CHAPITRE XII
Renaissance roumaine au xix*^ siècle
par l'idée nationale militante après l'Union
des Principautés
Hhi ORMis sor.iM.is SOI s m; imunç» Liza. — i.e règne de Cuza dura peu; il succomba en février 18G6 sous les coups d'une conspiration militaire ourdie par les libéraux et par certains conservateurs, également mécontents d'un « tyran >• qui osait mépriser les formes constitutionnelles ou plutôt <« conventionnelles » pour atteindre le fond même de sa mission. Pour bien comprendre son rôle, il faut se rappeler que, dans les intentions des électeurs, aussi bien que dans la conscience de l'élu, il n'était que provisoire: on avait confié le pouvoir à un noble indigène, d'une énergie et d'une franchise qu'on savait sans égales, uniquement pour accomplir le programme dérivant des Divans de 1858.
Il y avait des milliers de paysans non propriétaires, obligés de fournir aux boïars, pour l'usage de la terre, un service personnel qu'ils abhorraient, surtout à
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cause de son caractère ari ^rne du
territoire, donné jadis par 1< . a leurs
couvents, avait été soumis ensuite. « dédiés », ponr empêcher les usurpations, aux Lieux Saints, aux grandes maisons religieuses de l'Athos, de Jérusalem, d'Alexandrie, etc.; les moines grecs qui, pour prix de Içur protection, n'auraient dû se faire attribuer qu'une faible partie des revenus, s'en emparèrent abusivement. De même que celle de paysans, cette question des « couvents dédiés » traînait dès le commencement de l'ère du Règlement Organique, et Cuza devait la résoudre, de même qu'il s'était engagé à en finir avec l'opposition manifestée par la Porte à l'égard de l'acte même de l'Union.
Contre la Russie, qui soutenait les Grecs, et contre l'Angleterre, qui ne voulait pas abandonner les Turcs. Cuza expropria, « sécularisa » les biens des couvents, sommant les moines de présenter leurs prétentions à des dédommagements: comme ils tardaient, la Chambre leur ofTrit, en décembre 1863, une somme très imporf T es saints Pères espéraient gagner en tral-
nair ire en longueur et en invoquant toutes les
autorités auxquelles ils croyaient pouvoir recourir. En 1807, une autre Chambre allait déclarer la qoes* tion '< close ».
Aussitôt avait commencé la discussion de la qoe»- * irale, dans une Assemblée composée de bolars
ibles, non seulement à cause de leurs intérêts matériels, mais aussi parce qu'ils croyaient voir dans !•' p- ' • mi ne ménageait pas leurs sus-
rc\> des formules creuses du libé-
ralisme, tel que l'avait formulé et pratiqué l'époque du Sf^ronrl F — ■-•. On ne put pas s'entendre au moins
i{Hjui [< le au paysan le droit de propriété sur
ce tiers du bien-fonds ancestral que le Règlement
260 histoihb des roumains
désormais la propriété absolue d'un maître qui était plutôt un usurpateur. Kogalniceanu, auquel Cuza avait ronflé l'ex de ces mesures, co -
d'Etat en(-< ! aussi par Tezemplc «i i
nouvel Empire français enraciné par le plébiscite. La loi rurale fut prou " me l'avait propo-
sée le prince; la graim tit créée ainsi, à
c6té du lopin accordé au paysan, et elle l'était sur des bases solides, alors qu'il aurait fallu des soins incessants pour faire valoir le champ de l'ancien serf. Ce ce fut pas la faute de Cuza si ces soins manquèrent sous un nouveau régime.
Les décrets princiers de 1864 avaient créé aussi un Sénat dont la moitié des membres fut nommée, le chef de l'Etat ayant aussi le droit de désigner le pr '" dent de la Chambre et de prolonger le terme d'un ; get.
Ce régime du Statut, dont le titre avait été emprunté au royaume d'Italie, fut confirmé par un pébliscite écrasant et par l'approbation ultérieure des Puissances; il exaspéra l'opposition, dans laquelle se réunissaient, ainsi que nous l'avons déjà dit. les grands propriétaires, incapables d'apprécier le bien qu'on leur avait fait, et les libéraux armés contre 1' « usurpateur ». Elle provoqua d'abord une échauflTourée de paysans pendant l'absence du prince ù l'é!
