‹ Histoire des protestants du Dauphiné aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles (volume 2)Chapitre 17 sur 44 · SECONDE GUERRE DE RELIGION · texte numérisé non relu

SECONDE GUERRE DE RELIGION

(septembre 1567 — 20 mars i568y.

D'Acier gouverneur du Dauphiné pour le prince de Condé. Mouvans se saisit de Vienne. Les principales villes de la province se donnent aux protestants. Excès de ces derniers.

Pendant la seconde guerre de religion, le Dauphiné ne 1567. fut pas le théâtre de grandes batailles. « Le 28 septembre, dit Charronnet , paraissait une ordonnance royale appelant aux armes tous les sujets fidèles contre ceux de la religion , qui s'étaient déjà saisis de plusieurs places et même s'étaient avancés contre le roi, allant de Meaux à Paris, pour le combattre, dont ils n'avaient rapporté que honte et confusion. Je cite les propres paroles de l'ordonnance. Sa Majesté permet que chacun puisse vivre en liberté de conscience et amnistie tous ceux qui dans les 24 heures déposeront leurs armes entre les mains des officiers royaux et s'offriront à combattre pour la bonne cause. » Dans une lettre particulière , portant la même date et adressée à Gordes , le roi lui recommandait de pourvoir à la sûreté des places de son gouvernement , de dissiper les projets des rebelles dès qu'il en aurait connaissance , et de convoquer les arrière-bans de tous les bons et loyaux sujets , gentilshommes et autres.

L'ordonnance du roi, empreinte d'une grande modération, devait être publiée à son de trompe-, mais au moment où le

i567. gouverneur de Briançon, La Cazette, s'apprêtait à le faire, il reçut, comme tous les autres gouverneurs de place du Dauphiné sans doute, ce petit billet : « Capitaine La Cazette, je vous prie ne faillir de me renvoyer les lettres patentes que je vous baillais au partement d'ici, et ne les faites publier, pour cause que je ne puis vous mander. Je me reconnais à Grenoble, ce 16e octobre 1567, votre entièrement meilleur ami. Gordes. »

Charles IX venait en effet de changer de politique. D'abord enclin à la modération , il résolut peu après de pousser la guerre avec une grande énergie, et écrivit de nouvelles lettres à ses lieutenants généraux dans les provinces. Il recommanda à Gordes (8 oct.) de lever le plus de forces possible, « tant de gens de cheval que de pied et même les arrière-bans et légionnaires du pays ». « Et là, ajoutait-.il , où vous en sentirez aucuns qui branlent seulement pour venir secourir et aider à ceux de la nouvelle religion , vous les empêcherez de bouger par tous moyens possibles ; et si vous reconnaissez qu'ils soient opiniâtres à vouloir venir et partir, vous les taillerez et ferez mettre en pièces sans en épargner un seul, car tant plus de morts moins d'ennemis1 . »

Sur l'ordre du prince de Condé , apporté dans le midi de la France par Jacques deCrussol, seigneur de Beaudiné, dit d'Acier, nommé par le prince gouverneur de Dauphiné, Provence et Languedoc , Mouvans , accompagné de François de Fay, baron de Peyraud, et de Jean de Saint-Chamond, seigneur de Saint-Romain, ancien archevêque d'Aix, chercha à se saisir de Lyon , mais sans succès. Il fut plus heureux à l'égard de Vienne, où il entra par intelligence le 4

(1) Livre du roi, dans le Bullet. de l'Acad. delph., V sér., t. 1, p. 481 , 482 ; — Charronnet, p. 49, 5o; — D'Aumale, Hist. des princes de Condé, t. 1, p. 56o.

octobre et sans coup férir. Quelques jours auparavant (29 1567. sept.), « Messieurs des églises et citoyens de Vienne, tant d'une religion que d'autre, » s'étaient assemblés dans la maison consulaire et avaient juré « entre les mains de Mons. de Buffevent, vibailli de Vienne, de prendre, dit leur acte de serment1, comme ils prennent chacun d'eux respectivement, ensemble tous les citoyens et habitants de la présente cité , en sauvegarde et protection sous l'autorité de Sa Majesté, sans qu'ils promettent ou consentent que aucun mal ni déplaisir advienne à aucun d'eux ni aux citoyens dessus dits. » Voyant les « capitaines des huguenots » qui s'approchaient de Vienne, les consuls leur envoyèrent (3 oct.) des exprès pour les informer de l'acte d'union conclu entre les deux partis en vue de conserver la ville au roi, et pour les prier de ne pas s'approcher de ses murailles, de peur de troubler le repos des citoyens. Cette démarche, on vient de le voir, n'aboutit point, et Mouvans et ses compagnons entrèrent dans Vienne le jour suivant.

