ET DE SAINTONGE
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geait entre la rivière et la mer, étaient quelques villages d’où un grand nombre de nos familles huguenotes tirèrent leur origine. L'un d’eux, le Port-des-Barques, a complètement disparu des géographies. Trois autres, Saint-Froult, Moëze et Soubise, sont maintenant des hameaux de quatre, cinq ou six cents habitants. Saint- Nazaire seul, avec une population de quatorze cents âmes, conserve une certaine vitalité.
Le Port-des-Barques, en face de l’île d'Oléron, était le domicile d’Elie Dupeux, François Bridon, Daniel Targé et autres réfugiés. Plusieurs d’entre eux passèrent en Angleterre dès l’année 1681. Le nom d’Elie Dupeux apparaît dix ans plus tard parmi les colons de New-Oxford (Massachusetts) (1). François Bridon vint à Boston et était ancien de l’église française de cette ville à la fin du siècle (2). Alors que la famille était encore en Angleterre, son fils François revint, en 1684, au Port-des-Barques, espérant peut-être recouvrer quelques-uns des biens qu'ils y avaient laissés au moment de leur fuite. Avis fut donné à Paris de son retour (3).
(1) « Elie Depeux, matelot ; sa femme, deux enfants, partis en 1681. Lieu de retraite : Angleterre. Fugitifs du Port-des-Barques » (Archives nationales Tr, no 250). Elias Du Pus, avec Mary sa femme, Elias, John, Mary et Susanna, leurs enfants, naturalisés en Angleterre, 21 mars 1682. « Elie Dupeu et J. Dupeu » (probablement Jean, fils d’Elie), étaient au nombre des colons français de New-Oxford (Massachusetts), en 1691.
(2) « François Bridon, sa femme, deux enfans, » s'échappèrent du Port-des-Barques, en 1681, laissant une fortune estimée à huit cents livres (Arch. nat.). Francis Bridon, sa femme Susanna, leur fils Francis Junior et leur serviteur Elias Vallet, furent naturalisés en Angleterre le 21 mars 1682. Francis Bridon (Bredon, Breedon), ancien de l’église française de Boston, 1704. Suzanne Bridon, épouse Denis Richer, New-York, 1704.
{ 3) « François Bridon, le jeune, est de retour en 1684, sa famille en Angleterre, et parle de s'en retourner » (Arch. nat.). Il alla en Amérique et se fixa à Staten-Island. Testament de Francis Bredon, 7 novembre 1703. Femme Hester Bodine, fils
Daniel Targé, charpentier de navires (1), un autre de ces fugitifs s'établit à Rhode-Island (2). Jacques Billebeau, du Port-des-Barques, se fixa plus tard à Manakintown (Virginie) (3); Charles Faucheraud et sa femme, Anne Vignaud, avec leurs enfants, se réfugièrent dans la Caroline du Sud (4).
Du village de Saint-Nazaire s’échappèrent, à la même époque, plusieurs familles de marins, dont quelquesuns, Jean Martin (5), François Bouquet (6), Pierre Til-
Francis, fille Susanna Russhea (Testaments Surrogate’s office, New-York, VI, 88; VII, 127).
(1) « Daniel Targé, charp*” en navire ; sa femme » s'échappèrent du Port-des-Barques pour aller en Angleterre, en 1681, laissant des biens évalués à 200 livres (Arch. nal.). « Jacques Targé, matelot, sa femme et une fille, 300 livres, » se réfugièrent la même année en Angleterre, où Jacques fut naturalisé le 21 mars 1682.
(2) Daniel et Jacques se fixèrent d’abord à Narragansett, puis, à la dissolution de la plantation française, à New-York. Leur nom subit diverses modifications (Target, Targer, Targee, Tergé).
(3) « Jean Bilbaud dit Racouet, matelot, sa femme, biens 4,000 livres, » s’enfuirent du Port-des-Barques pour aller en Angleterre, en 1681. Jacques Billebeau (Bilboa, Bilbaud, Billebo), un des habitants de Manakintown, 1700-1723, était, sans doute, de la même famille. ;
(4) « Anne Vignaud, née au Port des Barques, en Xaintonge, » veuve de Charles Faucheraud. Anne et Gedson, nez au Port » des Barques, enfans dudit Charles Faucheraud et de Anne » Vignaud, Marie leur fille, née en Angleterre » (Liste des François et Suisses réfugiez en Caroline, qui souhaittent d’être naturalizés Anglois, 1696).
(5) Jean Martin, Saint-Nazaire (Arch. nat.). Jean Martin, l’un des colons de New-Oxford (Massachusetts), se fixa ensuite à New-Rochelle (N.-Y.), et fut l’ancêtre de la famille Martine de Westchester County (N.-Y.).
(6) « François Bouquet , maître de barque, sa femme et cinq enfans ; biens 4,000 livres, » partit en 1681 de Saint-Nazaire ou du Port-des-Barques pour l’Angleterre (Leur nom se trouve mentionné en regard de ces deux localités, distantes à peine de deux milles). « Ledit Bouquet est de retour en 1684 et s'en retourne » (Arch. nal.). François assiste à New-York au mariage de Suzanne (sa fille?) avec Pierre Dasserex, à l’église française, 22 avril 1697. Il habitait New-York et y payait des contributions en 1701. Guillaume, Jacob, Jeanne (mariée à Jean Haïn), Abijah ou Abigail (mariée à Jacques Arden) et Marie, étaient probable-
La Révocation. — Saintonge et Poitou. 275
lou (1), Jean Hain(2), Jean Vignaud (3), vinrent à New- York; Mathurin Guérin et son fils François (4) se fixèrent dans la Caroline du Sud.
ment enfants de François Jacob Bouquet. 11 épousa Marguerite, et mourut en 1721 (N.-Y., T'estamenis, IX, 278). Jacob, fils de Jacob et de Marguerite Bouquet, naquit le 23 août 1719 (Registres de l’église française de New-York). Cette famille ne doit pas être confondue avec celle de Bock ou Bokee, d'origine flamande probablement, A se fixa, à une peau antérieure, dans le Dutchess County (N.-Y.) (New-York genealogical and biographical Record, 111, 146. Comp., X, 30; XII, 44, 85, etc. Early History of Amenia, N.-Y., by Newton Reed, pp. 82, 38).
