‹ Histoire des sciences de l'organisation et de leurs progrès, comme base de la philosphie;Chapitre 10 sur 45 · AVANT-PROPOS. XXX11I · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. XXX11I

lemeat fait traiter sous un nouveau jour que celui qu'il avait indiqué dans ses leçons, la philosophie grecque avant Aristote. J'ai la confiance d'avoir bien rendu son idée en ce point. Mais partout mon effort continuel a été d'identifier ma pensée avec celle du plan et des notes larges et nombreuses de M. de Blainville. J'ai cherché à reproduire son Cours et toute sa pensée ; heureux si j'y ai réussi ; ce qu'il y a de bien lui appartient, les défauts sont à tnoi. Si de trop nombreux travaux lui avaient permis de mettre la dernière main à son Cours, l'ouvrage eût été bien plus parfait sans doute y mais au milieu de sa vie si active et si laborieuse , si je n'avais recueilli ce fruit important de ses longues études 9 il n'eût probablement jamais vu le jour autrement que dans sa chaire^ où tant de travaux que d'autres se sont appropriés ont passé inaperçus; c'est ce qui me fait espérer l'indulgence et la reconnaissance des lecteurs.

Ainsi a été produit cet ouvrage; et je devais cette explication à la haute responsabilité et à la confiance dont m'a honoré celui qui a été et sera éternellement pour moi plus qu'un maître.

Notre plan sera logique. Ce n'est point une biographie des hommes savants que nous écrivons, c'est une histoire de la science et de ses progrès.

Par conséquent, on ne doit pas s'attendre à retrouver la suite ni même les noms de toutes les illustrations; encore moins y trouvera-t-on ce genre anecdotique qui ne convient point à un si grave sujet. Nous ne considérerons que les plus hautes sommités, autour desquelles les faits et les principales illustrations secondaires de chaque période de développement scientifique viendront naturellement se grouper dans leurs seuls rapports avec la science.

J^a première période nous initiera à la naissance de la i. c

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science chez tous les peuples anciens, autant que les ravages des temps et la pénurie des monuments nous permettront de pénétrer danser sanctuaire antique, et, acceptant nettement la chronologie de nos livres saints^ nous verrons les débris de ]a science anté-diluvienne % ramassés d'une part, par les peuples primitifs de l'Asie, qui, partant du pied des montagnes d'Arménie, transplantèrent ce germe précieux dans le bassin que bornent au nord la Caspienne et le Caucfise^ et que circonscrit à l'ouest, au sud et à l'est, la chaîne des n^ontague^ qui descendent du Caucase, longe le golfe Persique et la mer des Indes, pour se perdre au nord-est dans les chaînes du Thibet et de l'Altaï, dans la presqu'île qp'arrose 1^ Gange ; et puis, franchissant les hauteurs c|e l'Himalaya et du Thibet, ou bien, côtoyant les rivages de l'océan Indien, établirent, dès les temps les pliis reculés, à l'extrémité tout à fait orientale , ce foyer chinois d'énergie et d'action scientifique, qui, quoique indépendant par s^ position, son caractère si spécial, et sa marche, du foyer occidental ou européen, en a pourtant reçu à presque toutes les époques une certaine influence sur ses progrès ultérieurs. Et d'autre part, partant du même point que les précédents, nous verrons l'autre branche, par un de ses rameaux , se diriger à l'ouest le long de la Méditerranée, descendre dans la vallée du Nil et s'y fixer; pendant qu'un autre rameau remontera en même temps vers l'Anatolie et la Thrace, pour se répandre ainsi sur tout le périple de la Méditerranée, en semant les étincelles du foyer occidental;i que, dans 1^ seconde époque , nous verrons se réunir ^.ur ui| même point dç ce périple, la Grèce; s'y échauffer, pour ainsi dire, s'y en)braser et prendre une force qui ira toujours en croissant. Mais, bien qu'ainsi séparés en appa-

' Josèphe, Jntiqjud., t. I, ch. II et III.

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rence dès l'origine, et s'étendant en sens contraire, ces deux, centres (i*aclion ne cessèrent très-probablement jamais d'être en communication, d'un c6té paf le commerce de l*Égypte, de ridumée et de la Syrie, qui, se frayaht utié route par lé golfe Arabique et le golfe Persique, allait, dès les témp^ tes plus reculés, chercher les richesses de Tlnde et de I ■Orient, pour les apporter à la Phénicie; de l'autre côté par les navigateurs phéniciens, qui sillonnaient en tout sens les plages de la Méditerranée, et franchissant le nec plus ultra des colonnes d'Hercule, bravaient les flots de l'Atlantique pour exploiter les métaux des Bretons et m?lne Visterthulë.

La seconde période nous montrera, avons-nous dit, la Grèce recevant de toutes parts, par des colonies, les débris des traditions, qui deviendront les. germes de la science qu'elle fécondera et développera seule. Cette terre natale du génie sera féconde en grands hommes dont les travaux sembleront n'avoir pour but que les progrès et l'amour de la philosophie; c'est là que nous trouverons les anciens monuments des sciences les plui authentiques dont les siècles aient laissé descendre tes débris jusqu'à nous.

Cette même période, dont la Grèce revendique tdutèlâ gloire avec orgueil , verra tracer , et presque Àceômplif lé cercle des connaissances humaines, et Aristotè, le plus Vâ$t^ génie de l'antiquité , ouvrir et préparer là voie aux progrès des siècles làuivants, en analysant les lois de rëâpt*it humain pour en faire sortir les sciences instrumentales qu'il appliquera à l'étude du monde en général, du ihoildè à l'état d'êtres, et enfin à l'espèce humaine^ fet tréêtB, aiilsi véritablement les sciences naturelles et d'observation.

Après la Grèce nous étudierons l'état de la science chtt les Romains, résumé dans le matérialiste Pline , qui caractérisera la troisième période; ensuite la première école d'Alexandrie, personnifiée dans Galien qui donnera sdh

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