L'armée protestante avait promis, paraît-il, de ne pas s'arrêter dans la ville, « mais en étant dedans, dit une relation de l'époque , ils s'en rendirent maîtres et ne voulurent sortir, disant qu'ils y étaient pour le roi et qu'ils ne voulaient fâcher tant ecclésiastiques que autres, leur permettant de rester dans ladite ville, pendant qu'ils firent le contraire, c'est-à-dire, en étant maîtres, ils contraignirent les ecclé-

(1) Il est signé par Jehan de Buffevent, vibailli, Droyn, vicaire de Mgr de Vienne, Costaing, gardier de Vienne, Jacques Gabet, juge royal, Putod, juge archiépiscopal, Plantier, procureur du roi , Antoine Putod, chanoine de Vienne , Desgranges , Duprat , Boyssat , I. Gentillet , Claude Dorgeyse , Gibert, Laurent Sambeyn, Bally, Mitallier, Ravier, M. Lambert, Vallier, Faure, Archimbaud Gabet, Bourgel, Pénonnier, de Fixonas, Affaneur, de Constance, Galeys , consul , Raymond, Gonin, Verdier, Trezenaux, des Fayes, L. Goyet, de Latour, Duboys, Laurent Pélisson, Magnin (Arch. de la ville de Vienne).

1567. siastiques à s'absenter de la ville tacitement et plusieurs autres.... Et furent maîtres de la ville dès ledit 4e jour d'octobre jusquesà mi-novembre, que M. le prince de Nemours vint d'Italie avec une grande armée pour le roi, qui les en débarrassa par une nuit, et s'en retournèrent à Valence, où ils furent bien des années les plus forts. En étant audit Vienne, ils mirent le feu en plusieurs lieux, en l'église Saint- Maurice, de sorte qu'ils la ruinèrent et brûlèrent tout ensemble. Toutes les vitres fondirent et les cloches et les horloges 1 » .

Il avait été convenu entre les deux partis que le château de La Bâtie serait remis aux protestants, tandis que celui de Pipet, qui était le plus fort, demeurerait au pouvoir des catholiques. Les soldats de Mouvans n'en cernèrent pas moins ce dernier, de sorte que le chanoine d'Orgeoise , qui y commandait, commençait à manquer de tout. Il put faire connaître sa situation au duc de Nemours, qui , ayant réuni ses forces à celles de Gordes, pénétra dans le château de Pipet le 1 3 novembre. Mouvans, n'osant plus demeurer dans Vienne, l'abandonna de nuit le même jour2.

Les principales villes du Dauphiné avaient imité l'exemple de Vienne et s'étaient livrées aux protestants sans coup férir, savoir Gap, Serre, Le Buis, Saint-Marcellin , Romans, Valence, Crest, Montélimar, etc. L'occupation de plusieurs d'entr' elles fut accompagnée de violences regrettables. Ainsi à Gap il y eut diverses émeutes, dans l'une desquelles le vibailli Benoît Ollier fut blessé et fait prisonnier par le capitaine d'Oronze, qui le relâcha quelques jours après sur l'invitation de Gordes 3.

(1) Delphinalia, p. n5, 123-128.

(2) Charvet, p. 56 1, 5Ô2.

(3) Charronnet, p. 52.

A Montélimar, le Ier novembre, dix enseignes de soldats, i qui venaient de Nîmes et de Sommières, incendièrent les églises et les couvents de la ville et toutes leurs archives. Le gouverneur, Sébastien de Vesc, seigneur de Comps, et le plus ancien avocat de la ville, Claude Colas, qui faisait les fonctions de visénéchal, assistés de Blacons, Naucaze et autres gentilshommes protestants du voisinage, essayèrent d'arrêter ces furieux , mais ce fut en vain -, ils continuèrent leur œuvre de destruction pendant plusieurs jours et rien n'échappa à leurs mains. Les matériaux provenant des démolitions furent employés à élever de nouvelles défenses dans la ville et à agrandir le temple qu'on avait permis aux protestants de construire après l'édit d'Amboise. On bannit aussi les catholiques les plus ardents l. A Valence le conseil politique, qui y avait été institué dès le commencement de la seconde guerre de religion2, arrêta les deniers royaux et ordonna à tous ceux qui pouvaient porter les armes de s'enrôler, « à peine de trois traits de corde ». Il s'intitulait : « Le conseil commandant en ce pays de Dauphiné en l'absence de M. d'Acier, lieutenant général pour le prince de Condé, protecteur de l'État de la Majesté du roi , notre sire 3. »

Grenoble toutefois n'avait pas ouvert ses portes aux protestants. La Coche, ayant réuni des troupes à Theys, lieu dont il était le seigneur, s'approcha de la ville la veille de la Saint-Michel pour tâcher de la surprendre ; mais il fut repoussé.

