cAouste
Cette église fut longtemps une simple annexe de Crest ; niais en 1660 elle avait un pasteur en propre. Dès 1620 elle possédait un temple, et en i63o le conseil, communal lui céda une partie du cimetière commun jusqu'à ce qu'elle fût
pourvue d^un autre lieu pour enterrer ses morts. Le même conseil ayant émis en 1646 la prétention de foire concourir les protestants à Tentretien de Tinstituteur catholique, ces derniers s'y refusèrent, en faisant remarquer que déjà ils supportaient à eux seuls toute la charge de leur régent.
Les commissaires exécuteurs de Tédit de Nantes de 1664 se divisèrent sur le maintien du droit d'exercice de Téglise d'Aouste; maïs elle put en jouir jusqu'au 17 janvier 1684, alors que le conseil du roi , statuant sur le procès - verbal de partage des commissaires, ordonna la suppression de réglise. Sur le saccagement du temple en 1681 , voy. p. 104.
Dès que les protestants eurent appris le triste sort réservé à leur église, ils se mirent en devoir, craignant que leur temple ne fut rasé , d'en descendre la cloche pour la cacher en lieu sûr. Les consuls d'Aouste , qui leur étaient hostiles, les sommèrent sur l'heure d'attendre les ordres de l'intendant avant de disposer de leur cloche , et peu après il leur fut enjoint de la porter à la maison de ville.
L'emplacement du temple , qui avait été adjugé avec les autres biens du consistoire à l'hôpital de Grenoble après la révocation de l'édit de Nantes , fut vendu par ce dernier, le 16 mars 1695, à un nommé Gaspard, pour le prix de 3o livres. Mais comme l'intendant Bouchu avait, paraît-il, fait don dès 1687, de la part du roi, de cet emplacement aux catholiques pour bâtir une nouvelle église , le conseil comniunal en réclama la propriété à Gaspard , qui fut sans doute obligé de céder et de perdre ses 3o livres et les constructions qu'il avait déjà élevées sur ledit emplacement.
En 1 687 Aouste avait 70 familles protestantes et 60 en 1736. PiégroSj qui s'y rattachait, en avait' 6 à la première date. Cobonne faisait aussi partie de l'église d' Aouste.
Pasteurs : Théodore de La Faye 1660, Achard 1664, Faisan 1671-167^.
g. — "Bourdeaux.^
Nous ne possédons aucun renseignement sur cette église, si ce n^est que les commissaires exécuteurs de 1664 se partagèrent sur le maintien de son drojt d^exercice, dont elle jouit néanmoins jusqu^en septembre i683, alors quUl fut supprimé par le conseil du roi. Sur le combat sanglant qui se livra près de Bourdeaux à cette époque et qui amena la démolition de son temple, voyez page 117. Le temple était situé au couchant du village, près de Tanden rempart.
Bourdeaux possédait, outre son temple, un cimetière, une rente de 229 livres 5 sols, plus un capital de 2,883 livres 10 sols II deniers. Le pasteur touchait 450 livres d^émoluments et le lecteur 46 livres.
Cette église avait primitivement pour annexes Le Poët- Célard, Truinas, Mornans, Bezaudun, Crupies et Les Tonils ; mais le 2 1 avril 1 684 Crupies fut adjointe à l'église de Vesc; en 1666' Bezaudun forma une église particulière avec les Tonils , de même que le Poët-Célard avec Mornans et Truinas. Bourdeaux comptait 280 familles protestantes en 1687.
Pasteurs : Arnaud Casaubon fin du XVP siècle, Jean de Gilliers le père 1 600-1 641, Charles Guyon le fils 1647-1683.