(1) Pierre Tillou, que l'on croit ancêtre de la famille Tillou en Amérique (NV.-Y. Fit and. biogr. Record, VII, 144). s'enfuit de France en 1681 (ibid.) , et fut naturaliséen Angleterre, 21 mars 1682, avec sa parente Magdalen Bouquet, ainsi qu'avec Vignaud et Hain, aussi de Saint-Nazaire. Vincent Tillou, naturalisé le 3 juillet 1701, fut reçu bourgeois de New-York le 9 juin 1702. Il épousa Elisabeth Vigneau. Il était l’un des « chefs de famille » de l’église française de New-York en 1704. Il mourut avant le 20 mai 1709. En 172$, John, Peter, Elisabeth et Anne Tillou demandèrent l'inventaire du testament de leur tante Susanna Bridon {New-York historical Mss., vol. LXVIIT, p. 59). Feu Francis R. Tillou, Esq. archiviste de New-York, descendait de Pierre Tillou (N.-Y. gen. and. biogr. Record, VII, 144).
2) Jean Elisée et Elisabeth Hains étaient au nombre des fugitifs de Saint-Nazaire (Arch. nat.). John Haiïn, naturalisé en Angleterre, 21 mars 1682, était à New-York en 1693 et y reçut un secours de l'Eglise française. Il épousa Jeanne Bouquet, le 26 février 1701. Son fils posthume Jean fut baptisé à l’église française, le 23 avril 1704.
(3) « Jean Vignaud l’ainé, bourgeois et maître de barque , et Jean Vignaud le jeune, matelot, » sont mentionnés à la fois comme fugitifs du Port-des-Barques et de Saint-Nazaire et réfugiés en Angleterre, en 1681. Le premier était accompagné de sa femme et de deux filles ; le dernier, d’un fils et d’une fille. On les note, en 1684, comme revenus, mais ayant l'intention de repartir. Chacun laissait des biens de 3,000 livres. John Vignault, sa femme Elisabeth et leurs filles, Anne et Elisabeth. furent naturalisés en Angleterre le 21 mars 1682. Le testament d’Elisabeth, veuve de John Vignau, de New-York, signé le 20 mai, enregistré le 20 septembre 1709, mentionne sa fille Elisabeth, veuve de Vincent Tillou, et sa fille Anne Mace.
(4) « Mathurin Guérin, natif de Saint-Nazaire, en Xaintonge, » fils de Pierre Guérin et de Jeanne Billebaud, et Marie Nicho- » las, sa femme, native de la Chaume, en Poitou, fille d'André » Nicholas et de Françoise Dunot. François Guerrain, fils de » Pierre Guerrain et de Janne Billebeau, né à Saint-Nazaire, en
276 Histoire des réfugiés huguenots en A mérique.
Soubise , autrefois ville fortifiée et capitale d’une petite principauté, donna son nom à une branche de l’illustre famille de Rohan, l’une de celles qui restèrent le plus longtemps fidèles à la cause protestante. Ce fut là que naquirent Pierre Poinset (1), l’un des émigrants dans la Caroline du Sud, Jean Panetier, de Virginie (2), Jean Doublet (3) et Jean Pierrot (4), de New-York, et d'autres.
Sur le territoire de la principauté, et à peine à un mille au sud-ouest de Soubise, est le hameau de Moëze, ou Moïse, lieu de naissance de Pierre Guimard et d’Elie Neau, l’héroïque confesseur, qui souffrit pour la foi sur les galères de Louis XIV et endura une longue captivité avant de devenir le patient instructeur des esclaves
» Saintonge, Anne Arriné, sa femme. » (Liste des François et Suisses réfugiez en Caroline, etc.). Etienne Guérin était à New- York en 1711 et 171$.
(1) « Pierre Poinset l'aîné, né à Soubize, fils de Pierre Poinset, et Marie, sa femme. Pierre Poinset le jeune, né à Soubize, fils dudit Pierre, et Sara Fouchereau, Anne Gobard, sa femme » (Liste des François et Suisses, etc.).
(2) « Jacques Panetier, fugitif de Soubise » (Arch. nat.). John Pantrier, naturalisé en Angleterre, 8 mars 1682. Panetier, un des colons de Manakintown (Virginie), en 1700. Jean Panetier, 1714.
( « Jean Doublet, laboureur, sa femme, une fille, » fugitifs de Soubise en 1681, allèrent en Angleterre (Arch. nal.). John Doublett, voiturier, fut reçu bourgeois de New-York, 7 février 169$. Jean et Marie Doublet étaient membres de l'église française de New-York, 1702. Elisabeth Doublet, veuve de Isaac Garnier, 1693.