elle recourut à un complot militaire qui ri- ^--
ques mois auparavant. Cuza. qui venait de provoquer de nouveaux ' ts en adoptant ses bâtards, avait de ..: iient qu'il était prêt à remettre, aussitôt son œuvre accomplie, le pouvoir qu'on lui avait confié et don ( " ne forte <' " , nt jamais tiré vanité. On ^ >i qu'il a\> ^ son successeur le duc de Leutchenberg, descendant des Beauharnais par ^ Grande-Dachesse Mari
nENAlS&AN< t " 1267
raux anti-russes avaient ajouté cri article u la
,,, 'Hr> lisfi- il»-» Icllrc r-i'.' r 1 iii'i n -1 1 i. in V l.> i . l . —
A^^r. . r. dont U
randidature avait été déjà posée, de Bruxelles,
nt 1809. mais qui refusa r- " ' ■ •.- . -.. i^
l et ses uQiis de la «< Lit.. s
s avoir pris l'avis de Napoléon 111. qu'on avait
^si à tourner contre Cuza. s': ' * — ' - "rr-
iiie du prince Charles de 11 tn-
'^i-i\. ^iiy (1. %in;^t-scpt ans: il était i ilor-
U'iisc *ic licauharnais, fi''- "!"ptiv«. ..^ .««,..,.con I**; par son père nit-ine il lit d'une sœur du roi
Murât. 11 avait \ comme un parent par
'n souverain qu. ir des vassaux sur le
i. et il avait espéré obtenir la main d'Anne Murât,
ne.
-.. . . - . .nie
chef de la famille pur les représentants de cette branbe, et r -té
. ce par 1<- lit
les succès de Bismarck.
W- j' , . . '>>it
rendu aussitôt en Roumanie, au risque de se faire
lier par les .^ " ' ' de
la Prusse, a .l(*s
difilcultés. Il satisfit Napoléon 111 en évitant pendant
I * avec la Russie, car ce fut
visite au Txar Alexandre II à Livadia; puis un mariage projeté avec la Grande- " : ' M - Tjjj aJMindonné, Charles 1" ayant
al>eth de Wied. apparentée ik la M.iison d'Orange, mais qui avait passé des années à la Cour de Pétersbourg. où -" - "onservalt des rela-
268 ifisToinr de» itorwAiNS
[t< - H's liai( MHS. Ml le graïKi kiu'/c serbe Mi
i».i de rVitiiU'sl.ivir de ses rêve», lui pi •
satt une confédération balcanique capable de résister à tous ceux qui convoitaient la possession de (' * tinople, en même temps que le prince du Mo:. courtisait le chef des Principautés et que le roi d<-
Grèce cherchait à s'appuyer sur lui. il n'o^
dre une résolution. Cependant jamais la )> que, séduite par l'idéal impossible d'un vrai Kmpirr unitaire, pareil à celui de Napoléon, n'avait été si invilente: on avait imposé au fier Hohen/ollern, non seulement le voyage à Constantinople. où l'on aurait voulu le traiter en haut fonctionnaire du Sultan, comme les Hospodars antérieurs à la guerre de Crimée, mais encore une convention formelle nui serrait plus rt tement les liens de la Principauté avec la Porte; cl. reconnaissait en efTet que la Roumanie était une « partie intégrante • de l'Empire, ce qu'elle n'avait jai été: elle lui interdisait le droit, réclamé hautement pa Cuza. de créer un Ordre et de battre monnaie, de recevoir des ministres étrangers et de conc' " "itres actes internationaux que de simples con )s de voisinage: les ministres du Sultan, dont les remontrances avaient élé déjà rejetées avec in'i 1865 par le prince indigène, malgré sa sr ;. caire, ne craignirent pas, à l'occasion de nouveaux troubles, de lui signifier qu'il devait prendre garde ft à ce que pareille scène ne se renouvelât plus ".
En outre, le nouveau prince était à la merci des partis auxquels il devait le pouvoir, partis qui. après s'être coalisés pour mettre fin au règne de Cu/^. stdivisèrent de nouveau: des discordes acharnées éclatèrent en effet: entre les conservateurs de Dém •- Ghica et de Lascar Catargi. les conservateurs pro, sistes de Nfanolachi Costachi et les libéraux, les « Houges » révolutionnaires et républicains de Jean Bra-
fl£NAISSA.\CC ROl'MAINE AV XIX* SIÈCLE 269
tianu. personnalité partlcalièrement active et très sympathique, et ceux du sévère, du « pur •> tnazinien Ro-
"•es de < politi-
. ogramm* Lai avec
les besoins actuels, si nombreux et si profonds, du ' '^ « Rouges D étaient les plus puisnt de fait — par leur propagande ncessante, par leur organisation solide et par la popu> • • du journal de Ro " '' • Rou-
1 "). (Iharles 1" aurai ,• leurs
is son sort et celui de la dynastie. Or les radicaux • -'ries, non seulement à Pétersbourg. mais . où tel d'entre eux avait été dénoncé jadis lie ayant trempé dans des complots contre l'Em- I ..ur. Il fallut sacrifier Bratianu, qui ne pardonna l>as cette abandon au prince qu'il avait lui-même introduit (lins If pays, et donner le pouvoir à Ghica, fil:, lie Huspodar, homme très riche et très influent. Quand les conservateurs furent les maîtres, Napo- ' 111 leur I Vienne comme appui. Ils n'hési-
nt pas a a icr la protection autrichienne contre des adversaires intérieurs si forts et si remuants. D.'s 1869, cette protection fut formellement le,
tt le voyage de Charles I" à Pestb et à \- lut
présenté comme un acte glorieux pour ces deux pays
spéciales le cop nt. La
imposée au prin ».»n en-