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Syrie, Sévère que l'Italie et l'Afrique, de sorte que, du Taurus aux Alpes, Galère commande aux provinces les plus riches, aux populations les plus belliqueuses, et qu'il aura plus d'or, plus de soldats que ses collègues. C'est évidemment à lui qu'était confié le soin de conserver ce savant équilibre qui ne pouvait être maintenu qu'à force de vigilance. Mais sa vue est courte. Il aura des emportements, au lieu de la prévoyance qui découvre le péril et de la fermeté qui le conjure ; il ne saura déjouer ni l'ambition de Constantin, que Dioclétien avait
Revers d'une agrafe en or portant la tète de Constance Chlore (?).
Constance Chlore1.
(Attribution douteuse.)
devinée et contenue, ni celle de Maxence, que son père avait été contraint par le grand auguste de tenir à l'écart, et deux révolutions de caserne vont renouveler tous les malheurs de l'État.
Dioclétien avait laissé dans le palais de Nicomédie le fils de Constance, jeune homme de trente et un ans2, adroit à tous les exercices, brave et de belle apparence3. A ces dons extérieurs, qui charment le soldat et la foule, il joignait un esprit pénétrant et rusé,
1 Le père de Constantin ou même, peut-être, Constantin, sur une agrafe de ceinture à charnière et en or. L'inscription en relief au revers de l'agrafe a été placée au moyen d'un cachet analogue à ceux dont les potiers se servaient ; elle indique sans doute le nom d'un possesseur du bijou : VICTORINUS. (Cabinet de France, n° 2689.)
2 Flavius Valerius Aurclius Constanlinus, né en 275 ou en 274. Tous ses successeurs au quatrième siècle, Maxime excepté, prirent son gentilicium Flavius. Voyez les Tiluli dormis imperatorix de Wilmanns.
3 On lui fait tuer en combat singulier un guerrier sarmate et abattre un lion monstrueux. Ce lion est sans doute pareil! de celui de Pépin le Bref. La légende tenait à montrer dans Constantin un héros invincible, et dans Galère un abominable tyran qui avait exposé le fils de son collègue à tous les périls pour se débarrasser de lui. In insidiis sœpe juvenem appetïcerat.... feris illum objecerat (Lactance, de Morte pers., 24). Pour le portrait physique de Constantin, cf. Eusèbe, Vie de Const., I, 19. Il le vit en Palestine aux côtés de Dioclétien.
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sans scrupule pour les mensonges utiles ou pour les meurtres qu'il jugeait nécessaires, fût-ce celui d'un enfant ; mais aussi, une vive intelligence des moyens les plus propres à servir son ambition, le talent de les bien employer et cette volonté énergique qui neutralise les influences contraires. Général aux combinaisons rapides, il gardera dans le gouvernement la prudente réserve que lui avaient apprise douze ans passés comme otage dans une cour asiatique l.
Ce fils d'un auguste n'avait eu que les honneurs du tribunat militaire, et maintenant, tandis que son père régnait sur tout l'Occident, il restait l'hôte soupçonné du secret ennemi de Constance. Son père l'appelait près de lui par des lettres de jour en jour plus pressantes. Dioclétien, sans doute, en avait reçu de pareilles et n'y avait point répondu, pour ne pas encourager des espérances d'hérédité, absolument contraires à son système électif et à l'idée que les Romains s'étaient faite de leurs magistratures républicaines, même de la fonction impériale, pour laquelle il y avait toujours eu un semblant d'élection. Galère, moins prudent, céda aux obsessions de Constantin; il autorisa son départ et lui fit délivrer le diplôme nécessaire pour se servir de la poste publique. Cette fois encore Lactance raconte ce qu'il a vu, ou du moins ce qu'il a cru voir, dans l'âme de Galère : ses regrets d'avoir cédé, sa résolution de revenir le lendemain sur sa promesse ou de gagner du temps, pour envoyer à Sévère l'ordre d'arrêter le fugitif au passage des Alpes. C'était, dit-il, au déclin du jour; il recommanda à Constantin, en lui remettant le diplôme, de n'en user que le lendemain, après avoir reçu ses derniers ordres. Il espérait trouver dans l'intervalle un moyen d'empêcher le voyage ou de prévenir Sévère. Mais dès qu'il se fut assoupi après le repas du soir, Constantin s'échappa, et, de peur qu'on ne le poursuivit, il prit et emmena tous les chevaux des premières stations de la poste impériale2. Galère dormit jusqu'au milieu du jour suivant. A son réveil, il appelle Constantin, apprend qu'il est parti et ordonne qu'on dépêche en toute hâte des courriers pour le ressaisir; mais Constantin est déjà bien loin, et les écuries de la poste sont vides; l'empereur ne peut « retenir ses larmes ».