(4) « Jean Pierraux, sargier , sa femme, deux enfans ; biens, 1,500 livres ; Le de Soubise en 1681; lieu de retraite, An-
leterre » (Arch. nat.). « Jean Pierrot et Meta (ou Martha)
eby (Maybie), sa femme, firent baptiser leur fils Pierre à l'église française de New-York, 24 août 1692. — Jean Gaultier, charpentier de navire, sa femme, trois enfants, fugitifs de Soubise en 1681 ; lieu de retraite, Angleterre. » (Arch. nat.). Jean Gaultier fut naturalisé en Angleterre, 8 mars 1682. La veuve Gautier fut assistée par l'église française de New-York en 1696. Elisabeth Gautier, femme de Timotée Archambeau, 1692, et Jeanne, femme de Jean Blanchard, 1687, sont aussi mentionnées.
nègres et des Indiens de New-York (1). Les descendants de Pierre Guimard, dans le comté d'Orange (New-York), ont conservé le certificat qui fut délivré à leur ancêtre par le consistoire de l’église réformée de Moëze, attestant sa bonne réputation (2). Louis Ge-
(1) « Elie Neau, originaire de Moïse, en Xaintonge , dans la rincipauté de Soubise » (Histoire abbrégée des mr du sieur Elie Neau, sur les galères et dans les cachots de Marseille. À Rotterdam, chez Abraham Acher, march. libraire, près de la Bourse, MDCCI, page 1).
(2) « Pierre Guinard (Guimard) fils, fugitif de Moïse en 1685 ; son père est vivant; lieu de sa retraite, Angleterre, » (Arch. nat.). D'après un récit conservé par. ses descendants d'Amérique, Guimard s'enfuit de France, en compagnie d'un Caudebec, dont il devait épouser l2 sœur. Leur fuite fut si précipitée qu'ils ne purent rien emporter avec eux; mais la sœur devait les retrouver à un certain endroit et à un moment déterminé, et leur apporter quelque argent. Parvenus au lieu du rendez-vous, après une longue attente, nos jeunes gens, sans aucune ressource, se déterminèrent à s'embarquer pour l'Amérique. Ils abordèrent en Maryland, et, après bien des épreuves, se fixèrent dans la ville appelée maintenant Deerpark, comté d'Orange (New-York). Là, Guimard et Caudebec formèrent avec cinq autres réfugiés un établissement. La mention suivante du mariage de Guimard se trouve dans le registre de l’ancienne église réformée française de New-Paltz, comté d'Ulster Gage ForEL
« Le 18° avril 1692, M. Dailliéz a mariéz Pierre Guimar, natif » de Moize, en Saint-Onge, en France, fils de Pierre Guimar et » Anne Damour, ses père et mère, avec Ester Hasbroucq, natif » du Palatin en Alemagne, fille de Jean Hasbroucq et de Anne » Doyœux, ses père et mère. »
Guimard fut naturalisé le 3 juillet 1701. II mourut entre 1726 et 1732. Le testament de Paire (Pierre) Guimard , de Wagachkemeck, comté d'Ulster, mentionne son fils unique Paire, et ses filles Hester, épouse de Philip Du Bois; Anne, femme de SPA Swartwout junior, Mary et Elisabeth (Teslaments, N.-Y.,
Le LE LIT suivant, actuellement aux mains de Peter L. Gumaer, Esq., de Guymard, Comté d'Orange (New-York), fut probablement envoyé à Pierre, lorsqu'il se fut réfugié en Angleterre. Les noms en italique sont sans doute incorrectement transcrits, les signatures étant presque indéchiffrables.
« Nous, soussignéz, Ancien du Consistoire de Moize, en l’ab- » sence de Monsieur Morin, nostre Ministre, certifions que » Pierre Guimar, agé de .…. ans ou environs, fait et a tou- » jours fait profession de nostre Religion, en laquelle il est né,
neuil (1), Josué et Daniel Mercereau (2), membres de l'église française de New-York, étaient aussi de Moëze. Ils pouvaient attester la violence de la persécution qui désola les inoffensives populations de ces localités obscures. Le curé de Soubise se vantait de mener une guerre perpétuelle contre les huguenots qui ne pouvaient se défendre. Il aimait à dire : « On les » prend par le bec comme les faisans, et, au moindre » mot, nous les jetons dans les prisons de Rochefort. »
Saint-Froult, entre Moëze et Saint-Nazaire, n'a maintenant que quatre cents habitants. C'est dans ce village que vivaient, avant leur fuite de France, Pierre Durand (3), Jean Dragaud (4) et Jeanne du
» sans commettre aucun scandalle qui soit venu à nostre connois- » sance qui empesche qu'il ne puisse estre admis à la participa- » tion de nos Sacrement. En foy de quoy nous luy avons signé le » present certificat, à Moize, vingtiesme d'avril 1686. » « Guy- » mard, Lolsary, Lavill aisnez, Billbaud. »
(1) « Louis Geneuil, saulnier, sa femme, deux filles, fugitifs de Moise, en 1681; lieu de retraite, Angleterre ; biens, 400 livres » (Arch. nat.). « Marie Geneuil, de Moyse, en Xaintonge, » était à New-York le 9 novembre 1692, et épousa Jean Dubois, 29 octobre 1693. Louis) Geneuil était témoin au mariage ; Madelaine Geneuil, marraine au baptème de son enfant, épousa Jean Pierre de Salenave , 29 janvier 1701 » (Registres de l'église française de New-York).
(2) « Cette famille était à New-York dès 1689. Josué Mercereau, de Moïse, en Saintonge, épousa Marie Chadaine le 16 juillet 1693. Daniel , de Moïse, épousa Suzanne-Marie Doucinet, 6 août 1693. Marie, de Moïse, épousa Jeau La Tourette le 16 juillet 1693. Elisabeth, probablement autre sœur, avait épousé Pierre Massé. dont le fils Daniel fut présenté au baptème le $ mai 1689 » (Registres de l'église française de New-York).
G) « Pierre Durand, de Saint-Froul, fugitif » (Arch. nat.). Peter Durand et son fils Charles furent naturalisés en Angleterre le 20 mars 1686. Pierre Duran, membre de l’église française de New-York, 4 août 1706.
