CHAPITRE VU
Eléments de la civilisation roumaine à lépoque moderne
ELéMENTS POPULAIRES DE LA CIVILISATION ROUMAINE.
— Une partie des éléments de là civilisation roumaine qui se développa depuis le xv* siècle était d'ancienne origine populaire. Nous avons déjà signalé la riche hérédité thrace. contenant tout un systèn " bitationa, d'exploitation agricole, tout un art pi , commun
k tous les peuples voisint ayant la même base ethnique primordiale, Serbes, Bulgares, Albanais, Grecs même, au Sud, et, au Nord-Est, Ruthènes; puis, dans Tordre spirituel, les mêmes coutumes, les mêmes superstitions, la même mélodie des chants poi' ' ' -^ mornes rythmes simples de la danse (le rc i
est encore le terme grec classique) et jusqu'aux mêmes allures d'une syntaxe qui marque d'un sceau archaïque tous les parlers de ces régions.
A voir l'aspect des maisons à un seul étage, avec leur foyer séparant deux chambres, avec leur ballustrade de bois sculpté, avec leur large cour et leurs haies de branches entrelacées, à contempler les lignes des vêtements, la forme du bonnet et celle du manteau jeté sur les épaules, la chemise ornée de dessins multicolores sur ces épaules, sur la gorge et sur les ila ceinture de laine ou de cuir, ornée de L:. ...... s
pointes de métal et contenant tout un appareil d'armes et d'outils, le pantalon de toile et les sandales de cuir;
à étudier les formes diflTérenies des omemeaU de ces vêtements, ainsi que des lignes qoi se détachent sur le» in\''. ''(\ue et les con-
tours des v; ; i i'Ulaire; ù cons
tater enfin l'aspert des champs labourés, on a, de la T - "^^ Art et du Ténare su Taira et ni
Bc n de se trouver sur un ni> .1.
territoire de civilisation rustique. Cette impression sera confirmée si l'on écoute les chants mêlant*-'- *""* de la (loina roumaine, les accents vivaces qui les danseurs de la hora, si l'on suit les mouvements d'enlaccn)ent. de trépidation sur place, d'élégant défilé de cette danse: enfin si l'on prête l'oreille aux récits en pruse de ces hasme, de ces povesti, dont la lointaine origine doit être cherchée dans les fables de l'Asie in-> rlicnne. riche en fantaisie et en enseignements moraux: si l'un se pénètre du sel de ces facéties qui animent soirées populaires des sezatori, où les fuseaux dér<^u lent le fil ténu du chanvre et du lin; si l'on assiste aux processions des rois mages avant Noël, aux vœux ; sentes sous les fenêtres spécialement éclairées du lage par les enfants qui viennent célébrer, en chantant, les ■ ' ■ "^ ■ aux farce ^
rencontre, pour la Nouvelle Année, déj <■ Duros-
toruni ' si l'on se pénèti
des c« I antes qui aocoiii,
de Pâques, bien que cette grande fête chrétienne soit re^' ■ re aux vieux décor de l'époi;
i romaine sur ce fond thrace ,
profonde. Le vocabulaire roumain ne peut renseigner là-(i j: '' -ne manière bien insuffisante, car un
gr.i notions désignées par des termes d'o-
h aient indubitablement déjà connues par
1< ivant la première apparit*-v ^ •? émigrés
iLt ant plus avant l'œuvre a ic par les
124 HlSTOim DBS ROUMAINS
légions sur la rive gauche du Danube, et, d'autre part, un grand nombre de mots latins ont cédé la place h des mots slave», choisis pour tel ou tel avantage ou imposés par les marchands slavo-byzantins des cités danubiennes. Néanmoins, ce vocabulaire peut servir ù montrer quel était le capital de civilisation élémentaire possédé par le peuple roumain au moment où il entra en relations avec de nouveaux facteurs ethniques, par l'invasion, le voisinage, la cohabitation ou seulement par l'influence des courants de culture.
