‹ Histoire des protestants du Dauphiné aux XVIe, XVIIe et XVIIIe sièclesChapitre 81 sur 96 · Guîllestre et Vars · texte numérisé non relu

Guîllestre et Vars

Le synode de Die de 1604 exhorta l'église de Guillestre à bâtir un temple pour éviter des contestations au sujet du local où elle faisait l'exercice. Fort imprudemment elle oc tint pas compte de l'injonction, et lorsque en 16 14 elle demanda aux commissaires exécuteurs de l'édit de Nantes

de lui concéder la maison où elle avait fait l'exercice jusquelà, ceux-ci la sommèrent le i" juin d'avoir à la vider « dans six semaines, pendant lesquelles leur sera loisible de bâtir un temple audit lieu de Guillestre ». L'église pria bientôt après le synode du Pont-en-Royans, réuni le 9 juillet de la même année, de lui accorder son assistance pour construire un

I temple ; mais l'affaire fut renvoyée au synode provincial de

I l'année suivante.

j Le s3mode national d'AIais de 1620 secourut Téglise de

! Guillestre, qui avait donné l'hospitalité aux protestants

(vaudois) persécutés du marquisat de Saluces. « Laurent Joli, lit-on dans les actes de ce synode, l'un des réfugiés du marquisat de Saluces, ayant apporté des lettres de l'église de Guillestre , composée de réfugiés dudit marquisat , par lesquelles elle demande qu'on lui accorde une portion des deniers de Sa Majesté pour entretenir un pasteur, attendu qu'outre le besoin particulier qu'elle en a , ceux qui gémissent encore sous la persécution dans le marquisat de Saluces et qui sont privés de la prédication de la Parole de Dieu , pourraient être attirés dans ladite église de Guillestre, où il se ferait des progrès pour l'avancement du règne de Jésus- Christ, la compagnie a octroyé une portion surnuméraire pour les besoins extraordinaires de ladite église de Guillestre, laquelle sera prise sur les deniers communs des autres églises. »

Les commissaires exécuteurs de 1684 condamnèrent le 7 mai l'église et le temple de Guillestre , et leur ordonnance fut confirmée par le conseil du roi le 4 décembre suivant. Le parlement de Grenoble y avait déjà interdit l'exercice le 7 mars 1 682 , sous le vain prétexte que son pasteur résidait à Vars. A cette époque Guillestre jouissait des revenus d'une somme de 3,670 livres, souscrite dès 1626 par 26 personnes pour l'entretien du pasteur. Elle possédait de plus quelques legs et donations , dont nous ignorons la valeur.

Guillestre avait une annexe importante dans Vars et son pasteur portait souvent le nom de cette dernière localité , ce qui incite à croire que, selon une habitude assez fréquente, il résidait alternativement à Guillestre et à Vars. Le 18 novembre iSgg les commissaires exécuteurs de Pédit, après s'être assurés que Texercice de la religion réformée s'était fait dans cette dernière église en iSgô et iBgy, ordonnèrent qu'il y serait maintenu. Ceux de 1684 au contraire le condamnèrent le 5 mai et leur ordonnance fut confirmée par le conseil du roi le 27 novembre suivant. Le parlement de • Grenoble l'avait déjà interdit en 1682. L'église possédait à cette époque 2 temples et 2 cimetières aux hameaux de Saint-Marcellin et de Notre-Dame. Le premier avait une contenance de 8 toises, le second de 7 toises. Les deux cloches furent données : l'une à l'église catholique de Vars , l'autre à la cathédrale d'Embrun, et les cimetières aux catholiques. L'église possédait en outre un capital de 5,940 livres et 46 personnes contribuaient à l'entretien du pasteur.

Guillestre et Vars avaient pour annexes Sainte-Marie et Saint-Marcellin (hameau central de Vars). L'exercice y fut interdit par le conseil du roi le 27 novembre 1684.

Pasteurs : Jean Féraud i562, Perrot père 1600-1601, Daniel Pascal i6o3-i622, Pierre Jourdan (résidant à Vars) 1623, Daniel Sarret 1637, Isaac Lanfrey 1660, Girard vers 1680, Jean Archer (résidant à Vars) 1684.

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