(4) « Jean Dragaud, marinier, fils de deffunt Pierre Dragaud, » saunier et Jeanne Garnié, sa vefue, demeurant cy devant à » Saint Frou, proche Moîze, en Xaintonge, » fut marié à l'église française de Bristol (Angleterre), le 26 août 1699, à Marie Morrye, de Saint-Nazaire. Jean Dragaud et Suzanne, sa femme, étaient
La Révocalion. — Saintonge et Poitou. 279
Tay (1), épouse de Jacques Targé, réfugiés à New- York.
Au sud de ce groupe de villages, sur un autre delta, étaient le village d'Hiers et la ville maritime de Marennes. Jean Chadaine (2), capitaine de navire, s'enfuit de Hiers, en 1682, avec sa famille, à Cork, en Irlande, d’où il se rendit, peu d'années après, à New-York. Ses enfants s’établirent à Staten-Island et à New-Rochelle. Elie Rembert, marin, et Jacques Rembert, saunier, s’enfuirent d'Hiers en 1683 (3). Elie et Jacques s’établirent, le premier à New-York, le second à New- Rochelle. Pierre Rusland (4), voilier, d'Hiers, s'échappa avec sa famille en 1682, et, après un séjour de quelques années en Angleterre, vint à New-York.
membres de l'Eglise française de New-York, 1729, 1732; et Jean fut installé comme ancien de cette Eglise, 18 mai 1729. Jean et Peter Dragaud habitaient Staten-[sland en yat
(? « Marie et Jeanne Dutais, fugitives de Saint-Froul » (Arch. nal.).
(:) « Jean Chadaine , m° de barque , sa femme , sa belle-mère, quatre enfants et une nièce, fugitifs de Hiers, près Brouage, en 1082; lieu de retraite, Corp (Cork) » Marie Chadaine, de «Yers, en St-Onge, » se maria, le 16 juillet 1693, à Josué Mercereau, dans l’église française de New-York. Elle était fille de Jean Chadaine, habitant de Narragansett, et, plus tard, de Staten-Island (N.-Y.), charpentier de navire, décédé en 1708 Son testament mentionne « sa femme Mary et ses enfants, John, Henry, Martha, Elizabeth et Mary, femme de Joshua Mercereau » (N.-Y., Wülls, VII, 393).
(3) Elie Rembert, matelot, s'enfuit de Hiers avec sa femme, à Londres, en 1683. Jacques Ramber, saulnier, sa femme et quatre enfants, se réfugièrent à New-York en 1682. « Rembert » est nommé dans la liste des colons de Narragansett; mais Elie vint à New-York dès 1692. Il épousa en prémières noces Jeanne Coulombeau et en deuxièmes noces Martha Moreau. Elias Rambert , marinier, mourut à New-York en 1706. Jacques habita La Rochelle de 1716-1728.
(4) « Pierre Rusland, voilier, sa femme, trois garçons et deux filles, fugitifs de Hiers, près Brouage, en 1682; lieu de retraite, à Londres » (Arch. nat.). Pierre était membre de l'église française de New-York en 1702.
Pierre Arondeau (1), contremaître, accompagna Chadaine en Irlande. Il était probablement le père de Jacques Arondeau, de New-York.
La fuite de ces marins et de leurs familles eut pour cause les mesures prises, dès 1680, pour forcer tous les capitaines et gens de mer à embrasser la « religion duroi.» Au mois d'avril de cette année, fut envoyée, dans tous les ports du royaume, une ordonnance faisant connaître que Sa Majesté était résolue de chasser « peu à peu » de la marine tous ceux de la R. P. R. Un habile ecclésiastique devait être envoyé dans chaque port pour leur faire savoir avec douceur que Sa Majesté désirait leur témoigner de la patience et attendre pour voi s'ils profiteraient des facilités qui leur étaient données pour se faire instruire dans la religion catholique, mais qu'ensuite, s'ils persévéraient dans leur erreur, elle se verrait forcée de se priver de leurs services. En recevant ces ordres, le comte d’Estrées, commandant à La Rochelle, écrivit au ministre : « Vous me confirmez, Mon- » sieur, dans la résolution que j'ay prise de m'appli- » quer fortement, cette campagne, à la conversion des » matelots. » Il faut observer que ces pieux efforts étaient faits, non pas, comme on pourrait se l'imaginer, pour le bien moral et spirituel des marins, mais « pour » contraindre à l'exil ou à l'hypocrisie de la religion » officielle des gens qui formaient précisément , au té- » moignage de leurs chefs, la partie la plus saine et la » meilleure de l’armée de mer (2). »
(1) « Pierre Arondeau, contre-maître , sa femme, une fille; fugitifs de Hiers en 1682; lieu de retraite, Corp (Cork) » (Arch. fa). Jacques Arondeau , parrain au baptême de Jacques, fils d’Elie Rembert, à l'Eglise française de New-York, 20 juin 1703.
(2) Bulletin de la Société de l'histoire du protestantisme français, Il, p. 332-336.
