PRÉFACE
L'élude des roses est assez complexe pour effrayer bien des botanistes. Aussi, parmi les manceaux, le nombre des rhodographes se réduit à Tunité. Desportes est le seul qui se soit occupé sérieusement de ce genre épineux. Encore est-il vrai que son Rosetum gallicum (1828) n*est guère qu'une compilation à Tusage des horticulteurs. Mais, les quelques pages de sa Flore du Maine (1838) consacrées aux roses sarthoises prouvent qu'il avait fait de ces dernières une étude attentive et qu'il les connaissait bien.
Exception faite du R. gallica, qui n'est pas indigène, les formes énumérées dans son ouvrage sont au nombre de 34, rapportées à 9 espèces et généralement classées avec discercernement. Mais, les diagnoses manquent assez souvent ou sont trop courtes et, comme Ta fait observer Guépin (fl. M.-et-L., 2* éd., p. VII), il est vraiment regrettable que Tauteur, « doué d'une érudition immense et du meilleur esprit d*observation^ ne nous ait pas fait jouir du fruit de ses longues recherches sur les plantes litigieuses de son département. » Il aurait aplani bien des difficultés.
Dans son Catalogue des plantes de Saint^Calais (1852), Diard, ajoutant à la liste de Desportes 7 formes nouvelles, en indique en tout 17, se rapportant à 8 espèces. Diard s'était donc occupé quelque peu des roses. Mais, plusieurs de ses déterminations paraissent inexactes ou incertaines. Son her-
hier, conservé au collège de Précigné, ne comprend qu'un petit nombre d'échantillons très incomplets et ne donne pas une haut^e opinion de la connaissance qu'il pouvait avoir du genre Rosa.
Plus récemment (1890), dans un opuscule ayant pour titre : « Contributions h la flore de la Sarthe, » M. Tabbé Chevallier a signalé, sans les décrire, d'après les déterminations faites ou confirmées par M. Tabbé Boullu de Lyon, il roses sarthoises. Sa liste en comprend 8, que Desportes et Diard n'avaient pas connues.
Dans mon Inventaire général (1892), j'en inscrivais 5, en plus des listes précédentes. Depuis, j'en ai rencontré 6 nouvelles. Enfin, Déséglise en a signalé 2 autres comme appartenant à la Sarthe. C'est donc un total de 62 roses indigènes, dont 49 ont été considérées comme espèces, que nous devons examiner.
Grâce au concours de M. l'abbé Bourmault, professeur au collège de Saint-Galais, et de M. Launay, instituteur à Crésur-Loir, à qui je dois les plus sincères remerciements, j'ai réuni dans mon herbier la plupart de ces formes, représentées en ce moment par 434 numéros, occupant autant de pages. le possède donc un ensemble de matériaux à peu près suffisant pour la discussion, que l'examen de différents herbiers m'a permis de compléter.
Avec la plus grande obligeance, le savant rhodographe de Bruxelles, M. Crépin, a bien voulu chaque année vérifier mes récoltes. En lui présentant l'expression de ma profonde gratitude, je le prie de m'excuser si, dans quelques cas, je ne partage pas tout à fait sa manière de voir quant au groupement de certaines formes. L'opinion d'un modeste disciple sur quelques points particuliers n'en laisse pas moins incontestée l'autorité du maître.
Amb. GENTIL.