, pasteur à Forcalquier, 1 567, de passage. Paraît avoir été l'aumônier de René de Savoie, baron de Cipières , célèbre capitaine huguenot de Provence (Sur le reste , voy. La France protestante, 2e édit.).

Codur (Philippe), né à Annonay, fils du précédent, pasteur à Manosque , 1603; à Riez-Roumoules avant 1609; député des églises de Provence à l'assemblée politique de Châtellerault en 1605. Il quitta la Provence sans que ses gages lui eussent été intégralement payés, et il s'en plaignit au synode général de Vitré de 161 7, qui chargea les pasteurs et anciens du bas Languedoc, députés au synode de Provence , d'obliger les églises que Codur avait desservies « de régler leurs comptes avec lui et de le contenter » (Voy. La France protestante, 2e édit. , qui a ignoré que le Dœmonomastix de signo crucis de Codur a paru en français sous ce titre : La Colombe de Noë , ou le signe de la croix institué par les apostres , etc.; Paris', E. Martin, 1659, in-8°; Bulletin, t. IX, p. 113-115).

Colladon (Théodore), pasteur à Cabrières d'Aiguës en 1 599.

Cornelli pour Corneille (Georges), pasteur à Puimichel, 1 561 ; puis à Orange, 1 561 ; derechef à Puimi-

chel à la fin de la même année. Réfugié en 1^62 au château de Demandols , près Castellane , et massacré peu après, en mai, à Saint-Auban, situé non loin de là.

Cornelli (Luc,, réfugié, en 1 561 . au château de Mouans, près Grasse.

Cray 'Jean du , pasteur à Manosque, 1617-1622. Il avait déjà exercé son ministère à Villeneuve-de-Berg , en Vivarais , 1614, et fut député des églises de cette dernière province au synode national de Tonneins , assemblé cette même année.

Croze ( Antoine de) , pasteur de Cabrières, 1 603 - 1 644. Il représenta les églises de Provence au synode national de Gap de 1605 .

Dedun (François), originaire de Rouen, pasteur en Provence en 1580, marié à Antoinette de Lère.

Delamer Gaspard |, pasteur à Espinouse en 1572.

Drujon Georges), pasteur à Lourmarin, 1 580-1 581 ; passa au service des églises du Dauphiné, vivait encore en 1,-93.

Emery Mr- , diacre en Provence en 1561.

Esmieu Boniface) fut accordé à Gignac en 1 567 par la vénérable compagnie des pasteurs de Genève , mais les députés que cette église avait envoyés à Genève ne l'emmenèrent pas et il fut accordé à Colmars, où il n'alla pas davantage parce que l'église ne l'envoya pas chercher.

Fabri (Jehan), pasteur à Larche (vallée de Barcelonnette) en 1 5 56.

Falquet (Ennemond), pasteur à Lemps en 1596. Le synode national de Montpellier de 1598 exhorta les églises du Dauphiné, de la Provence et du bas Languedoc à le secourir, « attendu, » disent ses actes, « qu'il a heureusement servi nos églises. » Il semble, d'après cela, que Falquet avait exercé son ministère dans ces v trois provinces. Il était pour sûr pasteur à Gap de 1 579 à 1580.

De Fargues, pasteur à Lacoste-Roussillon en 1 561.

Folion (Nicolas) dit La Vallée, pasteur à Marseille en 1559. De Toulouse, où il se rendit la même année, comme nous l'avons dit p. 311, note 1 , il alla à Castres, puis à Orléans. Voy. La France protestante, t. IV, p. 62 et t. VI, p. 439.

Franc (Pierre) , pasteur à Lourmarin entre 1564 et 1572, à Marseille en 1572.

Gabet (Raphaël), né à Orânge, élève de l'académie de Genève en 1609, pasteur à. Lacoste, 1616-1618. A cette dernière date il quitta la Provence , en suite de quoi les synodes provinciaux de Manosque du 25 octobre 1 6 1 8 et d'Eyguières du 2 mai 161 9 lui refusèrent les témoignages honorables qui lui étaient dus et le remboursement des frais qu'il avait faits pour la province. Le synode national d'Alais de 1620, auquel il en appela, jugea a les procédures faites contre ledit sieur Gabet injustes et défectueuses en plusieurs choses , » et ordonna à la Provence de lui donner le témoignage qui lui était dû et soixante écus pour le remboursement de ses frais de voyage. Pour le reste, voy. E. Arnaud, Hisf. des p rot. du Dauph., t. II, p. 396.