Les termes qui regardent la maison avec ses H ' rentes parties, sont latins: casa (maison), fereastra :; nétre), usa (ostium porte), coperemtnt (couvrement), scara (escalier), strat {tratum, lit): plus tard on employa le terme pat, d'origine byzantine oa peutêtre même latine ( I) et il en est de même pour ceux qui désignent les meubles: masa (mensn, table), scfiun iscamnum, chaise), ou les ustensiles de ménage et les outils ac (aiguille), ata (fli), degetar (doigtier), foarfece (forbices, ciseaux), cittit (couteau), furculita (fourchette), teaca (gréco-latin : thecn, gaine), oala (olta, pot), utcior (urceolus, urne), galeata (cf. fr. galette, unité, de capacité pour l'eau et pour les gr:i" pahar (bocal), cupa (coupe). Il faut mentionner cialement les termes qui désignent les occupations du paysan aux champs icâmp) et celles de sa femme dans l'économie domestique. Si le mot plug est d'origine germanique, labourer s'appelle a ara, semer a samana, cribler a treira, récolter a secera, a culege; la paille s'appelle paiu, le foin, qu'on coupe avec la falcc, faulx, /d/i); la sécheresse, c'est la seceta (siccHas).
Toutes les variétés des céréales et des légumes portent des noms latin: ^rdii (blé), orz (orge), ovat (avoine), sacara (seigle), meiu (millet), puis: fasole
(1) Communication de M. le profesacar V. Bo^^a.
ÉXÉMENTS DE LA CITIUSATION ROUMAINE 125
{faseolum, haricot), faua (ancien terme pour fève), ceapa (cepa). aiu (ail), curechia (cauliculum, choux). Le dernier produit du travail de l'agriculture porte aussi des noms de même origine: faina (farine), lamura (farine de première qualité), pane (pain). Le vocabulaire de !;i vilirulture: vita (vitis), aua iuoa), uin, bute (.totineau, il. hotte). Tous les noms d'arbres fruitiers et un assez grand nombre d'arbres forestiers sont tirés du latin: nialus), gutuiu h'
nia, coingj, cvr , , par (poirier),
etc. (le gland s'appelle ghinda).
ti>s ; ^
sont d'origine latine); le « ghem » (cf. : rer)
déroule son fir (fil) de chanvre (cânepa lin
tin), pour former le tort (de torquere; l'op» >'ap-
pelle a toarce, et il y a aussi le verbe a uni, ordire) de toi' -a: on a ir -'^spondant latin). I>es ctofTes
de ^inà) s'aj , . dans le vieux langage rou-
main panura, du latin pannus, bien que le terme de postav, d'origine slave, ait été importé plus tard par les marehands étrangers. Pour fabriquer ce drap, sHon les anciennes méthodes simples, on emploie le pillon. la piua, piva ipillula), qu'on rencontre encore près des cours d'eau dans des clairières de forêts, où elles font entendre jour et nuit leur bruit monotone. Coudre, a coase, est tiré du même fonds.
Les pièces prinei}>:!lcs du vêtement populaire ne sont pas empruntées au trésor slave: s'habiller se dit a se tmbraca, d'un terme qui rappelle les braccae, les « braies i> des Sarmates (français: débraillé), aussi bien que des (laulois; mais le vêtement s'appelle au mànt. On rencontre la chemise, camata, la >.....:^.u brâu ibranum), la courroie, curea, la tarica des barbares, qui a conservé le nom latin, la chaussure, incaltntnintf (cahenimnliini : il v a âUssi le vieux terme
126 lUSTOIRB on ROUMAINS
calce) ; même les boucles d'oreilles, cereei {circuit), ont conservé Iti - dénonii *' ' ' ^
bracelets,/ "iiftau&.s it
le nom a été transmis du latin. Le peigne est pieptene, et l'on a gardé du fonds ancestral. avec le balai, matura, le savon, sapiui, sopon, et la lessive, lesie.
Dans un domaine plus spécial, la culture des abeill?»
s'est transmise sans interruption depuis 1' de?»
Agathyrscs, avec les produits de Val nlh,
blanc): la miere et la ceara. Toutes les o, le
l'apiculteur sont rendues par des termes w .M.i^.,i, latine. Il en est de même pour le travail des mines. Tous les métaux: aur, argint, arama, fier, plumb, cositor {cassiterium, ctain), et les minéraux: "'•' •"■'■<- '♦'' ont gardé les anciqos noms.