Cp La Révocation. — Saintonge et Poitou. 281
Marennes, à vingt-cinq milles au sud de La Rochelle, est maintenant une ville de cinq mille âmes. Elle est entourée de marais, ce qui lui valut, comme à Arvert, le nom d'île (1). Cette région, au temps de la révocation, était presque entièrement protestante (2). Le temple de Marennes était encore debout en 1684, alors que tous les temples des environs avaient êté démolis. Treize à quatorze mille personnes venaient de fort loin pour assister au culte. L'ordre de la démolition fut enfin donné (14 août 1684). Pour aggraver la désolation que cet ordre devait produire, il ne fut communiqué aux ministres que dans la nuit du samedi au dimanche. Le lendemain matin , dix mille personnes environ étaient assemblées autour du temple. Un grand nombre venaient des îles de Ré ou d'Oléron. Vingt-trois enfants avaient été apportés pour être présentés au baptême. Quand elle apprit la condamnation de leur sanctuaire, la multitude se dispersa lentement en manifestant la plus grande douleur. Beaucoup d’entre eux ne pouvaient retenir leurs sanglots. Les parents et les amis s’embrassaient dans un désespoir silencieux. Plusieurs, les yeux levés au ciel, les mains jointes, semblaient incapables de s’arracher du lieu où, malgré l'inclémence de la température, ils étaient venus chercher le secours de la Parole de Dieu et de la prière. Un certain nombre d’enfants mourut dans la journée. L'ordonnance de la destruction du temple prescrivait, comme d'habitude, aux huguenots d'exécuter eux-mê-
(1) A. Crottet, Histoire des églises réformées de Pons, Gemozac et Moriagne en Saintonge, p. A
(2) Benoist, Histoire de FEdi e Nantes, tome III, 2° partie, p. 683. On se plaignait (le 31 mai 1694) que les « nouveaux convertis » de l’île de Marennes et des environs possédaient presque tout le pays (Bulletin, etc., XXX , p. 320).
282 Hisloire des réfugiés huguenots en Amérique.
mes le travail. Mais le gouvernement finit par comprendre que cet ordre était irréalisable, et il fallut faire venir de très loin des ouvriers pour ce travail (1). .
De nombreux habitants de Marennes se réfugièrent en Amérique. Parmi eux, Pierre Parcot et Françoise Gendron (2), sa femme, qui s'établirent à New-Rochelle, Elie Charron (3), François Basset (4), De-
me Benoist, Hist. de l'Edil de Nantes, III, 2° partie, pp. 681-
(2) La famille Parquot, établie à Londres de 1693 à 1727, était de Marennes. Pierre Parquot était « ancien » du « Ari » de Soho. Pierre Parquot ou Parcot, de New-Rochelle (N.-Y.), était sans doute de la même famille, Lui et Françoise RS à sa femme, figurent parmi les habitants de New-Rochelle en 1695.
(3) « Elie Charron, matelot, fugitif du Fouilloux en 1082; lieu de retraite, Baston » (Arch. nat.). « Marguerite Jamain, veuve de Pierre Charon, fugitive de Marennes » (ibid.). Nicolas Jamain, dans son testament, New-York, 1707, mentionne Jean et Esther, enfants de Jean Charon, et de sa « sœur Marguerite, décédée » LEAANEIE N.-Y., VIT, 301). Jean peut avoir été nommé
ean Pierre, Esther Charron épousa Pierre Morin dès 1700 (Registres de l’église française, New-York).
(4) « François Basset, matelot, fugitif de Marennes en 1682; lieu de sa retraite, à Baston » (Arch. nal.). « Il était à New-York en 1685; voir ses aventures dans les Antilles, p. 188, note, Il épousa Marie-Madelaine Nuquerque et eut deux filles, Suzanne- Madelaine et Suzanne, née le 1er septembre 1689, et un fils, François, né le 17 avril 1692. Il fut naturalisé le 14 avril 1693. Le testament de Francis Bassett, marin, est daté du 9 janvier 1696-97 » (T'estaments, N.-Y., II, 93). François vivait en 1729. François Basset (le jeune , 1756), était l'un des « chefs de famille de l'église française de New-York 1763. Il prit une part importante aux difficultés de cette église en 1765-1766. Francis Basset était membre du comité général de New-York, avec Jay, Duane , Low et d’autres, 1° mai 177$. Jean Basset, ge. ue Elisabeth Vischer, avant 1724, était probablement un
Is plus jeune du réfugié François (François et Suzanne-Madeleine sa fille étaient parrains au baptème de Marie, fille de Jean et d'Elisabeth Basset, 27 octobre 1725). Jean, fils de Jean et d'Elisabeth, naquit le 28 novembre 1731. Il épousa Helen Evout le 10 décembre 1763. Jean, fils de Jean et d'Helen Basset , né le 7 octobre 1764, devint un pasteur distingué de l’église réformée hollandaise (Rev. John Bassett, D.D., pasteur de cette église à Albany (N.-Y.), 1787 à 1804, et de Bushwick (L.-I.), 1811 à 1824, date de sa mort).
La Révocaltion, — Saintonge et Poitou, 283
blois (1), et le médecin Pierre Basset (2), de Boston; André Paillet (3), Timothée Archambeau (4), Pierre Trochon ($), Benjamin et Elie Tadourneau (6), de New- York; nous citerons aussi Jean Boisseau (7) et Pierre
(1) « M. Delbos, mentionné dans la Relation D Haha françois réfugié à Boston, 1687. Suzanne Delbois, de Marennes, mentionnée dans les registres de l'église de La Patente. Londres, 1694. Gilbert, Louis et Stephen Delbois habitaient Boston en 1754. « Les De Bloys, famille noble de Saintonge, sont toujours restés protestants » (France proleslante, 2° édition, IT, 620).
