Suét., Tih.y
TIBÈRE DE L'AN 23 A L'AN 37. 4b5
des murmures à cause de la cherté des grains ; Tibère reprocha aux consuls et au sénat de n'avoir pas réprimé cette licence, nomma les provinces d'où il tirait des blés et prouva que l'importation était beaucoup plus considérable que sous Auguste. Un décret du sénat et un édit des consuls dont les termes rappelaient l'ancienne sévérité, ramenèrent le peuple au calme et à l'obéissance. Il ne craignit même pas de rétablir l'impôt du centième qu'il avait d'abord réduit de moitié'. Les magiciens étaient revenus et troublaient souvent les familles et la foule avec leurs prédictions, il les chassa. On proposait l'admission d'un nouveau livre sibyllin, il refusa, aimant peu les moyens de gouvernement de cette espèce et trouvant qu'il y avait assez déjà des oracles qu'Auguste avait revisés. Une année les délateurs, laissant en repos pour un moment la loi de majesté, s'étaient rejetés sur un règlement de César qui, pour combattre un des fléaux de Rome, l'usure, avait interdit de garder en espèces plus de 60000 sesterces et prescrit de placer le reste en terres ou maisons dans l'Italie*. Le préteur, effrayé de la multitude des accusés, fit son rapport au sénat ; mais les sénateurs eux-mêmes étaient tous coupables, aux termes de ce décret ; ils demandèrent grâce au prince, qui leur accorda un an et demi pour se mettre en règle avec la loi. Cette nécessité rendit l'argent très-rare ; toutes les transactions furent entravées et bien des fortunes tombèrent. Tibère intervint encore ; il constitua un fonds de cent millions de sesterces, sur lequel on prêta sans intérêt pendant trois ans, en recevant pour gage des biens fonds d'une valeur double*. Cette banque rétablit le crédit. Quelques mois avant sa mort un incendie désola tout l'Aventin, il renouvela les largesses qu'il avait faites en deux occasions semblables, paya le prix des maisons brûlées et dépensa encore à cette munificence cent millions de sesterces*.
Hors de l'Italie , l'aristocratie provinciale fut quelquefois
1. Dion, LIX, 9; Tac, Ann.y VI, 13. — 2. Dio., XLl, 37. — 3. Ann., IV, 16-17. C'est à peu près ce que nous ayons fait pour le commerce, après 1830 et 1848. — 4. Ihid., 45.
traitée comme celle de Rome. Un noble de Macédoine, soupçonné d'intrigues avec un roi Thrace , fut proscrit ; la loi de majesté atteignit deux des principaux citoyens de TAchaïe ; et Marins, le plus riche des Espagnols, condamné pour inceste, fut précipité de la roche Tarpéienne ^ Dans la Gaule, Tibère persécuta les druides, qui avaient favorisé rinsurrection de Plorus et de Sacrovir ; en diverses provinces, il dépouilla des gens qui, contrairement à la loi de César, avaient une trop grande partie de leur fortune en espèces, et ôta à des particuliers, à des villes le droit qui leur avait été antérieurement conféré d'exploiter des mines ou de lever des impôts ^ Dans le dernier cas, son intervention était utile. Il y avait prudence de la part du gouvernement à empêcher les administrations locales de charger leur ville d'impôts onéreux, comme elles n'y sont que trop disposées; quant aux mines, celles d'or étaient propriété de l'État.