Pour les relations sociales, le voiabiiiurc lalin donne tous les termes indiquant les relations de famille: mania, iata (père), frate, sora, socru {aocer), euscru, cumna (cognatus), uar primar (cousin " mier »). Les noms des principaux artisans sont laL.. . lemnar (lignarius)» fierar ou faur (faber)* rotar (de roata, roue), tâmplar, celui qui fabrique des templa (d'autres noms, dulgher, stolcr, pour les artisans du bois, sont entrés dans le trésor linguistique en même temps que les artisans étrangers pénétrèrent dans la communauté roumaine). Enfin le commerce s'appelle negot, négoce, le marchand negustor, marchander a neguta; on dit prêt pour le prix, masi:
l'unité de longueur est encore le cul Vendre et acheter seront donc a vinde et a cumpara, prêter, a ' • gain de l'emprunteur, l'in-
térêt, est i w debenda).
Les termes concernant les occupations du soldat et ses moyens de combattre sont restés intacts: u ' '<% se battre, faire la veille,^ a vcyhea (cf. le m. if
Dcghe, latin vigiliae). Le guerrier porte dans 1' •< ost ».
ÈLàUESrS DE LA CIVIUSATION ROUIIAIXB 127
oatte, sons son chef, le cap de oa$te (capiton parait être de source byzantine tardive), un coif latin (casque), et il manie le sabrc« aabia, l'épée, spata, l'arc arcul, dont part la « saette » française de jadis, sayeata, il fait retomber sur rennemi sa terrible massue: maciuca, de même origine. L'ancien nom du drap«ui, avant le steag slave, est flamura iflambura).
On a vu qu'il en est de même pour la loi, pour le jugement et, en ce qui concerne la vie supérieure de l'àme. pour la religion aussi (1).
Otto (ouolic première de civilisation contenait aussi des idées p<j|i tiques et sociales que les influences ultérieures purent modifier, mais non remplacer. La vie rurale des daoae, des oici, des pagi romains, des territoires autonomes, se perpétua à travers les siècles, avec sa conimunauli^ de sang entre les habitants d'un groupe village< ndant du même ancêtre, que des Rou-
mains a^^..... .U « moi » (d'où le nom de Moaneni, mos-
teni pour ses descendants, et celui de mosie pour l'héritage terrien lui-même. Personne n'était prop-
d'nn terrain délini. dans cette exploitation fraU
des champs de labour, où chacun avait le droit de cultiver sa « part •> {parte; le mot en arriva a remplacer tout autre terme désignant la propriété), les limites de chaque lot, fixées par le degré de la descendance, n'avaient jamais été transposées sur le terrain qui ne connaissait pas de bornes (margine, d'origine latine, a seulement un sens géographique, et granita, de l'allemand *" anal slave, ainsi que hotar, du hongrois,
s importés h une époque plus récente), dhacun de ces groupes vivait par lui-même et pour luimême. « adoptant » seolement — ainsi qae nous l'avons montré — de temps à antre les jeunes fens qui.
n uteario, Btgmologitehts WôrUr^uch âtr Bu-
nui; c. ItW.
128 ristoihb obs roumaiks
abandonnant tout leur passé, venaient se marier daat le village et se confondre dans son unité t' U%
familière et, pour ainsi dire, politique. Auss. .. ..m> merce cessa-t-il, et il n'y eut plus, à l'exception des foiffs au-delà des fr< -s sur
telle montagne entre ^ .. a venait
marier les jeunes fliles {târgul de fête), que le troc des rares objets qui formaient h- ' "une vie écono-
mique basée sur le seul trav;ii ^ue.
Si la vie rustique vient des Thraces. Rome avait infiltré dans l'àme des Thraco-Illyriens cette n '' nécessaire, indispensable, de l'empereur, qui se ire aussi bien chez les Roumains que chez les Albanais. On avuqu'»'" rcha au moyen âge ces aventures royales et iiiii ^ qui coûtèrent aux Bulgares et aux Serbes le meilleur de leur sang, les jetant dans des lattes incessantes dont le but devait être la couronne des Césars d'Orient ou celle de leurs concurrents d'Occident. Cette notion d'un seul droit politique, nécessairement légitime dans le sens traditionnel, permit aux Roumains de conserver l'idée d'Etat dans la forme modeste du Voévodat paysan, pour qu'elle put se développer aussitôt, abandonnant cette aire rurale des Carpathes, au premier concours favorable de circonstances.