(1) Hist. des guerres excit. dans le Comté Venaissin, t. i, p. i5; — Candy, Hist. des guerres de religion à Montélimar (Mns.).

(2) Saint-Romain, Montbrun, Gaspard de Béranger du Gua, Blacons et Mirabel en faisaient partie.

(3) Not. relat. aux guerres de relig., dans le Bullet. de la Soc. d'arch. de la Drame, t. v.

Gordes lève des troupes. Rencontres diverses avec Cardé, d'Acier , Pipe t. Prise et reprise de places par les deux partis. Le parlement négocie secrètement avec les protestants.

1567. Gordes, se voyant menacé de toutes parts, hâta la levée de ses troupes, fit un emprunt de 5o,ooo livres par l'intermédiaire des commis des Etats du Dauphinéet autorisa fort imprudemment les catholiques de son parti à porter sur leurs vêtements une croix blanche, qui leur permît de se reconnaître en toutes rencontres. Il établit son camp à La Côte-Saint-André, et le premier fait d'armes qu'il accomplit fut la prise de Vienne avec Nemours, que nous venons de rapporter.

Maître de cette dernière ville , Gordes se présenta devant Saint-Marcellin pour l'assiéger. Le capitaine Jacques de Saluces de Miolans, seigneur de Cardé, gendre du comte de Tende, gouverneur de Provence, accourut à sa défense, mais fut battu en deux rencontres (20 et 22 nov.). Depuis la reprise des hostilités , Cardé s'était établi à Romans , où ses soldats, mal payés, avaient pillé les maisons et dévasté les églises. Ils avaient aussi incendié le couvent des Cordeliers (27 oct.) l.

Se voyant près d'être écrasés par Gordes , les protestants dauphinois appelèrent à leur secours leur gouverneur d'Acier, qui venait de se saisir de Montpellier et répondit à leur

(1) Dochier , p. 190, 191; — Ulysse Chevalier, dans le Bullet. de la Soc. d'arch. de la Drôme, t. n, p. 389, 390.

appel. Réunissant ses troupes du Languedoc à celles de 1 567. Provence, commandées par Mouvans et Rapin et formant

10 enseignes; à celles du bas Dauphiné, conduites par Montbrun qui venait de s'emparer de Sisteron avec l'aide de Mouvans et disposait de 700 soldats-, à l'armée des vicomtes2, forte de 7,000 hommes, qui allait rejoindre le prince de Condé, d'Acier s'achemina vers le Dauphiné à la tête de 14,000 hommes environ3. Il força le Saint-Esprit, défendu par les Avignonais, et, après quelques jours de marche, campa à Peyrins près de Romans, au commencement de décembre. Gordes , n'osant se mesurer avec une armée si considérable, leva le siège de Saint-Marcellin et, se bornant au rôle d'observateur, se porta tour à tour à Faramas près La Côte-Saint- André , à Lens-Lestang près le Grand-Serre ," à La Tour-du-Pin et à Bourgoin4. La Tourdu-Pin résista. Bernins, gouverneur de Vienne pendant la première^ guerre, tenta de la secourir, mais fut battu par Aussinetet mis en fuite. D'Acier s'empara de La Côte-Saint- André et de Saint-Quentin sur l'Isère. Il ne put nouer des intelligences dans Vienne, et, comme il n'avait point de canons, il n'osa non plus rien entreprendre sur Grenoble.

11 quitta du reste bientôt le Dauphiné avec une partie de ses

(1) Chorier (p. 614 et 6i5) et tous les historiens après lui disent que Montbrun , dès le mois d'avril de cette année , s'était rendu à Genève, menacé par le duc d'Albe, et de là à Metz. C'est une erreur, paraît-il. Le capitaine qui secourut Genève fut Mouvans. (Voy. Haag, t. iv, p. 460, 461.)

(2) Bernard-Roger de Comminges, vicomte de Bruniquel, Bertrand de Rabastens, vicomte de Paulin, Antoine, vicomte de Montclar, enfin le vicomte de Caumont.

(3) Chorier (Hist. abrég., t. 11, p. 1 36) dit 17,000 hommes.

(4) Les Commentarii (na pars, p. 126) et La Popelinière disent que Gordes se réfugia à Grenoble. Nous suivons le récit de Chorier (p. 618), qui est plus vraisemblable, car le lieutenant général aurait pu facilement être cerné dans cette dernière ville par l'armée de d'Acier.

i568. troupes pour retourner dans le Languedoc, où sa présence était nécessaire, et laissa la garde de La Côte-Saint- André à Pipet, avec 3oo mousquetaires.

