‹ Histoire des révolutions de PortugalChapitre 6 sur 18 · DES · texte numérisé non relu

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I,e Portugal fait partie de cette vaste étendue de pays qu'on nomme les Espagnes, et dont la plupart des provinces portent le titre de royaume ; celui de Portugal est situé à l'occident de la Cas tille , et sur les rivages de l'océan les plus au couchant de l'Europe : ce petit état n'a au plus que cent dix lieues de longueur et cinquante dans sa plus grande largeur ; le terroir en est fertile, l'air sain, et les chaleurs ordinaires sous ce climat se trouvent tempérées par des vents rafraîchissants et par des pluies fécondes. La couronne est héréditaire , l'autorité du prince absolue, il se sert utilement du redoutable tribunal de l'inquisition comme du plus sùr instrument de la politique. Les Portugais sont pleins de feu, naturellement fiers et présomptueux , attachés à la religion, mais plus superstitieux que dévots; tout est t>rodige parmi eux; et le ciel, si on les en

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croit , ne manque jamais de se déclarer en leur faveur d'une manière extraordinaire.

On ignore quels furent les premiers habitants du pays ; leurs historiens les font descendre de la postérité de Tubal : on ne peut guère remonter plus haut, mémo avec le secours de la fable ; chaque nation a sa chimère au sujet de son origine. Ce qui est de certain , c'est que les Carthaginois et les Romains se disputèrent l'empire de ces provinces , et l'ont possédé successivement. Les Alains , les Sueves , et les Vandales , et toutes ces nations barbares qui, sous le nom général de Goths, inondèrent l'empire vers. le commencement du cinquième siècle, s'emparèrent de toutes les Espagnes. Le Portugal eut quelquefois des rois particuliers, et quelquefois aussi il se trouva réuni sous la domination des princes qui ré gn oient en Castille.

Ce fut au commencement du huitième sic cle (i), et sous le règne de Roderic, le dernier roi des Goths, que les Maures, ou pour mieux dire les Arabes, sujets du calife Valid Al manzor, passèrent d'Afrique en Espagne, et s'en rendirent les maitres. Le comte Julien, seigneur espagnol , les introduisit dans le pays ,

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et facilita leur conquête pour se venger de l'outrage que Roderie avoïl fait à sa fille.

Ces infidèles étendirent leur domination depuis le détroit jusqu'aux Pyrénées, si on en excepte les montagnes des Asturies, où les chrétiens se réfugièrent sous le commandement, du prince Pelage (i), qui y jeta les fondements du royaume de Léon ou d'Oviédo.

Le Portugal suivit la destinée des autres provinces d'Espagne, il passa sous la domination des Maures; ces infidèles y établirent différents gouverneurs, qui, après la mort du grand Ahnanzor, se rendirent indépendants, et s'érigèrent en petits souverains. L'émulation et la différence d'intérêt les désunit, et le luxe et la mollesse achevèrent de les perdre.

Henri, comte de Bourgogne (a), et issu de Robert, roi de France , lea chassa du Portugal vers le commencement du douzième siècle. Ce prince , animé du même zele qui forma en ces tenips-là tant de croisades , étoit passé en Espagne dans le dessein d'y signaler son courage contre les infidèles. Il fit ses premières armes sous le commandement de Rodrigue de Bivar,

\a) Théodore Godefroi , dam son Traité d* l'origine des rois de Portugal.

ce capitaine si célèbre sous le nom du Cid. Il se distingua dans ces guerres de religion par une valeur extraordinaire. Alphonse A 7 1, roi de Castille et de Léon , lui confia depuis le commandement de ses armées. On prétend que le prince français défit les Maures en dixsept batailles rangées, et qu'il les chassa de cette partie du Portugal qui est vers le nord. Le roi de Castille, pour attacher à sa fortune un si grand capitaine, lui donna en mariage une des princesses ses filles, appelée Thérèse, et ses propres conquêtes pour dot et pour récompense. Le comte les étendit par de nouvelles victoires. Il assiégea et prit les villes de Lisbonne, de Visée, et de Conimbre; il eut le même succès dans les trois provinces entre Douro et Mïnia. Henri en forma une souveraineté considérable, et, sans être roi, et sans en avoir pris le titre, il jeta les fondements du royaume de Portugal.

Le prince Alphonse son fils succéda à sa valeur et à ses états: il les augmenta même par de nouvelles conquêtes. Ce sont des héros qui fondent les empires , et des lâches qui les perdent. Les soldats du comte Alphonse le proclamèrent roi après une grande victoire qu'il avoit remportée contre les Maures (i);

de Portugal. 17 et les états généraux, assemblés à Lamego, lui confirmèrent eet auguste titre, qu'il laissa avec justice à ses successeurs. Ce fut dans cette assemblée des principaux de la nation qu'on établit les lois fondamentales touchant la succession à la couronne. « Que le seigneur a Alphonse , roi , vive , et qu'il règne sur nous u, ainsi que le porle le premier article de ces lois. «S'il a des enfants mâles, qu'ils soient nos « rois; le fils succédera au pere, puis le petitn fils, et ensuite le fils de l'arriére petit-fils, et « ainsi à perpétuité dans leurs descendants.

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