‹ Histoire des révolutions de PortugalChapitre 17 sur 18 · ÉV. DE PORT · texte numérisé non relu

ÉV. DE PORT

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qui n'avoit pu être consommé pendant près de quinze mois d'habitation. Le chapitre le déclara nui (i), « sans autre contestation que « celle du promoteur par négalion ; et au dé- « faut de partie (ainsi que porte la sentence), (aj « l'empêchement étant tenu pour moralement « assuré, et sans qu'il fût besoin d'autres pren- « ves ni de plus long délai ». Et au moyen de ces formalités, que la plupart des juges savent toujours accommoder au gré de ceux qui gouvernent, le régent se vit en état de pouvoir épouser la reine. On lut conseilla cependant , « pour l'honnêteté publique » , d'obtenir unedispense du saint-siege. Heureusement, et i'ar un concours de hasards qui paroissoient un peu prémédités, M. Verjus arriva de France en même temps avec cette dispense.

On avoit obtenu ce bref du cardinal de Vendôme , légat à latere , et qui avoit été revêtu de cette dignité passagère pour assister au nom du pape à la cérémonie du baptême de monseigneur le dauphin (3). L'é«êque de Targa, coadjuteur de l'archevêché de Lisbonne, donna, la bénédiction nuptiale au régent et à la

(i) 24 mars 1668.

(a) Relation des irouhle* arrives dan» h cour ùe Portugal. A l'aria, cbeï Clousier, 1674.

CsVa uiar» t6G8.

reine en vertu de ce bref , et qui fut depuis confirmé par celui du pape Innocent IX , qu'on crut nécessaire à la sûreté de leurs coiu. sciences, et à la tranquillité du royaume.

Le roi dom Alphonse (i) fut confiné aux isles Terceres , qui sont de la domination du Portugal. Le peuple, qui s'intéresse toujours pour les malheureux , disoit hautement qu'on devoit se contenter de lui avoir ôté sa couronne et sa femme , sans le priver encore de respirer l'air de sa patrie ; mais un prince détrôné ne trouve guère de protecteurs. Il n'y eut aucun grand qui osât parler en sa faveur, et on s'apperçut bien que le régent n'auroit pa^pardonné une compassion injurieuse à son gouvernement. Dom Alphonse resta dans cet exil jusqu'en 1675 que le régent l'en retira. II le fit revenir en Portugal sur le soupçon qu'il eut qu'il s'étoit formé un parti pour l'enlever des isles Terceres , et ie rétablir sur le trône. Il mourut près de Lisbonne en l'année i683 ; et par sa mort le régent prit enfin le titre de roi , qui lui manquoit , et qui étoit le seul bien dont il n'avoit pas dépouillé ce malheureux prince.

(il 10 décembre i603.

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