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CHAPITRE II

Formation du Peuple Roumain

Populations primitives. — D' s

plutôt au hasard, sans plan d' ^^ juc

hier encore, sans une étude approfondie des résultats obtenus, nous r< ut sur les « ' .k de la première civilisatiui: une. On a li > j)0teries grises et rouges, parfois d'une facture assez délicalc et d'aspect varié, — il y en a de pti ' des statuettes représentant grossièrement d* des ustensiles en métal, des armes de bronze d'une forme élégante, très semblables à celles mises au i îi^ dans les fouilles pratiquées tout au fond de l't dent. Des ornements, qui montrent une grande habileté de la part de ces artisans antérieurs à l'époque historique, compliquent le pommeau des épées, alors que les vases offrent déjà ces lignes biseautées qui caractérisent toute une époque de l'art préhistorique. De riches matériaux, conservés aujourd'hui à l'université de Jassy, moins ceux qu'on a eu l'imprudence de " prêter " à Berlin, ont été trouvés à Cucuteni, près de re même Jassy, dont l'emplacement parait avoir été entouré de tout un groupe d'établissemei^ts assez peuplés, violemment détruits au cours d'incursions, dont l'histoire n'a pas gardé le souvenir, car c'est le feu qui a mis (In à ces plus anciens foyers de la civilisation naissante. Nous nous souvenons d'avoir vu toute une belle collection particulière venaDt des montagnes mol-

FOUMATION Ol' PKtPLt liOUMAl.N

daves, de la région de Neamt, près de Pialra. Dans le district de V ' i. près de Valenii-de-Munte, on a été surpris il uvcr. pres<[u'à tleur de terre, grâce

j)eut-être à une œuvre d'excavation antérieure, devant le plus riche trésor d'armes de bronze qu'on ait déterré jusqu'à aujourd'hui. Ailleurs aussi, des amateurs ont recueilli des pièces isolées, comme celles qui formaient, vers la moitié du siècle dernier, les collections fort mélangées et pleines d'objets faux, d'un l> "liac ou d'un Papazoglu, et qui furent réunies plus laid au musée archéologique de Bucarest.

Kn général, le peuple n'a pas perdu le souvenir des pliires où ont vécu les précurseurs de la vie roumaine acluelle. M les signale en parlant des traces laissées par les « géants » {uriasi), par les « Latins » païens I rtini) et par les < Juifs •> (Jidovi), ce qui parait désigner plutôt les Khazares de la steppe russe, peuplade de race ouralo-altaïque, comme on sait, mais de religion iuivo. Ces vilUiges préhistor' i s,> trouvent le plus

souvent sur les hauteurs, (<■ ^ ^ plus tard par des monastères et des citadelles du moyen âge historique .! laire désigne par le terme emprunté

de <- cetatui •• (citadelle). Quant aux nombreux tumuli visiblement artificiels, ils correspondent souwnt aux kourgans russes; ils contiennent, avec de la poterie, îles armes, des restes d'animaux sacrifiés, de la cendre et des squelettes de rois et de chefs barbares; certains recouvrent d'anciennes liabitalioiiN; (i'.iutus iiaraissent n'avoir servi (|ue pour sij^naler par des feux d'avertissement le jiassage des hordes qui, jusqu'au Vf* siècle envahissaient presqu'annueliement le pays.

Les restes humains trouvés éventuellement dans les anciens foyers préhistoriques n'ont pas encore été soumis à une étude attentive; l'anthropologie n'a pas fixé d'une manière tant soit peu précise les caractères phy-

14 MISlDinir. I1IL& noDklAINI»

Hiques (le cetto raie Ihrace. dont nous parlerons bientôt, à la civilisation trè.s avancée de laquelle on a rattaché les témoignages d'art trouvés ù leurs côtés. Etaient-Us, ces ancêtres, pareils ou non aux hommes < '•!-

taient à la même époque les vallées de la 1 aie

Balcanique et qui s'étendaient sur toute la vaste région comprise entre l'Adriatique, le Pont Euxin et l'Archipel? Tout ce qu'on peut dire, c'est qu'il y a de sérieuses raisons de croire que cette civilisation primitive est thrace; d'autre part, il est certain que d'un bout à l'autre de la région carpatho-danubienne formant le territoire unitaire sur lequel se développa plus tard la race roumaine, il y eût, à l'époque néolithique, une civilisation primitive d'un caractère parfaitement unitaire (1). Dans la couleur, les ornements et la forme des vases, dans la iwture des ustensiles, dans l'aspect des armes de bronze, dans la construction des tombeaux, dans le caractère et le groupement des habitations, il n'y a aucune différence entre les objets trouvés sur le rebord des Carpathes moldaves ou sur les collines de la Prahova.

A l'unité de la terre correspond ainsi l'unité de la première race manifestement autochtoiM;, du moins en ce qui concerne ses premières manifestations artistiques.