Gand (de), pasteur à Antibes en 1642.

Garin (André), natif de Sault, consacre au saint ministère en 1609, pasteur à Joucas, [611-1634, Il avait été d'abord pasteur à Donzère, en Dauphiné, 1 609- [612.

Gaspard de Sisteron, pasteur de Provence, réfugié au château de Mouans, près Grasse, en 1561.

Gaudemar (Paul), né à Manosque, élève de l'Académie de Genève en décembre 1622, pasteur à Manosque, 1 626- 1 63 6 ; à Riez-Roumoules , 1636-1645. Il fut nommé à ce dernier poste par le synode provincial du Luc du Ier novembre 1636, qui fixa ses appointements à deux cents livres, y compris les pensions. Il devait toucher en sus le montant des collectes qui se feraient dans les annexes quand il y donnerait des prédications. Sur sa lutte courageuse contre le Parlement de Provence, voy. plus haut, page 433. Nous ne savons pour quel motif il demanda son congé au synode provincial de Riez du 20 août 1654 pour quitter non seulement son ancienne église, où le culte avait été suspendu pendant dix ans, mais encore la Provence. Il résulte môme de la délibération du consistoire de Riez-Roumoules du 26 décembre 1653 qu'il n'était pas dans le pays à cette dernière date. Il est vraisemblable qu'il l'avait abandonnée quand le Parlement le décréta de prise de corps le 6 septembre 1645, et qu'il se pourvut d'une autre église dans quelque province voisine.

Gaudemar (Héléon), né à Manosque, de la même famille que le précédent, lauréat du collège de Die en 1659 pour l'art oratoire, immatriculé à l'Académie de Genève le 26 novembre 1663 , nommé second pasteur de Manosque peu après cette date pour aider Jean Bernard à desservir cette église et celle de Riez, qui n'avait plus de pasteur en propre depuis dix ans. Il demeura à son poste jusqu'à la révocation deFédit de Nantes (1685).

Génoyer (André) , né à Manosque vraisemblable-

ment, où se trouvait une famille de ce nom et entretenu aux frais de la province à l'académie de Genève. Le synode de Cabrières, du 14 avril 16 17, fit savoir à la vénérable compagnie des pasteurs de cette ville qu'il désirait que Génoyer fût « promu au saint ministère sous la conduite de l'Esprit de Dieu » pour le prochain synode de Provence qui se tiendrait après le national , c'est-à-dire l'année suivante. Nous ignorons si Génoyer put être consacré à cette époque, mais nous le voyons pasteur à Riez-Roumoules de 1625 à 1635 et nous pensons qu'il le fut au Luc de 16 18 à 1624. Pendant qu'il était dans le premier poste , il fît diverses appellations au synode national de Castres de 1626 , auquel il était député par les églises de Provence , touchant les difficultés qu'il rencontrait dans l'exercice de son ministère. Le synode renvoya l'examen de celles-ci au colloque de l'Embrunais, en Dauphiné, qui devait sommer l'église du Luc en particulier de produire ses griefs contre Génoyer et qui était autorisé, sur son refus de s'expliquer, à rendre un jugement contre elle. Le colloque de l'Embrunais n'ayant pu s'occuper de cette affaire, le synode national de Charenton de 163 1 chargea de ce soin celui du Gapençais. Génoyer adressa de nouvelles plaintes au synode national d'Alençon de 1637 , mais la vénérable assemblée répondit que ledit pasteur « ne devait pas les embarrasser de choses si simples et même qu'il n'avait pas prouvées , et on lui défendit de faire de pareilles procédures à l'avenir. » Génoyer quitta, en 163 5, l'église de Riez-Roumoules, qui le payait fort mal. Le synode de Manosque l'avait même autorisé à partir dès le 30 juillet 163 1, mais il avait retardé son départ de quatre ans. Il paraît avoir passé au service des églises du Dauphiné. Il est certain du moins qu'il y exerça son ministère de 1648 à 1659.

Graigxon Mu'° Jehan , pasteur a Aix en 1^59. Gu êrin (Jacques), pasteur à Forcalquier en 1567.

