‹ Histoire des protestants du Dauphiné aux XVIe, XVIIe et XVIIIe sièclesChapitre 58 sur 96 · Venterol · texte numérisé non relu

Venterol

Lorsque les commissaires de Tédit de Nantes vinrent à Venterol, le 20 novembre 1699, les réformés du lieu leur affirmèrent que Texercice de leur religion s'était fait parmi eux « es année 1677 et beaucoup d'autres années ». Les catholiques ayant prétendu le contraire, les commissaires décidèrent qu'il serait plus amplement informé. L'enquête ne produisit pas les résultats attendus, de telle sorte que les commissaires ordonnèrent, le 9 mai 1600, de nouvelles informations.

Il ne paraît pas que les protestants de Venterol aient eu l'espoir de fournir des preuves suffisantes de l'exercice de leur religion parmi eux en 1677, car le synode de Grenoble de 1602 désigna Venterol « comme premier lieu du bailliage des montagnes pour jouir du bénéfice de l'exercice de la religion réformée ». Le synode national de Gap de i6o3 confirma cette décision. <c Sur la lettre de l'église de Venterol,

(i) Selon d^autres sources le 6 mars.

lit-on dans ses actes , il sera écrit en sa faveur, au nom de cette compagnie, à MM. les commissaires du Dauphiné touchant Texécution de i'édit , pour confirmer le rang assigné à ladite ville de Venterol pour le premier lieu du bailliage des montagnes du Dauphiné, suivant les règlements du synode tenu à Grenoble Tan 1602 ». Les s)modes d'Embrun de 160 3 et 1610 et de Die de 1604 s'occupèrent encore de cette affaire, qui ne fut terminée qu'en 16 14. Le 6 juin, les commissaires exécuteurs, statuant sur la requête de Jean- Paul Perrin , pasteur de Nyons et s}Tidic des églises réformées du bailliage des montagnes , tendant à ce que Venterol fût désigné comme premier lieu d'exercice de ce bailliage , ordonnèrent que , conformément à l'édit de Nantes , Perrin proposerait trois noms de lieu , entre lesquels lesdits commissaires désigneraient celui qui leur agréerait. Perrin proposa Venterol, SaimeJalle et Saint-Maurice, et le lendemain, 7 juin, les commissaires accordèrent « à ceux de ladite religion de pouvoir choisir et acheter un lieu et place à moitié chemin de Venterol à Noveysan , suivant le chemin royal et accoutumé par lequel on va dudit Venterol audit Noveysan , et auquel lieu pourront ceux de ladite religion faire bâtj^ un temple et y faire l'exercice de leur religion pour le premier lieu de bailliage des montagnes ; permettent de tenir à Venterol un maître d'école ».

L'évêque de Vaison, Joseph-Marie de Suarès, chercha plus tard à faire supprimer l'exercice à Venterol. Boyer de Sainte-Marthe raconte * qu'il se plaignit à l'assemblée du clergé de 1645 et 1646 de ce « que les huguenots des villages de Venterol et Noveysan faisaient venir depuis la mort de Louis XIII des ministres aux confins de leur territoire pour y prêcher leurs mauvaises doctrines, assemblant pour cet

(I) HUt. de Féglite cathéd. de Vanotty p. 224.

effet en pleine campagne le peuple des lieut circonvoisins ; ayant poussé leur insolence jusqu^à ce point que de &ire secouer leurs -clochettes par lesdits lieux pendant qu'il y faisait sa visite pastorale ».

Les commissaires exécuteurs de 1664 se divisèrent sur le maintien de Texercice à Venterol, et le conseil du roi ne paraît pas avoir statué sur leur partage ; de telle sorte que réglise subsista jusqu'à la révocation de l'édit de Nantes.

Venterol avait pour annexe Nopeysan, comme on vient de le voir.

Pasteurs : Salomon Faure 1614-1617, Isaac Cholier 1622-1626, OUivier de Raphelis 1626, Jean Cordeil ...., Elie Saurin 1661-1662, Jacques Bernard 1679.

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