‹ Histoire des Romains depuis les temps les plus reculés jusqu'à la fin du règne des Antonins (volume 5)Chapitre 13 sur 44 · PI. Ep., X. — 2. Dion., LV, 2. Ulp., W6. ReguL, XXII · texte numérisé non relu

PI. Ep., X. — 2. Dion., LV, 2. Ulp., W6. ReguL, XXII

Faut-il se défier de la poésie, comme du poëte qui, malgré ses beaux vers, gardait sa légèreté ? ou croirons-nous que l'empereur parvint à rendre son peuple religieux et moral, en vertu des lois ? La loi n'a guère affaire en ces choses. Elle ne peut aller jusqu'au fond des consciences, arracher le vice et purifier les âmes. Cependant, comme elle commande aux actes extérieurs, par eux elle atteint quelquefois les passions qui les produisent. Cet homme qui, pendant quarante-quatre ans, fit peser sur la société romaine une volonté honnête, y ramena certainement un peu d'ordre, de retenue et de dignité extérieure. Il força ses concitoyens à se respecter eux-mêmes par des lois qui, après avoir fait quelque bien dans Rome, allèrent en faire davantage dans les provinces, où on les imita et les suivit mieux *.

Par malheur, j'entends Fauteur même du chant séculaire me dire : t Votre homme de bien 1 celui qui au forum, au tribunal at^re tous les yeux, mais écoutez-le donc lorsqu'il offre un sacrifice aux dieux. Il crie très- haut : 0 Janus, notre père 1 0 Apollon I Et tout bas : Patronne des larrons, belle Laverna, fais- moi la grâce de tromper tout le monde I couvre mes ruses d'un voile épais; cache mes méfaits dans une nuit profonde! Oh belle Laverna, faismoi la grâce de paraître toujours un juste et saint personnage*. »

1. On trouve des exemples de ces lois faites pour les citoyens et priset par les provinciaux dans Gaius, I, 47. Ulp., XT, 20. Dig., XXX, fr. 41, § 6. Cod., VII, 9, 3; VII, 71, 4. Ainsi la lex Julia de amhitu était à peu près inutile à Rome, où il n'y avait que des élections illusoires; elle, était trèsnécessaire dans les municipes, où il y avait des élections sérieuses et agitées. Rome n'était pas tout Tempire, et la corruption qui y régnait, grâce à tant de richesses accumulées, n'était pas possible partout ailleurs. Mais partout où il y avait des citoyens, les lois juliennes étaient appliquées, et dans les villes privées du droit de cité les lois locales tendaient à se rapprocher des lois romaines, par des emprunts fréquents soit à l'ancienne législation (Ulp. , XI, 18; Gaius, I, 183, 185, III, 122) , soit aux constitutions impériales (Plin. , Ep.j X, 71 , 72) , aux édits des gouverneurs (Gaius, I, 6) ou aux sénatus-consultes (Plin., X, 77). — 2. Hor., Ep.y I, 16.

218 L'EMPIRE SOUS AUGUSTEJ.

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