Un fait rapporté par Josèphe doit éloigner l'idée qu'une sordide avarice présidât à l'administration des provinces. Lorsque le tétrarque Philippe mourut, en Tan 34, Tibère réunit ses domaines à la Syrie, mais en s'engageant à faire dépenser dans le pays tout l'argent qu'il en tirerait*. Pour expliquer la formation du trésor qu'il laissa à sa mort*, il n'est pas nécessaire de croire à de cruelles exactions que Tacite lui-même dément. La sévère économie du prince, attestée par mille faits et continuée pendant un règne de vingt-trois ans, suffit, avec les confiscations prononcées à Rome, pour en rendre compte. Du reste, il persistait dans son système des longs commandements qui assurait aux provinciaux
1. Tac, Ann.y VI, 18, 19. Tibère confisqua les richesses de Marius et les mines d'or qu'il détenait contrairement à la loi. Peut-être les deux Achéens avaient-ils trempé dans le complot du faux Drusus, en Tan 31. Ânn. jY, 10. — 2. Suét., Tib.j 49. II se pourrait que les raisons qu'il donne de ces faits ne fussent pas plus exactes que les renseignements qu'il fournit sur Vonon, tué aussi à cause de ses trésors, suivant lui, et dont Tacite raconte tout différemment la moi-t. — 3. A. /., XVIir, 6. — 4. Deux milliards sept cents millions de sesterces , dit Suétone (Calig.^ 37) : six à sept cent millions de francs, accumulés en vingt-trois années de règne ou environ vin^t-huit millions par an, si les chiffres de Suétone sont exacts.
des administrateurs au courant de leurs intérêts. Poppaeus Sabinus garda les deux Mœsies , la Macédoine et TAchaïe pendant vingt-quatre ans; Arruntius, l'Espagne pendant plus de dix années ^ Il y en avait huit que Lentulus Gétulicus était à la tète de Tarmée de Germanie*. Aussi les consulaires ne désiraient plus ces places difficiles qui les exilaient de Rome pour si longtemps, et Tibère fut réduit à se plaindre au sénat de ce que personne ne voulait plus aller gouverner les provinces, ni commander les armées. Ces refus, qui ne venaient pas d'un désintéressement généreux, sont pour nous un sûr indice de la dépendance où l'empereur tenait ses agents et de la bonne gestion qu'il exigeait ^ Deux des plus importantes provinces, l'Afrique et la Syrie, avaient à sa mort pour gouverneurs deux hommes d'une rare probité, dit Tacite, et d'une vertu antique ; en Egypte, l'administration du préfet Flaccus fut irréprochable, aux yeux même de Philon, son mortel ennemi, tant que Tibère vécut*. Aussi les provocations qui de loin en loin leur venaient restaient sans effet. Tacfarinas en Afrique n'avait ramassé que les vagabonds et les bandits; Florus ne put soulever la Belgique, ni Sacrovir la Lyonnaise. En Grèce, un faux Drusus se montra après la mort de Séjan, fit quelques dupes et disparut sans que Tacite ait pu apprendre ce qu'il était devenu.
1. Il est vrai que Tibère, à qui Arruntius était suspect, le retint à Rome. Lamia ne se rendit jamais non plus dans son gouvernement de Syrie [Ânn. , VI, 27), sans doute de son plein gré, car Lamia était un des amis de Tibère, qui lui donna un poste tout de confiance, la préfecture de Rome {Ibid.). Claude fut obligé de forcer, par une disposition légale, les gouverneurs qui lardaient à se rendre dans leurs gouvernements, de quitter Rome avant le milieu d'avril. (ipaSÉo)?.... éx tyî; tcôXêw; éÇoppLwjxévoi;. Dion., LX, 17. — 2. Tac. Ann.j VI, 30. Cf. Dion, LUI, 14; LVIII, 23. — 3. Sidon et Damas étaient en contestations pour leurs limites. Les gens de Damas donnèrent une grande somme d'argent au juif Agrippa, petit-fils d'Hérode le Grand, pour qu'il les appuyât de son crédit auprès de Flaccus,. gouverneur de Syrie. Celui-ci l'ayant su s'irrita fort contre Agrippa, lui retira son amitié et le chassa de sa maison. Les gouverneurs républicains n'étaient pas si austères. Jos., A. /., XVIII, 8. — 4. Silanus et Vitellius. Cf. Tac, Ann., Vf, 32. Dion, LIX, 8 et Phil. El; ^Xàxxov, p. 965-6. Sous Tibère, dit-il, p. 980, B. D, tous les gouverneurs qui changèrent leur autorité en tyrannie furent nfiis en accusation à Rome et jugés sans haine ni faveur, selon la justice.
