‹ Histoire des révolutions de PortugalChapitre 5 sur 18 · DE L'ÉDITION DE · texte numérisé non relu

DE L'ÉDITION DE

Quoique l'Histoire de la conjuration de Portugal ait déjà paru, on peut dire qu'on trouve, dans les différentes éditions qu'on en a faites depuis, comme un ouvrage nouveau , par les différents morceaux que l'auteur a jugé à propos d'y ajouter, et qui en sont même la cause ou des suites nécessaires; et c'est cette augmentation d'événements qui a engagé à substituer le titre de Révolutions à celui de Conjuration, d'ailleurs moins convenable dans une entreprise dont les chefs n'avoient pour objet que de rendre la couronne à un prince qu'ils en regardoient comme l'héritier, légitime. L'auteur remonte sommairement jusqu'aux commencements de cette monarchie ; U passe à la funeste révolution qui arriva sous le règne de dom Sébastien. On voit de quelle manière les Castillans , sous le règne

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de Philippe II , se rendirent maîtres de cet état, avec quelle heureuse témérité un petit nombre de fidalques et de gentilshommes portugais les en chassèrent sous le règne de Philippe IV j de nouvelles conjurations formées par les partisans et les créatures de ce prince pour y rétablir son autorité: enfin l'auteur, après avoir fait voir le duc de Bragance sur le trône , descend jusqu'à l'abdication du roi Alphonse Vf , son fils , et à la régence de dom Pedre, pere du roi qui règne aujourd'hui.

On verra dans cet ouvrage un prince qu'on croit du sang de nos rois , et sorti d'un petitfils de Hugues Capet, signaler son zele et son courage contre les Maures, les chasser d'une partie du Portugal, se faire de ses conquêtes un état souverain, et devenir la tige de la maison royale qui règne aujourd'hui si glorieusement; ses successeurs conserver les états qu'il leur avoit laissés par de nouvelles conquêtes; et, après avoir souvent triomphé de la puissance et de la valeur des Castillans leurs voî-

sins, porter les armes en Asie et en Afrique, y faire des établissements considérables, et, ce qu'qn ne peut trop estimer , y faire connoitrele vrai Dieu, dont les barbares ignoroient jusqu'au saint nom.

Le roi dom Sébastien, à leur exemple, ne trouvant plus d'infidèles à combattre dans ses états, les va chercher jusqu'en Afrique , passe la mer avec une poignée de soldats , et entreprend avec plus de zele que de prudence de détrôner un souverain grand capitaine , qui se trouvoit à la téte de soixante mille hommes, et qui le fit périr sous l'effort de ses armes. Sa couronne passe sur la téte de dom Henri , son grand-oncle, prince âgé de soixante-sept ans , prêtre, cardinal, et archevêque d'Evora, et qui ne régna que seize mois. Sa mort fait éclater les prétentions de différents princes qui se portoient pour ses héritiers. Philippe II, roi d'Espagne , le plus puissant de tous , décide la question par la force des armes; il se rend maître du Portugal par la valeur du fameux

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duc d'Albe, le plus grand capitaine des Castillans; et les successeurs de Philippe gouvernent ce nouvel état comme un pays de conquête.

Les Portugais , nation brave, courageuse, et impatiente du joug étranger, s'en délivrent par une conspiration presque générale de tous les ordres du royaume; le duc de Bfagance est porté sur le trône, et, sans être ni soldat ni capitaine , il s'y maintient par sa prudence , par la douceur de son gouvernement, et surtout par l'habileté et les sages conseils de la reine sa femme. Apres sa mort cette princesse fait éclater sa capacité dans le grand art de régner pendant une régence tumultueuse , et encore plus agitée par des intrigues de cour que par les armes des Castillans; enfin on verra un fils peu reconnoissant , qui, à la faveur de sa majorité, l'éloigné du gouvernement, mais qui dans la suite perd lui-même son autorité par l'habileté d'un frère qui, sur des raisons autorisées par les lois et soutenues

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PREFACE. II

du crédit et de la force de ce prince, le priva de sa liberté, de sa couronne, et lui enleva jusqu'à la reine sa femme, qu'il épousa depuis.

Tels sont les sujets qu'on traite dans cet ouvrage , qu'on a tirés d'historiens portugais et espagnols ; on les a préférés aux étrangers , et sur-tout dans les endroits où les écrivains partisans de la cour d'Espagne conviennent de bonne foi des avantages que remportèrent les Portugais dans cette fameuse révolution.

On ose espérer que les lecteurs équitables n'en exigeront pas davantage d'un écrivain qui n'est ni Castillan , ni Portugais , et qui n'a nul intérêt à louer ou à blâmer que celui de la vérité , et qui nait du fond même des événement!, qu'il rapporte.

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