De leur côté les vicomtes, réunis à Mouvans et à Rapin, se disposèrent à passer le Rhône pour se rendre auprès du prince de Gondé, qui était en Auvergne. Ils formaient à ce moment un effectif de 6,000 fantassins et de quelques cavaliers. Mouvans commandait les troupes du bas Languedoc, de la Provence et du Dauphiné, le vicomte de Bruniquel , la cavalerie, le vicomte de Montclar, l'infanterie du haut Languedoc, et les vicomtes de Paulin et de Caumont, les Gascons. Gordes, le comte de Tende et le duc de Joyeuse, qui avaient sous leurs ordres des soldats du Dauphiné , de la Provence et du Languedoc, les harcelèrent, mais ils ne purent les empêcher de passer le Rhône à Ampuis, sous Vienne, au commencement de janvier 1 568.

Après leur départ, Gordes, qui ne possédait en Dauphiné que les villes de Vienne, Grenoble, Embrun et Briançon (Saint-Auban venait de s'emparer du Buis), fit désarmer les protestants de Grenoble , qui étaient presque aussi nombreux que les catholiques, et expulsa de la ville ou emprisonna les plus ardents d'entre eux. Deux de ses capitaines se saisirent de Saint- Vallier, que les protestants avaient pris, et Pierre Cissé de La Marcousse, un autre de ses capitaines, reprit Saint-Quentin (6 janv.). Il assiégea, le 2 janvier *, La Côte-Saint- André avec 6 canons. Le baron des Adrets, colonel d'un régiment de 2,000 hommes, l'accompagnait. C'était une place assez forte. Pipet la défendit vaillamment; mais , se voyant éloigné de tout secours , sans munitions et avec une large brèche à ses murailles , il l'abandonna par une nuit fort obscure (14 au i5 févr.) et sans que les assié-

(1) Chorier (Hist. abrég.) dit le 4 janvier.

géants pussent s'en apercevoir. Il avait résisté douze jours 1 568. et supporté deux assauts. Gordes reçut pendant le siège un coup d'arquebuse à l'épaule, qui ne le blessa que légèrement1. Cardé, qui occupait toujours Romans, s'était avancé jusqu'à Saint- Antoine pour secourir La Côte; mais les soldats qu'il avait envoyés en avant pour tâcher de pénétrer dans la place, échouèrent dans leur entreprise et durent revenir sur leurs pas.

Pour se dédommager de la perte de La Côte, Cardé s'empara de .Saint-Quentin sur l'Isère, qui avait été repris par les soldats de Gordes-, mais un capitaine du lieutenant général se saisissait à son tour de Saint-Marcellin, et Cardé, qui s'était établi à Saint- Antoine, ne s'y croyant plus en sûreté, l'abandonnait à l'ennemi et se repliait sur Romans. C'étaient toutefois de petites pertes, aussi Gordes tint-il un conseil de guerre , où il lut décidé qu'on enrôlerait toute la jeunesse catholique du Dauphiné en état de porter les armes, et qu'on pousserait la guerre à outrance , afin de déposséder les protestants des diverses villes qu'ils occupaient2.

Peu après ces événements , le comte de Tende , gouverneur de Provence, et Suze vinrent assiéger Tulette, occupé par les protestants. La ville se rendit le 19 février au matin, après avoir reçu 3o volées de coups de canon. Les deux chefs catholiques marchèrent de là sur Mirabel et Vinsobres, qui, ne voulant pas s'exposer à un siège, leur ouvrirent leurs portes (20 févr.). Apprenant leurs rapides progrès, d'Acier et Montbrun, qui tenaient le Languedoc, traversèrent le Rhône à Châteauneuf et marchèrent sur Pierrelatte, pour les obliger à quitter le Dauphiné 3.

(1) Clerc Jacquier, La Côte-Saint- André , p. 54-56.

(2) Commentarii, 11» pars, p. 114, 116, 123; — Pérussis, dans d'Aubais, t. 1, p. 89; — La Popelinière, t. 1 , p. 43 et 46.

(3) Not. relat. aux guer, de relig., dans le Bullet. de la Soc. d'arch. de la Drôme, t. v.

i568. Cependant le président Truchon et les principaux conseillers au parlement, qui « considéraient, comme le dit Chorier, que dans les guerres civiles la victoire d'un parti est toujours funeste » , négociaient secrètement avec les protestants, de l'aveu même de Gordes, qui approuvait leur dessein. Mais les hostilités n'en continuaient pas moins leur cours. Des Adrets et Antoine de Murât de Lestang bloquaient Cardé dans Romans (2 3 mars). Le trop célèbre baron était devenu la terreur des protestants, comme il avait été celle des catholiques, et si Gordes, qui était naturellement doux et humain, n'avait tempéré son humeur farouche, il aurait fait éprouver à ses anciens coreligionnaires les mêmes maux qu'il avait jadis causés aux catholiques. Un soldat bourguignon se glissa dans le camp de Gordes pour l'assassiner, mais il fut découvert et puni de mort

(i) Chorier, p. 622.

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