Lactance aime ces tableaux qui étaient une des recettes de l'école.
1 Voyez au tome VI, page 545.
2 Dans les récits subséquents, Constantin fait couper les jarrets des chevaux qu'il laisse derrière lui. (Zosime, II, 8.)
Mais les larmes de Galère me sont suspectes. Je ne crois pas à cette fuite qu'il était si facile d'empêcher, à cet espoir que Sévère fermerait les passages des Alpes, lorsque Galère ne fermait pas les portes de Nicomédie. Et quel pesant sommeil durant cette nuit qui aurait dû être si anxieuse! Mais le rhéteur avait besoin de ces quinze ou vingt heures pour mettre Constantin hors d'atteinte, et de ce dramatique récit pour assurer à son héros la faveur que gagne toujours le captif innocent qui brise courageusement ses fers. L'histoire de Constantin côtoie ainsi, en mille points, la légende, parce qu'il fallait transfigurer le prince par qui le christianisme triompha. Lactance n'a pas vu qu'en faisant de Constantin un révolté, il mettait à son compte les conséquences de cette usurpation. Le noble mais impraticable système de Dioclétien allait, en effet, périr; la guerre civile reparaître; avec elle les égorgements et les ruines, et, pour l'empire, une anarchie de dix-huit années.
L'éloquence de ce temps aimait si peu la vérité, qu'un autre rhéteur, celui-là païen, dit de ce voyage : « Ce ne sont pas les chevaux de la poste publique qui ont amené le prince des extrémités du monde, mais un char céleste traîné par des coursiers divins1. » Constantin rejoignit son père à Boulogne et partit avec lui pour la Bretagne. « Il n'allait point, dit Eumène, chercher des trophées de victoire dans l'île sacrée, plus voisine du ciel que les pays situés au milieu des continents : il avait entendu des voix divines qui l'appelaient aux extrémités du monde. Avant de prendre place parmi les puissances célestes, il ConstancTchî^e proda- voula't contempler le père des dieux, l'Océan, et
stantio aug1^0 C°N" voir dans ces cont™cs un Jour presque sans nuit2. » L'auguste des provinces occidentales n'avait pas l'imagination échauffée du rhéteur. Au lieu d'un pèlerinage aux lies Fortunées, il avait préparé pour son fils une expédition qui permît à Constantin de se faire connaître des troupes; de faciles succès servirent de prétexte à des gratifications qui achevèrent de lui gagner le cœur des soldats. Lorsque Constance mourut, quelques jours après, dans la ville à'Eboracum (25 juillet 506), les légions proclamèrent son
1 Paneg. vet., VII, 7.
3 Tête Inurée de Constance Chlore sur un moyen bronze.
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Constantin césar ; statue en marbre de Carrare, trouvée dans les Thermes de Constantin, sur le Qujrinal
(maintenant p|ace du Capitule).
fils auguste1. Un roi des Mamans, Eroc, qui avait suivi Constance avec un corps auxiliaire, se signala par l'ardeur de son zèle pour le nouveau prince2.
En prenant le titre d'auguste, Constantin était allé trop vite et trop loin. Du moment que Galère avait autorisé son départ, il en avait certainement vu, et d'avance accepté, les suites inévitables, que la santé de Constance Chlore faisait prévoir. 11 y avait à craindre qu'à l'ouverture de cette grande succession quelque ambitieux n'entraînât les légions de ces provinces lointaines, comme avait fait Carausius vingt ans auparavant. Pour être en mesure de déjouer toute tentative d'usurpation, Constantin avait été renvoyé à son père avec des promesses, mais sans titre impérial, afin de ne pas violer la constitution, puisqu'il n'y avait pas encore de place parmi les empereurs. Au lieu d'attendre son élévation au rang de césar par la voie légale, Constantin brusqua une émeute de soldats. Ceux-ci, charmés de reprendre le rôle lucratif de faiseurs de roi, ne lui avaient pas marchandé la dignité qu'il leur avait demandée.