(2) « Pierre Basset et sa femme, fugitifs de Marennes » (Arch. nal.). « Il était à New-York en juillet 1686, quand M. Dauillé écrivait de lui à Increase Mather, à Boston : « Ce docteur qui » te remettra ma lettre est un excellent homme, de notre religion, » très habile en son art, Il a éprouvé un dommage considérable, » tous ses bagages et tous ses médicaments lui ayant été injuste- » ment enlevés. Il veut acheter à Boston des médicaments et » tout ce qui lui est nécessaire » (Mather Papers, tome VI, letter n° 20, Mss., dans la Prince Library, Bibliothèque publique de Boston). Il paraît s'être décidé à rester à Boston, ou du moins y être revenu, car il fut reçu dans la colonie le 1°" février 1691 et est mentionné , en 1700, comme ayant quitté la ville, Il fut naturalisé dans la province de New-York le 21 septembre 1699, Pierre et Jeanne Basset présentèrent leur fille Esther au baptème dans l’église française de New-York le 2 octobre 1700. il mourut en novembre 1706 (T'estaments, N.-Y., VI, 186).
(3) Paillet, nom d’une famille de Marennes. André était membre de l'église française de New-York en 1690. Mme Paillet reçut des secours en 1693 et 1096,
F (4) « Estienne Archambaud, fugitif de Marennes » (Arch. nat.). Timothy, naturalisé en Angleterre le 31 janvier 1690. Lui et sa femme Elisabeth Gautier étaient membres de l'église française de New-York en 1693. Jeanne Archambeau épousa Abraham Gouin le 2$ mai 1700, et, en secondes noces , André Dupuy le 14 juillet 1705. Judith était la femme de Jacques Vallet en 1699.
(s) Pierre Trochon était membre de l'église française de New- York en 1700 et 1702. Il paraît avoir été fait prisonnier plus tard par des pirates algériens. « Pierre Trochon, de Marennes, ra- » chepté de son esclavage de Maroc, 66 ans; » assisté à Londres en 170$ par le « Royal Bounty. »
(6) « Benjamin Tadourneau, natif de Marennes, enterré le 12 avril 1689 » (Registres de l'église française de New-York). «Elie Tadourneau, pilote , fugitif de Marennes en 1685 ; lieu de retraite, à la Caroline » (Arch. nat.).
(7) « Jean Boisseau, né à Maraine, fils de Jacques Boisseau et de Marie La Court. Marie Postel, sa femme » (Liste des Fran-
Deméon (1), de la Caroline du Sud; Jean Boisbelleau (2), homonyme et peut-être parent du dernier pasteur de Marennes, après une carrière aventureuse, trouva une paisible retraite à Gravesend (Long-Island), où il vivait encore en 1687.
Vers le même temps arrivait à New-York une intéressante famille provenant du même point de la France. Jacques Dubois, suivant une tradition de la famille, occupait une charge importante du gouvernement, lorsque la Révocation l’obligea à abandonner la terre natale. II s'enfuit de Marennes avec sa jeune femme Blanche Sauzeau, leur jeune fille et un orphelin confié à leurs soins, nommé Daniel Mesnard. Les fugitifs firent d'abord route pour Amsterdam, puis se rendirent dans l’île de la Martinique et finalement à New-York (3), où Dubois mourut bientôt après (4). Sa veuve ne lui
çois, etc.). Jean Boisseau, tonnelier , fut reçu bourgeois Ge la ville de New-York le 2 février 1608.
(1) « Pierre Demeon, saulnier, fugitif de Marennes, 1684, à la Caroline » (Arch. nat.).
(2) « Marc Boisbelleau, pasteur à Marennes, 1682-1684 ; ministre réfugié à Amsterdam 1688. » Jean Boisbelleau fut naturalisé à New-York le 2 septembre 1685. Voir ci-dessus (p. 188) le récit des services qu’il rendit à deux réfugiés français. Il figure comme parrain au baptême d’un enfant de Poncet Stelle, sieur des Lorières, le 7 avril 1689 (Registres de l’église française de New-York). « En 1687 il résidait depuis deux ans à Gravesend, Long-Island(N.-Y.)(Documental History of New-York, 1, p.661).
(3) Renseignement fourni par Benjamin Aycrigg, Esq. à Passaic (New-Jersey).
(4) « Testament de James Dubois et Blanche Sauzeau, con- » joints en mariage légitime, habitant le bourg de Marenne, et » de la religion réformée. Acte de notaire dressé audit lieu le » 6 février 1675, en présence de maître John Aubin et Michel » Rondeau, maréchal (officier de police) ; maître Nathanael Cha- » peloupe, notaire; maître Peter Delavergne, sergent royal; » John Delafon, chirurgien; Peter Delacheval, cordonnier; » John Denis, surnommé la Montagne, et Christopher Legrand, » tous de Marennes. Copie certifiée à Marennes le 4 jan- » vier 1684. Ratifié [à New-York] par feu James Dubois, à
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survécut que peu de mois (1). Leur fille Blanche épousa dans la suite René Het (2), et l'orphelin, Daniel Mesnard, épousa la fille de François Vincent et fonda une famille qui existe encore (3).
La langue de terre formée au sud de Marennes par les estuaires de la Seudre et de la Gironde était couverte de villages dont les habitants, marins pour la plupart, étaient presque tous protestants avant la révocation. À La Tremblade, près de l'embouchure de la Seudre, on ne comptait que cinq ou six familles non protestantes, lorsqu’en 168: le temple des huguenots fut confisqué et transformé en église catholique. L'année suivante , le temple d’Arvert était démoli. Le Journal de Taré Chaillaud, marin protestant de La Tremblade , trace un tableau pittoresque de la situation de cette
l'article de la mort, » le 27 septembre 1688. Traduit par Stephen Delancey. Attesté par Elias Boudinot, Gabriel Leboiteux et Stephen Delancey (Testaments, N.-Y., XIV. PP. 54-57).
