CHAPITRE X
CONQUÊTE DE L'iTAUE, 367-265.
Cette histoire militaire d'un siècle entier peut se diviser en huit périodes :
1° De 367 à 345. Rome achève de recouvrer ce qu'elle avait perdu en 390 par suite de l'invasion gauloise.
2° De 343 à 341. Première guerre samnite. — Acquisition de Capoue.
3° De 340 à 338. Guerre latine. Soumission définitive du Latium.
4* De 326 à 311. Seconde guerre samnite; conquête de YApulie et de la Campante, ou soumission des peuples Osques.
5° De 311 à 303. Coalition des Samnites, des Étrusques, des Ombriens et des Herniques. — Soumission des Herniques et des Èques.
6° De 300 à 290. Seconde coalition des Samnites, des Étrusques, des Ombriens et des Gaulois. — Soumission des Samnites ou des peuples Sabelliens et conquête définitive de l'Italie centrale.
7° De 285 à 280. Troisième coalition des Étrusques, des Gaulois Sénons et Boïens , des Lucaniens et de Tarente. — Soumission des Étrusques, des Ombriens et des Sénons, ou de l'Italie septentrionale, moins la vallée du Pô.
8° De 280 à 2? 2. Guerre de Pyrrhus. — Soumission de Tarente et de la Grande-Grèce ou de l'Italie méridionale.
I. De 367 à 345. — La première période, qui comprend 23 ans, fut remplie, au dedans, nous l'avons vu, par les efforts des grands pour se délivrer des lois liciniennes; au dehors, par des guerres qui n'étaient que le résultat de la première invasion gauloise, et qui amenèrent encore plusieurs fois les barbares aux portes de Rome. Mais les plébéiens à la fln triomphèrent et firent accepter des grands l'égalité promise. Les légions aussi repoussèrent tous les dangers et, victorieuses des Étrusques , des Gaulois et des peuples ennemis du Latium, elles reportèrent la domination de Rome jusqu'aux frontières qu'elle avait atteintes avant l'invasion gauloise (voir p. 203).
De ces ennemis, les plus redoutés étaient encore les Gaulois. Ces barbares n'avaient pas oublié la route du Latium, qu'ils avaient impunément ravagé pendant sept mois. Vingttrois ans après le siège du Capitole, ils reparurent; mais Camille les atteignit près d'Albe , et dut à ses innovations dans l'armure des soldats une victoire complète. Polybe ne parle pas, il est vrai, de ce dernier triomphe du dictateur octogénaire; mais il en ignorait bien d'autres que la vanité romaine racontait longuement. En 360, disaient les Annalistes, les Gaulois campèrent sur la via Salaria, près de l'Anio. Un pont les séparait des légions et chaque jour un guerrier d'une taille gigantesque y venait insulter les Romains. Le tribun légionnaire Manlius accepta le défi, tua le Gaulois, et, lui arrachant son collier d'or (torques, d'où Torquatus), le passa tout sanglant à son cou. Cependant les barbares, qui semblent avoir été appelés ou soutenus par Tibur, Préneste et les Herniques, qu'effrayaient les forces renaissantes de Rome, ravagèrent tout le pays à l'est de la ville, et, passant entre deux armées consulaires, arrivèrent jusqu'à la porte Colline1. On nomma un dictateur; on arma toute la jeunesse, et les barbares furent rejetés en désordre sur une armée qui revenait victorieuse des Tiburtins. Son chef eut le triomphe. Mais, dès l'année suivante, les Tibur-