‹ Histoire des Romains depuis les temps les plus reculés jusqu'à la fin du règne des Antonins (volume 3)Chapitre 18 sur 45 · Tac., H., II, 58. — 2. IbiU · texte numérisé non relu

Tac., H., II, 58. — 2. IbiU

fanatique le suivait; il avait déjà réuni huit mille bomraes et le mouvement gagnait rapidement sur le territoire Ëduen. La noblesse de cette cité, à qui le sénat et les honneurs de Rome étaient ouverts, s'effraya de cette insurrection populaire. Aidés de quelques cohortes vitelliennes, ils dispersèrent le rassemblement et prirent son chef. On le jeta aux bêtes, qui déjà repues refusèrent de le dévorer : « Il est invulnérable, » criait le peuple. On dut le faire tuer par des soldats*. Plus près encore de Rome, dans ristrie, un esclave fugitif se faisait passer pour un noble romain que la cruauté de Néron avait forcé de chercher un asile dans ce pays écarté, et la populace, les soldats s'attroupaient autour de lui, quand on reconnut Timposture '. Tout TOrient enfin était troublé par la grande insurrection des Juifs^à laquelle le voisinage des Parthes et les étranges rumeurs répandues dans ces provinces pouvaient donner tout à coup de formidables proportions.

On sait déjà que Vitellius n'était pas Tbomme capable d'arrêter cette dissolution prématurée? Il avait à peine dépassé les frontières de la Belgique quand il apprit la victoire de Bédriac. Depuis ce moment, il ne traversa les villes que dans un char de triomphe et descendit la Saône sur des barques chargées de tout l'appareil des plus splendides festins. Aucune discipline parmi les gens de service; aucune parmi les soldats. Il riait lui-même de leurs violences et de leurs pillages. Arrivé dans la plaine de Bédriac quarante jours après la bataille (25 mai) et voyant quelquesuns reculer d'horreur devant les cadavres en putréfaction, il dit cette parole qui a été répétée ailleurs, dans des temps encore plus malheureux : « Le cadavre d'un ennemi sent toujours bon. » Il marcha lentement vers Rome, ruinant les villes et les campagnes sur son passage, car il traînait après lui moins une armée qu'une immense cohue : soixante mille soldats, dont trente-quatre cohortes de troupes auxiliaires; un plus grand nombre de valets, et des bouffons,

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