(1) « Inventaire des biens de Madame Blanche Sauzeau, veuve » de M. Jaques Dubois, fait par Jean Papin et Jean Bouteiller, » le 2 avril 1690. » Ses biens comprenaient « une pièce de terre » de cent vingt acres environ, située à New-Rochell, en ce gou- » vernement, sur la côte des grands Lots, » évaluée 4 30 livres à et un jeune nègre, du nom de Sansfassons (Sans-Façon), évalué, avec d’autres meubles, à 40 livres. Le total s'élevait à 882 livres. Des créances dans l’île de la Martinique se trouvent mentionnées (Testaments, N.-Y., XIV, 121-123). Plusieurs autres personnes du nom de Sauzeau (avec différentes orthographes), et natives de Marennes, vinrent à New-York. « Madeleinne Sozeau, de Marenne , » fut mariée à Jean Bouyer, le 12 novembre 1693, dans l'église française de New-York. Son frère, Isaac Souzeau , obtint des lettres d'administration sur les biens de sa sœur, le 29 janvier 1698. Esther Souseau avait épousé Jean Petit avant 1694.
(2) Inscription sur sa tombe, dans le cimetière de la Trinité , à New-York. « Ci-ett enterré le corps de Blanche, épouse de Rene » Het, de cette ville, fille de James Dubois, née dans la ville de » Marrian, dans la province de Saintonge, en France, et décédée » le 31 janvier 1739-40, dans la $4"° année de son âge. » (Communiqué par M. W. Kelby.) (L'inscription est en anglais.)
(3) Le colonel Benjamin Aycrigg est un petit-fils de Francis, second fils de Daniel Mesnard.
contrée avant et après la violente persécution dont les habitants furent l’objet.
« En 1670, » écrit-il, « tout alloit bien, — il y avoit » en l’île d'Alevert quantité de bons et généreux et » braves matelots. » — « En 1680 la France estoit en » repos et en paix. Tout. vivoit icy devant en tranquil- » lité. Mais le clergé, ennemi juré du repos public, veut » détruire les protestants en France, et voilà[ par] où [l'on] » commence : à tous gens protestants on interdit leur » charge de quelle condition que ce soit, arts, mestiers » et vocations. On les dépouille , et on revêt les imbé- » cilles et chétifs catholiques incapables des charges » de la dépouille des protestants. Le clergé fait don- » ner de l'argent aux pouvres gens à se faire ca- » tholiques, si bien que ceux qui ne peuvent vivre » s’accommodent, prennent de l'argent et se font ca- » tholiques, et d’autres commencent à vider le royaume, » vont en Angleterre, en Hollande. Ainsi se pratique » cette année. » — En 1681, « la rage estoit en France » contre les protestants. Partout on jetoit les temples, » et au mois de may ou de juin, on prit le temple de » la Tremblade pour servir d'église catholique, et » après on y fait bastir un clocher. Les protestants » quittoient leurs biens, et alloient en grand troupe » chez les princes (étrangers). » — En 1682, « il y » avoit encore à La Rochelle environ dix navires al- » lant à Terre-Neuve, aux morues sèches, de douze » et huit chaloupes, et tous déchargeoient à ladite » Rochelle, et y avoit plus de quatorze navires pour » le banc de Terre-Neuve aux morues vertes. Les né- » goces commençoient à se ralentir, car la religion, » tous les jours on la persécutoit d’une grande violence, » et les protestants cherchoient à vider le royaume. Au
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» mois de may, le temple du bourg d’Alevert (Arvert) » fut jeté à bas, détruit jusqu’en ses fondements. Le » prestre, nommé M. de la Farge, s’empara des maté- » riaux, et aussy des tombes du cimetière de nous, » pauvres protestants, et en rebâtit et alongea l’église » catholique. Oh! Dieu, que nous t'avons offensé de » nous livrer ainsi en proie aux mains de ceux qui » cherchent nostre ruine (1)! »
Nombre de fugitifs d’Arvert et de La Tremblade se réfugièrent à New-York. Etienne Bouyer « d’Arver en France, » y arriva en 1686 et se fixa à Southampton, sur la côte orientale de Long-Island (2), Jacques Vinaux et Anne Audebert (3), sa femme, et Jean Dubois, d'Arvert (4) étaient de bonne heure membres de l'église française de New-York ; les ancêtres de la famille de Cou (5), à New-Jersey, venaient probablement ‘de la
(1) Journal d’un marin protestant du dix-septième siècle, publié par le Bulletin de la Société de l'hist. du prot. français, À, PP. 317-324. : Le
(2) I fut naturalisé à New-York le 29 juillet 1686, et paraît s'être fixé aussitôt à Long-Island. En 1729, il offrit à l'église presbytérienne de Southampton deux coupes en argent pour la Sainte cène. Il paraît avoir passé ses dernières années dans la famille de François Pelletreau, qui alla de New-York à Southampton en 1720. On lit sur sa tombe : « Ici repose le corps de » M. Stephen Bowyer, d’Arver, en France, venu en ce lieu dans » l’année 1686; il quitta cette vie le 24 octobre 1730, âgé » de 73 ans » (The early history of Southampton, liv. 1, par G. R. Howell) (L'inscription est en anglais). Charlotte Boyer, peut-être fille ou nièce d’Etienne, épousa Jacques Favières. Leur fils, né le 25 septembre 1728, fut nommé Estienne Boyer (Reg. de l’égl. franç. de New-York).
(3) « Jacques Vinaux, d’Alvert, en France, et Anne Audebert, » du mesme lieu, » furent mariés à l’église française de New- York, le 16 août 1699.
(4) « Jean Dubois, du bourg d'Alvert, en Saintonge, » épousa cree Genouil, le 29 octobre 1693, à l'église française de New-
ork.