H ers an, pasteur de deux villages de Provence en

Huron Pierre , pasteur à Riez-Roumoules , 1609- [620 : à Die. en Dauphiné, 1622-162} ; cà Turenne, en Limousin, iÔ2y. Il dut quitter le poste de Die parce qu'il s'y était fait nommer illégalement , et fut député des églises de Provence aux synodes nationaux de Privas en 1612 et d* A lais en 1620. et à l'assemblée politique de Grenoble de 1615. Pour le reste, voyez La France protestante.

Lacombè Siméon de , pasteur à Seyne en i;8h et pendu à cette date par l'ordre du sanguinaire duc d'Epernon. Ii avait été pasteur à Orange en 1561 et • dans plusieurs églises du Dauphiné. Pour ie reste , voyez notre tome II Hisf. des prof. d'Orange) et La Fràtice protestante.

La Planche Jacques de , pasteur à Lourmarin , i 595-1612; cà Mérindol, 1615-1620. Il avait desservi auparavant Vesc . 1591-150), et Dieulefit. [594, deux églises du Dauphiné. Il représenta les églises de Provence au synode national de Privas de i0'2 et il quitta le ministère en 1^20 à cause de son grand âge et de ses infirmités. On lit à ce propos, dans les actes du synode national d'Alais. 1620. auprès duquel il s'était rendu pour demander une retraite : « Le sieur Jacques de La Planche ayant heureusement servi l'Eglise de

Dieu pendant vingt-six ans en Provence et se trouvant maintenant presque privé de la vue et fort incommodé , tant par une grande difficulté de respiration que par diverses autres incommodités provenant des travaux qui ont épuisé ses forces, et de la caducité de son âge décrépit, le synode de ladite province l'a dispensé des fonctions du saint ministère et lui a donné des témoignages fort honorables de ses bons services et de sa conduite régulière ; mais attendu qu'il est destitué des moyens nécessaires pour sa subsistance dans sa vieillesse et ayant fait connaître ses besoins à cette compagnie , elle lui a donné une portion franche , laquelle sera mise par le sieur Ducandal entre les mains du sieur Gras à Lyon pour la lui faire tenir dans le lieu où il fera sa demeure, et on lui a donné présentement la somme de 36 livres pour les frais de son voyage. » De la Planche paraît s'être résisté à Orange. Il assista du moins à une séance du consistoire de cette ville le 3 1 octobre 1621 (Lapise , Recueil de pièces sur l'histoire d'Orange, t. Il, fol. 296).

La Planche (...), pasteur à La Charce, 1660-1677. De la même famille sans doute que le précédent.

La Plante (de), pasteur à Apt en 1561.

La Salle (de), pasteur à La M otte-d' Aiguës en 1 561 .

Manny ou Magni, pasteur à La Roque-d'Antheron en 1 561 .

Maréchal (J.), pasteur à Curbans en 1620.

Maréchal (Charles), pasteur à Curbans en 1626. Le même sans doute que le précédent, avec une erreur dans le prénom.

Maurice (...), déchargé du ministère en 161 1, paraît

avoir été pasteur à Velaux-Aix-Marseille (Voy. Aymon , t. I, p. 440).

Maurice (Paul) , dit Y Aîné , en 1660 (1), né à Genève en 1577, et consacré dans cette ville en 1595, pasteur à Eyguières, 16 19-1647 (où son fils Christophe exerça la médecine jusqu'en 1685), député des églises de Provence à l'assemblée politique de Loudun de 16 19 et aux synodes nationaux de Charenton de 163 1 et d'Alençon de 1637. Il avait été d'abord pasteur à Orange, 1603- 16 14; à Tulette en Dauphiné , en 16 14 et 161 5 . Mort en 1659.

Quand Maurice était encore pasteur en Dauphiné le colloque de Valentinois lui avait promis de recevoir son fils comme « écolier entretenu aux frais dudit colloque ; » mais le synode de la province ayant annulé cette sentence, Maurice en appela au synpde national de Tonneins de 161 4, qui décida que son fils « prendrait la première place vacante d'écolier entretenu J dans quelque colloque que ce fût de la province » (Aymon, t. II, p. 94).

Paul Maurice a écrit plusieurs livres de controverse, qui ont échappé à La France protestante. En voici les titres : Allégations d'un certain se disant professeur de la règle de saint François pour prouver que la messe a esté chantée es cinq premiers siècles dès la venue de Nostre Seigneur Jésus- Christ ^ etc. Genève, 1633, 71 pag. in-î6.

