Tuiette
Les protestants de Tuiette, au nombre de 3o chefs de famille, représentèrent, le 20 novembre 1699, aux conunissaires exécuteurs de Tédit de Nantes que l'exercice de la religion réformée, qui avait eu lieu dans cette localité en 1677, fut repris en 1 597, alors que le pasteur et docteur de Saint- Ferréol, de Vinsôbres, le célébra « en une grange, tout près du lieu, publiquement ». Ils. ajoutèrent que Saint-Ferréol Pavait continué jusqu'à la présente année. Les commissaires décidèrent que cette requête serait montrée au seigneur catholique du lieu , et qu'en attendant la communauté donnerait aux protestants un cimetière plus commode que celui dont ils jouissaient.
Le 3o mai de Tannée suivante, ces derniers, mieux ren** seignés sur leurs droits, demandèrent aux mêmes commissaires d'être maintenus dans leur droit d'exercice, attendu, disaient-ils , qu'ils étaient en possession de ce droit depuis l'année i563 a par une convention particulière faite entre les catholiques et eux sur ce sujet ; ayant continué ladite possession es années 1577 et 1678 et depuis es années 1597, 1598 et 1599', se trouvant, par ce moyen, compris es bénéfices du 9* et 10* articles dudit édit de Nantes ». Les commissaires ordonnèrent que le seigneur et les habitants catholiques de Tuiette seraient appelés et entendus dans la huitaine. Nous ne connaissons pas le jugement ultérieur des commissaires*, mais ce dut être un jugement négatif, car les habitants réformés de Tuiette en appelèrent au roi, à moins que les commissaires eux-mêmes lui eussent renvoyé directement l'affaire.
Quoi qu'il en soit , le synode de Grenoble de 1602 s'occupa de Tuiette. « On représentera à Mgr des Diguières, lit-on dans ses actes, l'importance de l'église de Tuiette, pour
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faire terminer au plus tôt le procès qui est mu entre ceux de la religion et ceux de Téglise romaine; et les pasteurs circonvoisins sont priés de visiter ladite église de Tulette le plus souvent quMls pourront, pour Tédification deladite église et Continuation de la juste possession en laquelle ils sont de Texercice de la religion. »
Malgré les instances des députés généraux en cour, le différend ne se termina devant le conseil du roi qu^en 1614; mais ce fut à Tavantage des protestants.* Irrités de cette décision, les catholiques de Tulette proférèrent des menaces contre leurs concitoyens protestants , et le synode du Ponten-Royans de 1614 crut devoir en informer les députés généraux en cour, pour dégager la responsabilité des habitants réfonnés dans les troubles qui pourraient survenir. La vénérable compagnie alloua en même temps à Téglise une portion et quart des deniers d^oaroi du roi.
L^année suivante les protestants de Tulette s^occupèrent de la construction de leur temple , au milieu de la plus vive opposition de la part des catholiques. Leur pénible situation toucha le synode national d^Alais de 1620, qui vint à^leur secours. « L^église de Tulette, lit-on dans ses actes , . . . demandant quelque charitable subvention, attendu sa pauvreté et le mauvais état où elle se trouve , pour résister aux ennemis qui l'entourent dans le Gomtat- Venaissin , où elle se trouve enclavée ; ce qui fait aussi quUl est fort important à toutes les autres églises réformées de la bien soutenir : la compagnie a ordonné que la portion que ladite église de Tulette doit avoir, comme les autres de la province de Dauphiné, sera franche sur les deniers de toutes les églises jusqu'au synode national prochain. »
En 1645, révêque de Vaison, Joseph-Marie de Suarès, dans le diocèse duquel était enclavée Téglise de Tulette , chercha à la faire interdire. Boyer de Sainte - Marthe * ra-
(i) Hist. de VégUse cathéd. de Vaison, p. 224.
conte quUl 3e plaignit à l^assemblée du clergé en 1645 et 1646 « que ceux de la religion prétendue réformée faisaient venir depuis peu de temps des ministres pour prêcher au village de Tulette, quoiqu'il n'y eût point ci-devant d'exercice de cette nouvelle religion , et que ce lieu fut du domaine temporel d'un seigneur ecclésiastique ». Suarès dénaturait les faits. Peut-être l'église de Tulette était-elle vacante à cette époque ; mais elle avait eu des pasteurs jusque-là et en eut encore après.*
Les commissaires exécuteurs de ledit de Nantes de 1664 se partagèrent sur le maintien de son droit d'exercice. Le commissaire catholique opina pour sa suppression.
Tulette avait pour annexes Saint-Maurice et Rochegude. . Saint-Maurice était un fief du sieur Jean de Brune. Les commissaires de 1664 s'accordèrent sur le maintien de l'exercice particulier de ce gentilhomme, mais se partagèrent sut les conditions auxquelles il devait avoir lieu . Quant à Rochegude, tout ce que nous en savons, c'est que cette église fut supprimée par arrêt du conseil du roi du 5 octobre 166 3.
Mirabel-les-Baronnies avait aussi des protestants , mais nous ne pensons point que l'exercice y ait été autorisé.
Pasteurs : Paul Maurice 1614, Raphaël Gabet i6i5-i622, Georges Maugius 1626-1637, Jean Jourdan 1684.