Influences scythiques. — Si la montagne pouvait servir de refuge aux habitarvts déjà établis sur cette terre, les rivières fournissaient, en commençant par le Danube lui-même, des voies naturelles d'invasion, car elles amenaient, attirés par le voisinage des riches

(1) M. Jean Andricscsco, dans un excellent ou\i:iiic intitula Contributie la Dacia tnainte de Romani (Jassy :>e

plus loin: il parle dans sa préface de l'unité i ir-

patho-balcaniquc; il constate que ses caractères sont ira mi^ met dans la Moldavie orientale et en Transylvanie ictJbid., p. 73).

poRM^TioN nv wm.r. nouMAîN 15

contrées ou tietirissciit tom ;i tour la civilisation grecque et celle des Romains, des étrangers en quôle de nouveaux séjours ou des exploits nouveaux.

Ils devaient venir du Nord et de l'Ouest; le Sud ne pouvait fournir que des paysans en quête de terres vierges, ou bien des fuyards chassés par quelque invasion. A l'Est, il y avait la steppe infinie, qui appartenait aux Scythes.

On peut affirmer aujourd'hui que ce peuple, décrit par Hérodote dans son aspect et dans sa légende, n'étaient qu'une confédération éphémère de peuplades, réunies pour la gloire et le butin sous la conduite de quelques familles iraniennes, qui étaieivt parvenues à fonder des dynasties royales au dire des Grecs. I^-es guerriers étaient pour la plupart des Touraniens au teint foncé et au corps trapu, pareils aux Turcomans de l'Asie centrale et aux Tartars d'une époque postérieure, ' """S avoir dévoré le fruit de leurs incursions d' ices et du tribut fourni par les peuples soumis à leur autorité, se nourrissaient du produit de •eaux. Leurs dép" '" ' s*ex- , ir ce besoin de . . 'elle oscillation entre les demeures d'hiver et les champs • , • ^yj. Ijj n^^ij^e ligne des puits et des

lé, qui forme le caractère distinetif des peuples pasteurs.

Dans cfv ~ "tions, lis purent tuen donner :iu\ grandes ri\ < la steppe, des noms empruntés à

la langue touraoienne. Nous n'oserions affirmer que le nom iVIstros est thrace et que celui du Danube, la Donau des Germains, la Douna des Turco-Tartares, vient des anciens Scythes bien qu'ils en aient dominé pendant longtemps les embouchures. Nfais l'ancien nom du Dniester, le Danastris grec, est Tgras et dans cette forme hellénique on reconnaît la Tourla ouralonltaîque. qui s'est conservée, du «•"-«" '?'!n*^ '•' langage

16 ItlSTOlRIl Dm ROUMAINS

(les Tartarrs et den Turcs d'une époque plus récente. I^ Pyrrtat d'Ili^rodote est pour les Roumains le Pruth. que li*s Turro-Tartares \u ikl Brout; le

carartôrc asiatique du nom est iii' >lile. On peut

admettre une mOme origme pour le Tiaranlos mentionné dans les textes grecs du vi* siècle et qui ' parait-ii bien, le Siretiu roumain, le Séreth des SI.. On se demande enfin s'il ne faut pas mettre dans la même catégorie deux des grandes rivières de la Valachie, l'Arges, auquel on a voulu cliercher un correspondant arménien inadmissible, et l'Oit, le grand OH, qui sépare la Grande Valaehie des cinq districts de son OIténie.

A la fin du vi* siècle, le grand roi perse, aux des^ hardis, Darius, fils d'Histaspès, conduisit une c\jm dition destinée à détruire la masse toujours menaçante des barbares danubiens: combinée avec le concours des Grecs, cette attaque se perdit dans la steppe sablonneuse dépourvue d'eau et de pâturages. Elle ne délof^ea pas même les multitudes scythes de leurs établissements au-<lessus du Danube, où se trouvait un de ces points stratégiques fortifiés qui sont dans la tradition de la race. Car, au-<lelfi même de la stqui était la Scylhie proprement dite, sur ce tcrritu.. de la Dobrogea, particulièrement propice aux pâturages tardifs, elles arrivèrent à fonder une nouvelle Scythie, une Scythia Minor, dépendance durable de leur ancien empire (1). On y retrouve plus tard, vers le VI' siècle avant l'ère chrétienne, des rois qui portent les noms pittoresques de Charaspès, «le Kanytès, de Tanoussa et dont les monnaies d'argent, fra|>pée$ par les Grecs, portent les insignes des monnaies helléni-

tft • Petite • entre les pro-

ux Russes et aux peuples

l'etUe Russie. Grande et

le

« Grande

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des Carpi

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Petite Va

FORMATION DU PCCPL8 ROmCArV 17

ques e\h- ^ 'les

dieux de >i<n*

\icloire», dont le r«"ile. invariable et monotone, consistait à se f 1 * ■ "' ' ' I côte et par les mj à laquelle ils astreignaient leurs quelques milliers de pasteurs t bandits!