(1) C'était le fils d'Antoine Maurice, originaire de Thoard et capitaine de cavalerie, qui réfugia à Genève en 1545 , où il embrassa plus tard le saint ministère. Antoine fut pasteur dans le pays de Gex de 1591 à et, à l'âge de quatre-vingt-quinze ans, rejoignit son fils Paul à Tulette. En passant à Avignon, il fut arrêté et enfermé dans un couvent. Le pasteur de Tulette n'ayant pu obtenir son élargissement, eut recours au Parlement d'Aix, qui lui délivra, vers 1614, des lettres de représailles en vertu desquelles il lui était permis d'arrêter qui que ce fût de la ville et territoire d'Avignon. Son père lui fut enfin rendu et mourut à Tulette en i6h (Archives de la famille Maurice).

— - Response à la lettre de frère Jacques de Vau'lreas, capucin, adressée à M. le cadet de Rosset ; Genève, 1633, 71 pag. in- 16. — D'après le père Bougerel, Paul Maurice aurait encore fait imprimer un Catéchisme, une Conférence avec le jésuite Patornay (Orange , 1609, in- 12) , et quelques Disputes avec le P. Veron (Notes du Père Bougerel communiquées par le marquis de Clapier, de Marseille). — Pour le reste , voy. La France protestante.

Maurice (Pierre) dit le Puisainé , en 1660, frère du précédent, pasteur à Eyguières en (612 ; à Lourmarin , 161 2-1678. Il représenta les églises de Provence au synode national de Vitré de 161 7 et fut député en cour en 1639, nous ne savons pour quel objet. L'église de Lourmarin , ainsi que Pierre Maurice son pasteur et l'ancien Corriger, se plaignit au synode national d'Alais de 1620 de ce que Maurice avait été suspendu de ses fonctions , puis rétabli par le synode de Roumoules et obligé, tout comme Corriger, de demander pardon , à genoux, audit synode de choses « ou nulles ou de peu de conséquence, quand elles seraient vraies, » avec une prière prononcée par le modérateur. Le synode national condamna la province de Provence « pour avoir abusé de la discipline et donné occasion de mépriser le saint usage des prières, » et ordonna que l'acte de suspension serait effacé de tous les exemplaires du synode de Roumoules.

Maurice (Alexandre), dit le Fils du défunt, en 1660, parce qu'à cette date son père Maurice Paul était mort. Pasteur à Cabrières d'Aiguës, 1640-1662. Il avait été d'abord pasteur à Sedan puis à Edimbourg.

Maurice (Charles), né à Eyguières, fils de Christophe et petit-fils de Paul , immatriculé à l'académie de Genève le 7 septembre 1661, pasteur de la maison de

RÉGI M E DE t/ÉDlT DE NANTES. 469

Sénas de 1665 à 1670, second pasteur à Eyguicres , t6jb*i68$. 11 signa à Genève, où il s'était réfugié, la réhabilitation de Jacques Pineton de Chambrun et fut reçu bourgeois de cette ville le 2 septembre 1697 avec son fils Antoine, qui devint si distingué dans la suite. Charles mourut en 1729 à l'âge de quatre-vingt-six ans.

Mense (Gaspard), natif d'Aups, pasteur à Forcalquier en 1 572 et de nouveau en Provence en 161 1, député des églises de ce pays à l'assemblée politique de Saumur de 161 1 (La France protestante, t. V, p. 255).

Mison, pasteur de Provence, réfugié au château de Mouans, près Grasse, en 1 562.

Mercurins (de), pasteur à Lourmarin en 1^61 et à Marseille la même année.

