oAbriès
Les commissaires exécuteurs de Tédit de Nantes condamnèrent cette église et son temple le 12 mai 1684, et leur ordonnance fut confirmée par le conseil du roi le 1 1 décembre suivant.
Sur les persécutions exercées contre les protestants d'Abriès , voyez page 100.
Abriès avait pour annexes Ristolas et Aiguilles.
Ristolaa demanda au synode de Dieulefit de 1616 un secours pour la construction de son temple. Quant à Aiguilles, les commissaires exécuteurs de Tédit de Nantes ordonnèrent sa suppression et la démolition de son temple le 14 mai 1684, et leur sentence fut confirmée le 27 novembre suivant par un arrêt du conseil du roi.
Sur les persécutions exercées contre les protestants d'Aiguilles en 1675, voyez page 100.
Pasteurs : Félix Uguet fin du XVP siècle , Pierre Perrot fils i6o3-i6io, Jean Garcin i6i5-i622, Jacob Chalier 1626, Jean Gros i63o, Jean Giraud 1637, Salomon Bernard 1660.
y. — Vriançon.
Briançon avait été désignée par le synode du Dauphiné comme second lieu du bailliage des montagnes pour jouir de l'exercice de la religion réformée. En 1604, le conseil du roi n'ayant pas encore ratifié ce choix, le synode de Die, assemblé la même année ,' en écrivit aux députés généraux en cour. Cependant le synode de Grenoble de Tannée suivante, considérant avec raison que, Briançon étant une ville de sûreté, l'exercice devait s'y faire de plein droit, choisit à sa place Château- Dauphin comme second lieu du bailliage des montagnes.
L'église de Briançon faisait primitivement partie du colloque de Valduson, mais on l'adjoignit à celui de TEmbrunais pour le renforcer. Le synode national de Privas de 1612 lui accorda un secours pour l'aider à parfaire les états de son pasteur.
Le 21 mai 1 614 les commissaires exécuteurs ordonnèrent que les « masures » situées au quartier de Fond-Regière et
tout Tespace nécessaire à la construction d^un temple avec cour seraient restitués aux protestants^ (c suivant i^esûmation qui en sera faite par experts, desquels les parties conviendront par-devant le vibailli dudit Briançon ». A défaut d^entente, le vibailli devait lui-même déterminer la valeur de l'emplacement. Uafiaire se termina à la satisfaction des protestants, car ils prièrent le synode du F'ont-en-Royans, assemblé la même année , de leur venir en aide pour la construction de leur temple. La compagnie ne put accéder à leur vœu, parce que réglise de Briançon touchait déjà deux portions des deniers d'octroi de Sa Majesté. Ils renouvelèrent leur demande, mais sans succès, en 1616 au synode de Dieuleât. Celui de Gap de 1 6 1 9 , voyant toutefois qu'ils avaient bien avancé les travaux de leur temple, leur alloua 100 livres pour le terminer. Le synode du Pont-en-Royans de 1622 leur accorda un nouveau secours de i5o livres.
L'église de Briançon et son temple furent condamnés le 10 juillet 1682 par les commissaires exécuteurs, dont le jugement fut confirmé par un arrêt du conseil du roi du 20 . mars 1684. Les protestants, en vertu du même arrêt, durent contribuer aux réparations des églises catholiques. Il existe encore à Briançon une place et une rue du Temple. La façade d'une maison , qui donne à la fois sur la place et sur la rue, porte ces paroles de l'Écriture : Entre\par la petite porte , et Cherche:^^ et vous trouverez.
Briançon avait pour annexes Villard-Saint-Pancrace et Cervières.
Les commissaires de l'édit de Nantes de 161 4 ordonnèrent que les habitants réformés de Saint- Pancrace vérifieraient si l'exercice de la religion réformée avait été &it chez eux pendant les années iSyy, iSqô et iSgy. Les catholiques s'étant opposés à cette ordonnance, les commissaires de l'édit la renouvelèrent quatre ans plus tard , le 1 7 décembre 1618. Lesdiguières , l'un des commissaires protestants.
voulait que l'on ne construisît à Saint-Pancrace ni temple ni église, à cause des dispositions hostiles des catholiques. Le synode de Gap de 1619, croyant ne pas avoir à les craindre, décida d'envoyer des députés à Lesdiguières pour « le supplier de permettre à ceux du Villard, mandement de Briançon, de construire un temple, nonobstant l'opposition des papistes ». Nous ne savons ce qui leur fut répondu , mais il est à présumer que la construction du tempie ne se fit pas.
Les commissaires se montrèrent plus faciles à l'égard de Cervières, car le 19 mai 1614 ils permirent aux habitants réformés de ce lieu d'y bâtir un temple.
Pasteurs : Pierre Jordan 1604- 1608, Charles Suau de La Croix i6i3, Gervais Alexis 1612-1618, Daniel Sarret 1618, Jean Aymin 1619-1623, François Guérin 1626, Abraham Jordan i63o.