‹ Histoire des protestants du Dauphiné aux XVIe, XVIIe et XVIIIe sièclesChapitre 25 sur 96 · I. - COLLOQUE DU VIENNOIS · texte numérisé non relu

I. - COLLOQUE DU VIENNOIS

Le colloque du Viennois fut créé en 1 602 par le synode de Grenoble. Il comprenait seulement à cette époque les

(0 Mns. Court, N.» 17, H (Biblioth. de Genève).

(2) Nous entendons par annexes autorisées celles où Tezercice de la religion réformée était permis par l'art. 9 de Tédit de Nantes, c'est-à-dire toutes les villes et lieux où cet exercice était établi et fait publiquement « par plusieurs et diverses fois, en Tannée 1696 et en l'année 1597 jusques à la fin du mois d'août, » et pareillement « toutes les villes et places où il avait été établi ou dû Pétre « par Pédit de pacification fait en l'année 1377, articles particuliers et conférences de Nérac et Fleix ». Nous entendons le contraire par annexes non autorisées.

(3) Le Jésuite Meynier constate lui-même cet état prospère dans son facnim : De Vexécution de Védit de Nantes dans le Dauphiné , p. 20.

églises de Romans, Beaurepaire-RoyboD, Saint-Marceilin et le Pont-en-Royans. On lui adjoignit succesayement, pour le renforcer, les églises de Beaumont, La Baume-Cornillane, Châteaudouble , L'Albenc et Le Vercors. Il comptait 9 églises, 1 2 annexes autorisées et 32 non autorisées.

/ . — ISeaumont ' .

L^église de Beaumont faisait d'abord partie du colloque de Valentinois, mais au commencement du XVII* siècle elle fut adjointe à celui de Viennois , qui avait besoin d être renforcé. En ï6oi elle n'avait pas de pasteur, et le synode de Nyons, réuni cette année, invita les pasteurs Ollivier, de Valence, et de Vinay, de Livron, à la visiter le plus possible. Elle put cependant être pourvue dans le courant de cette même année. Le synode national de Privas de 161 2 la secourut, et elle pria en 1616 le synode de Dieulefit de lui venir en aide pour la construction de son temple. En 1622 elle toucha un secours du synode du Pont-en-Royans, sans doute pour le même objet.

De bonne heure elle eut à soufirir. Un arrêt du conseil du roi> du i""' mai 1629, ^ condamna à livrer aux catholiques la cloche et le cimetière de la communauté, à charge toutefois par cette dernière d'assigner aux réformés « un lieu propre et convenable pour y enterrer leurs morts ». Ce lieu fut choisi au quartier des Oches, derrière la maison des frères Clerc. Le même arrêt portait qu'à l'avenir les aumônes des pauvres et l'hôpital seraient administrés par le curé seulement.

(1) Le livre du contittoire de Teglise refformée de Beaumont, 1646-1673 Mns.).

Le consistoire de Beaumont arrêta, le 2g juillet 1646, un règlement ecclésiastique sur la manière dont les anciens devaient remplir leur charge, « Chacun à son tour, y estil dit, visitera les logis le dimanche à Theure du prêche et aviseront que aucuns de cette église, durant Theure du prêche , ne soient aux hôtelleries , et les hôtes seront avertis de ne bailler rien à aucun à cette heure-là , hormis aux passants et étrangers , sur peine de suspension et de censure et réparation publique... Au temps du carnaval et autre temps auquel on a accoutumé de se licencier le plus es jeux et danses, les anciens prendront garde à ces débordements et s'abstiendront surtout de recevoir chez eux de nuit ni de jour les bals et danses, ni autres jeux illicites et prohibés aux fidèles. Ne sera loisible auxdits anciens de jouer à jeux scandaleux, comme cartes et dés et roue de fortune, à peine de suspension de leur charge. »

L'église à cette époque était très-florissante et le temple ne suffisait plus à contenir les fidèles, ce qui nécessita la construction de vastes tribunes , dont le projet fut approuvé par le consistoire dans sa séance du 9 décembre 1646. Léglise ne négligeait non plus les écoles. Nous trouvons à Beaumont en i658 un « précepteur de la jeunesse », qui recevait un subside de 60 livres du consistoire.

Les commissaires exécuteurs de Tédit de Nantes de 1664,

s'étant divisés sur le maintien de l'exercice de la religion

^^formée à Beaumont, envoyèrent leur procès- verbal de

PS/f^0^ au conseil du roi, qui, par son arrêt du 20 mars

/(C; ^ supprima l'église et ordonna la démolition du temple.

Qj»^ î— <r.î était construit au levant de la place qui porte encore

^^joxar-<d'hui le nom de place de l'Ancien Temple, au bout de

lagra,r>.<l'rue du village. Il fut démoli en mai 1686.

^^ annexes de Beaumont étaient Montmeyran et Étoile.

^ ^^h'se de La Baume-Cornillane décida en 1668 de

^'^^^•'^.der au synode de la province de lui adjoindre Mont-

tneyran; mais les chefs de famille de cette annexe déclarèrent qu^ils désiraient a d'être joints audit Beaumont comme cidevant », et prièrent le député de cette église qui devait aller au synode « de demander en leur nom la continuation de ladite jonction, attendu qu'ils ne pourraient être joints audit La Baume sans en recevoir beaucoup d'incommodités ».

L'exercice de la religion réformée fut condamné « par forclusion ' » dans les annexes de Montmeyran et d'Étoile par les commissaires exécuteurs de l'édit de Nantes de 1664.

Les communautés de Monteléger et Montoison renfermaient aussi des protestants; mais l'exercice ne paraît pas y avoir jamais été «autorisé par les commissaires exécuteurs.

Pasteurs : Michel de Mercure, dit Salave, i6oi-i6o5, Josias Montagne 1 605-1607, ^^^^ Guerrier 1608, Jean- Antoine Gante 1609-1612, Siméon d'Hosty 161 3- 161 7, Jean Abraham 161 7-1622, Jean Martinet 1623, Jean Félix 1626, Jean Imbert 1637, Jacques du Marché 1646i655, Daniel Chamier II 1655-1671, IsaacLanfrey 1671- 1673, Piffard du Rif 1673- 1684.

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