Mercurin (Pierre), né en Provence, pasteur à Sisteron en 1620 et à Grasse en 1626. Entretenu par les deniers de l'église à l'académie de Montauban depuis le synode national de Tonneins de 161 4, Mercurin, après avoir terminé ses études, en 1617, demanda au synode national de Vitré, tenu cette même année, que sa subvention de six-vingt livres lui fût continuée. La compagnie décida que Ducandal , receveur général des églises, lui paierait, pour une fois, soixante livres, « afin. » disent ses actes, « qu'il se puisse retirer dans la province de Provence et y être employé d'une manière conforme à sa capacité , suivant le décret du synode national de Tonneins. » Mercurin éprouva des difficultés dans le règlement de son compte avec sa province, et le synode national d'Alais de 1620, auquel il en appela, décida que le colloque des Baronnies, en Dauphiné , terminerait 'le différend sous l'autorité du synode général et 'examinerait les prétentions de Mercurin. — Sur la mission que Barthélémy Recend , pasteur à Velaux-Aix-Marseille , lui confia , voy. plus

haut, p. 382. — Mercurin se rendit au synode national de Castres de 1626 pour se plaindre de ce que la Provence avait refusé de le secourir quoiqu'il eût « souffert de la part des ennemis de l'Evangile. » Le synode lui alloua une somme de cent cinquante livres sur les deniers appartenant à la Provence. Quant au différend qu'il avait à Sisteron avec son ancienne église, le même synode chargea le synode d'Embrun, en Dauphiné, de le juger en dernier ressort. Enfin , Ducandal fut prié d'avancer, sur les cent cinquante livres susmentionnées, « ce qu'il faudrait pour retirer l'ordre d'emprisonnement que le conseil privé avait donné contre lui , afin que le Parlement de Provence n'eût pas connaissance des matières, par lesquelles il était molesté et qui l'empêchaient de vaquer aux fonctions de son ministère. »

Molinon, pasteur à Marseille, 1567.

Moranges (Guy de), dit de La Garde, pasteur à Aix en 1 561 .

Morel (Claude), pasteur à Riez en 1 566.

Murât (François), né à Grenoble et second pasteur à Velaux-Aix-Marseille en 1684. Réfugié à Genève, où il fut assisté, il signa la réhabilitation de Jacques Pineton , de Chambrun, et mourut dans cette ville, laissant la réputation d'un pasteur « d'une conduite toujours édifiante et d'un zèle ardent » (Ms. Court, n° 17, t. R, à la bibliothèque publ. de Genève). Pour le reste, voy. E. Arnaud. Hist. des prot. du Dauph., t. II, p. 415).

Mutonis (Jean), moine jacobin de Grasse, converti à la Réforme, élève de l'académie de Genève en 1 561 et donné, cette même année, comme pasteur à Nîmes, où il ne resta pas longtemps. Passé au service des églises de Provence, il finit par être martyrisé le 14 février 1 564 entre Bagnols et Villeneuve-lès-Avignon. Pour le reste, voy. Crespin, fol. 688, et La France protestante.

RÉGIME DE l'ÉDIT DE NANTES.

Ollivier, pasteur à Tarascon en 1559.

Nicolas, natif de Mérindol, pasteur des Vaudois en 1 >45 et réfugié en Suisse à cette date.

Nicolas, pasteur à Digne en 1561. Le même peutêtre que le précédent.

Nicolet (Jean), pasteur à Cabrières-d' Aiguës en 1 580 ; il avait été pasteur à Gap en 1 579.

Pascal, pasteur en Provence en 1572, réfugié à Genève à cette date et reçu habitant le 17 octobre de la même année.

Pascal (Jean), pasteur de Provence en 1584. Peutêtre le même que le précédent.

Peréri pour Périer (Jean), pasteur à Mérindol en 1545 et derechef en 1561 ; dans l'intervalle à Bossey- Neydans, près Genève.

Piélat (P.), pasteur à Mérindol en 1626. Peut-être le même que Piélat Jacques , pasteur à Condorcet, en Dauphiné.

Poudrel, sieur de Corbières (Jean), pasteur à Lourmarin en 1663. Pour le reste, voy. E. Arnaud, Hist. des prot. du Djuph., t. II, p. 421.

Pouyer (Théophile), pasteur à Joucas, 1660-1684, se réfugia à Genève avant la révocation de l'édit de

•Nantes et fut assisté de la collecte de Hambourg faite par de Mirmand.

