‹ Histoire des relations anglo-roumainesChapitre 66 sur 74 · Ibid., Vlir, pp. 123 et suiv · texte numérisé non relu

Ibid., Vlir, pp. 123 et suiv

Cette inimitié contre une cause mal connue et entore plus mai appréciée gagna bientôt tout le monde politique anglais. En vain, le 4 mai 1858, Gladstone, soutenu par Deasy, releva-t-il à la Chambre des Communes, non seulement la situation internationale des Principautés, mais aussi la cause nationale des Roumains, qui méritait au moins l'attention prêtée ta la cause serbe. Le sous-secrétaire du Foreign Office traita la question comme peu intéressante"; lord John Russell prêta son autorité aux appréhensions turques; Disraeli, membre du Cabinet, déclara vouloir s'en tenir à l'accord conclu avec ia France; et Paltnerston lui-même ajouta ne '"pouvoir interpréter la demande d'un prince étranger pour la Roumanie unie que comme l'intention d'installer à Bucarest un prince russe ou dépen- ..dant de la Russie, — c'est-à-dire ce duc de Leuchtenberg, dont Stirbey lui-même avait soutenu la candidature en 1848. La Chambre rejeta donc, avec 292 voix contre 114, la motion Gladstone, qui aurait été une manifestation solennelle pour la cause de l'Union '.

Ce qui arriva fut un coup d'initiative inattendu de la part des Roumains. Les Moldaves ayant élu, en janvier 1859, comme prince un „homme nouveau", Alexandre Cuza, les votes des Valaques

1. Ibid., Vil, p. 60 ; IX, p. 51 et suiv. Cf. Anul 1848. V, -p. 678.

se réunirent sans exception sur la personne dumême, en 5 février suivant. C'était créer l'Union personnelle, et celui qui la réalisait avait aussi bîén l'intention que les moyens d'en arriver ;bientôt à l'Union réelle. „Tous les agents des Puissances garantes", écrit le consul de France, Béclard, „ce jour-là étaient réunrs dans la tribune diplomatique. Malgré les sentiments divers qui nous agitaient, je suis sûr qu'aucun de vous n'a assisté, sans, en subir l'influence, à ces touchantes manifestations" '. Colquhoun pouvait donc voir dans la personne du prince moldave de 1859 cette réunion de la Valachie avec la Moldavie que son Ministère avait conçue, dans la personne de Michel Sturdza, prince moldave, vingt ans révolus auparavant. Bulwer lui avait télégraphié aussitôt: „La double élection est recommandée comme un cas. exceptionnel à l'approbation de la Porte, et elle sera probablement admise 2".

Il ne reçut pas les instructions dans le sens deprotester contre cette manière détournée d 'arriver au but que s'étaient proposé les unionistes. Les. formes avaient été, du reste, scrup^uleusement observées, et la Porte elle-même ne trouva rien à

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