‹ Histoire des protestants du Dauphiné aux XVIe, XVIIe et XVIIIe sièclesChapitre 80 sur 96 · Laragne · texte numérisé non relu

Laragne

Cette église, d^abord adjointe à Orpierre, se constitua tard. Ce n^est qu^en 1616 que MM. de Bonne, de Barsac, des Herbays et de Roison , députés de Laragne et autres lieux au s3mode de Dieulefit, assemblé cette année, demandèrent que Pexercice de la religion se fît à Laragne, Vitrolles (de Dauphiné), Ventavon, Salion, Le Po'ét et Ribiers. Le synode décida que lorsque ces diverses églises auraient justifié de leurs moyens d^entretenir un pasteur, on leur accorderait une portion des deniers d^octroi de Sa Majesté. La vénérable compagnie décida en outre de prier le synode de Provence d'autoriser les églises de Mison et de Sisteron, qui ressortissaient à sa circonscription, à s'unir aux précédentes pour les renforcer. Tout, paraît-il, s'arrangea pour le mieux, car l'église de Laragne était constituée deux ans après et fut secourue par le synode provincial de Die de 1 62 1 . L'église d'Orpierre , d'où dépendaient Saléon et Laragne, fut mécontente de cette disjonctioaet se pourvut devant le synode, de Pont-cn-Royans de 1622, qui rejeta son appel.

L'exercice fut supprimé à Ventavon le 5 janvier 1682 par un arrêt du conseil du roi.

Pasteurs : Jean Vial 161 8, Jean Manuel 1 619- 1622, Jean Senebier 1626- i63o, Benjamin Sauzius 1637, Fosse i65i, Jean Terrasson 1 653- 1660, Matthieu Maty 1679-

g. — Valdrome.

Tout ce que nous savons sur cette église y c^est qu'elle fut supprimée par un arrêt du conseil du roi du 6 mars 1684. Elle possédait à cette époque un temple, qui fut condamné à être démoli par le même arrêt, et un cimetière. Sa population protestante se composait en i683 de igo familles.

Elle avait pour annexe Les Prés, où les commissaires exécuteurs de Tédit de Nantes de 1664 condamnèrent l'exercice par forclusion. Charens, une autre de ses annexes, fut adjointe en 1 6 1 3 à l'église de Poyols ; mais comme diverses difficultés naquirent à cette occasion , Charens fut restituée à Valdrome par le synode provincial de Mens de 161 5. Les commissaires exécuteurs de 1 664 y condamnèrent l'exercice par forclusion. Les Prés comptaient 60 familles protestantes en 1687 et Charens 42. La Bâtie-des- Fonts, qui se rattachait aussi à Valdrome, avait à la même date 4 familles protestantes. L'église de Beaurières (Val Touraine) était primitivement unie à Valdrome et s'en détacha vers 1619 pour former une église particulière.

Pasteurs : Michel Malsang i56i, Jean Abraham 1600- 1606, Josué Rippert 1607 -1642, Daniel Piffard 1660, André Serre i663 , Paul de La Paye 1 680-1 683.

vu. - COLLOQUE DE L'EMBRUNAIS.

Ce colloque comptait 9 églises, 2 1 annexes autorisées et i

non autorisées.

/ • — Embrun .

Leà 9 et 1 8 novembre 1 599 , les commissaires exécuteurs de l'édit de Nantes, s'étant assurés que l'exercice de la reli-

gion réformée sMtait fait à Embrun en 1 596 et 1 599, ordonnèrent qu^il y serait maintenu, conformément à Tarticle 9 de redit de Nantes. Ils décidèrent en outre que les catholiques seraient déchargés des frais de construction ou de réparation des temples ; que les catholiques et les protestants traiteraient à Tamiable des indemnités revenant à ces derniers pour les réparations qu^ils avaient faites aux églises ; que la cloche de rhorloge appartenant aux protestants demeurerait jusqu^à nouvel ordre commune aux deux religions, pourvu qu^il ny eût pas concurrence pour Theure des services ; enfin qu^il ne pouvait être fait droit à Tarchevêque d^ Embrun, demandant que Pexercice de la religion réformée fût interdit dans la ville y attendu que Tarticle 10 de Pédit de Nantes, prononçant rinterdiction de Texercice dans les fiefs « à présent possédés par des personnes de la religion catholique, apostolique et romaine » , ne visait que les lieux de bailliage ou de sénéchaussée qui pouvaient être accordés aux réformés en sus des autres lieux d'exercice incontestés.