Recend, pasteur à Barcelonnette en 1600, Recend (Barthélémy), peut-être le même que le précédent, pasteur à Cabrières-d' Aiguës , 1 601 -1602 ; à Mérindol, 1 603-161 1 ; Velaux-Aix-Marseille , 1620- 1625, député des églises de Provence au synode national de Saint- Maixent de 1609 et à l'assemblée politique de Saumur de 161 1. Le synode d'Alais de 1620, qui eut à s'occuper du non-paiement de ses appointements de pasteur, constata que la Provence lui devait, au 13 septembre 1619, la somme considérable, pour l'époque, de 1,123 liyres (6 s°ls 10 deniers, au sujet de laquelle il décida que ladite Provence lui paierait la somme de 500 livres en deniers réels et que le surplus lui serait compté en deniers ou acquits valables au colloque de Gap, en Dauphiné, qui allait avoir lieu. — Sur l'empêchement que Recend opposa à la mission , en Provence , des députés du synode national de Charenton de 1623, voy. page 382.

Recend (Jacques), élève de l'académie de Genève à la date du 18 octobre 1619 et vraisemblablement le fils du précédent. Pasteur à Velaux-Aix-Marseille, 163 5-

Recend, pasteur à Seyne en 1 660. Peut-être le même que le précédent.

Richard, pasteur à Sault en 1 566.

Rié (Jean de), pasteur au Luc en 1626.

Rigolet, pasteur à Grasse en 1572.

Ruffi, pour Ruffin (Jacques), pasteur à Aix en 1 5 59.

Pour le reste, voy. E. Arnaud, Hist. desprot* du Dauph., t. II, p. 424.

Second, pasteur en Provence vers 1O12 dans les environs de Lourmarin.

Serre (Guillaume), pasteur vaudois, brûlé vif à Avignon en 1545.

Spiron, pasteur à Sénas en i$6i.

Toussaint (Samuel), pasteur au Luc, 1603-1617, et député des églises de Provence au synode national de Tonneins de 1614. Le synode national d'Alais de 1620, en considération de sa mémoire ( il était mort à cette époque), et de ses services, ordonna que quatre cents livres seraient déposées par la Provence « dans un lieu sûr à intérêt » pour ses enfants'; que ceux-ci recevraient pendant dix ans de la même province, pour leur entretien , une somme annuelle de soixante et quinze livres et que sa veuve, Isabeau de Galles, fille d'un docteur en médecine d'Orange , toucherait non seulement le secours particulier de soixante et quinze livres, que le synode de Lourmarin de 161 7 lui avait alloué, mais encore les arrérages du traitement de son mari dus par l'église du Luc et que lui refusait le synode d'Eyguiéres de 1619, dont elle était appelante. Aucune de ces sommes ne lui ayant été payées, Isabeau de Galles s'en plaignit au synode national de Charenton de 1^)25. qui ordonna à Ducandal , receveur général des éirlises de France, de

payer directement quatre cents livres à la veuve de Toussaint sur les deniers d'octroi du roi revenant à la Provence. Quant au paiement des autres sommes, le même synode national de Charenton, conformément à la décision du synode national d'Alais de 1620, chargea le colloque des Baronnies en Dauphiné de le faire effectuer après l'examen des titres de la veuve Toussaint. Un arrangement intervint entre les parties, qui fut approuvé par le synode national de Castres de 1626. — Sur la dispute de Toussaint à Grasse en 1612 avec le dominicain Louis Forneri, voy. p. 444. — Samuel Toussaint était le frère de Jean Toussaint , pasteur à Loriol en Dauphiné, 1620-1626.

Vallanson ou Vallansan (François), né à Montélimar, pasteur à Lacoste, 1639-165 1 ; député des églises de Provence au synode national de Charenton de 1644. L'année précédente, il fut aussi député en Cour par les mêmes églises, nous ne savons pour quel motif.

Vergnes (Charles), pasteur de Villemanle (?) en Provence, apostasia à la révocation de l'édit de Nantes, a mais donna à l'étranger de grands signes de repentance » (Mss. Court, n° 28, t. I, p. 69).

Villet (Etienne), né à Lacoste, pasteur de Provence avant 1685. Réfugié à cette date à Orange, il parvint à échapper aux dragons du comte de Tessé , qui avait envahi la ville et emprisonné tous les ministres (Larmes de Jacques Pineton de Chambrun, p. 126).

Vitalis, pasteur de Provence, réfugié au château de Mouans, près Grasse, en 1 562.

Yssautier ou Essaultier, pasteur dans les quar tiers de la Durance en i<6i.

Véza pour Vèze Gaspard de), pasteur à Manosque 1561 ; à Sisteron , 1 561 et 1 562.

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