Aux frontières, la paix ne fut un instant troublée que par la révolte des Frisons, en l'an 28. Un primipilaire, commandant de leur pays, exigeait en tribut des peaux d'urochs au lieu de peaux de bœufs, les Frisons le chassèrent et tuèrent quelques Romains surpris auprès d'un bois. Tibère ne voulut point d'une guerre au delà du Rhin, qui pouvait remettre encore la Germanie en mouvement, il laissa les Frisons libres du tribut.
Sur l'Euphrate la politique romaine avait reçu un autre échec. A la mort du prince établi sur le trône d'Arménie par Germanicus, Artaban avait fait reconnaître dans ce pays son fils Arsace; puis il avait réclamé, avec les trésors laissés en Syrie par Vonon, son ancien rival, les provinces autrefois possédées par les Perses, c'est-à-dire toute l'Asie Mineure (35 de J. C.). Tibère ne s'émut pas de ces hyperboles orientales. 11 choisit un de ses plus sages capitaines, l'habile et prudent Vitellius, dont les vertus, dit Tacite, rappelaient .alors les temps anciens; et il l'investit d'une autorité supérieure dans les provinces de l'Est*. A cette concentration de toutes les forces romaines en l'Orient il ajouta des moyens encore plus sûrs. Un prince d'Ibérie, Mithridate, fut encouragé à faire la conquête du trône d'Arménie; on noua à Ctésiphon même une conspiration entre les seigneurs Parthes mécontents % et un des Arsacides détenus à Rome fut envoyé en Syrie. Celui-là ayant été emporté par une maladie, un autre, Tiridate, lui fut substitué; enfin, Vitellius acheta à prix d'or les peuples du Caucase qui ouvrirent aux Alains les portes Caspiennes, et déchaîna ces barbares sur les derrières de l'empire des Parthes qu'il se préparait à attaquer lui-même de. front par l'Euphrate K Ce plan réussit ; Artaban vaincu deux fois en Arménie, et menacé d'une révolte universelle, s'enfuit chez
1. Cunctis quœ apud orientem paràbantur,.., prœfeciu Atm., VI, 32. . — 2. Un d'entre eux, le gouverneur de la Mésopotamie, avait servi sous Tibère en Dalmatie et avait été gratifié du titre de citoyen romain. Ann., VI, 37. Josèphe dit expressément que Vitellius acheta les proches et les amis d'Artaban. A, J., XVIII, 6. — 3. Ibid,, 4.
les Scythes, tandis que Vitellius, passant le fleuve sans résistance, présentait Tiridate à la foule accourue au-devant des légions. L'incapacité du nouveau prince rendit presque aussitôt des chances favorables à son rival. Chassé de Ctésiphon, il se réfugia sur les terres de l'empire; mais Artaban, éclairé par ses malheurs, se hâta de traiter avec Vitellius; il lui donna son fils Darius en otage, avec de grands présents pour l'empereur*. Tibère, plus heureux qu'Auguste, pouvait donc se vanter, à son dernier moment, d'avoir imposé la paix aux Parthes après avoir montré les aigles romaines au milieu de leurs provinces.
