Clelles
Cette église fut adjointe aux précédentes de i6i3 à 1619, et à Mens de 1619a 1620; mais avant et après elle eut un pasteur en propre. Le Monestier - de - Qermont lui était adjointe en 1660.
Les commissaires de 1664 s^accordèrent à y maintenir le droit d^exercice, parce que M. de Chichilianne, seigneur du lieu, était haut justicier; mais ils se partagèrent sur ses conditions. Clelles possédait, à la révocation de Tédit de Nantes, un cimetière, une maison avec jardin de la valeur de 200 livres et 71 livres 19 sols de rentes. Elle comptait 28 familles protestantes en 1687.
Les annexes de Clelles étaient : Thoranne (4 femilles protestantes), Saint-Martin-de-Clelles (14 femilles), Le Monestier-du-Percy. (3 familles), Saint- Maurice-en-Lall^ (3 1 familles), Lalley, Chichilianne (5 femilles). — Il y avait encore des protestants à Lavars (18 familles), Percy (7 familles). Saint- Michel'les- Portes (i famille).
Les commissaires de Tédit de 1 664 se partagèrent sur le maintien de Texercice à Thoranne et le condamnèrent par forclusion à Saint-Martin-de-Clelles ', Le Monestier-du- Percy, Saint-Maurice-en-Lalley et Lalley.
Pasteurs : David Magnet 1 600-1 601, Barthélémy Durand 1612, Jean Vial 161 9, Ésaïe Matthieu 1620-1622, Daniel Sarret i63o, Borrel 1640, Barthélémy Durand (de nouveau) 1637, Vulson de La Colombière 1660, Plante i685(?).
g. — La Mure.
Cette église eut de fréquents rapports avec Genève. Le 10 juin ib98, son consistoire, par Torgane de de Bonniot, demanda à Théodore de Bèze un pasteur, qui ne put lui être accordé. Elle fut plus heureuse en 1609. Le 3i août, le consistoire pria la vénérable compagnie de lui prêter un
(i) Suivant une autre source, les commissaires se partagèrent seulement au sujet de cette dernière annexe.
pasteur, et le 26 septembre, par une double lettre adressée à la fois à ladite compagnie et au petit conseil % il désigna le ministre Osée André comme Tobjet de ses préférences. Il ne demanda du reste ce pasteur que d^une manière provisoire et s'oflfrit à payer son aller et son retour. La compagnie le prêta jusqu'à la plus prochaine réunion du synode provincial. Mais avant ce temps et dès le 22 février de Tannée suivante Téglise, très-satisfaite des services d'Osée André, pria la compagnie de le lui céder d'une manière définitive * ; ce à quoi cette dernière voulut bien consentir.
Le synode provincial eut à s'occuper en 161 5 des annexes de l'église de La Mure, situées dans le mandement de Beaumont, à propos des intrigues d'un sieur Frénot, qui voulait y faire supprimer l'exercice. « On suppliera , lit-on dans ses aaes, Mgr le maréchal d'empêcher par son autorité que le sieur Frénot ne trouble l'église de Beaumont-en- Trièves sur la possession de l'exercice de la religion, et l'église de Beaumont est exhortée de justifier au plus tôt ses droits , afin qu'à l'avenir ils n'expérimentent de plus grandes difficultés. »
En j639, la ville de Ia Mure ayant été incendiée, les habitants réformés eurent beaucoup à souffrir, La vénérable compagnie leur envoya un secours de 4 pistoles d'Espagne. Le pasteur, qui, paraît-il, avait éprouvé de plus grandes pertes que les autres habitants, reçut un secours spécial de 5 pistoles.
Le 2 mars 1660 le consistoire toucha un nouveau secours de la compagnie , vraisemblablement à l'occasion de quelque autre incendie.
(i) Signé : Du Port, capitaine-châtelain, de Bonnîot, Vial, Francoud.
(2) La lettre est signée par les mêmes que précédemment et de plus par Joyeux, secrétaire, J. P. Maroy, syndic. (Archives du conseil de Genève, N.- 2393.)
Les commissaires exécuteurs de Tédit de Nantes de 1664 se divisèrent sur le maintien de Texerdce à La Mure. Le conseil du roi , statuant sur leur partage avec une promptitude inaccoutumée, supprima Téglise Tannée suivante. « La Mure en Dauphiné, dit EUe Benoît % avait assez de titres pour fermer la bouche à la plus opiniâtre chicane; mais il lui manquait une chose : son nom ne paraissait plus dans les pièces décisives , parce qu^elle était annexe de quelque autre, et que, selon le malheureux usage de confondre plusieurs annexes sous le nom du lieu de la résidence du ministre, qui a été le prétexte le plus général de la ruine des églises, son nom avait été confondu avec celui de Téglise principale. » Le temple était situé au quartier dit du Temple, au couchant de la ville. Ses matériaux servirent à la construction de réglise, notamment les belles colonnes de sa porte.
Il y eut une dispute religieuse à La Mure en 1626, entre le pasteur Eustache et Didier Barruel, curé d'Entraigues, et une seconde Tannée suivante, entre le même et Scipion de Sabran, prieur de Sainte-Croix. Le Jésuite MiraiUet intervint dans celle-ci *.
Les annexes de La Mure étaient : Saint-Michel, Quet et Sainie-Luce, situées dans le mandement de Beaumont. Le synode de Serre de 1 600 les avait d'abord rattachées à Corps (colloque du Gapençais); mais, deux ans après, celui de Grenoble les adjoignit à Téglise de La Mure. Il paraît que Tune d'elles, Sainte-Luce, aurait préféré demeurer unie à Corps. La question fut portée devant le synode de Die de 1604, qui décida que les habitants réformés de Sainte-Luce
(i) HUt. de redit de Nantes, 2' partie, t. m, p. 17.
(2) Voyez notre Notice sur les controverses religieuses en Dauphinéj p. 39,40,41.
seraient appelés à se prononcer librement en faveur de Tune ou l'autre église; mais que, s'ils se détachaient de La Mure, ils auraient à payer tous les arrérages dus par eux pour Tentretien du pasteur de ladite église de La Mure, qui les avait desservis.
Pasteurs : André Fabry iSgS-iSgS, Jean Vulson de La Colombière 1600-1609, Osée André 161 0-1623, Jean Bamet 1626, David Eustache 1626- 1 637, Jean Terrasson (par intérim) i63o, Jean Sénebier (idem) vers i63o, Isaac Fcraud 1637- 1639, Pierre Gros 1 660-1 685.