‹ Histoire des Roumains et de leur civilisationChapitre 10 sur 62 · DOMINATION DES PEUPLES DE L.\ STEPPE · texte numérisé non relu

DOMINATION DES PEUPLES DE L.\ STEPPE

séquent l'époque où le nouveau onUe fut adopté par ta population. Sans doute des termes tels que « Dumnereu » qui vient du latin Domine deux; « SInt » (1). qui signifie saint; >< cruce », qui signifie croix; « icoana ", qui représente le gréco-romain icon {v.yjur*) ; ff altar ». < tinipla >>, ■ rugaciune ». « Inchinaciune >•. où l'on t les mots h\\ rr, templa, roijatio-

nem, iiu iiem; •» cunu ura », qui vient de

communicare. communion; « marturisire ». de marty' fie confesser: « blastam », qui vient de , preot », qui vient de preshyter (2), ne

portent aucune marque chronologique, aucun cachet mais le terme de « biserica » (basilica) ment substitué au mot ecciesia (église en français), n'a pu s'introduire dans nos régions avant rép<Hi nstanlinienne, où fe eu" ' m-

men< e pnÉtiqné dans les bu ^es

jusqu'alors aux affaires de justice et aux réunions publiques. Il faut tenir compte ausM du fait, très important, que la religion est seulement la loi, « lege », et que pendant longtemps ce terme fut employé presque uniquement dans le sens religieux, étant remplacé en ce qui concerne le droit par obiceiu, coutume, tradition <ohicciiil paminiului, coutume de la terre). Si la liturgie latine a conservé en Occident le « Credo », la langue roumaine seule donne un terme populaire dérivé de ce mot latin : crez.

(1) Cr nom %c consenc dans \ts forine<i comDOtées: Sînt-

I' nt-

tru. " i'uur ac pas coafundre

c« n^"' iat. $um, je taii, on ent-

I' forme simple uu vocaiilc inflocoeé par le toiti

(I >iave : • sflnt ■.

.et, si pour No«l on a le il 7 a auMl le «yoonyme

38 HISTOIRE nns nnti mains

1 <>r^<|iie les Goibs arriv(;ron( sur )<■ Dniiiln*. ils étaiint ^luîens. C'est seulement sur la rive liruiU- qu'ils adoptèrent la religion de Constant inopKe au m* siècle, rhèréaie arienoe; ces gens d^raprii «iaipte, mus par ime logiqae enfantine, ne pouvâèenl «dnietire l'unité divine dans la Trinité. QuMit k « Thomme romain «, le /^omf/}, parlant le ' m ' " ira

avec ses évoques («7 st

resté intact, pour les prélats latins, on emploie la forme: pixcnp) sur cette « terre » qui étii' r lui la patrit;, ioro, âans ces villages, sate, à .1 nom

latin (satOf semailles, champs labourés). 11 n'entra pas dans une nouvelle formation politique h 1; t " il aurait fallu prêter serment — le roumain ;» . ^é

jurare, juramcnium dans l'ancien sens, non corrompu, de ces termes — et dans l'armée de iaquelleile aurait dû servir — car pour lui aussi l'arnice, oasie, vient du mot latin qui indique l'ennemi, hostis. Les notions de seigneur, de vassal, de fief, de service, introduites par le régime germanique en Occidenl, lui sont restées absolument étrangères. Il n'a pas même, pour désigner le Germain, un mot tiré directement de sa langue: c'est ie Neamt, d'après le sluve Niémetz. Si, pour ses coutumes populaires, pour ses superstitions, pour '-s illégales, défendues par l'EgU.se, pour son ]i...;..,;.iun et son sj-stème de cuJture, pour ses ustensrles et pour les ornements de sa casa, de sa cabane (car ka mansio, dont vient maison, a disparu, pour ne ]x>int parler de la domus classique), il a conservé tout l'ancien trésor de la àkvWmÊÊoa thraœ primitive; si l'esprit thrace \H dans la s^folaxe, à commencer par la juxtaposition de l'article à la suite du nom (omul, correspondant au latin homo i7/e), — pour tout œ qui oonoeme la \'ie politique, Rome seule était restée linspIndDrlce. Il n'y a pas d'autre autorité que Ja « domnSe » idominio)» du f domn > {dominas) qui est l'empereiir, appelé

