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LES PUOYINCES.
comme elle séparait, il y a vingt siècles, la Numidie de la Zeugitaiie, tant les mêmes choses dnrcnt sur cette terre!
Tabraca avait le titre de cité romaine; de même Utiquc, dont les
Jlouuaie d'Hadiumelum*.
Monnaie de Thapsus-. Monnaie de L'ptis Minor''
ruines, par suite des atterrissements du Bagradas, se trouvent au milieu de champs cultivés, à plus de 10 kilomètres de la côte*;
Mosaïque à'IgilgiUs (Djidjclli). (Delamaro, E.rpl. de l'Ahjcrie.)
HippoZarytus (Bizerto), Carthage, Nenpoln (Nabcl), Hadrumetum (Sousa), Thense, à l'entrée de la Petite Syrte, Tacape (Gabès), étaient des colo-
• II.VDU. Tète de Neptune; devant, un trident. (Bronze.)
"- TIIAPSVM IVN. ,\VG. Tète de Livie voilée et couronnée d'épis. (Bronze.) 5 AEllTI. Buste de Mercure. (Bronze.) Voyez, t. III, p. 442, une autre monnaie de Leptis au même type.
* Uadrien lui donna le titre de colonie. (Aulu-Gelle, Nod. Atlicœ, XVI, 15.)
.i7G L'EMPIRE ET LA SOCIÉTÉ ROMAINE.
nies; Tliapsus, Lcptis Minor, et vingt-sept autres villes de la province, avaient les droits des cités libres'.
A l'intérieur, la colonisation fut arrêtée dans la Maurétanie Tingitane (Maroc) parles déserts ([ui avoisinent la Malva et par ce qu'on ai)pelle les montagnes du Uif. Mais, dans les autres provinces qui réi)()ii(l(Mil à l'Algérie, à la Tunisie et à la Tripolitaine, elle prit un rapide dévelopi)ement. Les innombrables vallées que forment les ramilîcalions de l'Atlas eurent chacune leur ville reliée aux cités voisines par des routes qui traversaient d'ouest en est toute la province, et qui descendaient, d'une part à la côte vers les villes maritimes, et (11' l'autre allaient au désert vers les postes établis au pied de l'Atlas ^ Ainsi de Césarée on gagnait, à l'ouest, la Maurétanie Tingitane par deux routes, dont l'une suivait le rivage et l'autre la vallée où passe aujourd'hui le chemin de fer d'Oran, entre le grand et le petit Atlas. A l'est, la voie principale, évitant l'épais massif du Djurdjura, allait à (Jarthagc par Oppidum Nuvum, sur les bords du ChéVif, Au:: ta (Aumale), dans le bassin de Tisser; Sitifis (Sétif), grand centre agricole d'où partaient huit ou dix routes; Cirta, la véritable capitale de la Numi(lie% qui était en communication avec la mer «^ par linsicade, comme nous avons relié Constantine à <^ la Méditerranée par Philippeville. De Calama (Guelma), " on descendait par la Seybouse à Bone. Par Tipasa, Na- Monuairâe Cilla ». y^W^^'it' ct Sicca Veueria (El-Kef), on atteignait la riche vallée du Bagradas (la Medjerda), où se voient encore les ruines de populeuses cités : Simittu, Dulla Bcgia, la résidence des rois numides, etc., servaient d'étapes pour gagner Utique etCarthage^
' l'Iiiie, llist. nat., V, 29. A ces trente villes libres, l'iiiie njoiile quinze oppida civium Romanorum et six colonies, mais, au temps des Antonins, il y en avait bien davantage. Beaucoup de postes militaires, castella, lunes, étaient devenus des villes. Ainsi une inscription de Turris Tamalleni cch'-bre Hadrien comme condilor municipii (Gut'rin, I, p. 24i). Marquardt (IV, p. 520-Ô2.")) donne une longue liste des colonies et municipes de la iN'uniidie.
