Histoire des relations anglo-roumaines
Fondées au cours du X(V-e siècle, les deux prin- <:ipautés de Valachie et de Moldavie étaient destinées à protéger la rrouveile voie de commerce entre les villes saxonnes de Transylvanie: Kronstadt, Herinannstadt, Bistritz et les pays balkaniques, d'un côté, et, de l'autre, entre les nouveaux établissements allemands de Galicie : Cracovie, Lemberg et le grand port génois de Caffa, Les nouveaux États occupaient un territoire jusqu'alors presque dénué de centres urbains et sans relations Importantes avec la grande route ancienne qui, allant de l'Occident à l'Orient, passait le Danube à Belgrade pour aboutir par Nich et Andrinople à la capitale de l'Empire d'Orient '.
Aussi les points de contact entre Valaques et Moldaves et les nations occidentales manquèrent-
1. Voy. C.-J. Jirecek, Die Heerstrasse von Beigtad nach Constantinopel und die Balkanpàsse, Prague ]Kn^ et U i^ravail, fît*'' plui=; bas, de M. J. Nistor.
ils pendant longtemps. A peine si Philippe de Mézières mentionne *, suivant les rapports qu'on lui en avait faits, après l'Albanie, la Dalmatie et ]'„Esclavonie", qui n'est que la Serbie, „la terre d'Alixandre de Balgerat" — il faut lire Basserat, car la forme du manuscrit provient d'une lecture erronée — „en Abblaquie". Et l'écrivain picard n'ignore même pas. dans un traité écrit vers 1396, l'existence du second État roumain, plus récent, puisqu'il parle, dans cette „ChevalIerie de la passion de Jésus-Crist"2, de „la double Allaquie", continuation des „desers de Servie".
L^expédition de Nicopolis; à laquelle prirent part les plus hardis des chevaliers français de l'époque, sous la conduite de Jean-sans-Peur, fit connaître aux Occidentaux ces pays éloignés, où les plus heureux d'entre eux, échappés à la mort et à la captivité turque, cherchèrent un refuge. Froissart mentionne les mauvais traitements dont se rendirent coupables envers ces hôtes richement habillés ceux des Valaques qui, ayant accepté la suprématie du Sultan Baïézid, s'étaient -soumis au nouveau prince Vlad, tandis que le Voévode légitime eu pays, Mircea, se trovait dans le camp chrétien.
'i.' „1Sèrige du vieil pèlei'in", ms. 2682 de la Bibliothèque de l'Arsenal, fol. 55 vO; passage reproduit danij nos Actes et fragments concernant l'histoire des Roumains, î, Bucarest, 1895;. p. 9. .
2. Ms. 2251 de la Bibliothèque de l'Arsenal ; passage reproduit dans l'ouvrage cite, loc. cit.
Des rapports directs entre l'Angleterre, bordéeencore à une existence purement insulaire, et ces contrées du Danube étafent impossibles. C'est seulement sôus des bannières françaises que lei? Anglais pénétrèrent dans l'Orient européen. Robert WoQçlhouse proposait aux fauteurs de la croisade nui finit par la prise d'Alexandrie, le concours des compagnies anglaises; le comte de Warwick, le fils, du comte de Suffolk et Guillaume de là Pôle avaient les mêmes intentions'. Richard Grey de Codriôr et Milo.n de Stapleton furent parmi lesnouveaux croisés d'Egypte *. Maurice Lebrun et ses frèfes d'armes, vétérans des guerres occidentales, servirent, contre lés Turcs, le comte Amédée, VI dp Savoie ^, A l'attaque contre Tripoli de Syrie sous le commandement du roi Pierre l-er de Chypre, le comte de Hereford avait sa galère *. A la mêmedate, des archers anglais faisaient partie de la garde du château de Tôrzburg ou Bran, qui commandait Ye principal défilé transylvain vers, la Valachie^.
Lorsque Henri V députa un ambassadeur aux princes chrétiens de l'Orient, il choisit un chevaliçr
1. Notre Philippe de Mézièrês et la .eroisaik »(i XlV-e siècle, p. 2(i9; • • ' -