Il avait alors atteint sa soixante-dix-huitième année, et depuis quelque temps les forces et la vie l'abandonnaient. Cependant son esprit était aussi actif; il affectait même l'enjouement pour cacher un dépérissement qui frappait tous les yeux, et il changeait fréquemment de séjour. Il s'arrêta enfin au cap Misène, dans une ancienne villa de LucuUus. Un habile médecin, Chariclès, vint l'y voir, non pour lui donner des soins , car Tibère se moquait de ceux qui , passé trente ans, avaient besoin que d'autres leur apprissent ce qui était bon ou mauvais pour leur santé ^. Chariclès, en prenant congé du prince, étudia son pouls sous prétexte de lui baiser la main, et découvrit que sa fin approchait. L'intention n'échappa point à Tibère. Au lieu de punir cette indiscrétion audacieuse, il commanda un festin et resta à table plus longtemps que de coutume, comme pour faire honneur à un ami qui allait le quitter. Cependant Chariclès informa Macron que l'empereur n'avait pas deux jours à vivre; le 16 mars il fut pris d'un long évanouisse-
1. Suét. {Calig.j 14) et Dion (LIX) placent l'entrevue de Vitellius et d'Artaban après l'avènement de Caligula. Suétone {Tib. , 66) parle môme d'une lettre d'Ârtaban pleine d'invectives sanglantes. Mais je préfère suivre le témoignage des deux écrivains juifs, qui furent presque les témoins oculaires des événements. Josôphe dit {A. /. , XVIII , 6) qu'après la paix faite avec les Parthes, Vitellius allait, par l'ordre de Tibère, marcher contre les Nabatéens, lorsqu'il apprit sa mort; et Philon déclare que Tibère n'avait laissé nulle part à son successeur un germe ou une étincelle de guerre (Leg, ad. Caium, p. 1012, C). — 2. Tac, VI, 46.
ment; lorsqu'il en sortit, il appela ses esclaves, et personne ne répondant, il se leva, soutenu par son énergique volonté, mais retomba mort auprès de son lit (16 mars 37 de J. C. ').
Je crois avoir montré Tibère tel qu'il fut , n'aimant ni la pompe, ni le bruit, ni la foule ; méprisant l'adulation au point de trouver son sénat trop lâche*; bravant la haine; dédaignant de flatter le peuple autant que d'en être applaudi ; n'estimant le bien, le mal qu'à la mesure de l'utile; esprit actif et ferme, mais triste et dur, sans préjugés ni croyances, si ce n'est celle du destin', et impassible, implacable comme lui; soupçonneux, parce qu'il rencontra toujours la bassesse et la trahison; à la fin, cruel, parce qu'il se sentit menacé. Longtemps il gouverna avec modération, et toujours dans les questions d'administration avec sagesse ; mais lorsqu'on lui eut empoisonné son fils unique, lorsque dans son palais même, et parmi ses favoris, ses ministres , on eut conspiré contre lui , il se vengea sans pitié. Une fois sur cette route, il ne s'arrêta plus, car nul ne tue si aisément que celui qui a tué déjà. Il y a aussi une ivresse de sang; elle gagna à la fin ce ferme esprit. Isolé , sans appui , sans défenseur intéressé à sa cause , il frappa tout autour de lui comme un vieux lion fait le désert
1. n courut plusieurs récits sur la mort de Tibère; les uns voulaient que Gains lui eût donné un poison lent, comme si ses 78 ans ne suffisaient pas; d'autres qu*on l'eût laissé mourir de faim; d'autres encore qu'on l'avait étouffé sous un matelas. Cette dernière version est la plus tragique, celle par conséquent que Tacite a choisie. Nous préférons celle de Sénèque, qui était alors à Rome, et qui devait être bien informé.—
2. Suét. , Tib.f 27. On de ses mots ordinaires était : Oderint dum prohent {Ibid,y 59), ou encore: 0 twmines ad servitutem paratos! (Ann., III, 65.) —
3. Suét., 69. De là sa crédulité à l'égard de l'astrologie judiciaire, faiblesse qui a trop longtemps régné pour que nous ayons le droit de l'en accuser beaucoup. Nous lui reprocherons davantage son peu de goût pour les arts (Suét., Tih,y 47), quoique, en bon administrateur qu'il était, il ait achevé les monuments commencés et veillé à la bonne conservation de ceux qui existaient (Tac, Ann.j VI, 45; Dion, LVII, 10), sans mettre son nom sur aucun. Il faut aussi attribuer autant au régime de terreur qui régna dans les dernières années, qu'à l'absence de talents élevés, l'absolue nullité littéraire de l'époque de Tibère.
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autour de son antre. Vue ainsi , cette grande figure est moins tragique ; je la crois plus vraie.
