‹ Histoire des sciences de l'organisation et de leurs progrès, comme base de la philosphie;Chapitre 11 sur 45 · XXXVI AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XXXVI AVANT-PROPOS

nom à la quatrième période. C'est de celte dernière école que nous verrons la science se répandre sur le monde européen. Mais, arrêtée par rimperfection du principe religieux de la Grèce et de Rome^ elle avait auparavant besoin d'être fécondée par un nouvel élément qui , en affermissant ses bases ^ ouvrit une nouvelle voie au progrès.

La cinquième période montrera donc la science se constituant et se développant par le christianisme , et fuyant ensuite les ruines qui engloutissaient l'empire romain sous le choc des barbares, pour se réfugier par la Perse en Arabie, d'où çlle l'eviendra par la Sicile et l'Espagne en Europe, et surtout eu France. C'est là qu'Albert le Grand la reprendra pour la compléter sous l'influence de l'Eglise et par les travaux de ses docteurs , et il clora ainsi le cercle tracé par Aristote, en ne laissant plus à ses successeurs qu'à l'agrandir dans le nombre et la connaissance plus approfondie des matériaux de chacun de ses rayons.

C'est ce que commencera, dans la sixième période, Gesner, qui, finissant en quelque sorte la série des naturalistes généraux, fait le passage aux modernes, à ceux qui, n'ayant plus qu'à se diriger dans les spécialités , pousseront chaque rayon aussi loin que leur talent et l'état de la science le permettront; mais en même Jtemps, surtout à dater des contemporains et même des prédécesseurs de Bacon, l'observation et l'expérience, trop exclusivement embrassées, conduiront certains philosophes à la conception du hardi projet de terminer le cercle scientifique en poussant à l'extrême les causes physiques, et rejetant toute cause finale. Toutefois, l'intensité de cet effort, contre l'intention formelle de ses auteurs, forcera, par l'évidence des faits, la science à revenir, comme malgré elle, à l'acceptation pure et nette d'une vérité religieuse, d'ime providence, cause créatrice et conservatrice des lois qui régissent le monde, aussi bien

AVANT-PHOPOS. XXXVII

qae la nature organisée. Nous diviserons ce grand travail en deux périodes, la septième comprenant les modernes , et la huitième et dernière consacrée aux contemporains '• Toutes deux ne peuvent être caractérisées que par Tensemble des efforts séparés d'un grand nombre de talents. Ce ne sont pas cependant les moins intéressantes , ni les moins curieuses pour nous; d'autant plus qu'elles nous présenter ront la lutte , vivante encore, du principe philosophique et organisateur de la science contre le matérialisme, principe de destruction et de ruine; là nous rencontrerons encore de vigoureux champions , de ces âmes ardentes et courageuses que rien n'arrête, âmes que l'amour seul de la vérité conduit, esprits droits et sublimes, puisqu'ils ont bien pu vaincre tous les préjugés, secouer l'accablante autorité d'une science puissante, bien qu'égarée, et, guidés par la profondeur même de leurs travaux , venir se prosterner purement et simplement devant l'Église et la vérité catholique qu'elle seule possède , pour reconnaître et proclamer la valeur et la puissance même scientifique du christianisme.

Tel est le plan que nous essayerons de développer dans cet ouvrage; mais en outre il nous a paru important d'ajouter et de développer en son lieu une thèse dont la doctrine, comme on peut déjà le prévoir, différera en plusieurs points

' Nous prions le lecteur de ne pas trop tenir compte de ces divisions en périodes, comprenant les anciens, les modernes, les contemporains, etc. ; car elles sont opposées à l'idée générale et dominante du cours et de tout l'ouvrage, dans lesquels -M. de Blainville n'a point fait entrer les hommes qui y sont jugés par la considération de l'époque où ils ont pu vivre , mais bien parce qu'ils venaient répondre à un besoin de la science. Nous n'avons introduit ces divisions qu'après coup et sur la demande de certaines personnes, afin de faciliter les recherches aux lecteurs qui pourraient désirer cette espèce de guide chronologique.

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