Influences byzantines et slavo-byzantines. — Bien avant la première influence féconde de l'Occident, qui ne pouvait s'exercer que par un con oc le monde colonisateur des Saxons de Tr:r le, au XII* et au xiii* siècle ou par le monde marchand des Italiens, donc à l'époque de l'activité des Gt riois et des Vénitiens dans la Mer Noire, au xiii* et au XIV*, une puissante influence, venant du Sud, féconda cette semence primitive de « ' '"in Ihran ne. qui contenait des germes ; > d'un . i>ement supérieur.
ÉLÉMENTS OB lA aVIUSATION ROUMAINS 129
Si les Byzantins, de tradition romaine, de langue grec<7ue et de coloris oriental, ne passèrent le Danube que pour écarter la menace d'une attaque des Slaves, des Avars ou des autres Tourcniens et pour affirmer les droits imprescriptibles de l'Empire, il y eut des relations incessantes entre les paysans de la rive gauche et les rentres iirhains *; «^rvèrent sans interruption, pendant tout le . .^ âge, leur force de rayonnement économique sur la rive opposée. Plut tard, de grecs qu'ils étaient devenus après une première phase latine, ces centres gagnèrent un caractère slave, et nous avons déjÀ signalé l'apport de mots étrangers qui en résulta pour la langue rou-
111 ai II.-.
Les monnaies byzantines, en commençant par celles du VI* siècle, sont très fréquentes dans tous les trésors mon " s qu'on a découverts dans ces régions. Mais, du t que les Roumains n'avaient pas encore
une vie organisée, un prince aux allures royales, une cour, une armée permanente, une vie sociale plus développée, avec tout le luxe d'une classe supérieure, se partageant les offices civils après avoir collaboré à la gloire du maître, cette influence de Byzance, d'un caractère surtout politique, ne pouvait pas s'exercer d'une manière sensible.
Les î N Voévodes qui affi- . protciilinn
d'être k ni « de tout le pay^ m , i-taient
encore de simples princes-paysans, continuant la tradition impérip^ ' 'ii"^ modestes.
S'ils se réfugii . r, dans leur forteresse d'Arges, s'ils purent s'annexer le centre urbain de Càmpulung, fondé par les Teutons •! habité par (les Iraurgeols originaires de Transylvanie, s'ils avaient hérité des Tatars un système douanier et si. enfin, le Ban hongrois de Severin leur fournissait sa
ISO HtsToinc n» roumains
monnai > ne ^ ciaiont encore assuiitie >
ce qui .1 .c une vroic vie d'Etat, stipéricn
simples usages patriarcaux.
La rapide arrivée en \ . i !
ments: prélats. lettrés. nol»U . ^u. , quête turque chassait de leurs patries baicaniqucs. dut amener un changement presque inopiné. Il y eut bien sous Laîco, protecteur du siège latin d'Arges, qui employait une chnncellerie latine empruntée h la Hongrie et scellait même ses actes, ses traités, d'un sceau avec une inscription latine, une légère inclination de la balance du côté de l'O ; mais l'Orient trouva bien-
maine.
Il y eut ilabord l'influence directe de Couilaaliuople, qui, sous les Palcologues, devait reprendre, avec de si faibles moyens matériels, l'ancien programme de la domination romaine. Le " despotat » était un moyen de réunir tout ce qui s'était formé d'indépendant dans la péninsule balcanique à la vie byzantine, à la dynastie qui la i< tait et l'incarnait; car ce titre ■
pote, a\i oit de porter la pourpre sur le vi
et la chaussure, de faire broder l'aigle bicéphale des empereurs sur les chlamyd cnémides et le^ " quins, n'était accordé qu \ auxquels on a\ l'honneur du mariage avec une princesse impériale. Mircea. le fils de Kallinikia, porte donc dans son portrait du couvent de Coria un costume de chevalier franc selon la mode introduite en Hongrie par les Angevins, mais sur sa tunique de pourpre l'aigle se ■'' ' -■ en broderie d'or; on a vu déjà que, étant « d< . il
(1) Cette monnaie s'appelait le • ban ■, qui > : our
les petites transactions, tandis qn* l'aspre et 1'! de
Bjzance <lr mot ptrper, parpar. resta Jusqu'à n ' dans le nom d'un impôt sur les vignes, le parp<tr : pour les gros prix.
