‹ Histoire des relations anglo-roumainesChapitre 39 sur 74 · Pp · texte numérisé non relu

Pp

dangereuse, par les conflits qu'elle provoque sans cesse avec le Tzar, que précaire et quasi-ihutiie. La Russie n'aurait pas pu rejeter la proppsïtioi^ de lui donner la Moldavie si elle consent' à accepter la souveraineté autrichienne en Valachie, Le vice-consul anglais n'était pas coupable, du reste,, d'avoir les mêmes conceptions que ces diplomates de Vienne qui léguèrent à l'humanité, d^ns une nouvelle carte de l'Europe, créée à l'usage des dynasties et contre les intérêts des peuples, intérêts qu'ils ne considéraient pas comme légitimes, la source des querelles, des révolutions et des guerres incessantes qui ont empêché le siècle qui s'est écoulé depuis lors d'être peut-être le plus grand dans le développement de l'humanité \

L'aspect de Bucarest est celui présenté par Wilkinson. Jean Georges Caragea (Karatzas en grec), l'avide prince de Valachie, reçut l'étranger le jour même de l'Epiphanie de l'année 1818. Contrairement à l'étiquette observée à la Cour de Moldavie, oîi, il est vrai, la famille princière était en deuil à cause de la mort d'une petitefilJe, l'épouse du Voévode et ses filles mêmes, parmi lesquelles Raiou, une protectrice éclairée de la littérature hellénique envahissante, assistaient à la cérémonie, sur dessophas près du trône. Les visiteurs, des femmes aussi, glissaient sur un tapis

1. Le facsimilé de la .signature de XVilkinsoa, dans Hurmuzaki, X, p. r.xr.

anglais pour baiser la main du maître. La conversation avec l'étranger n'eut pas d'importance;. Caragea, qur entretenait une correspondance sur les affaires européennes avec de Gentz, à Vienne,. ne pouvait pas être accusé cependant d'ignorance et d'indiscrétion — ainsi que cela était arrive avec Callimachi — non plus. Mac-Michael se retira au milieu de la cohue mendiante des serviteursde la Cour, qui avaient le dro't traditionnel du pourboire à pareille occasion.

Le Métropolite, Nectarius, donne une mauvaise idée du clergé roumain — il était, du reste. Grec de Morée — au voyageur, qui avait négligé de visiter à Jassy ce noble prélat, de naissance illustre, de connaissances profondes et d'une piété, d'un zèle infatigable pour ses subordonnés et sa nation, qui fut Benjamin Costachi. Le chef de l'Église valaque, vieillard rubicond, tenait despropos de table inconhérents et dénués de tout intérêt, alors que dans une chambre voisine moi-. sissaient des manuscrits grecs et slavons et que la bibliothèque au naturaliste français Sonnini de- Manoncourt, donnée par un boïar à la Métropole, gisait abandonnée.

Pour le reste, des sociétés de jeu de hasard, des promenades pompeuses, des bals publics, desfarces au club de la noblesse, où des Allemands faisaient valoir leur esprit trivial, devant la fa-r mille au prince et un auditoire de boïars grecs qui se faisasent traduire les bons mots ^pour é-

clâter de rire; Mac-Michael prétend même que le fils de Caragea parut dans l'assemblée ayant au bras sa maîtresse, qu'il avait récemment arrachée à son mari — tableau de mœurs constantinopoîitaines, car la famille n'avait aucunes relations avec la noblesse roumaine. Les femmes, en babouches et portant de riches ceintures orientales, avaient des robes de soie française, tout à fait n la façon de l'Occident.

Un yassakcischi, un chef d'escorte ayant appartenu à Wilkinson, à cette époque déjà ancie» •consul-général seulement, bien qu'il fût à Bucarest, où il montra à son co-national l'exemplaire du Code grec de Callimachi dédié à l'Université d'Oxford, conduisit Mac-Michael jusqu'au Danube, oîi Giurgiu, faisant partie de la raïa ottomane, conservait encore son caractère turc.

Page 1