Selon la coutume, Constantin envoya aux empereurs son image couronnée de laurier, et il rendit compte de l'événement à Galère en des lettres modestes où il déplorait l'impatience des soldats, qui ne lui avaient pas permis d'attendre que ses droits eussent été reconnus par le chef de l'empire5. Lactance assure que Galère voulait jeter au feu l'image, la lettre et le messager; il se calma pourtant, accepta l'excuse, mais ne concéda à l'élu des légions bretonnes que le titre de césar et le quatrième rang parmi les princes*. Sévère monta au second avec le titre d'auguste, Maximin resta au troisième comme premier césar. En cette occurrence, Constantin montra qu'il savait mitiger la
1 Le sénat de Rome mit Constance au nombre des divi : Divo Constanlio Aug. (Eckhel, t. VIII, p. 52). Elimine (Pan. vet., VII, 8) et Eusèbe (Hist. eccl., VIII, 13) parlent de cette consecralio. Les (ils qu'il avait eus de sa seconde femme, Theodora, n'étaient pas encore sortis de l'enfance : l'aine avait à peine treize ans. En préparant l'avènement de Constantin, l'auguste des Gaules avait espéré sauver la fortune de sa maison et donner un défenseur à ses autres enfants, qui n'étaient pas en état de se défendre eux-mêmes. — Constance avait rendu une loi importante par ses résultats, en déclarant que les donations ne pourraient être valables si elles n'étaient pas insinuées à la curie, si actis inserta non esscnl. Les testaments y furent également inscrits. En 597, Honorius parle de cette coutume comme d'un ancien usage. (Code, VI, 25, 18, et Code Théod., III, 5, I.) La curie devint ainsi, dans l'ordre civil, un bureau d'enregistrement, et c'est par là qu'elle a survécu à l'invasion. En Grèce, les contrats de vente étaient enregistrés au greffe des serments.
- Epitome, 41.
5 C'est du moins la thèse soutenue devant lui par Eumène (Pan. vel., VII, 8).
4 Lactance, de Morte pers., 25.
hardiesse par la prudence : il accepta la condition qui lui était faite. Du reste il se fût déclaré rebelle s'il avait gardé le titre que les soldats lui avaient donné, et il eût attiré sur lui, dès le premier jour, les forces des autres princes, comme il arriva l'an d'après à Maxence.
La tétrarchie, un moment ébranlée, semblait raffermie. Mais pourquoi le fils de Maximien, le gendre de Galère1, serait-il plus désintéressé que le fils de Constance? Après l'abdication de son père, Maxence s'était retiré dans une villa aux environs de Rome. Dans cette grande cité fermentaient de sourdes colères; le sénat sans rôle politique, les prétoriens sans importance militaire, le peuple sans plaisirs ni largesses, détestaient des empereurs qui vivaient loin d'eux. Une circonstance accrut l'irritation : Galère ordonna un nouveau dénombrement, sorte de révision du cadastre qui devait rendre la charge de l'impôt plus égale, parce qu'elle donnait le moyen de faire rentrer dans la classe des contribuables ceux qui en étaient sortis, comme la plebs urbana exemptée naguère de la capitation, ou ceux qui n'y avaient pas été compris, comme les Italiens délivrés depuis cinq cents ans de l'impôt foncier. Dioclétien venait de supprimer ce dernier privilège; peut-être fût-ce pour l'exécution de ce décret que Galère prescrivit le recensement des biens et des personnes, non-seulement en Italie, mais dans tout l'empire2, et à Rome même. La cité maîtresse du monde tombant à la condition d'une ville stipendiaire, quelle honte! L'émeute éclate contre ce Dace insolent qui ose soumettre au tribut les héritiers d'Auguste et de Trajan. Peuple et prétoriens s'unissent et scellent leur alliance avec le sang du préfet de la ville, Abellius. Mais il faut un chef; Maxence, dont la main et l'or étaient dans cette émeute, est proclamé empereur (28 octobre 500); il appelle près de lui son père Maximien, qui, moins sage que Dioclétien, quitte aussitôt sa retraite; il lui rend la pourpre, aux acclamations du sénat et du peuple, et Rome a six empereurs. Ce nombre allait se réduire bien vite, car c'était une révolte qui changeait l'ordre établi, au détriment des princes légitimes.