(5) « Marie Decoux, fugitive d’Arbert » (Arch. nat.). En 1730, Isaac de Cow était « Surveyer general » à Burlington (New-
même localité. La Tremblade était le berceau de plusieurs autres familles. Jacques Paquinet, de Boston (1), Jean Germon, l’un des colons de Narragansett, Charles Germon, l’un des colons de New-Oxford (2); Jean Melet (3), Jean Roux (4), André Arnaud ($), Jeanne de Loumeau (6), Jean Equier (7), Isaac Boutineau (8)
Jersey), où le nom existe encore et passe pour être d’origine huguenote.
1) « André Paques. fugitif de La Tremblade » (Arch. nat.). Andrew et son fils Peter furent naturalisés en Angleterre, en 1690. James Paquenett ou Packnett était membre de l’église française de Boston en 1748.
(2) « Jean Germon, fugitif de La Tremblade » (Arch. nal.), l’un des colons de Narragansett en 1686.
(3) « Jean Melet, matelot, sa femme et une fille, fugitifs de » La Tremblade, en 1682 ; lieu de retraite, Londres ; biens, » 1,000 livres » (Arch. nat.). Jean Melet et Elisabeth Le Clere, sa femme, présentèrent leur fils Pierre au baptème , dans l’église française de Threadneedle-Street, à Londres, le 6 décembre 1685. « Marthe, fille de Jean Melet, absent, et Elizabeth Cler, » fut baptisée dans l’église française de New-York, le 9 mars 1680. Jean était probablement mort en mer. M"° Melet reçut des secours de l'Eglise, et se fixa ensuite dans la Caroline du Sud, où elle épousa Pierre Gaillard.
(4) « Jean Roux, officier marinier; Jeanne Le Cler, [sa] femme; » trois enfans, fugitifs de La Tremblade, en 1682; lieu de re- » traite, Londres » (Arch. nat.). Pierre , fils de Jean Roux et Jeanne Leclercq, fut baptisé dans l’église française de New- York, le o février 1692. « Jacob Roux, fils d’un ministre françois, » fut assisté par le Consistoire de l’église française de re le 28 septembre 1707, « pour son voyage pour la Caro-
ine. »
(5) « André Arnaud, voilier, fugitif de La Tremblade » en 1683; « lieu de retraite, à Londres » (Arch. nal.). Arneau, un des colons de Narragansett; sans doute le même que Andrew Arneau, marinier de New-York, 1701, et de New-Rochelle, 1711, décédé en 1734 ou 1735 (T'estaments, N.-Y., XII, 351), laissant un fils, Stephen, et une fille, Mary, épouse de Jeremiah Chadaine.
(6) Jeanne de Loumeau, de La Tremblade, mariée à Jean Andrivet à l’église française de New-York, 18 octobre 1699.
(7) « Jean Equier, marinier, natif de La Tremblade , décédé dans le havre de ce lieu (de New-York), le 22 décembre 1689 » (Registres de l’église française de New-York).
(8) « Isaac Boutineau, natif de La Tremblade, en France, » fit une confession publique, devant l’église française de New-York, le 3 juillet 1698 , « du péché qu'il avait commis, en cédant à la
et Pierre Rolland (1), de New-York: Marie Fouge raut (2), Pierre Couillandeau (3) et Susanne Dubosc (4) étaient de La Tremblade. Jean Machet, charpentier de navires, qui se fixa d’abord à Oxford (Massachusetts), puis à New-Rochelle, était natif de la même localité. Au moment où commencèrent les dernières persécutions contre les protestants, Machet poursuivait son commerce à Bordeaux (5).
violence de la persécution en France et en se conformant à l'église romaine » (Registres de l’église française de New-York). Stephen Boutineau, de Boston, était probablement aussi de La Tremblade.
(1) « Pierre, Jean et Abraham Rolland, du lieu de La Tremblade, » frères , comparaissent devant le Consistoire de l'église française de Londres, le 9 mai 1698, « déclarant qu'étant nez dans notre » religion , et tombez fort jeunes entre les mains des Papistes, » ils ont eu le malheur d'être menez souvent à la messe , mais » que Dieu leur ayant fait la grâce de sortir de France , ils sou- » haitent de rentrer dans l'Eglise. » [ls furent admis à faire une confession publique le dimanche suivant, au matin (Livre des actes, de 1692-1693 à 1708). Pierre Rolland fut naturalisé à New- York, le 2 juin 1702. Le testament de John Roland, de New- York, négociant, 2 juin 1721, nomme comme exécuteurs testaes Peter Vallette et John Auboyneau (Testaments, N.-Y..
(2) « Marie Fougeraut, veuve de Moïse Brigaud ; elle, native de La Tremblade. » (Liste des François et Suisses réfugiez à la Caroline, etc.).
(3) « Pierre Couillandeau, natif de La Tremblade, fils de Pierre Couillandeau et de Marie Fougeraut. » (Ibid.).
(4) « Susanne Dubosc, femme de Isaac Dubosc, fille de Pierre Couillandeau et de Susanne Couillandeau, native de La Tramblade en Xaintonge. » (Jbid.).
(5) « Notre ayde soit au nom de Dieu qui a fait le ciel et la terre, Amen, Je Jean Machet, charpentier de navires né et natif du bourg de la Tramblade et demeurant à Bordeaux en France. Lequel dit Machet étant fugitif de la persecution avec Sa famille composée de luy, & Jeanne Thomas, sa femme, & Pierre, Jean, Jeanne, & Marianne Machet leurs enfans et filles, ayant tous abbandonné leurs biens, meubles & effects pour leur relligion , lesquels ils font tous profession en la véritable pureté & religion chrétienne que nous appellons religion protestante : Et comme le dit Machet ayant recogneu étre etably en ces lieux, terre & dependance d'York, en la ville nommée la nouvelle Rochelle, sous la domination de tres haut & tres
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