Les protestants d^ Embrun demandèrent aux mêmes commissaires le 14 décembre 1602 qu^on établît des régents protestants dans le collège catholique de la ville, mais ils répondirent « n^ avoir lieu ».

Le 23 mai 16 14 d'autres commissaires exécuteurs défendirent aux habitants d'Embrun de Tune et l'autre religion d'obliger les réformés à participer à leurs charivaris.

Les députés de l'église d'Embrun au synode de Nyons de 161 7 le prièrent d'accorder à leur église une portion de plus des deniers d'octroi'de Sa Majesté, pour les aider à parfaire les états d'un second pasteur, destiné à soulager le pasteur Matthieu, avancé en âge. Le synode , accueillant favorablement leur demande, leur afiecta le ministre Conel et les moyens de l'entretenir.

Les commissaires de 1682 condamnèrent le 26 juin l'église et le temple d'Embrun, et leur ordonnance fut confirmée

par un arrêt du conseil du roi du 26 juin 1684. Le parlement de Grenoble y avait déjà interdit l'exercice le 7 mars 1682, Elle possédait à cette époque 9,127 livres de capital, 77 livres de pension et 7,874 livres, dont les revenus, seuls exigibles, étaient spécialement affectés à l'entretien d'un ministre, d'un diacre et d'un maître d'école.

Il y eut une dispute religieuse à Embrun en i6o3 entre le célèbre Chamier et Fenouillet, théologal de l'évêque de Gap\

Embrun avait pour annexes Crévoux et La Bréole (Provence).

Nous rattacherons à Embrun les églises de Barcelonnette et de Jausiers (Basses-Alpes), habitées par d'anciens Vaudois et ressortissant ecclésiastiquement à la province de Dauphiné. Ces églises, saccagées en i56o, virent leurs membres expulsés en 1 566 par ordre du duc de Savoie , à qui appartenait à cette époque la vallée de Barcelonnette (appelée Terres neuves); mais, comme aucun catholique ne voulut entrer en possession des terres qu'ils abandonnaient, on leur permit de les reprendre, et ils en jouirent paisiblement jusqu'en 1623, alors qu'un nouvel ordre d'abjuration ou d'exil, qui leur fut apporté par le Dominicain Bouvetti de la part du duc de Savoie, les obligea à quitter pour toujours leur patrie terrestre*. Dès 1600 l'église de Barcelonnette était persécutée, car le synode de Serres , réuni cette même année , l'exhorta à (c souffrir, disent ses actes , tout ce qui lui sera donné de soufirir pour résister aux assauts des adversaires et soutenir la vérité ». Le pasteur s'appelait alors Récend et il ne nous est pas connu d'ailleurs.

Pasteurs : Perrot père 1596- 1597, Hugues Matthieu 1600-1622, Jean Conel 1617-1630, Jacques Bailli 1637, Siméon Coing 1660, Élie Saurin 1664, Pierre Simond 1684.

(i) Voy. notre Notice sur les controv. relig, en Dauphiné, p. 18, 19. (2) MusTON^ t, I, p. 67 et suivantes.

- Freissinières .

Cette église, qu'on appelait la petite Genève, au dire du curé Albert, demanda au synode de Dieulefit de 1616 un secours pour bâtir son temple. .

Les commissaires exécuteurs de Tédit de Nantes y condamnèrent l'exercice le 8 mai 1684 ainsi que le temple, et leur ordonnance fut confirmée par un arrêt du conseil du roi du 27 novembre de la même année. Elle possédait à cette époque 2 temples , dont les matériaux furent employés à la construction d'une église catholique et de 2 petits cimetières. L'un des deux temples était à Dormillouze et l'autre au hameau des Ribes. Le temple actuel de Dormillouze est une ancienne église bâtie sur l'emplacement même du premier temple, suivant la tradition.

Les annexes de Freissinières étaient Dormillouze, Les Vigneaux en Vallouise, L'Argentière et Champcella.

Cette dernière reçut un secours de 25 livres du synode de Pont-en-Royans en 16 14 pour continuer la construction de son temple. Le conseil du roi la supprima par arrêt du 14 mai i685 et Les Vignoaux par arrêt du 27 novembre 1684.

Pasteurs : André Rippert i6oi-i6o5 , Pierre Gilles 1007-1610, Pierre Perrot fils i6ii-i6i5 , Pierre Gilles (de nouveau) i6i5-i622 , Daniel Bec i626-i63o, Galland 1637, Salomon Jalifier 1637, Jean Giraud 1660.

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