•WHU
lLéME!rrS DR LA CTVIUSATION o... „-,...,. 131
avait gagné le droit de posséder légitimement Théri-
tage maritime de l><>broliisch, '< despote » lui aussi par
ses lien» de parente avec les Césars. Maintenant une
j)o\e, dans les s d'églises, sur
.- .1 aux longues L - .1 à la barbe de
Christ, comme celle des « basileis » de Constantinoplc. Il donnera des privilèges au bas desquels le vautour valaque posé sur le rocher sera bientôt remplacé, dans des sceaux comme ceux des chrysobules, par !*{• maf: figures couron-
née^ . , : ie la chancelle-
: ie impériale feront ressortir le caractère «• très pieux », pour le Christ i-nt
comme un <• un :an-
quera pas de faire flgnrer au bas de ses diplômes le mo-
-n lettres rouges . - ' - ni le titre du dona-
. si auparavant 1 >de ne pouvait que < ' ier à un couvent ou à un soldat son droit de préle- \\r la dîme sur sc« ■■: • :..•........• :i . i...-^ç,y|l
S4»n «Iroit inipéria! >. et
tôt on le verra confirmer toute mutation de profil, té en vertu d'un droit supérieur qu'il s'attribuait sur le sol de sa - domnie », de son principat. Lorsque
'■■'•e Dan 11, feront leur ap-
r,- " -" i. ....,, ..i-, cette influence directe de
n'en sera que plus forte: elle aurait continué à
na-
,- • -,^ .iile,
. I me avant l'établissement des Sultans dans la Capit < s que celles par la
Mri . i......:-c.
Quant à là Moldavie, elle n*eut de relations politiques
avec l'en ^ous le règne d'AIe-
e-Bon. < époque des livres
tithurgiques en slavon et en grec, des inscriptions
grecques sur les murs de *" " ' * " a et enfin des
132 HISTOIIIE DIS nOt'MAIMS
broderies, ornées du portrait liu jimnf et df ^ i Mime, dont le caractère d' <• autocrates » est afli: nu |*.ir une légende grecque. Comme Jean V'II. empereur de Cont» tantinople, associé à son père, le très vieux César Manuel, passa, en revenant d'Occident, par la Moldavie, vers le port de Chilia, on parla plus tard, non teulement de telle image dont il avait fait don à son hôte et qui continuait à faire des miracles dans le grand couvent de Neamt, mais aussi d'un acte de reconnaissance solennelle accordé ;'• rr.f;if .f ;• I*F.L»li«i*» nmldaves.
Byzance avait aussi un moyen ind. '^r
son influence. Qu'étaient, en effet, cc^ i; n iu
Danube, ces royaumes et ces Tzarats. sinon des contrefaçons de ses institutions? Avant de périr, le despotat serbe venait justement de donner une nouvelle école de clercs, celle d'Etienne le philosophe, contemporain du grand Patriarche bulgare Euthyme. et. par leur « Tzarat » de Vidin, les Bulgares conservant encore des traces de la civilisation byzantine, s'étaient rapprochés des possessions du prince valaque.
Entre les actes de Stachiniir. prince de Vidin au milieu du xiv* siècle, entre ceux du despote Etienne, fils de Lazare, et entre les premiers actes des Voévodcs de V^alachie, il n'y a aucune différence: même forme, même style, mêmes ornements. La langue est, d'un côté comme de l'autre, l'ancien slavon de Méthode et de Cyrille, ce dialecte de Macédoine dont les apôtres instinctifs du slavisme avaient fait une langue lithorgiqne. une nouvelle forme canonique de l'Ecriture Sainte, et qui avait dû envahir les chancelleries à une époque où l'Etat et l'Eglise n'étaient pas encore séparés comme plus tard au temps de la Renaissance.
On peut aussi se demander si c'est Constantinople seule qui donna à la principauté vnlaque les titres et les attributions de ses offiiicMs et dignitaires, tels
qu'on les rencontre dans les actes de Mircea et de ses successeurs: le logothète, maître de la chancellerie. Je vornic (de duor, slavon: Cour), le majordome, le palatin de la résidence, du •< sacré palais •*. le vistiernie, au nom s]a\isé. qui gardait le Trésor, le comit (venu du latin cornes, par le canal byzantin), qui avait sous su surveillance les écuries princières, puis le spatar, chef des armées, dont le nom. qui pourrait venir «^ lain épata, épée, est ce; > un em-
prunt • (U « ^athaiïos » de Co lople, le
postelnic, cubiculaire ou chambellan, et enfln ces stra* ton • • f • • %. nom «1.
ent I que avr
imitateurs slaves.