DOMIXATIOM DES PBUPLCS DE LA STEPPE 30

Imparat, comme l'albanab ne connaît pas nob plus d'autre sonvwttin que le mbrei (imperator). Le notioo <Ie la royauté est aussi étrangère au Roumam que relie ck prmcipat germanique, avec ses ducs et ses oonites; c'est aux Slaws qu'il empruntera plus tard les termes qui les désignent: craiu (de knri, dérivé do nom même de Charlemagne, Carolus), cneaz, Voévod. Le centre de groupement est ha « dlé •>, cetate, nécessairement fortiliêe. Le trAne de ses maîtres sera le scaun. scamnum (chaise) ; la Capitale est donc dans la ' «-etate do Scaun ». Le k citoyen >, le cetatean, ♦•niK-mi de tout ce qui est étranger, slrain (extraneut) vi< encore par la pensée dans l'ordre romain, dont aucune réalité ne peut le détacher. 11 attend, sous Dioclctien, sous Cunsiantin. de même qu'il attendra sous les empereurs byzantins, le retour des drapeaux. Isolé (f, *>r--' j>ar te n^alheur des temps, il lui appartient t .ir l'àme.

Les barbares de la steppe purent prendre bientôt la

]>■ ' ■ ■ . I.es Huns, chas-

s.i l'Athanaric et de

Fridigem, s'établirent en Fannonie; i>s fondèrent

r l'ire d'Attila qui ne dura pas même un siède; la

Y^iiation indigéiK>. augmentée de colons qu'ils transportèrent de force dans les territoires d'outre Danube, leur paya la dlme. envoya des présents à la cour du Khagan. et n'eut plus rien à craindre d'eux. Les Avsres, après avoir se journée dans la Bessarabie m< 'e,

M ■■• ■ — it k*s Huns dans cette même Panmoniv, ,.^ ne } it, au vr sièi'le, qu'une antre forme de fa

(! licpie purement extér^enne; çà et là.

1' . .«'.; .iyi i>Ui' Kvs aborigènes, restés intacte sous

la protection de ces maîtres qui n'avaient d'autre Inté* rét que celui de se maintenir.

Slaves kt Roumains. — A oe moment, «e produisit

dans 4a seuk région du l>anube, et non dan% ct\ïe des montagnes, Ir grand passage des Slaves vers tes Bal- OÊBB et le littoral adrîatiqiie.

L'influence considérable qu'on leur a attribuée n'est pas justinée par l'examen des sources btstorique^. ou bien par l'étude des nururs et de kl langue. N'esl-on pas allé, au gré des intérêts politiques, jUM|u'au point de conforvdre notre peuple, si manifestenient latin pour tout ce qui concerne l'essentiel de la pensée, du sentiment, de la \ie individuelle et sociale avec la grande masse slave dont il est entouré? Or, l'anthropologie et l'ethnographie ne comtattent pas te type slave chez les Roumains, mais bien le type thrace, brun, court de taille, vif de physionomie et de figure ouverte. I>es emprunts faits aux Slaves par le langage n'ont fait que nuancer, souveiit même simplement doubler, le fond primitif servant à exprimer ies idées et les sentiments (à côté du verbe a iubi, par exemple, aimer, on a l'ancien sens du verbe: o placea; cher, les Roumains balcaniques: a vrea, vouloir). Si les termes concernant l'agriculture sont »laves, les noms des animaux sont tous sons exception d'origine latine: slaves sont les mots désignant, non les opérations fondamentales an labour, mais seulement les opérations dérivées, et surtout les ustensiles: et l'histoire montre que le commerce danubien, d'abord latin et grec, puis devenu slave au vi* siècle, a fort bien pu fournir, par les achats dans les \illes du rivage et dans les foires inedei, mot slave), ces termes nouveaux. La nomenciature géographique, si elle est manifestement slave en Transylvanie, a une ancienne origine sarmate. Ainsi limitée, on peut dire cependant que cette infUrence fut la î*eule réelle et profonde.

Mais la steppe continuai .1 vn^oyer ses j>< inii.m.-> vers ce grtiml chemin du Danube qui menciit aux splendeurs de Hyrance. Le» noux^aux envahisseurs

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