Sévère était un Illyrien, soldat de fortune comme tous les empe-
1 Bull, èpigr. de la Gaule, t. I", p. 108.
- Lactance [de Morte pers., 23) décrit avec un ridicule effroi l'opération des censitofes, qui était fort simple, habituelle et dans l'intérêt de tout le monde, contribuables et gouvernement, excepté pour la plebs urbana à qui Galère retira l'exemption de la capitation accordée pat4 Dioclétien.
reurs depuis quarante ans, mais qui n'était point fait pour ce poste dangereux, où il n'aurait pas dû monter, puisqu'il ne sut pas s'y défendre. Il n'avait pas encore eu le temps de gagner la confiance de ses troupes et de leur imposer la fidélité. Galère le chargea d'aller renverser à Rome l'usurpateur. S'engageant avec témérité dans l'étroite péninsule, sans avoir préparé une réserve pour le recevoir en cas d'échec, il arriva devant la vieille capitale avec des troupes déjà gagnées au général qui les avait longtemps commandées. La défection commença par un corps de soldats maurétaniens que Maximien avait jadis ramenés d'Afrique. Le préfet du prétoire, Anulinus, entraîna lereste, etSévère s'enfuit presque seul à Ravenne, où il fut aussitôt assiégé. La place était forte et, avec la flotte de l'Adriatique, Sévère restait maître de la mer, libre par conséquent d'aller au-devant des secours que Galère ne pouvait manquer de lui envoyer. Mais, l'esprit troublé par ce renversement subit de sa fortune, il se crut entouré de traîtres, et, écoutant les astucieuses propositions de Maximien, il vîïit lui rendre la pourpre qu'il avait reçue de lui, moins de deux années auparavant (février ou mars 507). Il comptait être honorablement traité. Emmené
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1 Statue colossale en marbre grec; elle a conservé sa tête antique. (Palais Odescalchi. Clarac, pi. 940, n° 2525.)
captif à Rome et emprisonné dans une villa de la voie Appienne, aux Très Tabernx, il y reçut l'ordre de délivrer ses vainqueurs d'une dernière inquiétude. On lui laissait le choix de sa mort; il se fit ouvrir les veines et alla rejoindre dans le tombeau de Gallien un autre empereur assassiné. Son fils, Severianus, fut mis à mort quelques années plus tard. Ces égorgements de princes, qui vont se succéder presque sans interruption durant un demi-siècle, font apprécier, par le contraste, la tranquille grandeur du règne de Dioclétien.
Maxence était maître de l'Italie, mais Galère se préparait à venger Sévère et à détrôner l'époux de sa fille. Quelle conduite allait tenir le souverain des Gaules? Maximien vint le demander à Constantin ; il passa les Alpes et eut avec lui une conférence où il lui proposa une étroite alliance, la main de sa fille, la belle Fausta, et le titre d'auguste. Constantin accepta le titre et le mariage, qui fut célébré dans Arles, « la Rome Gauloise »', avec une grande magnificence; en retour il promit son amitié. Il était bien décidé à ne pas donner davantage et à attendre les événements. Ceux-ci se précipitaient. Galère, entré en Italie avec les légions illyriennes, parvint sans combat jusqu'à Narnia, à soixante milles de Rome. A son approche, les villes avaient fermé leurs portes, les populations s'étaient enfuies dans les montagnes, et, de tout le pays, il ne tenait que l'espace couvert par son camp. Pour l'Italie, Maxence était le souverain national, tandis que l'auguste des provinces orientales apparaissait comme un étranger, un ennemi. S'avancer, au milieu de la désaffection universelle, jusqu'à cette grande Rome qu'Aurélien avait mise par un solide rempart à l'abri d'un coup de main, était une témérité dont le vieux soldat reconnut le péril. Il n'avait rien pour un siège, ni vivres ni machines, et lui aussi se demandait qu'allait faire Constantin? Une armée gauloise descendue des Alpes pouvait l'enfermer dans la péninsule. Il n'osa s'y aventurer plus loin, et, après une
1 Ausone, Clar. Urb., VII. Ils avaient été déjà comme fiancés l'un à l'autre, du consentement de Constance, si l'on en croit un passage de Julien (Disc, I, 6). Un panégyriste raconte que, dans un tableau exposé au palais d'Aquilée, Fausta, puella divino décore venerabilis, était représentée offrant au jeune Constantin un casque d'or étincelant de diamants (Pan. vet., VI, 6). Dioclétien s'opposa à ce mariage qui aurait fait naître trop d'espérances; quand il eut lieu, en 307, Constantin se trouva le beau-frére de sa belle-mère, son père ayant épousé une fille aînée de Maximien. Il avait eu déjà d'une concubine, Minervina, un fds, Crispus (Zosime, II, 20; Zonare, XIII, 2). Voy., t. VI, p. 544. Le titre d'auguste doit avoir été pris par Constantin le 51 mars 307.
