CHAPITRE iV
Époque de la renaissance nationale roumaine.
Bientôt le mouvement de liberté grecque provoqua dans les deux Principautés, qu'on croyait pouvoir gagner à une cause nationale étrangère et réunir donc au nouvel Empire byzantin projeté, toute un série de transformations politiques, qui, partant delà révolte paysanne, instinctivement roumaine, de Théodore Viadimirescu, menèrent à la restauration du gouvernement par les indigènes, u» Sturdza en Moldavie, un Ghica en Valachie (1 822), et, plus tard, à la convention d'Akkerman, puis, par les dernières conséquences du conflit pour la création de la Grèce moderne, à la guerre russo-turque de 1828-1829. L'occupation par les troupes du Tzar, l'administration d'un chef éclairé comme le général Kissélev, firent triompher enfin les anciennes intentions des boïars qui voulaient donner une 'Constitution, fût-ce même une Constitution arisîtocratique, à leurs pays, destinés à être unis dans tm avenir plus éloigné. Dès 1834, moins de quinze ans après' que Wilkinson avait déclaré absurde
l'existence nationale des deux Principautés, de nouveaux princes, de tendances occidentales, commençaient des règnes dont la mission devait être- ^'européaniser les provinces danubiennes pour servir d'autant plus la cause roumaine en progrès. Et les regards de tous ceux qui travaillaient à cette grande œuvre de rénovation étaient tournés vers les consuls qui, ;i rencontre de la Russie envahissante, représentaient le principe de li- ^rté aussi en ce qui concerne la vie des peuples, celui de France et celui d'Angleterre. Cook,. un allié de la famille levantine Pisani et un ancien secrétaire du consul russe Fini, ainsi que fies princes Constantin Hypsilanti et Alexandre Soutzo — son frère était consul autrichien à Salonique >, — avait pris la place de Wilkinson.
Il fut envoyé dans les Principautés en 1822 par l'ambassadeur d'Angleterre, Strangford, qui, af rès la retraite de l'envoyé de Russie, Strogonov,. en signe de protestation contre la conduite du gouvernement ottoman envers les insurgés grecs, avait accepté la protection des orthodoxes de Turquie et la sauvegarde des traités ». Mari d'une femme qui avait été en vogue une dizaine d'années^ auparavant parmi les officiers russes de Tannée ^'occupation, ce demi-Levantin, qui avait brigué la charge de ministre des Affaires Étrangères à Bucarest, était un ancien ami d'Alexandre Hypsilanti^