Cette influence passa aussitôt en M frontière n'axant pu séparer la vie spi ^
tement unitaire, de la nation. Elle y trouva cependant une autre influence slave, d'origine byzantine infiniment plus ancienne, parce qu'elle date des premiers contacts entre les Russes de Kiev et les Impériaux romains et orthodoxes du Bosphore. I^s premiers se<*rétaires des Voévodes moldaves vinrent de la Galicie russe, de la Cour des princes 1 ns. qui
avaient succédé aux rois de la Russie Ho.^^.. v i un formulaire plus bref, plus concis, mêlé de ces éléments latins que les Voévodes du Marmoros avai<
avec eux à Maia, se distingue nettement d, .....
phrase pompeuse qui domine dans les diplômes valaqups. I/ordrr ' ires est aussi plus
des sei^ru-urs . sans fonctions à I
des conseillers n'ayant pas d'autre qualification, des chevalit rs, des " s» ou *>* 's
à la m 'ologne, - >ec les ij ^ >
détenteurs des charges d'un caractère byzantin. Les bufRrnves paraissent dominer de leur importance militaires tous les autres. Il fallut attendre le règne
134 BlSTOim ou nOU MAINS
d'Etienne-le-Grand pour que la hiérarchie adoptée déjà par les Valaques pa«tAt dans l'autre prind-
nnilti'.
T; MAiNt. — Avant la ton ^ luchie, las RMimalns
n'avaient que des églises de bois, et le clergé était formé uni(|i ' de prêtres, d'origine paysan i
sacré à Vu . par des •• exarques » |> i
moins canoniques, qui vivaient dans les monastères, comme ces « pseudo-év^ques » que mentionne dès le commencement du xiii* siècle un bref du Pape. Des ordonnances impériales avaient bien attribué, ainsi que nous l'avons déjà dit, au xi* siècle, des droits de surveillance au PaLriarche de Silistric. qui devint bientôt le simple Métropolite négligé d'un ville appauvrie, et à son sulTraganL. l'évoque de Vidin: mais on pense bien que celui qui devait réciter les prières devant l'autel rustique ou devant une de ces croix de bois au dessin naïf qui orne encore les grandes routes, ne pouvait pas venir du fond de la Moldavie future pour demander la consécration à ce cbef hiém
Aussitôt cependant qu'il y eut un j; .1, . a Arges, il sentit le besoin d'avoir auprès de lui un archevêque, car l'un était, selon les idées de l'époque, le ment de l'autre. Non pas un évêque latin, c. été donner à entendre que la nouvelle principauté était dans la dépendance du nie de H
uais bien un Métropolite 01 1 , pour i r
^si. non seulement le caractère orie-ntal de la religion chrétienne dans cette région, mais aussi 1' » autocratie » du voévode. Or le Patriarche trcuménique, dont l'action était déterminée par les même motifs d'impérialisme byzantin que celle de sr. '" - * ■ • guère disposé à admettre une pareille j traire à l'idéal de domination romaine de l'Empire
^L^MENTS DE LA r.fVILISATIOS ftOLIfAINK 135
î :n<' (•<'{><• lulant le prince AlCKbodre,
'! i*'jà, proliahiement, la bcllr église for»
tifiée de Saint-Nicolas (Sân-Nicoara) sur !• place la {>' ' ée (le sa capitale, persistait dans mmt demande <[ pouvait pus rt-fiiser ju<»qa*au beat à an « éf'
naste m qui pouvait bien se toamer vers les propaga»- ' '' - " 'i<pu^, on recourut à un biais; on lui perà Ar^cs. comme Métropolite de la Hongro-Valachie • (dintincte de la Valachie thessalienne, balcanique) et " exarque des plateaux •> (ptaûtrO, le prélat qui. presque sans fldèles, résidait, dès le commencement de ce XIV* siècle aa moins, à Vicina. près du point de séparation des branches da DaniilM. Peutêtre m«>me ce jjrec de création patHareale, Hyacinthe, m iser les i. jj^
«-e trouva.. .. , ...-S rinflut'i-, . ,. , ^ ; oé-
ode valaque. maître des rives danubiennes jusqu'à
circonstances dans lesquelles