‹ Histoire des Romains depuis les temps les plus reculés jusqu'à l'invasion des Barbares (volume 2)Chapitre 3 sur 112 · L.T^uIiIliprJ>>•I · texte numérisé non relu

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sans trésor, sans armée, sans provinces. Pour se donner tout ce qui lui manquait, il conspira contre son gendre, fit courir le bruit de sa mort dans une expédition contre les Francs, et, s'emparant du trésor de l'armée, laissé dans Arles, il souleva les troupes de la Narbonaise.

A cette nouvelle, Constantin accourt avec une extrême diligence; il se montre aux soldats qui reviennent à lui, et Maximien, réfugié dans Marseille, lui est livré (508). 11 vécut quelque temps près de son gendre, privé des honneurs impériaux et impatient de cette existence modeste. Laissa-t-il percer une sourde irritation dont Constantin se délivra par une exécution, ou faut-il accepter la tragique histoire que raconte Lactance, à qui rien ne semble caché, qui voit dans l'ombre et qui entend les paroles murmurées à l'oreille des princes? Écoutez son récit : Maximien trame de nouvelles machinations; dans une secrète entrevue avec sa fille, il essaye, par des prières, par des caresses, de l'entraîner à trahir son époux; il lui en promet un qui sera plus digne d'elle et il ne lui demande que de laisser ouverte la porte de la chambre où repose l'empereur, après en avoir écarté les gardes. Fausta raconte tout à Constantin. Celui-ci devine, dans les paroles de son beau-père, un projet de meurtre, et, pour prendre le coupable sur le fait, il ordonne à un eunuque d'aller dormir dans la couche impériale. Au milieu de la nuit, Maximien se lève et se glisse dans l'ombre. Tout semble propice à son dessein : les gardes sont rares ou placés trop loin. A ceux qu'il rencontre, il dit qu'une révélation importante vient de lui être faite en songe et qu'il la veut communiquer à son fils. Il entre dans la chambre impériale, poignarde l'eunuque, et, tout glorieux de son crime, gloriabundus, sort Tombeau de Maxi en criant : L'emper&ur est mort! Mais 1,1:,ie de rjMaxence (d'après Parker,

1 roruin liomanum).

Constantin paraît avec des gens armés; il

montre le cadavre, l'assassin qui reste muet et confondu ; il lui laisse

le choix de la mort, et le vieil empereur finit au bout d'une corde :

mien sur une mon-

.... Nodum informis leti trabe nectil ah alla'.

L'esprit remuant et l'ambition trompée de Maximien l'avaient jeté dans des intrigues qu'atteste le double complot, à Home contre son fils, dans Arles contre son gendre2. Mais l'histoire de ses derniers moments est bien étrange, on la dirait tirée d'un conte arabe. Nous

• Lactance, op. cit., 50, d'après Virgile, XII, GOj. - Zosime, II, 11, et Pan. vet, VII, li et 15.

ne serons sans doute pas loin de la vérité, si nous pensons que ce récit a été l'ait pour cacher ce qu'avait d'odieux le meurtre d'un vieillard qui, abandonné de tout le monde, n'était point à craindre, et dont l'époux de sa fille aurait dû respecter la vieillesse et les longs services (510) l.

Personne n'a jamais tué son successeur, et il en est des institutions comme des hommes, celles qui sont dans le sens de l'avenir finissent toujours par avoir raison de celles qui sont dans le sens du passé : Jésus était l'héritier nécessaire du Jupiter romain. Galère, n'ayant pu le tuer, s'avoua vaincu en faisant cesser la persécution, qui, toujours mauvaise, était de plus inutile si elle n'était point générale. Or Constance et son fils en avaient garanti les Gaules; Maxence ne la continuait pas dans les provinces d'Italie et d'Afrique2; le seul Maximin autorisait encore en Syrie et en Egypte des exécutions de chrétiens. Galère promulgua, le 50 avril 511, un édit où il disait : « Pour le bien commun de nos sujets et pour la conservation de notre empire, nous avions résolu de rétablir la discipline de nos ancêtres. Nous voulions ramener à de meilleurs sentiments les chrétiens qui avaient eu la témérité et l'orgueil de s'opposer aux pratiques établies.... Ils ont été exposés à de grands périls, et plusieurs d'entre eux ont souffert la mort. Puisqu'ils persistent dans leur folie, notre bienveillance envers tous nos sujets nous porte à leur permettre de faire leurs assemblées ordinaires. Cette indulgence les obligera de prier leur Dieu pour nous. » C'était la fin de l'ère des martyrs. Mais la bête fauve que l'humanité porte dans

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