HISTOIRE DIS ROUMAINS
carpatho-danubien, ils occupèrent la bande de territoire qui leur paraissait être nécessaire pour garantir la Mésie contre toute incursion future. Lu capitale eUe-méine reçut une garaisco romaine. Si cette situation s'était maintenue, le r61e de Décébale aurait été celui d'un prisonnier renfermé et espionné dann ses montagnes: su nation, empêchée désormais de rançonner des voisins victorieux et même de mener ses troupeaux dans la plaine, où l'attendaient le soldat, le fonctionnatrc et le colon romain, se serait épuisée dans la misère et le découragement. Le roi dacc tenta de nouveau le sort des armes. Cette fois, ce fut lui-même qui choisit le moment de la lutte. Il s'adressa à ses alliés, Sarmates et Germains, qui comprenaient l'importance, pour l'indépendance de tous les Barbares au nord du Danube, de la crise qui allait se rouxrir. Dans la Scythie Mineure se formèrent des bandes sarmates dont les guerriers, revêtus de cuirasses d'écaillés, sont grossièrement figurés sur le pesant monument du Tropspum Trajani, ri nr à l'endroit où
se forma plus ta ri ^ u-s tatares api>elé
Adam-Klissi (l'église de l'homme). Mais la campagne fut dr ■ r.us les murs mômes de la c^pitaie daœ. Tnij i(|ua cette fois, en 105, par les vallées du
Jiiu et de l'Oit. Il avait fait construire par Apollodore. di- '^ ^. un pont de pierre en face de Drul» ' ur
eiii d'un côté, les relations entre Dr .1
ses confédérés de la steppe et pouvoir, en même temps, s'il en était besoin, poursuivre une guerre d'extermination pendant les automnes pluvieux et les rudes hivers danubiens. Cette fois, il n'y eut pas de bataille dans la plaine: le barbare résista dans ses montagnes, avec un acharnement sans pareJI, que tout son peuple partagea avec lui; même les femmes allèrent porter l'incendie à travers les dauae abandonnées et firent subir le martyre aux blessés qui tombaient entre leurs
mains. Sarmisagethusa elle-même fut consiUDée par les flammes, mais seulement après que, dans un der-
lùey ■ ■■ ■ ' ■ ■ '
et '1
dernier refuge.
L'ŒUVRE ROMAINE (106-279). — Trajau, vainqueur,
fit élever ii Home, en souvenir de cette campagne dif> ficile. une colonne triomphale plus haute et plus belle que celle de Marc-Aurèic et il « colonisa •• la Dacie désormais se. 11 ne tenta pas la tâche, d'ailleurs
imposiiL détruire la race même de ces vaillants
Thraces de la montagne. Si certains Daces émigrés ne
nt jania' chasser les Romains usur-
, b et de rc\ ; aïs foyers détruits, un grand
nombre de Thraces, surtout les descendants paisibles " ■ r»! resto
. !is où l;i rieure a\*ait créé déjà, sur le lon|; de La rive, ia population mi ' rtir les Roumains. Un textelatin, tu irs, qui passa dans la brève compilation d'Kutrppe, assure que des colons vinrent ' ' • ' nonde romain (ex toto orbe roinano). On a dire qu'ils vinrent en première ligne de ritaije eile-mème, opinion professée avec «"gueil par \es partisans d'une descendance romaine pure et exclusive. 11 ne faut pas accorder une trop grande autorité à un texte secondaire, rédigé dans un cabinet de rhéteur et de maître d'école. complètemeiU étranger aux raisons |K>1itiques et au sens des réalités. L'Italie n'a^ guère de Latins à exporter: ses nouveaux i. Rv,... ...... ... citoyens créés par la réforme de Cara-
calla. n'auraient guère apporté avec eux les vertus
■''S du Latium. Ils n'auraient pas mieux valu 4... ... aventuriers accourus pour exploiter les mines
de Transylvanie, que cette foule de fonctionnaires, à
32 H18TOIRR DKS ROUMAINS
l'aspect divers et à l'Ame incertaine, qui furent chargés d'initier aux formes supérieures de la vie urbaine un peuple chez qui la vie rurale était plusieurs foi«i millénaire. Le bon sang latm pouvait être accru pluti'it ]>ar certains de ces légionnaires qui pns5»aicnt une partie de leur vie dans les camps du Danube et des (^rpathés et qui, après leur congé déflnitif, y restèrent souvent auprès de leurs femmes daces et des enfants nés de leurs relations. Il y eut, en effet, un caractère militaire, de même qu'un caractère rural, dans le latin vulgaire qui devint, après nombre de mélanges ultérieurs, la langue roumaine: le vieillard, ce n'est pas habituellement le senex (1), mot qui d'ailleurs a disparu dans toutes les langues romanes, ni le vvtclus, car uechiu s'applique seulement aux rhosos, mais, i-as rare, le veteranus, bàtrin (2).
