‹ Histoire des protestants du Dauphiné aux XVIe, XVIIe et XVIIIe sièclesChapitre 69 sur 96 · Vercheny et Espenel · texte numérisé non relu

Vercheny et Espenel

Vercheny était primitivement une annexe de Pontaix. Pendant une vacance du pasteur de cette dernière église , en 1604, elle s'adjoignit à Saillans ; mais Pontaix ayant réclamé en 1606, le colloque du Diois, à qui Taffiiire fut renvoyée par le synode de Saint-Marcellin , tenu cette même année, décida que Vercheny, malgré ses préférences particulières , serait unie à Pontaix. Saillans en rappela au synode d'Orpierre de 1608, qui confirma le jugement du colloque du Diois, (c attendu, disent ses actes, que ladite église de Pontaix ne pourrait autrement subsister ».

Vercheny s'unit plus tard à Espenel , qui était originairement une annexe de Saillans, pour former avec elle une église distincte.

Les commissaires exécuteurs de 1664 se partagèrent sur le maintien de i^exercice à Vercheny. Ils se partagèrent aussi touchant Espenel. Le conseil du roi vida le différend en ordonnant, le 2g novembre i683 , la suppression de Téglise d' Espenel et la démolition de son temple. Le nouveau temple d' Espenel est bâti sur remplacement de Tancien.

A répoque de la révocation de Tédit de Nantes Vercherly possédait un temple, un cimetière et 44 livres 5 sols 6 deniers de capital ; Espenel un temple et 20 livres. La première avait 60 familles protestantes en 1 687, la deuxième 94.

La cloche du temple de Verciîeny, d.^abord cachée par les protestants, fut mise sur le clocher de Téglise catholique, construite en 1704* Elle sert maintenant au culte réformé, ainsi que Téglise, et porte la légende suivante : Pour Messieurs de la religion reformée de Vercheny, 1641. Les mots religion reformée ont été grattés , mais ils se lisent encore.

Pasteurs : JeanGranon 1669, F^^i^ i685.

g. — Saillans.

Sur Tunion momentanée des églises de Saillans et de Beaufort, voyez la notice sur Beaufort.

Saillans faisait originairement partie du colloque du Valentinois et fut incorporée en i6o5 à celui du Diois pour le renforcer.

Les commissaires exécuteurs de 1 599, ayant constaté que <t depuis longtemps en ça... lesdits catholiques font en toute liberté Texercice de leur religion et aussi ceux de ladite R. P. R. en toute liberté et sans contredit, vivant paisiblement et en bons compatriotes » , maintinrent à Saillans le droit d'exercice, le 9 novembre. Ceux de 1664 se divisèrent au contraire à propos de ce droit, et le conseil du roi, vidant

leur partage, ordonna, le 29 novembre i683, la suppression de réglise et la démolition du temple. Saillans possédait à cette époque un temple, un cimetière, un capital de 268 livres et 53 livres i5 sols de revenus. Saillans comptait 140 familles protestantes en 1687.

Elle avait pour annexes Saint-Moirans et La Chaudière, où les commissaires exécuteurs de 1664 condamnèrent Texercice par forclusion. Uéglise de Quint fut unie momentanément à Saillans en 1637, et Espenel s^en détacha vers 1669 pour former avec Vercheny une église particulière. La Chaudière avait 14 familles protestantes en 1687. Chastel- Arnaud, Saint-Sauveur et Véronne, qui se rattachaient à Saillans, comptaient à la même époque : la première 8 &milles , la deuxième 3 , la troisième 6.

Pasteurs : Louis Barbier i6o3-i6o4, Benjamin Vacher 1604-^1606, Jean Abraham 1606-1617, Jean Martinet 1617- 1619, Gaspard Martin 162:0-1625, Jean Chérubin i63o, Pierre Piffard de Saignes i65i-i66o, François Boustier 1670, David Laurens i683.

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