- Ainsi, l'Aurès, partie du grand Atlas, qui couvre le su<l de la province de Constantine, entre Batna et Biskra, forme un massif, de (500 kilomètres de tour, habité par des Kabyles, qui ont été rarement soumis. Trois vallées, dont une seule aisément praticable, le traversent. Les ruines laissées dans ce massif par les Romains prouvent qu'ils y avaient tracé un quadrilatère dont les côlés aboutissaient à Lambessa, Ksar Paghaï, Badès et Biskra. (Bullelin de la Soc. de G('0(jr., sept. 1X80: les MonU Aourès.)
' On a vu, page .îijO, que Cirta et trois autres villes, ses colonies, formaient un Élat véritable : y/// Ciilenses. Cirta, qui doit son nom moderne à Constantin, pouvait, au temps de César, faire sortir de sou vaste territoire vingt mille fantassins et dix mille cavaliers (Bell. Afr., 2îj).
* Frappée l'an 43 avant J.C. à l'eftigie de Sittius. (Bronze.) Sur Sittius, voyez t. III, p. 357.
* BuUa Regia, ancieiuie résidence des rois numides, était à quatre journées de marche de Carlhage.
Au sud, par Zama, Rcgia, on arrivait à Iladrumète et à la Petite Syrte, près de laquelle cette longue route se terminait aux colonies de Tlujsdrus et de Thenx.
B^irêsiFCIissol.
^[illp* Romaine.
1* . ThuiliiflT ddj
Delta de la Medjerda.
Cette ligne aussi était double : au nord, elle jetait des tronçons qui pénétraient çà et là dans la Montagne de Fer; au sud, elle reliait les
villc^s (le Lnmba'sc, Thamugns, Thcveste (Tébessa), Ammedera (Ilidra), Thrlrplr et, à quelques lieues du lac Triton, la colonie de Capsa, qui l'onnail. à l'oricMil , le point d'appui de la longue cliaînc de ])Ostes luiiilaires' étendue à travers ces provinces, depuis le Rif jusqu'à la Cyrénaïque.
Les Romains avaient, comme nous, pénétré difficilement dans la Grande Kahylie; mais, en occupant tous les débouchés de cet épais massil", ils forcèrent les Kabyles à l'econnaître, pour vivre, la loi de ceux qui tenaient les vallées, et ils finirent par prendre pied dans leurs montagnes'. Même politique, avec des moyens différents, du côté du Sahara; ils avaient fermé par des défenses les
Mi>iiii;ii(; Tliyxdi-iix portant la tète d'AsIartù.
(Bronze.)
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Tiuines de Bulla negia{d'a\n-cs un dessin de .M. Cli. Tissot). (Voy. p. 470.)
gorges de l'Aurès, afin d'arrêter les incursions des nomades; ils avaient même franchi les hauts plateaux, pour descendre dans le désert et occuper quelques-unes de ses oasis. Nous ne sommes que depuis 1854 àLaghoual, cl on a vu à Géryville, sous le même parallèle, des vestiges de l'occupation romaine. Au pied du versant méridional
' Cadelln. mstia, jiv.-rsi'lia d les (■•t,■ll)ll^selllen(s des limites, limilanei. Ces postes s'étend.'iienl jusqu'à la frontière de la Cyrénaiiiue, prés de laipielh^ on a trouvé à Bondjem, en plein désert, une inscri|)tion d'un légal dr Nuiuidie. (Mar(piardt, IV, p, ."JOS, n° 8.)
* Voyez, page 479, la carte que le savant géograi)lie de l'Algérie, M. Mac Carlliy, a bien Toulu dresser pour ses ouvrages.
de l'Aiirès, ils tracèrent une route que des postes jalonnèrent depuis Biskra jusque bien loin dans l'est. Dans l'oasis d'El-Outhaia, au sud d'El-Kantara, Marc Aurèlc avait fait relever par ses soldats un arc de