La Dacie, qui fut partagée on trois provinces réunKS sous la main d'un légat impérial, gagna, par la conquête romaine, un caractère nouveau. Deux civilisations coexisti'rent sans se mélanger, la 1' constituant entre elles un lien commun. Si i ruraux déjà romanisés de la Péninsule balcanique purent désormais pénétrer librement dans les champs abandonnés par les barbares vaincus, tués ou mis en fuite et si les davae: Sucidava, Carpidava, Buridava, etc., reçurent un accroissement de population, leur aspect n'en fut pas essentiellement changé. Dans ces uici, ces f>agi, dans ces territoires qu'on peut très bien
1) M. Giuglea a relevé dans les anciens textes tiurec, qui viendrait de geneeua.
(2) Si au lieu de terra on a employé le mot pâmant, de pavi' menlum, ce qui si(;tiifirrait une prépondérance de la vie urbaine, il faut tenir compte de ce fait que « terra • ayant donné, en roumain seulement tcara pour le pays, la patrie (le correspondant de jHifae, pays, manque), il a fallu tr»)uvcr un autre terme pour le sol nourricier. Il est Intéressant que lucmm, le gain, a le sens général de • chose •.
pnnM^TKiV Df VFfPt.V nOlMAIV 33
étudier dans la Dobrogea ;i ou ks morvunwnt^
les concernant sont plus noniL; u\, l'ancienne vie fui perpétuée dans une forme de plus en plus romakie. Mais, de môme 'I ■<• avait abrite depuis
des siècles la n iuf, ([ui put se main-
tenir sans vouloir féconder, il y eut, le long des routes qui suivaient le cours des rivières de TransylN^anie, des villes bien peuplées et richement ornées, avec leurs temples, leurs basiliques, leurs amphithéâtres, leurs prétoires: on a déterré, à L'ipia Trajana, qui avait remplacé la royale misère de Surmisagethusa, des mosaïques dignes des {>ays d'anrienite civilination qui faisaient partie de l'Etat romain, de même qu'à Tomi et à Istria des colonnes de marbre aux élégants chapiteaux surgissent des ruines amoncelées du passé hellénique. Mais tout cela n'était ni un élément durable ni un élément nécessaire à l'unité territortale des Carpathes et du Danube. On le vit bien quand, après de longs combats malheureux contre les Goths envahissants, l'empereur Aurélien dut ordonner, vers 271, à peine un siècle et demi après la conquête de Trajan. la retraite des légions et des fonctionDaircs sur la ri\'e droite qui. pour sauver les apparences, devint une nouvelle Dacie. En qu- innées, les voies n'étant
plus sûrei» sans la pn^ ;i des soldats, les \illes furent abandonnées: les paysans du voishiage s'en pai ' ■ N ruines après le dé(>art de !'•
A\« slration disparut tout ce qui s< i
l'exploitation économique du territoire et qui en formait le décor.