Château-Dauphin (CasteUDelphino
Cette localité , située sur le versant méridional des Alpes , au point d'intersection des petites vallées de Ponte-Chianale (La Chenal) et de Bellino (Belin) , a appartenu à la France jusqu'au traité d'Utrecht de 171 3. Les protestants qui y habitaient n'étaient pas encore organisés en église en i6o3. C'est pourquoi le synode national de Gap , réuni la même année, ordonna au synode du Dauphiné de prendre les mesures nécessaires pour que cette église fût reconnue au plus tôt par le conseil du roi comme second lieu de bailliage des montagnes pour l'exercice de la religion réformée et pourvue du ministère. Le synode de Die de 1604 envoya à ce propos un mémoire très-pressant aux députés généraux en cour, et dès le 5 février de l'année suivante des lettres patentes du roi accédaient au vœu de la province. En consé-
quence, le synode de Grenoble de 1606 invita Péglise de Château - Dauphin à chercher au plus tôt un pasteur, et invita, en attendant, les pasteurs des colloques de TEmbrunais et du Valcluson à s^y établir momentanément chacun pendant un mois.
Comme cette église était d^un accès difficile et perdue en quelque sorte au milieu des montagnes et d'une population catholique, elle ne put trouver un pasteur qu'en 1609 et construire son temple qu'en 1616. A cette dernière date elle invoqua l'assistance du synode de Dieulefit. Le synode national de Privas de 1612 TaVait déjà secourue. L'exercice y fut maintenu jusqu'à la veille de la révocation de l'édit de Nantes. Le conseil du roi Tinterdit et prononça la démolition du temple le 2 1 octobre 1 684.
Les annexes de Château - Dauphin étaient La Chéial (Ponte-Chianale) et Belin (Bellino).
Le i5 juin 1614 j^s commissaires de l'édit ordonnèrent que l'exercice de la religion réformée continuerait à La Chenal comme par le passé ; mais qu' « attendu l'incommodité et distance des lieux », il serait permis au pasteur de ce prier et &ire tout exercice de ladite religion une fois le mois tant seulement au bas » du village , <c avec inhibitions de l'y troubler ». L'exercice fut supprimé à La Chenal le 14 mai i685 par arrêt du conseil du roi et son temple condamné à être démoli.
Pasteurs : Pierre Philippin 1609-1611, Corneille Gros 1611-1612, François de Jarry 1612, Etienne Blanc 1614- 1616, Pierre Perrotfils 1617-1618, Jacques Chalier 1618- 1622, Isaac Féraud 1626, Daniel Arnaud 1660, Bournu
g. — Charges.
Cette église, qui faisait primitivement partie du colloque du Gapençais, fut incorporée à celui de TEmbrunais pour le renforcer. Elle s'organisa tard et ne prospéra pas, à cause de sa pauvreté. En 1614 elle demanda, par l'entremise de Champoléon, au synode du Pont en-Royans, réuni la même année, une double portion des deniers d'octroi du roi. Elle cessa de bonne heure devoir des pasteurs et fut incorporée sans doute à Téglise de Gap.
Elle avait pour annexes Remollon , Theus, Rochebrwte et Espinasse.
Pasteurs : Pierre de La Croze 1609-1613, Jean Balcet i6i5-i6i7, Abraham de Colignon 1617-1619, Daniel du Piotay 1620-1622, Hugues Matthieu 1622-1623.
Vlll. - COLLOQUE DE PRAGELA ET DE VALCLUSON.
Ce colloque comptait 8 églises et 7 annexes autorisées.
Sur rhistoire générale des églises de Pragela et de Valcluson, cédées en 171 3 au Piémont par le traité d'Utrecht, voyez page 148.
Oulx
Les commissaires exécuteurs de Tédit de Nantes de 16 14 ordonnèrent, le 20 mars, de vérifier si l'exercice de la religion réformée avait été &it à Oulx pendant les années 1577,
(1) Le ferme d^escarton, accolé souvent dans les listes d'églises au mot Oulx, signifie circonscription, arrondissement. Césanne, Fénils, Chaumont, Salbertrand et Exilles ressortissaient à Fescarton d'Oulx.
1596 et 1597. Le résultat de Tenquête ayant été affirmatif, les commissaires maintinrent Texercice à Oulx , le 1 5 mars
1616, et permirent la construction d'un temple. Cette église avait demandé un secours au synode du Pont-en-Royans de 1614 et à celui de Dieulefit de 1616 pour la construction de son temple. L'exercice fut supprimé à Oulx par un arrêt du conseil du roi du 14 mai i685.
Oulx avait pour annexes Césanne et Fénils.
En 16 14 les habitants réformés de Fénils demandèrent aux commissaires de Tédit de leur concéder la chapelle où ils faisaient leur exercice. Lés commissaires stipulèrent, par leur ordonnance du 23 mai, c< qu'avant que faire droit sur les conclusions des parties » , ils en donneraient avis à Sa Majesté, et qu'en attendant c< toutes choses demeureront en l'état ».
En 1659 les curés et les consuls catholiques de Césanne, localité voisine de Fénils , obtinrent des lettres ordonnant la démolition du temple de Fénils, avec défense aux habitants réformés du lieu de faire à l'avenir l'exercice de leur religion. Ceux-ci se pourvurent contre cette décision devant le conseil du roi-, mais le parlement de Grenoble leur ordonna de foire vider dans trois mois leur instance de recours, et le temple fut démoli.
Quant à Césanne, l'exercice y fut interdit par un arrêt du conseil du roi du 14 mai" i685.
Oulx etChaumont, qui suit, ne formèrent qu'une seule et même église pendant plusieurs années, mais chacune d'elles finit par avoir un pasteur en propre. Elles semblent s'être réunies plus tard de nouveau. Lorsqu'elles étaient unies, le pasteur résidait à tour de rôle, suivant l'usage, dans l'une et l'autre église.
Pasteurs : Josué Ri{)pert 1600- 1606, Thomas Anastase 1607-1616, Etienne Blanc 1616-1617, Pierre Perrot fils
1617, Thomas Lecomte 1618-1620, Pierre Saurin 1637.