Personne assurément n'aimera cet homme à qui rien d'humain, comme dit le poëte, ne battait dans la poitrine. La nature, l'éducation, les travaux accomplis lui avaient donné une haute et sévère intelligence ; le pouvoir absolu et les circonstances firent de lui un abominable tyran. Nul ne voudra justifier les cruautés de ses dernières années : le sang versé crie toujours; mais n'oublions pas qu'il y a eu des tyrannies plus odieuses et plus coupables, parce qu'elles ont été volontaires. Tibère, provoqué, accepta la lutte qui devait éclater nécessairement tôt ou tard dans une société où manquaient à la fois les institutions et les mœurs qui souvent en tiennent lieu, et dont la vie ne sera par conséquent, sauf à quelques rares moments, qu'une révolution continuelle. Or nous savons quelle est la justice des temps de révolution. Un des membres de notre tribunal révolutionnaire disait aussi : «Nous ne sommes point des juges; ils ne ;5ont point des accusés. Il n'y a ici que des ennemis politiques, eux et nous.» Voilà pourquoi tout soupçon qu'on inspire devient alors un délit, et tout délit un crime. Temps malheureux où une fausse logique endurcit le cœur et étoufle la voix de la conscience. On aimerait mieux de glorieuses inconséquences et tous les hasards d'une imprudence généreuse que ces champs clos où Ton s'égorge judiciairement; et l'on ne saurait admettre que Tibère n'eût pu trouver, même après la mort de Séjan, d'autre moyen de gouvernement que la hache des licteurs.
Sa situation était certainement plus difficile que celle d'Auguste. Upouvait cependant continuer son rôle; il préféra déchirer brutalement les voiles que la main de son prédécesseur avait jetés sur le despotisme. Le sénat, les chevaliers, toute la haute société romaine, tremblèrent devant lui, et à son tour il trembla devant tous*. Mais le gouvernement et les mœurs d'un pays sont solidaires ; comme
I, Timet timerUeSj metus in auctorem redit. Sén., Œdip,, act. , III.
la liberté élève les caractères, la tyrannie les abaisse; celle-ci spéculant sur les passions mauvaises, les excite; et la société souffre doublement dans ses intérêts politiques et dans ses intérêts moraux. Ici la peur amena la bassesse; la fierté du citoyen étant brisée, la dignité de l'homme tomba; et le niveau de la conscience publique descendit. Les âmes humiliées n'eurent plus à opposer au vice la meilleure sauvegarde, le respect de soi-même. Voilà les fruits du despotisme. Auguste les avait semés, Tibère et ses successeurs les cueillirent. Sous la double pression de la force matérielle et d'une civilisation corrompue, la force morale diminua jusqu'à sembler disparaître. Mais à ce point elle rencontre presque toujours un ressort énergique capable de soulever le monde, une foi nouvelle ou le droit, Dieu ou la liberté.
Quatre ans auparavant les princes des prêtres, en Judée, conduisaient devant le procurateur un homme qu'ils accu- "saient de se dire roi des Juifs et fils de Dieu. Pilate ne trouvait en lui aucun crime, et ce royaume de la vérité lui semblait peu redoutable : il aurait voulu sauver la sainte victime. Mais, comme à son maître. Tordre public lui importait plus que la justice: il céda lâchement devant l'émeute en disant: « que son sang retombe sur vos têtes; » et le crime s'accomplit*.
Tibère avait vu tomber devant lui trois héros de la résistance des nations aux Romains, Hermann, Tacfarinas et Sacrovir; mais le héros de l'humanité triomphait en périssant. Les bras du Christ étendus sur la croix du Golgotha allaient envelopper le monde', saisir sur leur trône les héritiers mêmes de César, et aider à les en précipiter.
1. La date pour la mort du Christ varie de l'an 27 à l'an 33, qui «st la date généralement suivie. Clinton, F. H. prend l'année 29. — 2. Michel- Ange a dit dans un de ses sonnets adressé à Vasari : Amor divino CK aperse a prender noi in croce le braccio.
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