‹ Histoire des protestants du Dauphiné aux XVIe, XVIIe et XVIIIe sièclesChapitre 55 sur 96 · Saint'PauUtrois'Châteaux · texte numérisé non relu

Saint'PauUtrois'Châteaux

En 1600 cette église faisait partie du colloque de Valentinois, en 1602 du colloque de Gapençais et bientôt après, et d'une manière définitive, du colloque des Baronnies.

En i6oi réglise n'avait pas encore de pasteur en propre et était desservie par Georges Maugius, pasteur de Taulignan.

Les commissaires exécuteurs de Tédit de Nantes de 1 600 ordonnèrent le 27 avril que dans trois mois les protestants et les catholiques se pourvoiraient d'une cloche et que jusque-là la cloche de l'horloge servirait aux exercices des deux religions , pourvu que ce fat à des heures différentes ; ils décidèrent aussi qu'un cimetière serait acheté pour les protestants à frais communs et que le vieux cimetière serait laissé aux catholiques. Les commissaires de 1614 confirmèrent cette ordonnance le ro juin. A cette époque les protestants possédaient déjà un temple.

Les habitants réformés de Saint-Paul demandèrent un secours au s5niode national d'Alais de 1620 « tant pour dresser une école que pour achever de bâtir un temple, qui est resté imparfait ». La vénérable compagnie lès renvoya, ■ en les recommandant, au synode provincial du Daupbiné* Ils eurent du reste beaucoup à souffrir de la part des catholiques. Dès i638, François Adhémar de Monteil deGrignan obtenait un arrêt du conseil du roi qui leur défendait de

faire venir des ministres étrangers. Le i3 septembre i6Sg un second les condamnait à tapisser leurs maisons et à balayer les rues les jours de la Fête - Dieu, arrêt qui fut confirmé par un autre du 19 octobre i65o. «Les hérétiques, dit Boyer de Sainte-Marthe % enragés de se voir obligés de Élire par crainte et par force ce qu'ils n'avaient pas voulu Élire par amour et par dévotion , résolurent de ne point satis&ire à la teneur de cet arrêt. Il y en eut qui, poussant la témérité plus loin , chantèrent publiquement les Psaumes de David en français dans les rues et dans les boutiques et refusèrent insolemment de tirer le chapeau quand la procession des prêtres passait ou quand on portait le saint-sacrément aux malades. L'évêque François, qui ne s'endormit jamais sur des affaires de cette nature, qui profitait au contraire de toutes ces occasions pour bannir Thérésie de sa ville épiscopale et de tout son diocèse , fît faire des verbaux sur tous ces faits, afin de s'en servir en temps et lieu. »

Quant aux commissaires de 1664, ils se divisèrent sur le maintien de l'exercice à Saint-Paùl et s'accordèrent à ordonner la démolition du temple. L'évêque de Saint-Paul fut pour beaucoup dans cette décision. Claude de Rufier (c'était son nom) « travailla sans relâche, dit Boyer de Sainte- Marthe *, pour faire abattre le temple, situé tout proche de son palais , ou faire interdire l'exercice de la religion protestante. Il ût commencer la poursuite par le syndic du clergé du diocèse de Saint-Paul devant l'intendant de la province ^, qui, ayant fait une descente sur le lieu, ordonna que le temple serait abattu aux dépens mêmes des calvinistes ; et

(i) Page 265.

(2) Pages 278, 279.

(3) Bochart de Champîgny, qui était en même temps l'un des commissaires exécuteurs.

qi!aQt à Texercice de leur religion, son sentiment était un peu différent de celui de son assesseur '. ^affaire et les parties furent renvoyées au grand conseil. Uévêque députa d^abord un de ses neveux à Paris à ses frais pour obtenir un interdit; mais cette cause n*ayant pas été rapportée aussitôt qu'il avait souhaité, Texécution en fut différée. Cependant le syndic du clergé, agissant conformément aux intentions du prélat, faisait de temps en temps des informations contre eux, afin de les produire lorsqu'il serait à propos ».

Sur Tarrêt de 1674, interdisant le consulat aux habitants réformés de Saint-Paul-trois-Ghâteaux, voyez page 91.

En 1 682 nouvelles vexation?. L'évêque Louis - Albe de Roquemartine « présenta requête au parlement, dit encore Boyer de Sainte-Marthe *, pour avoir Pinterdiction de Texercice de la religion prétendue réformée dans la ville épiscopale. Non-seulement il Tobtint, mais encore il ât donner la cloche du'temple à la communauté pour la mettre au clocher de la cathédrale. Les hérétiques, avertis de cet arrêt, qui leur était si injurieux, firent enlever secrètement cette cloche le 21 du mois de décembre et la cachèrent profondément dans la terre. L'évêque , informé de cette contravention aux ordres d'une cour souveraine, fit faire un verbal sur cette rébellion et obtint une prise de corps contre plus de 60 de ces factieux, avec un ajournement personnel contre une centaine, parmi lesquels était le sieur Piffard, ministre. L'évêque cependant n'oubliait rien pour découvrir l'endroit où la cloche avait été cachée, et, voyant que ses promesses et ses menaces ne servaient à rien , il en vint aux effets et

(i) Charles Arbalestier, sieur de Montclar et Beaufort, le commissaire protestant.

(2) Pages 298, 299.

donna i8 pistoles à un protestant qui la lui indiqua. Le régiment de Vendôme était pour lors en quartier dans Saint- Paul. Sur Tavis que Pévêque donna de cette découverte à M. de Béronne, lieutenant-colonel , il fit prendre les armes à ses soldats, qui se transportèrent sur le lieu tambours battants et enseignes déployées. Le clergé en surplis les suivait, et ayant heureusement trouvé cette cloche, elle fut transportée en triomphe à l'église, où Pévêque la bénit solennellement et la fij placer au clocher. Quelque temps après il fit démolir le temple par arrêt du grand conseil ». G;t arrêt avait été signé le 3o Juillet ï685,

Les annexes de Saint-Paul étaient La Baume-de-Transit , Saint "Resti tut , Clansayes, Montségur et Chamaret.

L'exercice fut établi en 1614 à La Baume, Saint- Restitut et Clansayes, par les soins de noble Dragon de Choméane, pasteur à Saint-Paul. C'étaient les trois lieux du bailliage de Saint-Paul pour Pexercice de la religion réformée choisis par le synode de la province. Les commissaires exécuteurs de redit de Nantes de 1664 y condamnèrent Fexercice, de même qu'à Chamaret et à Montségur.

Il y avait encore des protestants à Pierrelatte. Le synode de Montélimar de 1607 ordonna qu'on continuerait les démarches entreprises pour la reconnaissance du droit d'exercice de cette localité; mais nous ne pensons point qu'elles aient abouti à un heureux résultat.

Pasteurs : de Combe 1 56o, Vincent Meylier 1 56 1 , Cosset 1569, Jean de Saint- Paul 1572, Jean-Baptiste Ollivier 1602-1609, Jules Fevot 1610-1612, Jean Dragon de Choméane 161 3- 1622, Jean Aymin 1 626-1630, Jacques Bouvier 1637, Ennemond Reynaud 1 638- 1640, Poudrel de Corbières 1660, Benjamin de Joux 1680-1 681, Alexandre Pifferd 1 682-1 685.

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