Ve:^audun et les Tonils
Cette église, qui donna le prix-fait de son temple le 14 juin i635, fut qne annexe de Bourdeaux pendant longtemps \ Elle eut un pasteur en propre en i634, Jean Cor-
(0 l'C synode de Nyons Vad joignit en 16 17, sur sa demande, ainsi que Us Tonils , aux églises unies de Manas et Saou 1 qui ne pouvaient à elles
deil, qui fut mis en liberté par le synode de Vinsobres (20 juin i635), parce qu'il avait intrigué contre deGilliers, pasteur de Bourdeaux ^ Elle en fut très-irritée. Aussi, dès le 27 août i635, les consuls et autres de la religion réformée de Bezaudun demandèrent - ils au colloque du Valentinois de leur donner un pasteur particulier. Ils se fondaient sur ce que, dit leur requête, de Gilliers « n'est à entière édification à beaucoup de nos familles, ni même de celles du bourg , comme cela se vérifie par la dissipation et désolation desdites églises advenues par la confirmation du piinistère dudit sieur Gilliers )>. Avant la réunion du colloque, Adrien Chamier, pasteur à Montélimar, avait cherché à les ramener à de meilleurs sentiments par une lettre pleine de piété, du i5 septembre, et le colloque lui-même chargea Chamier, d'Ize, pasteur à Crest, Guyon, pasteur à Dieulefit, et noble Raymond de Lastic, de Saou, d'apaiser Péglise de Bezaudun,
qui consentit le 6 novembre à reconnaître le ministère de Gilliers jusqu'au prochain synode provincial. Celui-ci s'étant réuni à Embrun le 28 mai i636, les habitants réformés de Bezaudun chargèrent Joël Perrot, leur député, de demander à la vénérable compagnie ou de changer le pasteur de Bourdeaux , ou de les adjoindre à une autre église. « Notre église, disaient- ils , étant, par la grâce de Dieu, composée de 100 familles, tant nobles que autres, faisant toutes profession de la vraie religion , ne nous suffit d'avoir pour chacune année que huit ou neuf jours de prêche dans notre
eules entretenir un pasteur; mais nous ne pensons point que VadjoDCtioD ait été de longue durée.
(i; L'église de Bourdeaux fut vacante pendant une partie des années i633 et 1634. De Gilliers, son pasteur, selon ce que nous avons pu conjecturer , était tombé gravement malade. Réintégré dans ses fonctions par le synode de 1634, malgré son ftge avancé, Bezaudun ne voulut plus le reconnaître et se constitua en église indépendante.
église, ceux de Crupies et des Tonils de même. » Ils ajoutaient que de Gilliers était trop âgé pour desservir une église si vaste. Le synode d'Embrun n'entra pas dans les vues de Bezaudun, qui demeura adjointe à Bourdeaux jusqu'en i666. A cette époque ^lle s'unit à l'église des Tonils, de l'assentiment du synode provincial, et eut un pasteur en propre, qui paraît avoir résidé alternativement dans les deux églises, selon l'usage. Les Tonils s'étant détachée d'elle en 1675 pour se joindre aux églises de Crupies et de Vesc, avec Jean-François Gresse pour pasteur, elle ne put parfaire à elle seule les gages de son pasteur et demanda au synode de Nyons de 1675 de lui adjoindre l'église de Crupies; ce à quoi la vénérable compagnie ne voulut point consentir. En 1677 l'église des Tonils était réconciliée avec Bezaudun et ne formait qu'une même église avec elle. En i683 elles étaient de nouveau séparées et avaient chacune un pasteur.
Les commissaires exécuteurs de l'édit de Nantes de 1664 se partagèrent sur le maintien de l'exercice à Bezaudun et aux Tonils i mais celui-ci y subsista pour la première localité jusqu'en septembre i683 et pour la seconde localité jusqu'au 24 avril 1684, alors qu'il fut supprimé par deux arrêts du conseil du roi.
Sur le combat sanglant qui se livra non loin de Bezaudun en i683 et qui entraîna la démolition de son temple, voyez page 117.
A la révocation de l'édit de Nantes, Bezaudun possédait remplacement de son temple et un cimetière , et Les Tonils un temple et 16 livres de capital. La première église comptait 86 familles protestantes en 1687 et la seconde 40.
La cloche du temple de Bezaudun , qui fut placée après la révocation de l'édit de Nantes sur l'église catholique, subsiste encore aujourd'hui et sert au culte protestant. Elle a pour légende : Tay este fondue par Pierre Metoyef: 1648.
Je suis à VE. P. R. du lieu de Beiaudun, Quant à la cloche du temple des Tonils, elle fut fondue en 1671, et Ton fit une collecte de 85 livres pour en couvrir les frais.
Pasteurs : Be\audun, Jean Cordeil 16 34-1 63 5, J. Bec 1666, Jean-François Gressc 1668-1675, J. Bec (de nouveau) 1675, Daniel Lautier 1677- 1683. — Les ToniU, Jean- François Gressc 1675-1677, Faisan i683.
//. — Le Poët'Célard.
Cette église, qui demeura longtemps adjointe à Bourdeaux comme annexe, finit par avoir un pasteur en propre, en s'unissant sans doute à TruinaSy Félines et peut-être aussi à Mornans.
En 16 19 elle eut à souSrir de la part de Louis de Marcel de Blaïn du Poët, neveu et héritier du célèbre capitaine protestant de ce nom. Converti fraîchement au catholicisnie, ainsi que sa tante, M.*"* du Poët ', il manifesta son zèle de néoph3rtè en chassant les protestants de la maison commune, où ils célébraient leurs exercices depuis plus de 6q ans , de telle sorte que ces derniers durent construire un temple.
Les commissaires exécuteurs de Tédit de Nantes s'accordèrent à maintenir l'exercice au Poët-Célard; mais ceux de 1664 se divisèrent sur cette question, et le conseil du roi, statuant sur leur partage le 10 janvier 1684, supprima réglise et condamna le temple à être démoli. Le Poët-Célard comptait 3î familles protestantes en 1687, Truînas 10 et Félines 3.
Pasteur : Daniel Chabrier i683.
(i) Voy. notre Notice histor, et ML sur les controverses religieuses en Dauphiné, p. 35.