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bulgare Kroum, et ce n'est pas avant l'an mille que régna le premier prince du nom de Basarab sur les Roumains de la rive gauche du Danube, dont les gouttes de sang slave n'avaient non plus rien de bulgare. Les commencements des deux Principautés sont exposés d'après la légende, qui attribue à un Radu Negru, figure de création tardive, dont le prototype est le prince Neagu, Neagoe, bâtisseur du célèbre couvent d'Arges, la fondation de l'État valaque. Mais il a l'ambition de fixer la date, qui serait la même, de la création de ces Voévodats: de Moldavie, sous Bogdan, authentique colonisateur venu du Marmoros hongrois, et de Valachie, sous le faux Radu; ce serait précisément 124Î, parce qu'à ce moment seul le chaos produit par l'invasion des Tatars pouvait permettre un abandon du sol hongrois par des Voévodes soumis au roi. Mais il affirme avec raison le caractère de parfaite indépendance que s'attribuent les princes roumains du XlV-e et — ajouterons-nous — du XV-e siècle.
Le livre anglais de Knolles, celui de Démétrius Cantemir sur l'Histoire de la Turquie, et le petit volume édité plus récemment par les frères Tounousli à Vienne — un rapport du XVllI-e siècle dil au boïar Michel Cantacuzène — forment ses sources. Aux renseignements fournis par ces auteurs il ajoute pourtant des observations personnelles, comme celle qui concerne le simple tombeau deMichel-le-Brave, conquérant delà Tran-
sylvanie en 1599, dans le beau monastère de' Dealu, au-dessus de l'ancienne Capitale valaque de Târgoviste ^ ou bien le dernier descendant du malheureux prince Constantin Brâncoveanu, exécuté à, Constantinople, avec tous ses fils 2.
Wilkinson a connu lui-même ces Phanariotes dont il éclaircit la situation et décrit l'entourage et les cérémonies auxquelles ils participent, ces pauvres Grecs du „Fanal", nommés comme de simples fonctionnaires à jassy et à Bucarest, après avoir rempli les fonctions de Grands-Interprètes de la Porte. Il a vu feurs brillants cortèges d'entrée dans les capitales danubiennes.
Un chapitre spécial est consacré à ces deux capitales. Bucarest, „ville étendue et sale", a 80.000 habitants, chiffre plus probable que celwi des „trois cents soixante-six églises et vingt monastères". A jassy, qui ^contient beaucoup de maisons élégantes, bâties dans le style le plus moderne de l'architecture européenne", le nombre des habitants est seulement de 40.000, et, quant aux soixantedix églises, le chiffre n'est pas si exagéré. Le palais princier de Jassy, bâti, après 1790, par Alexandre CalHmachi, a un air qui n'est, ni complètement européen, ni complètement oriental ; les caractères du style occidental prédominent cependant dans cette élégante bâtisse, la Faculté de Médecine d'au-