vaine tentative de négociations, il regagna YIllyricum, en ravageant l'Italie comme aurait pu le faire un chef barbare.
Voilà donc l'empire retombé dans un trouble extrême. Pour sortir de cet état violent, Galère recourut à la sagesse de Dioclétien; il l'invita à se rendre dans la forte place de Camuntum, où quelque menace des Germains avait sans doute appelé les légions. Maximien, ebassé de Rome par son fils qu'il avait voulu faire déposer, en soulevant les prétoriens contre lui, accourut à ce rendez-vous des empereurs. Un ancien compagnon d'armes de Galère, comme lui fils de paysan, mais qu'on disait descendant de
. . , Monnaie de Dioclétien frappée après son abdication1.
l'empereur Philippe, Licinius, s y
trouvait déjà. Personne ne nous a conservé les débats de ce grand conseil. Sera-ce aller trop loin que d'attribuer à Dioclétien la double pensée d'accepter les faits accomplis, en laissant ses provinces à l'usurpateur, et cependant de protester contre l'usurpation, en donnant à Licinius le titre d'auguste, avec le gouvernement de YIllyricum et le second rang dans l'empire (11 novembre 507) 2?
Le césar d'Egypte et de Syrie, Maximin, s'irrita de voir passer devant lui un homme qui n'était ni césar ni même apparenté à la famille impériale. Au commencement de 508, il se fit proclamer auguste par ses troupes, malgré la vive opposition de Galère qui, contraint de laisser ce titre à son neveu, ne put le refuser à Constantin. Il y eut alors quatre augustes légalement reconnus dans tout l'empire ; un cin-
1 D. N. DIOCLETIANO FELICISSIMO SEN. AUG. Buste, taure, à droite, de Dioclétien. Au revers, PROVIDENTIA DEORUM OUÏES AUGG. Deux femmes debout; l'une d'elles lève la main droite, l'autre tient un rameau et un sceptre. Moyen bronze.
- On a vu que Galère n'avait reconnu à Constantin que le titre de césar. L'édit de 311, dans le texte d'Eusèbe (Hisl. eccl., VIII, 17), donne le second rang à Constantin, et ni Maximin ni Maxence n'y sont nommés; cette partie du texte a donc été arrangée pour attribuer la prééminence à Constantin sur Licinius. Lactance prétend que le sénat donna en 512 le premier rang à Constantin. Il se peut que, après sa victoire sur Maxence, Constantin ait fait rédiger un sénatus-consulte dans ce sens. Par lui-même le sénat ne pouvait et ne faisait rien, mais il était facile à un victorieux de remettre pour un instant cette vieille machine en mouvement, et, dans la transcription de l'édit de 511, Eusèbe aura suivi l'ordre le plus favorable à son héros. Quant à l'omission des noms de Maximin et de Maxence, Tillemont (Hist. desemp., t. IV, p. 116) croit à une erreur des copistes. Il est plus probable qu'en reproduisant l'édit de tolérance, que Lactance déclare avoir été fait au nom de tous les princes, communi titulo, Eusèbe n'aura pas voulu y mettre le nom du prince, qui, six mois après, le violait, ni celui du vaincu du pont Milvius. Les documents officiels n'étaient pas en ce temps-Là des actes scrupuleusement transcrits.
unième, Maxence, l'était en Italie seulement, et le sixième, Maximien, promenai, ça et là sa pourpre augustale et son amb.tion mqmete,