Vui I de |)eup1ades qui n'arrive pas &

constituer un peuple ayant une vraie patrie ne peut exercer :i' " <•. Si le nom des grandes ri-

vières s". ; ce territoire roumain aussi

bien qu'en Hussie. dans le langage des nations stables <|ui y habitèrent plus tard, il Taut attribuer ce fait seulement à ces établissements, d'importance plutôt lire, h ces camps de résidence temporaire des

luts » aux allures de khagans qui gardaient les gués de ces rivières, gués d'une importance exceptionnelle pour toute nation migratoire vivant de ses troupeaux. La population primitive dut leur abandonner ces régions où ils empêchèrenl tout établissement de concurrents et toute infiltration des vassaux qui venaient

V nri'-vi'iif i>r l»'i|t v i»fTr:imIi>v »•! l«-i|r hOUiniage.

Kniro la < ^^' ' ' '' >n des

>.irmates, avec h i\, les

tioxolanes et les Jazyges. à l'Est et h l'Ouest, il n'y a

.1IT ' ~ ii«r ...:•!. ^jj mêmes masses tou-

r.. N une autre classe domi-

nante, proliahlemenl iranienne aussi, pour enrichir '■'•• 'oire des migrations et des invasions d'un nounom. Celui de nmrha, sauvé par Ammien Marn-llin. est évidemment turc, dans l'ancien sens du mut.

On retronvp r**^ Sarmntes dans les sources antiques sur l'en»! I»é précédemment par l'ex-

pîuisioM Mji., , .j.. ..s maintenaient sans pouvoir

18 IlIffTOinR DRU ROKMAINA

In continuer, puisqu'elle avait atteint %e% dernières limites. Mais à une époque plus récente, il est évident que des peuplades difTérentes. d'une origine plus noble, vinrent grossir leurs ranj;s, de mt^me que, plus tard, des Germains, en grand nombre, vinrent se ranger sous les drapeaux d'Attila. »1' i de^ •■ Huns » au même litre que les gucrriti ;'Ure race asiatique du terrible khagan. Nous croyons que les Slaves, qui dès lors étaient un peuple essentiellement agricole, parurent pour la première fois dans Thistoirc comme un des éléments de la confédération sarmate. On ne pourrait pas s'expliquer autrement le caractère slave, très ancien et tout à fait particulier, de la nomenclature {«éographique en Transylvanie, car il est certain que cette nomenclature ne peut être rattachée au passage, plutôt rapide, de l'invasion slave du vi* siècle de l'ère chrétienne. Nous nous demandons même si le nom de Sarmisagethusa. la Capitale des Daces, qui leur succédèrent dans cette même Transylvanie, ne conserve pas dans sa racine le souvenir de ces Sarmates. première couche superposée aux autochtones.

Influence gailoise. — Ce territoire carpatho-danubien ne fut pas inconnu à la race puissante et énergique, toujours en quête d'aventures guerrières, à travers les terres lointaines, qui est celle des (îaulois. Leurs peuplades étaient depuis longtemps maîtresses des Alpes italiennes, même après avoir perdu la vallée du Pô, leur Gaule cisalpine, que leur prirent les Romains, Elles durent donc, à un moment donné, déboucher sur la Pannonic, avant qu'un 'chef entreprenant ne les jette à la conquête <le la Péninsule des Balcans, qu'ils traversèrent jusqu'aux Thermopyles • ■ tout au bout, jusqu'^uv -Is du Ténare,

l> ' T se perdre parmi K's ! >»nH thrares de

roRMATioîf Dr rrtPt.F roimain 19

l'Asie Mineure, dans eetie iniKiiKi <jui conserve cnlore leur nom. Alors que les Scythes cl les Sarmates ne connai»!>aient que les camps pareils aux rings ultérieurs des Huns, ils étaient, comme ^ntants

d'une ancienne civilisation supérieure, . re dès

le début par la rolunisalion grecque de la Méditerranée occidentale, des fondateurs de « cités ». groupant des villages autour d'une ville fortifiée, capitale de la région. On peut suivre les migrations de ces nouveaux hAtcs du Danube, seul cependant, et non de ses affluents, à la trace des noms de localité)»* ' ;ient d'or Uiquc, comme le Sir m,

ij inl la n L-, . „;iche >», la Belgrade iL .:..i.es,

comme le Soviodunum du delta danubien, l'Isaccea ' n. corre"^ t au Noyon français, com-

n rum, la ^ des Grecs, dont la racine

se rattache aussi au Dun, caractéristique de la civilisation gauloise.

Influence grecque. — A côté de ce? influences

barbares, qui contribuèrent peu à la formation de la

nation roumaine, vint s'ajouter une grande influence

ice , celle des Grecs, Ioniens et Doriens; an-

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