La Baume-Cornillane
Gette église, qui, dès 1 568, ne comptait pas un seul catholique, demanda en 1604 à être unie à celle de Ghâteaudouble. En 1606 elle était adjointe à celle de Beaufort, plus tard et de nouveau à celle de Ghâteaudouble, en 161 5 à celle de Beaumont. Le colloque de Viennois l'ayant unie pour la troisième fois à celle de Ghâteaudouble , elle en appela au
(i) C'e8t4-<lire supprimé pour toujours, faute de production à cette époque d^actes authentiques établissant le droit d*exercice. ~ Cette expression revenant souvent dans ces notices, nous Texpliquons ici une fois pour toutes. •
synode du Pont-en-Royans , qui confirma la décision du colloque. Plus tard elle put entretenir personnellement un pasteur. En 1646 elle trouva un ferme appui dans Jacques Eynard, châtelain de La Baume, de la feunille noble de Monteynard , qui fut déshérité par son père à cause de ses opinions réformées. Jacques Eynard contribua beaucoup à la nomination et à l'entretien du pasteur du Rif. Les membres du consistoire de La Baume à cette époque étaient : Jean Chabrier, N. Perrot, Cheyssière, M. Chabrier, V. Faure, C. Béranger, Comte etChenebier.
Les commissaires exécuteurs de Tédit de Nantes de 1 664, s'étant divisés sur le maintien de Texercice de Ma religion réformée à La Baume, envoyèrent leur procès-verbal de partage au conseil du roi , qui ordonna , le 2 1 août 1 684, la suppres^on de Téglise et la démolition du temple. Ce dernier toqtefois ne fut détruit qu'au mois d'octobre 1 687, après la révocation de l'édit de Nantes. M. Muret, de La Baume, ayant appris à Valence Texécution de la sentence du conseil pour le lendemain, s'adjoignit deux de ses voisins et pendant la nuit cacha la cloche du temple dans une cuve de sa maison remplie de chaux. Le lendemain à 1 1 heures arrivent les dragons , qui démolissent le temple et demandent la cloche avec fureur, menaçant de brûler tous les protestants si on ne la livre bientôt et spécialement celui chez qui ils la trouveront. Et comme personne n'ouvre la bouche , ils se mettent à fouiller les maisons et à torturer de mille manières les habitants. Mais c'est en pure perte. Ils passent et repassent devant la cuve qui renferme l'objet précieux, et, après trois jours de vaines recherches, ils retournent à Valence. La cloche fut ainsi dérobée aux catholiques et ne sortit de sa cachette qu'à la Révolution. En 1826 on la plaça sur le clocher du nouveau temple qui fut construit à cette époque. Elle porte l'inscription suivante : « Cette . cloche . a . este . faite . et . payée . par . ceux . de . la . religion . réformée .
a . la . Baulme . Cornillane . Année . 1647 • ** L'ancien temple de La Baume était situé dans le village , non loin du château.
Sur le désir manifesté par La Baume d'avoir Montmeyran pour annexe , voyez l'article Beaumont.
Le 17 mai 1679 une dame noble très-pieuse, Catherine de Cornillan, dame de La Baume-Cornillane et d'autres lieux , fit à l'église réformée de La Baume un legs fort important. Nous extrayons ce qui suit du testament plein de piété qui y a trait :
« Item donne et lègue , veut et ordonne qu'il soit donné aux pauvres de Jésus-Christ dudit lieu de La Baume et autres pauvres souffreteux et indigens, à un chacun d^eux, une quarte de blé froment fin et jusques à la quantité de 20 sétièrs froment, mesure de Valence...
» Item veut et ordonne que son dit héritier donne et délivre ledit jour de sa sépulture à treize et tel que son dit héritier verra et connaîtra et à un chacun d'eux 2 aunes bon drap large du pays. . .
» Item veut et ordonne ladite dame testatrice être fait perpétuellement par son dit héritier et chacun les dimanches treize aumônes , la chacune d'environ deux livres pain , un peu de chair et de potage, à treize maisons du mandement de La Baume, accoutumées de donner par ladite dame.
» Item veut et ordonne aussi ladite dame que son héritier sous-nommé fasse et soit tenu de faire tous les ans et perpétuellement à chacun jour de Saint-Jean-Baptiste, qui est le 24* jour du mois de juin , une aumône à tous les manans et habitans dudit lieu et mandement de La Baume et jusques à la quantité de 8 sétiers mêcle, froment et seigle, et 4 sétiers orge, cuits en pain, i sétier fèves et 5o livres chair ou fromage...
» Item donne ladite dame testatrice et lègue aussi au ministre de la Parole de Dieu qui annoncera l'Evangile
audit lieu de La Baume, à savoir la pension annuelle de 6 écus d'or sol , payable par son dit héritier sous-nommé à chacun jour et fête de Noël plus prochain après son décès , et ainsi continuant annuellement et perpétuellement; — voulant et ordonnant aussi que son héritier soufire et permette ce service de la religion réformée être fait perpétuellement audit lieu de La Baume , et à ces fins lui prêter toute aide et faveur et secours de tout son pouvoir, savoir et moyens; — là où il ne voudrait faire ainsi, qu'il y contreviendrait directement ou indirectement, tant lui que les siens, perpétuellement par ce présent instrument veut et ordonne qu'il soit privé de son héritage et à sa place nomme, crée et institue audit cas son héritier universel ledit Gabriel de Forest, sieur de La Jonchière, sous la qualité et condition que dessus; — et là où l'exercice de la religion réformée cesserait audit lieu de La Baume , soit par l'édit du prince ou autrement, ladite dame veut et ordonne que ladite pension de 6 écus soit payée aux pauvres dudit lieu de La Baume, et outre ce 8 écus d'or sol, pension annuelle, qu'elle lègue perpétuellement; lesquels veut être payés à chacun jour de Noël, que veut être employés tant pour Varier les pauvres filles dudit lieu, que pour mettre des Métiers aux pauvres garçons dudit lieu... »
^-'héritier universel de la testatrice était Charles Alric de *^OUgs^Xy son petit-fils.
P00tJGMTs : Gonnond lôSg, du Rif 1646, David Faure